Recrutement dans les armées françaises : guide complet pour s’engager

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Pourquoi rejoindre les armées françaises ?

S’engager dans les armées françaises peut être un excellent choix de carrière pour de nombreux jeunes. En rejoignant l’armée, on intègre une institution riche en valeurs : esprit d’équipe, discipline, dépassement de soi et sens du service à la nation. C’est l’opportunité de vivre des expériences hors du commun : missions humanitaires ou opérationnelles à l’étranger, aventures sportives, découverte de nouvelles cultures. De plus, l’armée offre une stabilité de l’emploi avec un salaire dès la formation, des avantages sociaux (logement, santé) et de nombreux métiers variés. Beaucoup y voient aussi un moyen de développer des compétences techniques et humaines précieuses (leadership, gestion du stress, compétences physiques) qui seront utiles toute la vie, y compris pour une future reconversion civile. Enfin, porter l’uniforme donne une fierté particulière : celle de servir et de protéger les autres au quotidien.

Chaque année, les forces armées accueillent des milliers de nouvelles recrues. L’armée de Terre à elle seule recrute environ 16 000 nouveaux soldats par an (la nouvelle campagne de recrutement de l’armée de Terre 2024), signe que de nombreux jeunes font le pari d’une carrière militaire. Si vous aussi envisagez de vous engager, ce guide vous présente les différentes armées, les conditions d’admission, les voies pour entrer, les formations, les évolutions de carrière possibles avec le déménagement militaire PFMD, ainsi que des conseils pour réussir votre recrutement.

Les différentes branches de l’armée française

L’expression “les armées françaises” englobe plusieurs forces ou corps, chacun avec ses spécificités. Voici les principales branches que l’on peut rejoindre :

Armée de Terre

L’armée de Terre est la force terrestre. C’est la plus grande en effectifs. Elle regroupe les soldats qui interviennent au sol : fantassins (infanterie), cavaliers blindés (chars), artilleurs, génie (sapeurs) ou encore transmissions (communications). L’armée de Terre est présente sur tous les terrains, en France comme en opération extérieure. S’engager dans l’armée de Terre, c’est participer aux missions de protection du territoire, de combat, de maintien de la paix ou d’aide aux populations. C’est un univers fait de régiments, d’entraînements sur le terrain et de fortes camaraderies.

Marine nationale

La Marine nationale est la force navale française. Elle opère sur toutes les mers du globe. La Marine comprend les navires de surface (frégates, porte-avions, bâtiments amphibies…), les sous-marins, l’aéronautique navale (avions et hélicoptères embarqués) et des unités spécialisées comme les fusiliers marins et commandos marine. Rejoindre la Marine, c’est vivre au rythme de la mer : embarquements de plusieurs mois, escales à l’étranger, missions de surveillance maritime, de sauvetage en mer, ou de projection de puissance depuis l’océan. C’est un milieu technologique (navigation, mécanique navale, radar, armement) où de nombreux métiers sont représentés, du marin cuisinier au technicien aéronautique en passant par le navigateur.

Armée de l’Air et de l’Espace

L’armée de l’Air et de l’Espace est la troisième branche des forces armées, spécialisée dans les opérations aériennes et désormais spatiales. Elle gère les avions de chasse, de transport, les hélicoptères, les drones et les moyens de défense anti-aérienne, ainsi que le commandement des opérations spatiales (satellites militaires, surveillance de l’espace). Intégrer l’armée de l’Air et de l’Espace permet de travailler dans l’aviation (pilotes de chasse ou de transport, mécaniciens avions, contrôleurs aériens) mais aussi dans des domaines pointus comme la cybersécurité, l’informatique de défense ou la gestion des satellites. C’est une armée à la pointe de la technologie, idéale pour les passionnés d’aéronautique et d’espace.

Gendarmerie nationale

La Gendarmerie nationale a un statut particulier : c’est une force armée chargée des missions de sécurité intérieure et de police judiciaire. Ses membres sont des militaires, mais au service de la protection des citoyens sur le territoire national. La Gendarmerie assure des missions très variées : sécurité routière, enquête criminelle, maintien de l’ordre, surveillance en zones rurales, interventions du GIGN (unité d’élite) ou encore missions de paix à l’international. Rejoindre la Gendarmerie, c’est s’engager pour la sécurité publique tout en bénéficiant du statut militaire. On peut y exercer comme gendarme de brigade départementale (au contact de la population), comme gendarme mobile (unités prêtres à intervenir partout), ou dans des domaines spécialisés (recherche scientifique, haute montagne, cybercriminalité, etc.).

