BTX Posté(e) %s à %s Signaler Partager Posté(e) %s à %s https://www.opex360.com/2025/03/30/pour-les-commandos-marine-les-processus-lies-a-linnovation-ne-sont-pas-adaptes-aux-forces-speciales/ Par rapport aux unités dites « classiques », les forces spéciales sont censées avoir plus de latitude pour se procurer de nouveaux équipements, afin qu’elles puissent accomplir leurs missions dans les meilleures conditions possibles. C’est d’ailleurs une nécessité dans la mesure où elles doivent s’adapter rapidement à des situations qui n’avaient pas été forcément prévues. Or, en France, ce n’est pas toujours le cas… Ainsi, les moyens alloués au Commandement des opérations spéciales [COS] ne lui « permettent que de répondre aux besoins les plus urgents » et les « pouvoirs de la CIEPCOS [Commission Interarmées d’Etudes Pratiques Concernant les Opérations Spéciales] ne sont que consultatifs », avait noté un rapport du Sénat, publié en 2014. Aussi, ce dernier avait estimé que « le seul vrai moyen de permettre au COS de bénéficier des souplesses qui existent dans le code des marchés publics est, soit de lui conférer l’autorité de pouvoir adjudicateur, soit d’en désigner ou d’en créer un à son intention ». Cette recommandation n’avait toujours pas été mise en pratique en 2021. Alors à la tête du COS, le général Éric Vidaud l’avait déploré, lors d’une audition parlementaire. « Je m’efforce aussi de faire entendre mes besoins capacitaires pour les opérations spéciales car le COS est rarement le maître d’œuvre de programmes d’armement majeurs. Mes attributions d’acquisition sont donc échantillonnaires. Il s’agit essentiellement de pallier, dans l’urgence, une rupture temporaire de capacité sur un théâtre d’opérations par le processus des urgences opérationnelles », avait-il dit. Son prédécesseur, l’amiral Laurent Isnard, n’avait pas dit autre chose, trois ans plus tôt. « Nous ne pouvons innover seuls. Il faut que les processus d’acquisition nous y aident au lieu de nous contraindre. L’innovation doit aussi imprégner nos méthodes et nos règles. Il est des cas où l’on doit pouvoir s’affranchir du code des marchés publics, ce que permettent les directives européennes. Malheureusement, la déclinaison de ces exceptions en droit français se borne aux seuls services de renseignement. C’est un frein considérable », avait-il déploré. Et d’ajouter : « L’enjeu est stratégique : l’innovation technique et l’adaptation administrative doivent nous permettre de réagir face à des adversaires qui exploitent à 100 % la dualité des technologies et leur vulgarisation massive sur internet et les réseaux sociaux ». Alors que la 7e édition du SOFINS [Special Operations Forces Innovation Network Seminar] se tiendra du 1er au 3 avril au camp de Souge [Gironde], le commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos [ALFUSCO], le contre-amiral Samuel Majou, a affirmé que de « gros progrès » sont encore à faire pour soutenir l’innovation capacitaire au sein des forces spéciales, d’autant plus que ces dernières font preuve d’un inventivité certaine en la matière. Et cela alors que l’évolution technologique s’accélère, comme en témoignent les combats en Ukraine. « Les forces spéciales françaises sont particulièrement attachées à l’innovation et les FS Mer [les commandos marine, ndlr] ne dérogent pas à cette règle. L’inventivité foisonne, la volonté créative ne faiblit pas. Les commandos marine ne s’arrêtent jamais tant qu’ils n’ont pas trouvé la solution à un problème », a d’abord souligné le contre-amiral Majou, dans les pages du dernier numéro du magazine RAIDS. Seulement, a-t-il poursuivi, « cette ténacité inventive nécessite, pour être performante, d’être soutenue par des moyens financiers délégués et des processus de conception, de fabrication, d’évaluation et de qualification spécifiques, différents de la règle commune ». Or, a-t-il déploré, « c’est dans ce domaine que les plus gros progrès restent à accomplir, tant les mécanismes capacitaires et d’innovation sont encore trop lents, trop normés et mal adaptés aux spécificités […] des forces spéciales. » Et cela d’autant plus que, pour le contre-amiral Majou, les forces spéciales ont déjà « prouvé leur aptitude à prendre des risques et à maîtriser les effets de leurs actions, même dans l’incertitude et l’inconfort le plus grand ». Aussi, il en appelle à la « cohérence » : le « moment est venu de donner aux forces spéciales toute la liberté nécessaire pour innover vite, beaucoup, bien, par elles-mêmes, pour s’équiper sur mesure et en autonomie, et continuer ainsi à s’engager avec succès au cœur de l’adversité ». De toute façon, il n’y a guère le choix. Pour le pacha du commando Hubert, également interrogé par RAIDS, « l’émergence de nouveaux milieux, que ce soient des menaces dans le spectre électromagnétique ou dans l’espace cyber, complique encore les missions » et « nous devons nous préparer à une hypothèse d’emploi où nous serions face à un adversaire qui dispose de ce type de capacités, nous amenant à nous adapter, encore et toujours ». En Ukraine, la mise en œuvre de nouvelles « briques » technologiques [intelligence artificielle, drones, guerre électronique, etc.] modifient presque en permanence le champ de bataille. Aussi, pour le commandant du commando Hubert, « l’innovation dans les armées » qui fonctionne selon des cycles assez longs [2 ou 3 ans], doit être « revue » car « notre besoin est plutôt de l’ordre de six mois dorénavant ». Citer Ya Rab Yeshua. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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