https://www.opex360.com/2026/10/17/le-premier-equipage-de-la-fregate-de-defense-et-dintervention-amiral-louzeau-a-ete-officiellement-constitue/
La Marine nationale aligne officiellement quinze navires de surface dits de «premier rang».
Mais, dans le détail, elle n’en compte que dix, les cinq frégates de type La Fayette [FLF], même si trois d’entre elles ont reçu un sonar, n’entrant pas dans cette catégorie de bâtiment. Même avec cette «ruse» comptable, il n’en demeure pas moins que ce format est insuffisant au regard du contexte sécuritaire. Et trois unités de plus ne seraient pas de trop.
Même si le taux de disponibilité de ses navires de surface atteint les 80 %, les fortes contraintes opérationnelles actuelles ont conduit la Marine nationale à prendre des mesures pour éviter la «surchauffe», et donc à annuler les activités considérées comme «moins essentielles» et à reporter, si possible, certaines opérations de maintenance. C’est en effet ce qu’a expliqué l’amiral Christophe Cluzel, son chef d’état-major [CEMM], lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 14 octobre.
Cela étant, cette situation devrait progressivement s’améliorer dans les années à venir, grâce au cinq Frégates de défense et d’intervention [FDI] commandées à Naval Group.
Livrée à la Marine nationale en octobre 2025, la tête de série, la frégate «Amiral Ronarc’h", est actuellement en arrêt technique, à Brest.
Ayant effectué son déploiement de longue durée [DLD] et eu une activité assez dense, ce navire fait l’objet de quelques corrections ou améliorations avant son admission au service actif, qui sera finalement prononcée au début de l’année prochaine. Soit avec un peu de retard par rapport à l’échéancier prévu.
À noter cependant que la FDI Amiral Ronarc’h n’a pas encore eu l’occasion d’effectuer ses premiers tirs de missiles [ASTER et Exocet].
Pour rappel, d’un déplacement de 4 500 tonnes pour une longueur de 122 mètres, une FDI est dotée du système de combat SETIS 3.0, du radar multifonction AESA Sea Fire 500, du dispositif optronique Paseo XLR, du sonar de coque KingKlip Mk2, du sonar remorqué CAPTAS-4 et d’une suite de guerre électronique «SENTINEL».
Elle emporte des missiles surface-air Aster 15 et Aster 30, des torpilles MU-90 et des missiles antinavires Exocet. Son armement est complété par une tourelle de 76 mm et des canons de 20 mm téléopérés.
Quant à la frégate «Amiral Louzeau», seconde unité du programme, elle a été mise à l’eau en mai dernier à Lorient. Et son équipage vient d’être officiellement constitué, sous le commandement du capitaine de vaisseau Jean-Bertrand Guyon. À l’occasion de cette cérémonie de prise d’armement pour essais, le navire a accueilli sa première cérémonie des couleurs et reçu son fanion.
«Deuxième unité de la classe FDI, l’Amiral Louzeau entame désormais son parcours vers son admission au service actif. La frégate, toujours en construction, est désormais un bâtiment militaire», a souligné la Marine nationale.
Selon Naval Group, la FDI Amiral Louzeau a reçu son PSIM [pour Panoramic Sensors and Intelligence Module, c’est-à-dire le «cerveau» du navire], peu après sa mise à l’eau. «Les premiers essais en mer de la FDI débuteront en 2027 pour une livraison en fin d’année», a précisé l’industriel.
Quoi qu’il en soit, lors de son audition à l’Assemblée national, l’amiral Cluzel s’est dit très satisfait des performances de la FDI «Amiral Ronarc’h».
«La FDI a pu être critiquée par les concurrents, je pense aux industriels, pas aux militaires. Elle tient aujourd’hui toutes ses promesses. C’est un bâtiment bien né, extrêmement marin, stable, contrairement à ce que l’on a pu lire, particulièrement manœuvrant», a-t-il souligné.
En outre, a poursuivi le CEMM, ce navire a «des senseurs redoutablement performants. La capacité de détection du nouveau radar, bien qu’il soit plus sur l’eau, est remarquable. Elle est, a minima, au même niveau que celle de nos frégates de défense aérienne. Les capacités de détection sonar sont tout aussi remarquables car la FDI intègre de manière native tout le traitement numérique, ce qui représente un gain important».
Enfin, a conclu l’amiral Cluzel, «dans le domaine de la guerre électronique, c’est la même chose. L’intégration du traitement numérique permet d’accroître très sensiblement les performances».
Photo : Thomas Trebern / Marine nationale