Légion étrangère

La Légion étrangère est un corps unique en son genre, rattaché à l’armée de Terre mais composé de volontaires du monde entier. Créée en 1831, la Légion recrute principalement des candidats de nationalité étrangère (et également des Français souhaitant un engagement différent). Elle est connue pour sa sélection exigeante et son entraînement intense, mais aussi pour l’esprit de fraternité légionnaire. Les légionnaires servent la France avec un anonymat (ils adoptent souvent une nouvelle identité en s’engageant) et peuvent, après plusieurs années de service honorable, devenir citoyens français. La Légion étrangère compte des régiments de combat (infanterie, parachutistes, génie, cavalerie blindée) qui interviennent souvent en première ligne lors des opérations extérieures. S’engager dans la Légion, c’est relever un défi personnel et rejoindre une unité d’élite au riche passé historique. À noter : la Légion étrangère est traditionnellement composée d’hommes uniquement, contrairement aux autres branches qui sont ouvertes aux femmes.

Conditions générales de recrutement

Avant de pouvoir s’engager, il faut respecter certaines conditions générales de recrutement communes à l’ensemble des armées françaises (Terre, Air, Marine, Gendarmerie, Légion) :

  • Âge minimum et maximum : Il faut avoir au moins 17 ans pour s’engager (avec autorisation parentale si mineur). La plupart des recrutements se font entre 18 et 30 ans environ. Chaque corps d’armée fixe une limite d’âge supérieure selon le statut visé : par exemple, pour s’engager comme militaire du rang (soldat) dans l’armée de Terre, l’âge est compris entre 17,5 ans et 30 ans (Peut-on entrer dans l’armée après 40ans ? – recrutement – 42639). Les limites peuvent être un peu plus élevées pour les recrutements de sous-officiers ou d’officiers (souvent jusqu’à 32 ans pour les officiers (Peut-on entrer dans l’armée après 40ans ? – recrutement – 42639)). La Gendarmerie recrute ses volontaires et sous-officiers généralement entre 17 et 35 ans selon le cas. Quant à la Légion étrangère, elle accepte les candidats jusqu’à 39 ans et demi révolus (Conditions administratives | Légion étrangère – Legion-recrute.com), offrant une possibilité d’engagement plus tardive que les autres corps.
  • Nationalité : Pour la grande majorité des recrutements, il faut être de nationalité française. S’engager implique de servir sous le drapeau français, ce qui réserve logiquement l’accès aux citoyens français (y compris les bi-nationaux). Toutefois, il existe des exceptions notables : la Légion étrangère recrute des candidats de toutes nationalités (elle a justement été créée pour intégrer des étrangers au service de la France). De même, certains postes de volontaire ou de personnel civil peuvent parfois être ouverts aux ressortissants de l’Union européenne, mais c’est rare dans les fonctions combattantes. En résumé, hors Légion étrangère, prévoyez d’être français pour devenir militaire.
  • Niveau d’études : Aucun diplôme n’est exigé pour la plupart des postes de militaire du rang ou de volontaire. On peut s’engager dans l’armée dès la fin de la scolarité obligatoire, même sans le bac, et suivre ensuite des formations internes (Conditions administratives | Légion étrangère – Legion-recrute.com). Par exemple, pour devenir gendarme adjoint volontaire (GAV), aucun diplôme n’est requis et il suffit d’avoir entre 17 et 26 ans (Tout savoir sur les métiers de la Gendarmerie Nationale). En revanche, les postes de sous-officiers et d’officiers demandent un niveau d’études plus élevé. En général, un niveau bac est conseillé pour les sous-officiers, et un bac+2 à bac+5 est requis pour les officiers (selon les concours : certains officiers sont recrutés à niveau licence ou master). Des grandes écoles militaires (voir section plus bas) forment spécifiquement les officiers à niveau post-bac. Ainsi, il existe des opportunités pour tous les niveaux scolaires, du sans diplôme jusqu’au diplômé de l’enseignement supérieur.
  • Conditions physiques et médicales : Une bonne condition physique est indispensable. Chaque candidat passe des tests sportifs lors du recrutement (course d’endurance type Luc Léger ou 3 km, tests de force comme des pompes/tractions, parcours d’obstacle…) afin d’évaluer sa forme. Il faut se situer au minimum dans la moyenne de sa tranche d’âge, voire mieux, car la sélection peut être compétitive. De plus, un examen médical complet est réalisé par un médecin militaire : il vérifie que vous êtes apte médicalement au service (bonne vision – avec ou sans correction selon les cas –, audition correcte, pas de maladies incompatibles, indice de masse corporelle dans une fourchette saine, etc.). Certaines spécialités ont des exigences particulières (par exemple, les pilotes doivent avoir une vue irréprochable, les plongeurs de marine une excellente aptitude pulmonaire). Globalement, être en bonne santé générale et sportif est nécessaire pour intégrer l’armée.
  • Moralité et casier judiciaire : Le métier de militaire exige de la probité. Une enquête de moralité est souvent menée lors du recrutement. Un casier judiciaire vierge est généralement exigé (certaines infractions mineures peuvent éventuellement être tolérées, mais des condamnations graves entraîneront un refus). Il faut aussi être en règle vis-à-vis de la journée de défense et citoyenneté (JDC, ex-JAPD) pour les citoyens français, puisque c’est une obligation légale avant d’entrer dans la fonction publique. En bref, le candidat doit offrir des garanties de bonne conduite et de loyauté.
  • Autres critères : Il faut bien sûr adhérer aux valeurs de l’institution militaire et être prêt à en accepter les contraintes (discipline, disponibilité, mobilité géographique). Pour certaines branches, le permis de conduire peut être un plus (voire exigé pour des postes de conducteur). Les femmes et les hommes peuvent s’engager dans quasiment tous les métiers (il n’y a plus de quotas limitatifs, sauf à la Légion étrangère qui reste majoritairement masculine). Enfin, chaque candidat signe un contrat d’engagement et prête serment à l’entrée dans les forces armées, marquant son adhésion formelle.

