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https://www.opex360.com/2026/01/28/la-suede-a-entame-des-discussions-sur-la-dissuasion-nucleaire-avec-la-france-et-le-royaume-uni/

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Lors d’un discours prononcé à l’École militaire le 7 février 2020, le président Macron avança que les « intérêts vitaux de la France avaient désormais une dimension européenne », avant de se dire ouvert à un « dialogue stratégique avec nos partenaires européens […] sur le rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité du Vieux Continent. Et d’ajouter : « Les partenaires européens qui [le] souhaitent pourront être associés aux exercices » des forces stratégiques françaises ».

À l’époque, cette proposition de dialogue stratégique tomba à plat car beaucoup de pays européens estimaient que leur protection était garantie par l’Otan, et donc par le parapluie nucléaire américain. Telle fut la position avancée par l’Allemagne qui, par ailleurs, reprochait à la France de ne pas vouloir placer sa force de frappe sous commandement européen.

« On ne peut pas seulement européaniser ce qui est cher aux Allemands [comme la mise en place d’un budget de la zone euro] : il faut aussi européaniser ce qui est cher aux Français et c’est le cas de la force de frappe française », avait résumé Johann Wadephul, un proche de la chancelière Angela Merkel, devenu depuis ministre des Affaires étrangères.

En outre, les pays d’Europe de l’Est accueillirent cette proposition de dialogue stratégique avec d’autant plus de scepticisme que le président Macron avait auparavant plaidé en faveur d’un rapprochement avec la Russie, lors de la Conférence des ambassadeurs d’août 2019.

Quoi qu’il en soit, la donne a depuis changé, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les doutes sur la solidité du lien transatlantique.

L’an passé, le locataire de l’Élysée est revenu à la charge, en se disant prêt à discuter d’un éventuel déploiement d’armes nucléaires françaises dans certains pays européens. La Pologne, par la voix de son Premier ministre, Donald Tusk, se dit prêt à engager une telle discussion.

Puis, en juillet, dans le droit fil des conclusions du sommet de Chequers [octobre 1995] et des accords de défense de Lancaster House [novembre 2010], Paris et Londres, autre puissance nucléaire du continent, firent part de leur intention de coordonner leurs forces stratégiques respectives en cas de menace extrême. « Tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations », avait ainsi résumé Keir Starmer, le Premier ministre britannique.

Alors que l’on s’attendait à une coordination entre les forces océaniques stratégiques des deux pays [le Royaume-Uni n’a plus de composante nucléaire aéroportée depuis les années 1990, ndlr], des responsables britanniques ont pu assister à un exercice Poker organisé par les Forces aériennes stratégiques [FAS] en décembre dernier. Et cela à l’issue de la première réunion du « groupe de pilotage nucléaire franco-britannique ».

Mais un autre pays est intéressé par le dialogue stratégique proposé par M. Macron. Désormais membre de l’Otan, la Suède a entamé des discussions préliminaires avec la France et le Royaume-Uni sur une possible coopération dans le domaine de la dissuasion nucléaire. C’est en effet ce qu’a affirmé Ulf Kristersson, son Premier ministre, lors de l’émission Agenda, diffusée par la chaîne de télévision publique SVT, le 25 janvier.

« Nous avons actuellement des discussions avec la France et le Royaume-Uni. Elles ne sont pas encore très précises, et les armes nucléaires françaises sont spécifiquement françaises, mais la France se montre également ouverte à la discussion avec d’autres pays », a dit M. Kristersson. « Il ne faut pas précipiter les choses. Ces discussions sont en cours et, en tant que membre de l’Otan, nous y sommes pleinement associés », a-t-il ajouté, avant de rappeler que Stockholm n’a jusqu’à présent pas « jugé nécessaire de déployer des armes nucléaires » sur son territoire « en temps de paix ».

La position de la Suède n’est pas surprenante. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, ne pouvant se prévaloir de la protection des États-Unis en raison de sa neutralité, ce pays mandata l’Institut de recherche pour la défense [FOA – Försvarets forskningsanstalt] en vue de développer un arsenal nucléaire dans le cadre de sa politique dite de « liberté d’action ».

