tout est dans le titre vous pouvez exposer ici vos astuces pour assouplir ce cuir recalcitrant
je commence avec une recette dite de grand mére
Cette recette n’est valable que pour les chaussures dont les couches sont constituées exclusivement de cuir, éventuellement doublé de tissus non synthétiques. Il s’agit par exemple des vieux brodequins militaires (dits « rangers »), au cuir épais et raide, donc naturellement pesants, et pour lesquels leur assouplissement rapide est primordial pour l’intégrité de nos appendices inférieurs.
prendre la paire de « rangers » neuve avant toute utilisation
se procurer une boîte de graisse à chaussure
faire tiédir le cuir et la boite (près de la cheminée chez la grand-mère, du radiateur à la caserne, ou au soleil chez ceux qui ont la chance d’en avoir)
enduire le cuir d’une généreuse couche de graisse ainsi liquéfiée
laisser reposer, toujours au chaud
recommencer le traitement tant que la graisse pénètre
arrêter le traitement quand la graisse ne pénètre plus (on dit alors que le cuir est « à refus »)
essuyer le surplus de graisse
mettre en service la paire au cuir assoupli
L’huile « pied de boeuf », bien connue en équitation, est également citée comme donnant de bons résultats.
L’avantage de cette vieille recette sur la méthode de « bourrin » qui consiste à « casser » le cuir par les moyens les plus divers, est que celui-ci garde sa structure fibreuse intacte, gage d’une durée de vie accrue, et qu’il devient moins perméable.
La même méthode est d’ailleurs valable pour les vestes en cuir, enfin du moins pour ceux qui travaillent encore avec (et ils sont de moins en moins nombreux, heureusement pour leur protection, dans le cas par exemple des pompiers face aux accidents thermiques).
Certains auteurs préconisent l’humidification pendant le travail du cuir, par des procédés parfois issus d’une inventivité débridée. Certes, une fois mouillée, la fibre se travaille plus facilement (« se fait au pied ») et gagne en souplesse, mais une fois rincé et séché, sans application d’un film protecteur par la suite, le cuir est moins protégé qu’avant, se dessèche et craquèle.
Sans compter qu’humidité excessive est souvent synonyme de problème de peau... et de colonisation par une flore indésirable.
C’est ainsi que les techniques suivantes, plus ou moins rationnelles, sont citées :
Dans la série « cassage du cuir » :
sauter dessus à pieds joints, taper dessus avec un marteau,
les écraser sous les pieds d’un lit, d’une armoire (celle du chef avec tous les dossiers du personnel, pour un poids conséquent), sous les roues d’un camion tactique (pour poids encore plus conséquent), sous les chenilles d’un véhicule blindé (cette fois ci pour achever une paire increvable)
Et dans la série « humidification » :
uriner dedans et lutter sans fin contre la mauvaise odeur par la suite (dite « méthode alsacienne »), faire une marche commando dans un ruisseau (dite « méthode ardéchoise »), ou les tremper dans du lait (dite « méthode normande »),
les fourrer entre deux marches avec du journal mouillé, marcher avec des chaussettes humides.
Quand au cirage, il ne faudrait le réserver que pour les occasions où le cuir doit briller, ce qui n’est pas le cas en opération, car il tache les sols quand on se promène dans les locaux entre deux sorties (qui n’a pas ralé en essayant de retirer ces infâmes traces sur un sol plastique « lino » ou PVC ?).
A ce propos, on ne dira jamais assez tout l’intérêt de laisser ses chaussures au vestiaire et d’adopter l’hygiénique paire de « claquettes » en intérieur, pour laisser tout le monde respirer : les chaussures, les pieds, les chaussettes et le nez des camarades ou des collègues.
Enfin, pour être complet, il existe des sprays assouplissants. S’ils ne font pas partie des gammes « attrape-nigauds » et « dissolution du cuir et tranformation en caoutchouc », ils constituent l’arme ultime après le graissage, ou le signe qu’il serait peut-être plus simple de choisir un autre modèle de chaussures...