En résumé, les armées recherchent des jeunes motivés, aptes physiquement et médicalement, d’un bon niveau moral, et formés a minima par la scolarité de base. Les conditions précises varient selon la voie et le corps choisis, mais si vous correspondez globalement à ce profil, vous avez toutes vos chances de pouvoir tenter votre chance dans le milieu militaire.

Les différentes voies d’accès pour s’engager

Il existe plusieurs voies d’accès pour intégrer les armées françaises. Que vous souhaitiez faire un essai de courte durée ou vous lancer dans une carrière longue, il y a une filière adaptée. Voici les principales manières de rejoindre les forces armées :

  • Le volontariat dans les armées : C’est une formule idéale pour ceux qui veulent découvrir l’armée sur une courte période. Le volontariat permet de s’engager pour une durée d’un an (renouvelable une fois, généralement) (Garde Nationale et volontariat dans les armées I DynamJeunes). Il est ouvert aux jeunes de 17 à 26 ans et se décline dans chaque armée. Par exemple, vous pouvez être volontaire dans l’armée de Terre (on parle de VDAT – Volontaire de l’armée de Terre), dans la Marine (volontaire aspirant marin), dans l’armée de l’Air, ou comme gendarme adjoint volontaire en Gendarmerie. Le volontaire occupe un poste de militaire du rang et suit une formation initiale allégée, puis sert pendant un an dans une unité, souvent sur des tâches de soutien ou des postes débutants. L’objectif est de découvrir la vie militaire et de vérifier si cela vous convient. À l’issue de l’année, vous pouvez soit quitter l’institution (en ayant acquis une première expérience valorisante), soit signer un contrat plus long comme engagé volontaire de l’armée (EVAT, voir ci-dessous).
  • Le contrat d’engagé volontaire (militaire du rang ou sous-officier) : La majorité des recrues intègrent l’armée via un contrat d’engagement initial de quelques années. Pour les soldats (appelés militaires du rang), l’engagement initial est souvent de 3 à 5 ans selon les armées. Par exemple, en armée de Terre on signe généralement un contrat de 5 ans comme EVAT (engagé volontaire de l’armée de Terre). Dans la Marine, les matelots de la flotte signent des contrats de 4 ans, etc. Ce contrat peut être renouvelé plusieurs fois si tout se passe bien. Il permet de faire partie intégrante d’une unité opérationnelle après la formation. Pour les sous-officiers (gradés comme sergents, maréchaux-des-logis, etc.), l’entrée se fait soit en interne après quelques années de service comme militaire du rang méritant, soit via un recrutement direct. Les armées proposent en effet des concours ou sélections de sous-officiers ouverts aux candidats civils titulaires du bac (ou équivalent). Par exemple, l’armée de Terre recrute des futurs sergents qui intègrent l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers d’Active) pour y suivre une formation de plusieurs mois avant d’être affectés en unité. De même, l’armée de l’Air a l’EFSOAA pour ses sous-officiers, et la Marine l’École de Maistrance pour ses quartiers-maîtres et maîtres (sous-officiers). Ces voies permettent de devenir sous-officier de carrière plus rapidement, avec un contrat initial souvent de 6 à 8 ans.