Mais cette ambition se heurta à plusieurs obstacles : la difficulté à se procurer du plutonium, les pressions américaines et l’hostilité de l’opinion publique, incarnée par Östen Undén. Chef de la diplomatie suédoise entre 1945 et 1962 et membre de l’aile la plus à gauche du Parti social-démocrate, ce dernier milita contre l’armement nucléaire en faisant valoir qu’une « bombe suédoise » serait vue comme une menace par l’Union soviétique. Finalement, Stockholm abandonna son programme avant de signer le Traité de non prolifération [TNP] en 1968.

Photo : État-major des armées

Ya Rab Yeshua.

  • 3 weeks later...
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https://www.opex360.com/2026/02/18/m-merz-suggere-que-des-avions-de-combat-allemands-pourraient-emporter-des-armes-nucleaires-francaises/

M. Merz suggère que des avions de combat allemands pourraient emporter des armes nucléaires françaises

 

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À l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, la semaine dernière, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a dit avoir « entamé des discussions confidentielles » avec le président Macron au sujet de « la dissuasion nucléaire européenne », celle-ci devant, selon lui, « s’inscrire strictement dans le cadre de la participation [de l’Allemagne] au partage nucléaire de l’Otan » afin de ne « pas laisser apparaître en Europe des zones de sécurité différentes ».

Lors du même événement, et sans reprendre à son compte l’expression de « dissuasion nucléaire européenne », M. Macron a confirmé qu’un « dialogue stratégique » avait été initié avec le « chancelier Merz et [d’autres] dirigeants européens afin de voir comment nous pouvons articuler notre doctrine nationale avec une coopération spéciale et des intérêts de sécurité communs dans certains pays clés ».

« Ce dialogue est important car il permet d’articuler la dissuasion nucléaire dans une approche holistique de la défense et de la sécurité. C’est un moyen de créer une convergence dans notre approche stratégique entre l’Allemagne et la France », a ajouté le président français.

Cela étant, ce dernier doit préciser ses intentions sur ce sujet très prochainement, sans doute lors d’un déplacement à l’Île-Longue, en mars. Une clarification sera la bienvenue au regard des propos qu’a tenus le chancelier Merz dans un entretien diffusé sur la chaîne de podcast « Machtwechsel », ce 18 février.

D’abord, M. Merz a dit ne pas souhaiter que l’Allemagne puisse « envisager de développer ses propres armes nucléaires » étant donné qu’elle est liée par ses engagements internationaux. Et de citer l’accord « Deux plus Quatre » [Union soviétique, États-Unis, France et Royaume-Uni d’un côté, Allemagne de l’Ouest et de l’Est de l’autre] et le Traité de non prolifération [TNP]. Mais même si ce n’était pas le cas, il lui serait très difficile de développer un arsenal nucléaire quand l’on sait la somme de savoir-faire techniques qu’il faut mobiliser. Sauf à bénéficier d’un coup de pouce…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Allemagne abrite sur son sol des bombes nucléaires tactiques américaines, dans le cadre de l’Otan. Si le contrôle de ces dernières est exclusivement assuré par les États-Unis, il revient à des chasseurs-bombardiers allemands [Tornado et, bientôt, F-35A] de les mettre en œuvre le cas échéant.

A priori, les discussions entre la France et l’Allemagne portent sur la mise en place d’un mécanisme similaire. Du moins, c’est ce qu’a suggéré M. Merz en affirmant qu’il « serait possible que des avions de combat allemands puissent emporter des armes nucléaires britanniques et françaises ». Et d’ajouter : « Comme pour les Américains, la décision finale dans ce cas précis reviendrait aux Français et aux Britanniques ».

Seulement, le Royaume-Uni a abandonné sa composante nucléaire aéroportée à la fin des années 1990. Partant, il ne peut pas proposer de bombes ou de missiles air-sol nucléaires à l’Allemagne. Aussi, l’hypothèse formulée par M. Merz ne peut que concerner la France.

Reste que le mécanisme évoqué par le dirigeant allemand n’a que très peu de chances de se concrétiser en l’état actuel des choses. À moins de « câbler », si c’est possible, les Eurofighter EF-2000 de la Luftwaffe pour qu’ils puissent emporter les missiles ASMPA-R et ASN4G [ce dernier étant destiné au Rafale F5, ndlr].

