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Futur porte-avions français : 43 millions $ de plus à GA pour la conception et le développement des catapultes
Lu dans la livraison de vendredi soir des avis d’attribution de marchés par le Pentagone, cette annonce concernant la société General Atomics et le contrat passé avec la France pour la fourniture des catapultes électro-magnétique pour le futur porte-avions tricolore:
« General Atomics, San Diego, California, is awarded a $43,349,633 modification (P00002) to a firm-fixed-price, cost-plus-fixed-fee order (N0001925F0028) against a previously issued basic ordering agreement (N0001921G0014). This modification exercises options to provide continued advancement of the design and development of the future French carrier configuration of the Electromagnetic Aircraft Launch System and Advanced Arresting Gear through the critical design review, resulting in a configuration baseline being established as well as procures technical data to support the configuration. Work will be performed in San Diego, California (89%); Lakehurst, New Jersey (5.5%); Tupelo, Mississippi (3.5%); Boston, Massachusetts (1%); and Patuxent River, Maryland (1%), and is expected to be completed in January 2028. Foreign Military Sales customer funds in the amount of $43,349,633 will be obligated at the time of award, none of which will expire at the end of the current fiscal year. This order was not competed. Naval Air Systems Command, Patuxent River, Maryland, is the contracting activity. »
On retiendra de cette annonce la phrase suivante (c’est moi qui soulignes):
« Cette modification concerne les options permettant de poursuivre le développement et la conception de la future configuration du système de lancement électromagnétique d’aéronefs et du système d’arrêt avancé qui équipera le porte-avions français (…) aboutissant à l’établissement d’une configuration de référence et à l’acquisition de données techniques pour la réaliser. »
Une question de souveraineté
Cette annonce intervient alors que l’on s’interroge actuellement sur la pertinence du choix des EMALS et sur la possible trop grande dépendance à l’industrie américaine et sur le bon vouloir du versatile Donald Trump.
Comme on pouvait le lire il y a quelques jours dans Theatrum Belli: « Le choix des catapultes électromagnétiques américaines apparaissait alors comme un compromis rationnel, permettant d’accéder à une capacité de pointe sans assumer les risques d’un développement national. Or, le contexte international a profondément évolué. »
Effectivement, la dépendance industrielle et technologique est indéniable, notamment pour le MCO, les mises à jour logicielles, les algorithmes de contrôle et certaines capacités d’adaptation dans la durée. Et sur le plan politique, les risques ne sont pas négligeables.
Risque 1: une interruption du programme américain d’équiper les PA avec de telles catapultes, ce qui isolerait le programme français et pourrait avoir une incidence sur la facture. On se souviendra que Trump, en tournée au Japon fin octobre 2025, a critiqué le système électromagnétique des catapultes de la nouvelle génération des porte-avions américains. Il souhaiterait un retour aux traditionnelles catapultes à vapeur. Et de conclure: « Sérieusement, je vais signer un décret : quand on construira des porte-avions, ce sera de la vapeur pour les catapultes et de l’hydraulique pour les ascenseurs. Nous n’aurons jamais de problème ». Pourtant, les avantages du système électromagnétique sont nombreux : il se recharge plus rapidement que des catapultes à vapeur, requiert moins de personnel et est plus silencieux.
Risque 2: une interruption, voire annulation, de la commande par les USA en guise rétorsion si les désaccords franco-américains étaient trop nombreux et particulièrement vifs. Rappelons-nous qu’en 2003, lors du refus de la France de soutenir les États-Unis dans leur invasion de l’Irak au Conseil de sécurité des Nations unies, la Maison-Blanche a décidé d’interrompre la livraison de pièces détachées pour les catapultes à vapeur du Charles-de-Gaulle.
Certes on n’en est pas là et l’avis de vendredi en témoigne. Mais la volatilité américaine n’est pas à sous-estimer.