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Le ministère des Armées va accélérer le déploiement de plusieurs innovations testées lors de l’exercice Orion 26
L’exercice Orion 2026, qui s’est achevé le 30 avril, n’aura pas seulement permis aux forces françaises de se préparer à un engagement de haute intensité : il a également été l’occasion d’évaluer plusieurs «solutions innovantes» soutenues par l’Agence de l’innovation de défense [AID] dans les conditions les plus réalistes possibles.
Ainsi, via le réseau social LinkedIn, l’AID a cité quatre exemples, qui, pour une fois, n’ont rien à voir avec la robotique, l’intelligence artificielle ou les drones aériens.
Orion 26 «a mobilisé des solutions innovantes et des technologies avancées afin d’accélérer les processus décisionnels et d’anticiper les menaces. Les forces françaises ont ainsi confirmé leur capacité d’adaptation dans un environnement stratégique en constante évolution», a d’ailleurs souligné l’AID.
La première de ces innovations, appelée K-Trace, vise à localiser des combattants évoluant dans un «milieu dégradé» grâce à une balise portable de type Blue Force Tracking [BFT], dotée d’un fonction SOS.
Plus précisément, au sein d’une bulle tactique, ce système fonctionne avec une balise réceptrice K-DART, laquelle permet de géolocaliser en temps quasi-réel des balises BFT se trouvant dans un rayon de plusieurs kilomètres. Et cela grâce à une constellation de satellites de type IoT [Internet of Things] mise en œuvre par la société Kineis
La seconde innovation évaluée concerne les troupes aéroportées.
Développé par Tactical Equipments et présenté lors du forum Techterre, organisé l’an passé par le Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre, le NAVDAC est un système permettant une «navigation autonome et sécurisée en environnement complexe» pour les chuteurs opérationnels.
Dans le domaine du soutien aux combattants, un sac chauffant, appelé HEATBAG et mis au point par un infirmier du Service de santé des armées [SSA] pour faciliter la stabilisation de blessés en urgence absolue en milieu froid, a également fait ses preuves. Selon la littérature médicale, une chute brutale des températures augmente le risque de mortalité d’un soldat blessé de 10 à 30 % selon la gravité de son état.
«Ampouliers, électronique, perfusions… Avec son matériel embarqué, le sac chauffant facilite la stabilisation de deux blessés en urgence absolue. Le soignant militaire règle la température depuis une application dédiée, choisissant l’un des trois niveaux disponibles, jusqu’à 40° C» grâce à un système de capteurs et un thermostat intégré, avait expliqué le SSA, lors de la dernière édition du Forum Innovation Défense [FID].
Enfin, dans le même registre, un «biocapteur», appelé «GUARDIAN OPEX», a également été testé avec succès. Cette innovation vise à optimiser le tri des blessés sur le terrain et, partant, à améliorer leur prise en charge médicale.
«Ces innovations, allant de la navigation en environnement contraint au soutien médical et à la maîtrise du champ électromagnétique, ont été testées en conditions réelles, permettant d’en valider l’efficacité et d’accélérer leur déploiement», a fait valoir l’AID.
Pour son directeur, l’ingénieur de l’armement Patrick Aufort, «l’innovation par l’expérimentation est un facteur clé de succès pour accélérer le passage à l’échelle et le déploiement opérationnel des technologies que nous soutenons», l’objectif étant d’être toujours capable de répondre aux besoins du terrain.
Photo : AID