Centrafrique : les rebelles prennent Bangui, le président en fuite
le Dimanche 24 Mars 2013 à 09:30 mis à jour à 11:07
C'était l'objectif principal des rebelles de la Séléka qui menacent de renverser le régime : le palais présidentiel à Bangui. Ils affirment en avoir pris le contrôle, après quelques heures de combat. Le président Bozizé lui se serait enfui vers la République démocratique du Congo, selon un de ses proches.
Les rebelles auraient pris le palais présidentiel ce dimanche matin © Reuters - Luc Gnago
La nouvelle a été confirmée vers 10 heures par le porte-parole du gouvernement centrafricain, Crépin Mboli-Goumba : "Les rebelles contrôlent la ville. J'espère qu'il n'y aura pas de représailles".
Les rebelles de la Séléka l'avaient en effet annoncé tôt ce dimanche matin : "La journée d'aujourd'hui sera décisive. Nos hommes sont dans Bangui, on prend nos emplacements", affirmait le colonel Djouma Narkoyo, un de leurs chefs, à l'aube, avant de lancer un appel aux Faca (Forces armées centrafricaines) à "déposer les armes et suivre ce qui va se passer".
La suite, c'est donc l'avancée d'une colonne de rebelles dans Bangui, alors que les autorités centrafricaines affirmaient samedi soir les contenir au PK12, Point kilométrique 12, considéré comme l'entrée de la capitale. Entretemps, la nuit a été calme, malgré une coupure de courant généralisée. Mais au petit matin, des tirs de kalachnikov et d'armes lourdes ont retenti dans la capitale, puis autour du palais présidentiel. Puis les rebelles ont annoncé la prise du palais, mais aussi de l'Assemblée nationale et de la radio.
Bozizé en route vers la RDC
Mais où se trouve le président Bozizé ? Lui qui n'a pas été vu en public depuis vendredi, aurait fui Bangui, traversé le fleuve Oubangui et tenterait ainsi de gagner la République démocratique du Congo voisine. Information livrée par un conseiller du président.
En attendant, selon le correspondant d'RFI, Hippolyte Donossio, les rebelles désormais maîtres de la capitale réclament de l'aide à la France et à la Fomac, Force multinationale d'Afrique centrale, pour sécuriser la ville.
L'armée française aurait déjà renforcé son dispositif, en déployant des hommes supplémentaires venus de Libreville. La communauté française sur place représente 1.200 personnes, invitées à rester cloîtrées chez elle. Aucun ordre d'évacuation n'a été donné.
http://www.franceinfo.fr/monde/centrafrique-les-rebelles-annoncent-la-prise-du-palais-presidentiel-929487-2013-03-24