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https://www.opex360.com/2026/02/04/le-general-mandon-estime-que-la-marine-nationale-na-pas-assez-de-navires-pour-livrer-un-combat-difficile-en-mer/

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« La France a enfin un budget », s’est félicité le Premier ministre, Sébastien Lecornu, après le rejet d’une ultime motion de censure déposée en réponse à son recours à l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi de finances 2026. C’est « un budget qui assume des choix clairs et des priorités essentielles », a-t-il estimé.

Mais tel n’est pas l’avis de tout le monde.

Ainsi, dans les pages du Figaro [édition du 3 février], le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq a expliqué que le « retard pris dans le redressement de nos finances publiques est maintenant trop important pour éviter un moment de vérité ». Faute de choix politiques forts, selon lui, la dette pourrait atteindre les 4 000 milliards d’euros en 2027.

« La part de notre budget consacrée au paiement des intérêts va donc augmenter vers 100 milliards d’euros par an », a-t-il écrit. Et de prévenir que la France ne pourra pas faire l’économie d’une cure d’austérité pendant sept ou dix ans.

Dans ces conditions, il sera difficile de trouver les marges de manœuvre nécessaires pour trouver les 36 milliards d’euros supplémentaires [en tenant compte de la « surmarche » de 3,5 milliards prévue dans le budget 2026, ndlr] que le président Macron a l’intention d’allouer aux armées d’ici 2030. D’ailleurs, la copie budgétaire finale qui vient d’être adoptée a déjà rogné quelque 250 millions d’euros sur les crédits de la mission Défense… Et cela afin de contribuer à maintenir le déficit public à 5 % du PIB.

Quoi qu’il en soit, si « pour être libre, il faut être craint et donc être puissant », comme l’a répété M. Macron lors de ses vœux aux armées, il faudra parvenir à concilier rigueur [voire austérité] budgétaire et hausse des crédits militaires. D’ailleurs, la situation internationale ne laisse guère de choix. Et tout cas, c’est ce qu’a suggéré le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors de la 4e édition de la Conférence Navale de Paris, le 3 février.

« Aujourd’hui on se prépare à la guerre. C’est le retour de certaines vérités », a d’abord lancé le CEMA, lors de son allocution. Sans utiliser le conditionnel, il a ensuite expliqué que, demain, au regard de l’importance des enjeux maritimes dans « notre fonctionnement », la Marine « sera dans la confrontation militaire dure du combat naval qui se reproduira en mer ».

Le général Mandon a rappelé les missions « fondamentales » de la Marine nationale, qu’il a décrite comme étant le « premier rempart de la souveraineté nationale » car le milieu marin est la « première frontière franchie pour les puissances maritimes ».

En outre, la Marine participe à la protection de l’économie mondiale [80 à 90 % des flux commerciaux transitent par la mer] et aux actions menées contre les trafics illégaux. Elle assure aussi la sécurisation des câbles sous-marins [essentiels à la circulation des données] et prend part à la logistique militaire car, a souligné le CEMA, « la mer est l’unique voie permettant d’acheminer les volumes nécessaires aux opérations militaires d’envergure, bien au-delà des capacités aériennes ». 

Enfin, la « Royale » constitue aussi un « outil diplomatique et de renseignement global ». À ce titre, a relevé le général Mandon, la construction du porte-avions de nouvelle génération [PA NG] doit être aussi vue comme un « signal fort de détermination et de puissance mondiale ».

 

Reste que le format de la Marine nationale est sous-dimensionné.

Ce n’est pas nouveau : depuis les années 2010, ses chefs d’état-major successifs n’ont eu de cesse d’expliquer qu’elle manquait de moyens pour tenir son contrat opérationnel, avec seulement quinze frégates de premier rang [sur le papier] alors qu’il lui en faudrait au moins dix-huit, si ce n’est davantage. Et si elle tient son rôle, c’est parce qu’elle a fait un effort sur le maintien en condition opérationnelle [MCO] de ses navires, ces derniers ayant un taux de disponibilité moyen de 80 %.

Mais avec la perspective d’un affrontement en mer, les renoncements capacitaires d’hier risquent de se payer cher. D’ailleurs, le général Mandon l’a admis. « On a aujourd’hui un nombre de bâtiments qui est insuffisant et des quantités de missiles embarqués qui sont également insuffisantes », a-t-il dit.

Aussi, a-il continué, cela « fera partie des axes d’effort à l’avenir parce qu’il y aura un combat difficile en mer. Et donc, […] j’aurai besoin de nombre de frégates, de nombre de sous-marins et nombre d’autres bâtiments qu’il faut concevoir » car « la quantité compte, le combat en mer n’étant pas un sport de masse ».

Quant à la « létalité », le CEMA a dit qu’il faudra « plus de missiles à bord, avec des portées renforcées » pour faire face à des « compétiteurs qui modernisent tous leurs senseurs et leurs systèmes de protection ».

Par ailleurs, le général Mandon a dit prendre au sérieux les travaux menés par la Chine afin de rendre les océans transparents, notamment en matière de quantique, de technologies spatiales et d’acoustique. « Ils doivent être pris en compte pour nous garantir la liberté de manœuvre dans un espace qui est malheureusement de plus en plus transparent », a-t-il conclu.

Ya Rab Yeshua.

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