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Les prochains jours seront cruciaux pour la succession du Lance-roquettes unitaire [LRU] car les solutions proposées par MBDA [associé à Safran] et ArianeGroup [allié à Thales] dans le cadre du programme FLP-T [pour Frappe Longue Portée – Terrestre] seront évaluées par la Direction générale de l’armement [DGA].

«Fin avril, je serai en capacité de savoir si nous avons effectivement la possibilité d’envisager un successeur du LRU qui soit souverain ou si, pour éviter une rupture de capacité, nous devons ou non regarder ce qu’il y a sur étagère», a en effet affirmé Catherine Vautrin, la ministre des Armées, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 8 avril.

Ce dossier est prioritaire pour le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT]. «La létalité et les feux [longue portée] sont des éléments fondamentaux de la puissance terrestre. Dans les exercices, les simulation et les études que nous menons, on estime que 70 % des destructions opérées chez l’adversaire sont le fait de ces feux longue portée. Ils seront dorénavant une combinaison de munitions téléopérées au sens large et de moyens balistiques un peu plus classiques», a-t-il dit aux députés, le 9 avril.

Dans le détail, le CEMAT veut qu’une division dite «bonne de guerre» ait les moyens de mener ses opérations dans une profondeur tactique d’une centaine de kilomètres, ce qui passe par des capacités de reconnaissance et de frappe. À terme, son objectif est que l’armée de Terre puisse aligner «trois régiments de feux longue portée», c’est-à-dire dotés de munitions téléopérées associées au successeur du LRU, dont vingt-six exemplaires seront commandés, selon le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30

«Aujourd’hui, nous avons un régiment qui a cette capacité, c’est le 1er Régiment d’Artillerie [RA] de Bourogne», qui prendra de l’épaisseur dans les mois à venir, grâce à la livraison de munitions téléopérées. Et cela alors qu’il ne lui reste plus que neuf LRU en dotation.

Pour le général Schill, il est donc important que le successeur du LRU soit désigné «dans les tous prochains mois», en sachant que «chacune des solutions aura des avantages et des inconvénients» en termes «de coûts, de délais et de volumes». En outre, a-t-il ajouté, les «solutions sur étagère, du point de vue de la souveraineté, ne sont pas forcément les meilleures».

Reste que le CEMAT souhaite qu’une décision soit prise en connaissance de cause.

«Est-ce que ce sera la solution la plus rapide du point de vue des lanceurs ? Il faudra que l’on trouve le bon arbitrage avec le sujet de la souveraineté. Il y aussi la question des munitions. En tout cas, ces lanceurs devront avoir des munitions très rustiques et peu chères pour attaquer les cibles peu durcies ou épuiser l’adversaire. Et puis, à l’autre bout du spectre, peut-être un ‘missile en argent’, capable d’aller dans les environnements brouillés», a-t-il affirmé.

S’il prévoit de renforcer les capacités de frappe à longue portée de l’armée de Terre, le projet d’actualisation de la LPM 2024-30 évoque «des études pour le développement d’un segment de frappe dans la profondeur [DPS] afin de disposer d’un missile sol-sol balistique conventionnel d’une portée» d’au moins 2 500 km «avant la fin de la prochaine décennie». Et d’ajouter qu’une «coopération avec nos alliés allemands et britanniques est privilégiée».

Même si elle ne se pose pas encore, la question sera de savoir qui mettra en œuvre ce missile sol-sol à longue portée, lequel «épaulera» la dissuasion nucléaire.

Justement, le mois dernier, le général Schill a souligné que l’armée de Terre participait à la dissuasion, son rôle ayant évolué, depuis la fin de la Guerre froide, selon une «logique d’épaulement», laquelle «traduit la complémentarité entre forces nucléaires et forces conventionnelles». Évidemment, un tel rôle pourrait être conforté avec la mise en œuvre de ce missile balistique sol-sol… qui, au passage, a éclipsé le planeur hypersonique VMAX dans le projet d’actualisation de la LPM.

Cela étant, l’organisation «capacitaire» pour ce futur missile n’est pas encore arrêtée. «Nous parlons d’une arme qui aura une allonge beaucoup plus importante» que celle du successeur du LRU. Elle ne servira pas à attaquer l’adversaire de la force terrestre mais à effectuer une frappe dans une profondeur bien plus importante», a expliqué le CEMAT. Aussi, «concrètement, c’est une arme qui appartient à l’interarmées», a-t-il dit.

Ce missile balistique va-t-il être confié à l’armée de Terre ? Ou bien entrera-t-il en dotation au sein de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], comme, a rappelé le général Schill, cela a été le cas avec les systèmes de défense sol-air moyenne portée / Terrestre [SAMP/T] ?

En attendant, le CEMAT a dit suivre le développement de cette future capacité de frappe dans très grande profondeur. La question de «créer, le cas échéant, un régiment qui saurait servir ces armes est, pour l’instant, au-delà de la fenêtre de considération. Je donne la priorité, clairement, au successeur du LRU et à ses régiments d’artillerie», a-t-il conclu.

Photo : MBDA

Ya Rab Yeshua.

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