La France vit aujourd’hui sous le régime d’une dualité civilisationnelle : d'un côté, les boulevards haussmanniens, la fleur des Lettres, les Beaux-Arts et le Pays des Lumières ; de l'autre, des gangs armés de Kalachnikovs yougoslaves au cœur des banlieues, la prostitution des mineurs, le trafic de stupéfiants, la traite d'êtres humains, des mœurs sauvages, brutales, surgies de l'âge du bronze, et une fureur néandertalienne qui ne cherche qu'à se déchaîner.
Ce que nous observons ici et maintenant ne constitue que les premiers moutons blancs ridant la mer au large du château d'If - les prémices d'une tempête imminente. Et cette tempête fondra sur nous sans crier gare ; personne ne sera prêt, car la société française, si bien élevée, préfère ignorer ces néandertaliens sauvages armés de Kalachnikov, les reléguant au rang de simples "faits divers". Malheureusement, le frêle esquif de la Cinquième République ne survivra guère à cette tempête, d'autant plus qu'à sa barre s'engagent non pas des marins, mais des pirates.
Que réapparaîtra-t-il à la surface après le grain ? Je l'ignore, et je doute même que quoi que ce soit en réemerge. Mais cette tempête, la Cinquième République et cette société française bien-pensante ne l'ont pas seulement méritée : elle leur est devenue désirable, et même indispensable.