Et cela alors que, durant le même entretien, M. Merz a justifié l’hypothèse d’un retrait de l’Allemagne du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF] en soulignant que, contrairement aux forces françaises, la Bundeswehr n’avait pas besoin d’un avion capable d’emporter des armes nucléaires. Comprenne qui pourra.

Quoi qu’il en soit, a fait valoir le chancelier allemand, « la situation a évolué et je souhaite que nous discutions au moins de l’offre française » car « dans le contexte actuel, une telle offre du gouvernement français ne peut rester sans examen ».

Ya Rab Yeshua.

  • 3 months later...
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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/dissuasion-avancee-la-norvege-pourra-etre-associee-aux-exercices-de-dissuasion-nucleaire-francaise/

Dissuasion avancée : la Norvège pourra être associée aux exercices de dissuasion nucléaire français

03-1024x576-3.jpeg La signature de l’Accord de Narvik (photo Christian Liewig / Office of the Prime Minister of Norway)

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a confirmé mercredi qu’Oslo souhaite être associé à la « dissuasion nucléaire avancée » proposée par la France à ses alliés européens avec « des partenaires comme la Pologne, le Royaume-Uni, l’Allemagne et des partenaires nordiques ».

Pour lire le communiqué des Norvégiens, c’est ici.

Le Norvégien a rappelé que « la France ouvre maintenant un dialogue avec ses proches alliés sur la manière dont ses armes nucléaires peuvent également contribuer à la sécurité et à la dissuasion européennes contre les menaces militaires ».

Emmanuel Macron a actualisé dans un discours majeur prononcé le 3 mars sur la base stratégique de l’Ile-Longue, près de Brest, la doctrine de dissuasion nucléaire française. Alors que la France est le seul pays européen doté de l’arme atomique avec le Royaume-Uni, il a défini une « dissuasion avancée », associant d’autres Etats européens volontaires, mais « sans aucun partage de la décision ultime ».

Huit pays avaient été d’emblée associés à cette nouvelle doctrine: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. La Norvège, membre de l’Otan mais pas de l’Union européenne, s’était dans un premier temps dite prête à en discuter avec Paris. La Finlande, les pays baltes et la Roumanie ont également témoigné de leur intérêt.

« Il ne s’agit pas d’un parapluie nucléaire mais bien d’une coordination », a commenté sur X la spécialiste de l’Ifri Héloïse Fayet. Effectivement, on est loin d’une européanisation de la force nucléaire française!

Gardons à l’esprit ce qu’est cette « dissuasion avancée »:  elle permet d’associer des partenaires européens aux exercices de dissuasion française et elle permet à Paris de réaliser des « déploiements de circonstance » de moyens stratégiques français chez les alliés. Ces pays accueilleraient par exemple des « forces aériennes stratégiques » de l’armée de l’air française, qui pourraient ainsi « se disséminer dans la profondeur du continent européen ». Autre point d’importance: il n’y aura aucun partage de la France concernant la décision ultime de recourir à l’arme nucléaire, ni dans sa planification, ni dans sa mise en œuvre. « La dissuasion doit demeurer un intangible français », avait déclaré le président Macron à Brest.

Accord de Narvik
Le nom de cet accord signé mercredi renvoie à l’alliance historique entre la Norvège et la France qui, à travers un effort commun, avait permis d’assurer la première victoire des Alliés au tout début de la Seconde Guerre mondiale. Cet accord prévoit une coopération plus étroite sur la guerre hybride, la sécurité maritime, la coopération spatiale, la cybersécurité, le soutien à l’Ukraine et la coopération dans le domaine de l’industrie de la défense.

Selon le communiqué norvégien, « l’accord de Narvik marque un tournant dans notre collaboration. Cet accord comporte une clause de défense mutuelle : Nos deux pays s’engagent en effet à se soutenir mutuellement – également sur le plan militaire – en cas de besoin. La France est, avec la Grande-Bretagne, l’allié européen qui navigue le plus dans les eaux nordiques. L’accord ancre cette coopération dans des structures concrètes, la planification, l’entraînement et le stockage préventif de matériel militaire, et il nous permet d’agir rapidement et de manière coordonnée lorsque nous en avons vraiment besoin ».

 

Ya Rab Yeshua.

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