  • Les concours des écoles d’officiers : Pour celles et ceux qui ont un bon niveau scolaire et visent des postes à responsabilités, il est possible d’intégrer l’armée en tant qu’officier. Les officiers sont formés dans de grandes écoles militaires prestigieuses, accessibles sur concours (généralement au niveau du bac ou après une classe préparatoire). Chaque armée a son école emblématique : l’armée de Terre recrute ses officiers via Saint-Cyr (École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan), l’armée de l’Air et de l’Espace via l’École de l’Air et de l’Espace (à Salon-de-Provence), la Marine nationale via l’École Navale (à Brest), et la Gendarmerie via l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale (EOGN à Melun). Ces concours sont sélectifs (épreuves académiques, sportives et orales). Ils s’adressent généralement à des candidats entre 18 et 22 ans (ou un peu plus pour certains concours universitaires). Les lauréats suivent ensuite une formation d’officier de 2 à 3 ans selon l’école, en sortie de laquelle ils seront nommés lieutenant ou enseigne de vaisseau et commanderont des troupes. À noter qu’il existe aussi des recrutements d’officiers sur titre (sans passer par l’école) pour des profils plus âgés et diplômés (médecins, ingénieurs, etc., recrutés comme officiers sous contrat).
  • Autres voies et dispositifs : En marge des voies principales, mentionnons la réserve opérationnelle qui permet de servir à temps partiel tout en ayant une activité civile (accessible après une première formation militaire, souvent réservée aux anciens militaires ou aux civils ayant suivi une formation de quelques semaines). La réserve n’est pas du recrutement actif initial, mais beaucoup de jeunes commencent par là pour « tâter le terrain » quelques jours par an. Par ailleurs, certains choisissent de réaliser un service militaire volontaire (SMV), dispositif d’insertion de quelques mois destiné aux jeunes en difficulté, encadré par l’armée. Enfin, pour les étrangers particulièrement motivés, la Légion étrangère représente une voie d’accès spécifique : il faut se présenter directement dans un poste de recrutement de la Légion en France, où une sélection intense (tests sportifs, médicaux, entretiens) aura lieu sur plusieurs semaines avant d’éventuellement signer le contrat légionnaire de 5 ans.

En résumé, plusieurs chemins mènent à l’uniforme : du volontariat de courte durée au concours d’officier en passant par le contrat classique de soldat. À chacun de choisir la voie qui correspond le mieux à son profil et à ses ambitions. Il est recommandé de prendre contact avec un recruteur ou un CIRFA (Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées) pour être guidé vers la filière la plus adaptée à votre cas.

Formations et spécialisations dans l’armée

Une fois le processus de recrutement réussi et le candidat incorporé, commence la phase de formation militaire. L’armée ne jette pas ses recrues directement dans le grand bain sans préparation : au contraire, elle investit fortement dans la formation de ses soldats, marins, aviateurs ou gendarmes. Ces formations initiales et continues vous permettront d’acquérir un métier. En effet, intégrer l’armée, ce n’est pas seulement être « soldat », c’est exercer un métier bien précis au sein de l’institution, avec une spécialité technique ou opérationnelle.

