BTX Posté(e) 16 octobre Signaler Posté(e) 16 octobre https://www.opex360.com/2025/10/15/la-gendarmerie-nationale-a-de-plus-en-plus-de-difficultes-avec-l-entretien-de-ses-helicopteres/ En 2018, le général Richard Lizurey, alors directeur de la Gendarmerie nationale [DGGN], s’était félicité de l’excellent taux de disponibilité des cinquante-six hélicoptères mis en œuvre par les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale [FAG]. « Notre conception de l’entretien des appareils privilégie l’autonomie : dans chaque section aérienne, le travail des pilotes et des mécaniciens permet d’atteindre [un] taux de disponibilité de 90% », avait-il expliqué. Et cela pour un coût relativement modeste de 21 millions d’euros par an. Cependant, avec le temps, il est devenu plus compliqué d’assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] de certains modèles. C’est en particulier le cas des vingt-six AS 350 Écureuil, dont l’âge moyen a dépassé quarante ans. Selon les Plans annuels de performance [PAP] publié par le ministère du Budget à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances [PLF] 2026, le taux de disponibilité des AS 350 Écureuil de la Gendarmerie s’est effondré, pour s’établir à 54,1 % en 2024. Ceux des hélicoptères EC135 et EC145, avec respectivement 76 % et 69,3 %, sont loin d’atteindre les 90 % évoqués par le général Lizurey il y a sept ans. « L’année 2025 est marquée par des difficultés croissantes d’approvisionnement en pièces qui impliquent un allongement significatif des visites périodiques [VP], en particulier pour l’EC145. Elle a également pour conséquence de décaler la programmation des VP et génère un nombre important de VP en simultané, ce qui exige la mobilisation de plots de maintenance en plus grand nombre. Parallèlement, les solutions d’externalisation de VP montrent leurs limites en termes de délais », est-il expliqué dans le PAP relatif à la Gendarmerie nationale. Et celui-ci de prédire que « le vieillissement du parc et son obsolescence ne laissent pas présager d’amélioration pour 2026, mais au contraire une dégradation dans la durée ». Aussi, le commandement des FAG a été contraint à suspendre provisoirement l’activité opérationnelle de certaines de ses unités afin de pouvoir réaliser ces visites périodiques. Ces difficultés sont aggravées par le vieillissement des AS 350 Écureuil, lesquels « montrent des signes de corrosion graves sur les structures primaires et deviennent durablement indisponibles, faisant ainsi chuter le taux de disponibilité moyen ». Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, ce 15 octobre, l’actuel DGGN, le général Hubert Bonneau , a tiré le signal d’alarme. « Aujourd’hui, j’ai déjà perdu dix hélicoptères [des Écureuil, ndlr], qui ont atteint leur durée de vie maximale. Il faut les retirer au fur et à mesure. Nous avons impérativement besoin d’une tranche d’achat d’EC-145D3 complémentaire de vingt-deux hélicoptères l’année prochaine », a-t-il dit. « Il faudra signer ce contrat » rapidement « car, sinon, la flotte d’hélicoptères de la Gendarmerie sera réduite de façon très, très significative et il nous faudra abandonner des missions », a-t-il expliqué aux députés. Cela étant, en 2022, dix hélicoptères H160 avaient été commandés pour les besoins des FAG. « Les premiers appareils voleront à l’été 2024 », avait assuré la Gendarmerie. Sauf qu’ils se font toujours attendre… « En raison de la suppression de la mission ‘Plan de relance’, les dépenses liées à la mise en œuvre du plan d’acquisition de dix hélicoptères H160 au profit de la Gendarmerie nationale feront l’objet d’une couverture dédiée par report des crédits de paiement du programme 363, correspondant aux engagements juridiques basculés », indique le PAP « Gendarmerie » à leur sujet. Comme l’a rappelé le général Bonneau, les hélicoptères de la Gendarmerie sont utilisés pour des missions de surveillance, de police judiciaire, de maintien de l’ordre et de secours en montagne. Et, dans le cadre de la Défense opérationnelle du territoire [DOT], il est question de les engager aux côtés de ceux des trois autres armées. Par ailleurs, alors qu’elle avait été totalement exclue il y a quelques années, l’idée de doter les forces aériennes de la Gendarmerie nationale d’avions a été défendue par le général Bonneau. Ce qui n’aurait rien d’incongru puisque les gendarmes ont mis en œuvre de tels aéronefs [Piper L-18, Cessna L-19, Nord 3400 et Cessna U206F] jusque dans les années 1990. S’agissant des avions, « j’ai un vrai sujet sur les outre-mer. En Polynésie française, par exemple, les missions de surveillance et l’engagement opérationnel sont très compliqués car quand vous prenez une élongation entre Papeete et Nuku-Hiva, c’est l’équivalent de Paris-Moscou », a souligné le DGGN. « Donc, on a besoin de pouvoir projeter plus et mieux. On ne peut pas le faire en hélicoptère et les moyens des armées, parfois, ne sont pas disponibles. J’ai vu des cas où on a été obligé de décaler des missions de quinze jours à trois semaines suite à des affaires très graves », a-t-il poursuivi. Aussi, a estimé le général Bonneau, « il nous faut penser d’abord les avions pour les outre-mer, en particulier pour la Polynésie française et la Guyane. Mais c’est aussi un vecteur absolument essentiel pour la surveillance du trait de côte et voir, par exemple, ce qui se passe en Manche/mer du Nord sur les problématiques de lutte contre l’immigration clandestine. Je pense que l’avion, dans ces domaines, peut être un véritable ‘game changer' ». Et cela d’autant plus que, au yeux du DGGN, le recours à des drones de moyenne endurance [MAME] ne peut pas être une bonne solution. « Il nous faut développer des drones de moyenne endurance et ça, c’est compliqué parce que le marché français n’en propose pas encore. Et puis on ne peut faire voler [de tels appareils] que selon un schéma aérien défini : on ne peut pas leur faire quitter un axe, qu’on appelle notification temporaire aérienne. Ils sont obligés de s’inscrire dans ce schéma et on ne peut pas les détourner vers autre chose », a-t-il expliqué. En attendant, a conclu le général Bonneau, il « faut vraiment insister sur le maintien en condition opérationnelle de la flotte hélicoptère » et sur la nécessité de la faire évoluer ». Seulement, il faut composer avec les réalités budgétaires… Au passage, 44 % des 17,7 milliards affectés à la mission « Sécurités » dans le PLF 2026 doivent revenir à la Gendarmerie [soit environ 7 milliards d’euros]. 1 Citer Ya Rab Yeshua.
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