Ca, il faut bouger, règle n°1 des agents de l'Etat que ce soit dans l'armée ou la fonction publique d'Etat. On va là où il faut sur l'ensemble du territoire, et ensuite, on cherche l'éventuelle opportunité d'obtenir après bien longtemps un des rares postes offerts là où l'on souhaite aller ( quand ça existe, parfois on vient de coins où il n'y a rien du tout, j'en sais quelque chose) si toutefois entretemps des éléments dans la vie n'ont pas changé la donne. Pour la carrière, le problème n'est pas en soi-même d'entrer à la base, mais c'est qu'une fois dans un boulot, divers facteurs interviennent : on se prend au jeu et l'on n'a plus idée d'évoluer, ou bien on n'a pas le temps et on est crevé, ou il n'existe pas de formation adéquate, ou bien il y a des freins extérieurs comme les obligations familiales. En plus, jeune, on n'imagine pas combien nos aspirations changent avec l'âge, ainsi que les conditions de travail, le statut dans lequel on est entré, qu'on ne reconnaît plus. Dans la police, il y a des services où l'on n'a pas le temps de respirer, où l'on est tributaire de l'événement ( tout ce qui est investigation en général), et d'autres à service plus régulier, parfois moins intéressant mais où quand le service est fini, c'est fini : pas de charge mentale, pas de dossier, pas de rappels inopinés, et aussi moins de risques de faire des boulettes. Si l'on a des objectifs à moyen ou long terme, il vaut mieux en rabattre sur le supposé intérêt du boulot, du moins au début. Ce que j'aurais été bien inspiré de faire fut un temps... La grande majorité des gens que j'ai vus passer des concours et évoluer ne faisaient pas de terrain, avaient des horaires de bureau, ne savaient pas ce que c'est que les planques interminables, les filatures, les interpellations au petit matin, les procédures qui débordent sur le WE. Mais à un certain âge, on est parfois sourd, ou mal conseillé, et la machine à essorer entretient aussi certaines illusions qui la font tourner.