  • Formation initiale militaire : Quelle que soit l’armée ou le statut, tout nouvel engagé débute par une formation militaire de base. Cette formation initiale dure en général de 1 à 3 mois pour les militaires du rang (par exemple les nouvelles recrues de l’armée de Terre passent par un CFIM – Centre de Formation Initiale des Militaires du rang – durant 12 semaines environ). Pour les sous-officiers et officiers, la formation initiale est plus longue car elle inclut l’apprentissage du commandement (plusieurs mois à plus d’un an d’école). Cette période d’instruction inculque les fondamentaux militaires : ordre serré, maniement des armes, tactique de base, règles de sécurité, sport intensif, etc. C’est aussi là qu’on apprend à vivre en collectif, à respecter la hiérarchie et à développer la cohésion. La formation initiale se conclut souvent par une cérémonie de fin de stage où la jeune recrue reçoit son affectation en unité ou son premier galon.
  • Formation spécialisée (métier) : Après les bases militaires, place au métier. Les armées françaises proposent une immense variété de spécialisations. Plus de 400 métiers différents sont proposés rien que dans l’armée de Terre (Armée – les métiers par secteur avec Letudiant.fr) (combattant, mécanicien, informaticien, brancardier secouriste, cuisinier, musicien… la liste est longue !). L’armée de l’Air offre des dizaines de spécialités (environ 60) et la Marine nationale plus de 50 (Armée – les métiers par secteur avec Letudiant.fr), sans compter les métiers spécifiques de la Gendarmerie. En pratique, lors de votre engagement, vous postulez pour un domaine : par exemple conducteur de véhicules blindés, technicien de maintenance aéronautique, opérateur des systèmes d’information, maître-chien, etc. Une fois incorporé, vous suivrez une formation dans ce domaine. Chaque branche a ses écoles spécialisées : l’armée de Terre dispose par exemple de l’ENSB (École du Train) pour la logistique, de l’école d’infanterie à Draguignan pour les fantassins, etc. L’armée de l’Air a l’École de Rochefort pour former ses sous-officiers techniciens, la Marine a l’École de Maistrance et d’autres centres à Brest, Toulon… La Gendarmerie forme ses élèves-gendarmes dans ses écoles (à Tulle, Chaumont, Montluçon, etc.). Quant à la Légion étrangère, elle possède son propre centre de formation à Castelnaudary. Durant ces formations de spécialité, on vous enseignera le savoir-faire technique lié à votre métier (par exemple un mécano avion apprendra la mécanique aéronautique sur hélicoptères ou avions de chasse, un spécialiste télécommunications apprendra à gérer radios et réseaux, etc.). La durée de ces formations varie de quelques semaines à plus d’un an pour les métiers complexes.
  • Évolution et qualifications supplémentaires : La formation ne s’arrête pas à l’issue du stage initial. Tout au long d’une carrière militaire, on peut passer des stages supplémentaires pour se perfectionner ou se spécialiser davantage. Par exemple, un soldat pourra passer son permis poids-lourd via l’armée, obtenir des brevets de parachutisme, se former aux premiers secours de niveau avancé, etc. De même, les sous-officiers et officiers suivent régulièrement des cours pour monter en compétence (formation de chef d’équipe, de moniteur sports, apprentissage d’une langue étrangère, etc.). Les armées françaises encouragent la montée en qualification de leur personnel. On peut ainsi, au fil des ans, décrocher des certifications professionnelles reconnues (CAP, brevet technique) tout en servant. Cela profite aussi bien à l’efficacité des unités qu’à la future reconversion des militaires.

En termes de spécialisations disponibles, en voici quelques exemples concrets par armée :

  • Armée de Terre : combattant de l’infanterie, parachutiste, éclaireur alpins, pilote de char Leclerc, artificier du génie, mécanicien sur véhicules blindés, opérateur drone, télécommunicant, informaticien SIC, secrétaire ressources humaines, infirmier militaire, etc. Le spectre est très large, du métier le plus combattant au plus technique ou administratif.
  • Marine nationale : marin pompier, mécanicien naval (propulsion des navires), détecteur anti-sous-marin (sonar), navigateur timonier, fusilier marin (protection défense), commando marine, météorologiste, cuisinier à bord, pilote d’hélicoptère embarqué, contrôleur aérien sur porte-avions, etc.
  • Armée de l’Air et de l’Espace : pilote de chasse ou de transport, navigateur officier systèmes d’armes, mécanicien avionique, contrôleur de défense aérienne, opérateur radar, fusilier de l’air (protection des bases), informaticien cyberdéfense, technicien météo, spécialiste renseignement imagerie satellite, etc.
  • Gendarmerie nationale : gendarme en brigade territoriale (police de proximité), gendarme mobile, membre du Peloton de Surveillance et d’Intervention (PSIG), enquêteur en brigade de recherches, technicien en identification criminelle, maître-chien, cavalier de la Garde Républicaine, gendarme de haute montagne (PGHM), cyber-investigateur, etc.
  • Légion étrangère : les légionnaires occupent globalement les mêmes métiers que dans l’armée de Terre (puisque ce sont des régiments de Terre) : infanterie, génie, conducteur, etc., avec en plus l’exemple typique du pionnier (spécialiste du génie légion avec la hache). La particularité est surtout dans l’esprit et les traditions propres à la Légion, plus que dans les emplois exercés qui sont ceux de troupes de combat classiques.

Avec une telle diversité, chacun peut trouver un métier à sa mesure dans les armées. Que vous soyez attiré par l’action de terrain, la technique, l’informatique, le médical ou la logistique, il y a de fortes chances qu’un poste correspondant existe. Et même en changeant d’avis en cours de route, l’institution offre la possibilité de se reconvertir en interne vers une autre spécialité via des formations complémentaires.

