https://forcesoperations.com/vers-une-flotte-conjointe-da400m-au-sein-de-lotan/
https://www.opex360.com/2026/07/07/lotan-annonce-la-creation-dune-flotte-multinationale-davions-de-transport-a400m-atlas/
Comme attendu, à l’occasion du Forum des industries de défense organisé en marge du sommet d’Ankara, l’Otan a annoncé que les avions de détection et de commandement aéroportés E-3A Sentry de sa Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle [NAEW&C] seraient finalement remplacés par dix GlobalEye devant être acquis auprès du suédois Saab et non par des Boeing E-7A Wedgetail comme cela avait été initialement envisagé.
«Les avions GlobalEye permettront d’effectuer une surveillance avancée dans plusieurs milieux [aérien, terrestre et maritime] à partir d’une seule plateforme, ainsi que de mieux détecter et mieux suivre les menaces complexes, notamment les essaims de drones, les missiles balistiques et les missiles de croisière. Ils aideront ainsi l’Otan à renforcer sa connaissance de la situation et à mener des opérations», a expliqué l’organisation, via un communiqué.
Dans cette affaire, Boeing, qui avait pourtant les meilleures cartes en main, a payé les tergiversations du Pentagone à l’égard de l’E-7A Wedgetail ainsi que l’annulation de la contribution financière américaine à la future capacité initiale de surveillance et de contrôle de l’Alliance [iAFSC]. Celle-ci réunit l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Roumanie et la Suède.
Dans son communiqué, l’Otan a fait valoir, tout en y mettant les formes, que ce projet illustrait «l’étroite coopération industrielle établie entre les deux rives de l’Atlantique, dont les industries européenne et canadienne sont le moteur et à laquelle les entreprises américaines contribuent significativement.»
Cela étant, outre Saab, un autre industriel européen a été mis en avant lors de ce Forum Otan des industries de défense. En effet, sept alliés, à savoir la France, la Belgique, la Turquie, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Pologne et la Croatie, ont lancé un «projet multinational à haute visibilité» [PHV] visant à constituer une flotte conjointe d’avions de transport A400M «Atlas». Et cela sur la base du concept «pooling and sharing», lequel avait été promu dans les années 2010.
C’est d’ailleurs selon ce dernier que, en 2016, les Pays-Bas et le Luxembourg lancèrent le programme «Initiative Multinational MRTT Fleet» [MMF] avec la commande conjointe de deux avions ravitailleurs A330 MRTT auprès d’Airbus. Ils ont depuis été rejoints par l’Allemagne, la Belgique, la Norvège, la République tchèque, la Suède et le Danemark. Ce 7 juillet, la Finlande a fait part de son intention d’y participer.
Cette MMF dispose actuellement de neuf A330 MRTT, mis en œuvre depuis les bases aériennes d’Eindhoven [Pays-Bas] et Cologne [Allemagne]. Trois autres lui seront livrés prochainement, dont un dans le courant de cette année.
Le principe de la MMF est que les pays participants mettent en commun leurs avions ravitailleurs afin d’en partager les coûts [exploitation, logistique, maintenance, formation, acquisition, etc.] et donc de réaliser des économies d’échelle.
«Ce programme fructueux confère aux nations le droit exclusif d’exploiter les Airbus A330 MRTT appartenant à l’Otan dans le cadre d’un accord de mise en commun, garantissant ainsi l’homogénéité, la rentabilité et l’interopérabilité des deux côtés de l’Atlantique. Il demeure un exemple exemplaire de coopération opérationnelle européenne en matière de défense», fait valoir Airbus.
Celui de la flotte multinationale d’A400M reposera sur des bases similaires.
«Grâce à l’A400M, l’Otan et les forces des pays de l’Alliance gagneront en flexibilité opérationnelle et pourront procéder plus facilement au déplacement des moyens militaires sur tout le territoire de l’Alliance, et ce en temps de paix comme en période de crise ou de conflit. Ce transporteur lourd de longue portée sera en mesure d’atteindre des zones qui restent inaccessibles à bon nombre d’appareils plus imposants», a expliqué l’organisation atlantique.
Parmi les sept pays de l’Otan à l’origine de ce projet, cinq disposent à eux seuls de quatre-vingts A400M. Si la Pologne avait fait part de son intention d’en acquérir, la présence de la Croatie est, en revanche, une surprise.
«Le choix de l’A400M pour cette flotte multinationale souligne ses capacités stratégiques. Avec plus de 135 appareils en service et plus de 270 000 heures de vol cumulées, l’A400M est devenu la pierre angulaire de la mobilité aérienne pour les plus grands pays européens membres de l’Otan. Grâce à sa feuille de route pour le développement de ses capacités futures, son rôle sera encore plus essentiel pour les décennies à venir», a commenté Ben Bridge, le président d’Airbus Defence and Space au Royaume-Uni.
Quoi qu’il en soit, cette flotte multinationale d’A400M va compléter l’initiative «Strategic Airlift Capability» de l’Otan, laquelle réunit douze alliés. Elle repose sur l’exploitation de trois avions gros porteurs C-17 Globemaster III basés en Hongrie.
Photo : Armée de l’Air & de l’Espace