Pourtant, c’est d’une banalité affligeante. 90 % des légionnaires font exactement la même chose, et il y a deux raisons bien stupides à cela.
La première, c'est la fameuse RSM (Régularisation de la Situation Militaire). Après avoir souscrit son contrat, le légionnaire se retrouve avec une identité d'emprunt (nom, prénom et tout le cirque). Pour récupérer sa vraie identité et valider la RSM, il doit fournir un acte de naissance datant de moins de six mois. Évidemment, dans la majorité des pays dotés d'un cerveau, un acte de naissance est délivré UNE fois à la naissance, parce que jusqu'à preuve du contraire, ta date, ton lieu de naissance et tes parents ne changent pas en cours de route. Mais non, pas pour l'administration française. Pour beaucoup, ça implique de faire des démarches auprès de leur pays d'origine, déclarer une perte factice, se faire envoyer le papier, le faire traduire en France... Bref, un parcours du combattant, parfois tout simplement impossible. Et tant que la RSM n'est pas réglée, interdiction absolue de poser des permissions à l'étranger.
Résultat ? Le mec pose ses vacances en France, et rentre en douce chez lui. S'il se fait choper ? 20 à 30 jours de trou. Vive la bureaucratie française et son absence totale de sens commun.
La seconde raison tient au délire bureaucratique propre à la Légion : pour demander une perm à l'étranger dans les règles, il faut déposer le dossier deux mois à l'avance (pourquoi pas deux ans tant qu'on y est ?). Donc, si tu rentres d'OPEX ou qu'on te donne tes dates de PLD un mois et demi avant, c'est mort. Tu n'as littéralement pas le temps de faire les papiers. Tu déclares donc tes perms en France, tu rentres chez toi, et si par malheur tu te fais pécho, c'est reparti pour 20-30 jours de travaux d'interet commun en taule.
Oui, c'est d'une débilité profonde, mais bienvenue dans la Légion étrangère. Voilà le topo : le mec n'y est pour rien, c'est le système qui le pousse à la faute.