Superbe texte en hommage aux 9 soldats français tués à Bouaké le 6 novembre 2004.
Ecrit par Jean-Louis MARTINEZ, vous trouverez d'autres formidables textes de ce MONSIEUR sur youtube, perso j'aime beaucoup.
Je sais pas mettre les vidéos, donc je vous écris le texte, le lien youtube je sais pas faire dsl:
J'ai fermé leurs cercueils, mais je n'ai pas fait le deuil
Dans la chaleur de la nuit et dans l'humidité
Je scrutais l'horizon à la recherche d'un hélico, qui nous les ramenait
Les pales faisaient baisser nos têtes, et lorsque la porte s'ouvrit face à moi
J'ai vu leurs corps meurtris, entassés, dans ces sacs noirs et froids
Mon Dieu que c'était lourd de vous porter ainsi
Pas la lourdeur physique, celle qui fait plus mal, celle psychologique
Mon Dieu qui était long ce trajet douloureux
Pour vous ramener ainsi, vers ce hangar froid et ténébreux
Mon Dieu que c'était lourd de vous sentir sans vie
Et cette odeur de sang et cette odeur de poudre ruisselle dans mes plis
Toutes ces images sont rangées dans un tiroir au fond de ma mémoire
Qui s'ouvrent maintes fois lorsque je ne m'y attends pas, lorsque je brois du noir
Mon Dieu que c'était dur d'aller chercher vos plaques
Parmi tous les dégâts, qu'avait fait cette attaque
Vous étiez neuf mes frères, la France a oublié
Oublié et caché par des politicards qui gouverne sans pitié
On vous a oubliés et rangés au secret
Comme si un jour pour la France vous n'aviez existé
Moi je vous connaissais, je vous revois encore, jeunes beaux et gaillards
Pour certains même la veille on avait discuté derrière un vieux comptoir
Discuter, comme on le fait entre frères, de la famille, des enfants, du retour, de la patrie
Nous étions trois DL, on vous a mis dans ces cercueils mes frères pour rentrer au pays
On a fermé vos cercueils mes frères, refermés pour la vie
On vous a drapé mes frères, du beau drapeau de la patrie
Puis nous avons prié mes frères
Puis nous avons crié mes frères
Crier honte à ces politiques, qui n'ont pas su assumer
Assumer la mort de mes frères, en se cachant derrière des secrets
Je pense aux familles, je pense à tous leurs proches, je pense souvent à eux
A ces frères que j'ai dû transporter dans ces sacs noirs et froids
Ce que je sais mes frères c'est qu'un jour on se reverra
On rediscutera comme naguère, en se remémorant nos combats
Et là enfin dans ma mémoire, tout refleurira
En enterrant mes nuits où souvent je vous vois
La France sur ce coup là, vous a laissé tomber
La France sur ce coup là, ne sait même pas que vous avez existé
Pour preuve cette France qui annule la dette d'un pays où mes frères sont tombés
Des hommes d'honneur bradés, par orgueil, par vanité au nom d'une popularité
Mais pour moi mes frères, contre moi toutes les nuits vous êtes serrés
Et comme une pluie d'atropine, des flashs me rappellent que pour la France vous êtes tombés"
Martinez