Évolution de carrière et reconversion après l’armée

Une première expérience dans l’armée peut être le début d’une véritable carrière, mais aussi un tremplin vers d’autres horizons. Voici les différentes perspectives après quelques années de service :

  • Renouveler son engagement et monter en grade : Beaucoup de jeunes s’engagent pour 3-5 ans et, si l’expérience leur plaît, choisissent de prolonger l’aventure. En renouvelant votre contrat, vous pouvez évoluer dans la hiérarchie. Un militaire du rang peut gravir les échelons (de soldat à caporal, puis caporal-chef, etc.). Avec l’ancienneté et des évaluations positives, il est aussi possible de passer sous-officier par promotion interne : il existe des examens professionnels pour devenir sergent ou maréchal-des-logis après quelques années. De même, un sous-officier méritant pourra tenter le concours interne d’officier (par exemple le concours de l’École Militaire Interarmes – EMIA – pour les meilleurs sous-officiers de l’armée de Terre). Ainsi, l’armée valorise l’évolution interne : on peut très bien entrer sans grade et finir sa carrière avec des galons élevés, à force de travail et de réussite aux formations.
  • Se spécialiser davantage : Après une première période, on peut également choisir de se diriger vers des filières spécialisées. Par exemple, au sein de l’armée de Terre, un soldat peut postuler pour rejoindre les forces spéciales (le 1er RPIMa, le commando marine, le CPA10 dans l’Air, etc.) s’il a les qualités requises, ce qui ouvre des carrières très pointues. On peut aussi passer des brevets pour devenir moniteur sportif, moniteur de tir, formateur dans une école, etc. Les possibilités de mobilité interne entre régiments ou bases sont nombreuses, permettant de diversifier les expériences (servir outre-mer quelques années, puis revenir en métropole par exemple). Chaque nouvelle qualification obtenue enrichit le CV militaire et souvent s’accompagne d’un avancement.
  • Reconversion dans le civil : Pour certains, l’engagement initial de quelques années est une parenthèse avant de revenir à la vie civile. Bonne nouvelle : l’armée française accompagne très activement ses anciens dans leur reconversion professionnelle. Après 4 ans de service (durée variable selon les dispositifs), on peut bénéficier de bilans de compétences, de formations payées par le ministère des Armées, et d’un accompagnement via des organismes dédiés comme Défense Mobilité. Les qualités des anciens militaires sont appréciées des employeurs civils : sens de la discipline, ponctualité, capacité d’adaptation, esprit d’équipe… De nombreux domaines recrutent des ex-militaires : la sécurité privée, la logistique, la maintenance industrielle, les collectivités (police municipale, douanes), les transports (conducteurs routiers, SNCF), ou encore des postes d’encadrement grâce au leadership acquis. Certains créent même leur propre entreprise en s’appuyant sur les savoir-faire acquis (sports/outdoor, coaching sportif, etc.). Les ponts avec la fonction publique existent également : par exemple, un gendarme peut tenter de devenir policier ou douanier, un militaire du rang peut rejoindre les pompiers professionnels, etc., souvent via des passerelles ou concours internes aménagés.
  • Rester dans la réserve : Partir de l’institution ne signifie pas forcément tourner le dos définitivement à l’uniforme. Beaucoup d’anciens choisissent de devenir réservistes. La réserve opérationnelle permet de continuer à servir quelques jours par an (pendant les weekends ou vacances) dans son ancienne unité ou dans un autre poste, tout en menant une carrière civile en parallèle. C’est un bon moyen de garder un pied dans l’armée et de continuer à apporter sa pierre à la défense du pays, même après la vie active.

En somme, que vous souhaitiez faire carrière longue durée dans les armées ou simplement y passer quelques années avant de rebondir vers autre chose, les deux options sont réalisables. L’expérience militaire est souvent un accélérateur de carrière, en interne (promotions rapides pour les plus méritants) comme en externe (profil apprécié sur le marché du travail). L’important est de bien préparer son projet : profiter des formations pendant le service et préparer à l’avance sa transition si on envisage de quitter l’uniforme.

Conseils pratiques pour réussir son recrutement dans l’armée

Les sélections pour intégrer les forces armées peuvent être exigeantes. Voici quelques conseils pratiques pour mettre toutes les chances de votre côté lors du recrutement :

  • Se renseigner en détail sur le parcours choisi : Avant même de postuler, informez-vous précisément sur l’armée et le métier qui vous intéressent. Allez sur le site officiel de recrutement, lisez des témoignages, participez à des séances d’information dans un CIRFA. Plus vous en savez, plus vous montrerez aux recruteurs que vous êtes motivé et conscient des réalités du métier. Connaître par exemple les missions de l’unité que vous visez, ou le contenu de la formation, est un plus.
  • Préparer sa condition physique : Ne prenez pas à la légère les épreuves sportives. Commencez un entraînement régulier plusieurs mois avant les tests de sélection. Travaillez surtout l’endurance (course à pied, natation) et la force fonctionnelle (pompes, tractions, abdos, squats). Par exemple, visez de courir 3 000 mètres en moins de 15 minutes, d’enchaîner au moins 30 pompes et plusieurs tractions si possible – ce ne sont pas des chiffres officiels uniformes, mais de bonnes références. Habituez-vous aussi aux exercices type parcours d’obstacles, et apprenez à nager si ce n’est pas le cas (la natation est souvent évaluée, notamment en Marine ou chez les pompiers militaires). Une bonne condition physique générale vous donnera de la confiance et impressionnera favorablement les évaluateurs.
  • Entraîner son mental et sa logique : La sélection comprend souvent des tests psychotechniques ou de logique (tests de QI, de spatialisation, de mémorisation, etc.), ainsi que des évaluations psychologiques. Il est utile de s’y préparer en entraînant son cerveau. Des livres et sites web proposent des exercices types utilisés lors des recrutements militaires ou de la fonction publique. Entraînez-vous à résoudre des suites de nombres, des problèmes mathématiques de base, des tests de cubes en 3D, etc. Cela vous familiarisera avec les questions et vous fera gagner du temps le jour J. Concernant l’aspect psychologique, soyez vous-même et honnête dans les questionnaires de personnalité. L’objectif est de cerner votre profil, il n’y a pas de “bonne réponse” à cocher, donc restez sincère.
  • Soigner son dossier et son entretien : La phase d’entretien de motivation est cruciale. Vous devrez expliquer pourquoi vous voulez rejoindre l’armée, ce que vous cherchez, et démontrer que vous avez réfléchi à votre projet. Préparez à l’avance les raisons qui vous poussent à vous engager : attrait pour l’action, volonté de servir le pays, goût du travail en équipe, envie de défi personnel, héritage familial militaire, etc. Il n’y a pas de mauvais motifs, l’important est qu’ils soient sincères et personnels. Pendant l’entretien, adoptez une attitude positive et respectueuse : regardez votre interlocuteur dans les yeux, parlez clairement, soyez poli et démontrez votre motivation sans en faire trop. N’hésitez pas à mentionner vos expériences précédentes valorisantes (sport en compétition, engagement associatif, stages, jobs d’été) qui montrent votre sens des responsabilités ou votre ténacité. Si on vous pose des questions pièges ou sur les contraintes (par exemple : “Comment réagiriez-vous face à la discipline militaire ?”), montrez que vous êtes préparé mentalement. Enfin, soignez la présentation : venez à l’entretien bien habillé (tenue correcte, pas de streetwear), à l’heure, avec tous les documents demandés (papiers d’identité, diplômes, etc.) complets. Ces détails reflètent votre sérieux.
  • Anticiper la visite médicale : Même si on ne maîtrise pas tout, vous pouvez maximiser vos chances d’être déclaré apte. Par exemple, si vous avez un petit problème de santé qui peut être soigné (carie dentaire, quelques kilos en trop, carence en fer, etc.), occupez-vous-en avant de passer la visite médicale. Arrêtez le tabac si possible pour améliorer vos tests respiratoires. Apportez vos lunettes ou lentilles si vous en portez, et les comptes-rendus si vous avez eu des opérations ou blessures par le passé. En montrant un dossier médical clair et en étant en bonne forme le jour de la visite, vous éviterez des ajournements.
  • Rester flexible sur ses choix : Enfin, un conseil plus stratégique : ayez un projet principal (par ex. devenir fusilier marin) mais aussi des plans B au cas où. Il arrive qu’un candidat ne soit pas retenu dans la spécialité souhaitée (faute de places ou à cause d’un critère médical spécifique), mais qu’on lui propose une autre voie. Si servir vous tient vraiment à cœur, soyez prêt à envisager une spécialité voisine ou une autre armée, quitte à rejoindre plus tard votre rêve initial en interne. La motivation et la capacité d’adaptation sont des qualités très appréciées des recruteurs militaires.

En suivant ces conseils, vous mettrez toutes les chances de votre côté. Le maître-mot est préparation : un engagement dans l’armée ne s’improvise pas du jour au lendemain, il se mûrit et se prépare sérieusement. Votre investissement en amont témoignera de votre détermination et vous aidera à franchir les obstacles de la sélection.

Témoignages de jeunes recrues et anciens militaires

Pour mieux illustrer les parcours possibles dans l’armée, rien de tel que quelques témoignages de ceux qui ont sauté le pas. Voici plusieurs profils de jeunes qui se sont engagés, avec leurs motivations et ce que l’expérience leur a apporté :

  • Pierre, 19 ans – Engagé dans l’armée de Terre : “J’ai signé mon contrat EVAT à 18 ans, juste après le bac, pour devenir combattant infanterie. Les débuts à la formation ont été intenses physiquement, mais j’ai adoré l’esprit de cohésion. À la sortie, j’ai rejoint un régiment et très vite j’ai pu partir en mission au Sahel. À 19 ans, se retrouver sur le terrain à l’étranger, c’est impressionnant, mais on se sent utile. En deux ans, j’ai gagné en maturité et en confiance en moi. Je suis devenu caporal l’an dernier. Mon objectif maintenant : passer les sélections pour intégrer les paras et continuer à évoluer. Je ne regrette pas du tout d’avoir choisi l’armée, c’est plus qu’un métier, c’est une famille.”
  • Camille, 22 ans – Élève-officière de l’armée de l’Air et de l’Espace : “Après deux ans de prépa scientifique, j’ai réussi le concours de l’École de l’Air. Je voulais devenir pilote de transport dans l’armée de l’Air et servir tout en vivant ma passion de l’aéronautique. La formation à Salon-de-Provence est exigeante académiquement et militairement. Il faut tenir le rythme ! Mais on apprend tant de choses : le leadership, la gestion du stress en vol, et une rigueur de tous les instants. En tant que femme, je n’ai eu aucun souci d’intégration, l’armée de l’Air est très ouverte. Je vais obtenir mes galons de lieutenant l’an prochain et débuter ma formation de pilote sur turbopropulseur. C’est un rêve d’enfant qui se réalise. Je sais que le parcours sera long avant d’être commandant de bord, mais je suis prête à relever le défi.”
  • Youssef, 24 ans – Ancien militaire en reconversion : “Je me suis engagé à 18 ans comme mécanicien dans la Marine nationale. J’ai servi 5 ans sur un bâtiment de la flotte, avec plusieurs déploiements dont une mission de 4 mois dans l’océan Indien. C’était une vie passionnante : voir du pays, travailler sur des machines complexes, faire partie d’un équipage soudé. Au bout de 5 ans, j’ai souhaité rentrer à la vie civile pour des raisons familiales. Grâce à l’accompagnement de Défense Mobilité, j’ai pu financer une formation de technicien supérieur en maintenance industrielle. Aujourd’hui, je travaille dans une grande entreprise d’aéronautique. Mon expérience militaire a clairement fait la différence lors des entretiens d’embauche : les recruteurs appréciaient mon sérieux et ma capacité à apprendre. Je reste réserviste dans la Marine, je pars quelques semaines par an avec eux pour garder le contact. L’armée m’a donné un départ solide dans la vie active.”

Ces témoignages démontrent la diversité des parcours au sein des armées. Que l’on soit militaire de carrière ou que l’on fasse un passage de quelques années, l’expérience forge le caractère et ouvre des portes. Chaque engagé vit son aventure personnelle : certains se découvrent une vocation de long terme dans l’institution, d’autres y puisent un tremplin pour réussir ailleurs ensuite.


En conclusion, le recrutement dans les armées françaises offre aux jeunes une palette d’opportunités exceptionnelle. C’est à la fois un engagement exigeant – qui requiert préparation et motivation – et une aventure humaine riche qui peut lancer une carrière prometteuse. Que vous rêviez de piloter un avion de chasse, de naviguer sur un porte-avions, de patrouiller sur le terrain en gendarmerie ou de relever le défi de la Légion étrangère, il existe une voie pour y parvenir. En suivant les conseils adéquats et en vous investissant à 100% dans votre projet, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour réussir votre entrée dans la vie militaire. N’hésitez pas à contacter les centres de recrutement, à échanger avec des militaires en service ou anciens, et surtout à croire en votre potentiel. La Défense a besoin de jeunes talents déterminés : votre place s’y trouve peut-être, à vous de la conquérir ! (la nouvelle campagne de recrutement de l’armée de Terre 2024) (Conditions administratives | Légion étrangère – Legion-recrute.com)

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