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Les marsouins du 1er régiment d’infanterie de marine (1er RIMa) ont eu le nez creux. D’expérimentation prometteuse, leur escadron de drones de chasse va devenir une structure étendue à cinq autres régiments. Une illustration parmi d’autres de cette volonté d’ « industrialisation de l’innovation » promue ce lundi par le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, à l’occasion d’une réunion du Cercle de l’innovation du combat futur (CICF). 

 
Essaimer au sein de la 1ère division
C’est l’histoire d’une bonne idée née il y a quatre ans. Financé, structuré et équipé, l’escadron de drones de chasse imaginé par le 1er RIMa est devenu une réalité régulièrement éprouvée sur le terrain. Le concept en quelques mots ? Déployer plusieurs centaines de drones de renseignement, de reconnaissance et de frappe en avant du groupe tactique, en concentrer les effets au sein d’une « kill box » et redonner de la mobilité quand la manoeuvre se fige. 
 

Après plusieurs exercices en France et à l’étranger, l’escadron s’est rendu début mars au Centre d’entraînement au combat de Mailly, à cheval sur l’Aube et la Marne. Cette fois intégrés à la force adverse, les marsouins se sont mesurés durant quatre jours et quatre nuits aux cavaliers du 4e régiment de chasseurs, fantassins du 16e bataillon de chasseurs à pied et leurs appuis. Verdict du CEMAT à l’issue de plus d’une année de confrontation au terrain : « ils nous ont démontré que cela fonctionnait ». 

L’essai est concluant, l’idée peut donc passer à l’échelle.
 
Un premier jalon sera franchi cette année, annonçait le général de division Philippe Le Carff, sous-chef d’état-major plan et programmes de l’état-major de l’armée de Terre depuis l’été 2025, lors du CICF. Confirmé dans la foulée par le CEMAT, le plan prévoit l’ « achat » de six escadrons de chasse. Cinq autres vont ainsi venir s’ajouter à celui qu’affine le 1er RIMa pour une entrée en service attendue en 2027.
 

Ces six « unités élémentaires de drones de chasse » s’étendront au-delà de la cavalerie légère. Au moins deux régiments d’infanterie en seront dotés lors de cette phase de lancement. Les unités concernées ne sont pas encore connues, mais la focale portera sur les trois brigades interarmes de la 1ère division, mobilisée pour la montée en puissance vers le jalon « DIV27 » de l’armée de Terre. Cavaliers ou fantassins, un autre régiment de la 9e brigade d’infanterie de marine et deux régiments de la 27e brigade d’infanterie de montagne et de la 7e brigade blindée mettront bientôt le pied à l’étrier. 

Si l’idée demeure, l’élargir à d’autres permettra d’entrevoir d’autres sous-structures, d’autres emplois adaptés à l’équipement, au milieu de prédilection et aux tactiques du régiment doté. Une fois opérationnelles, ces unités constitueront autant de nouveaux instruments au profit du GTIA voire, par la suite, directement en appui de la brigade. Et si l’intérêt se confirme et que les moyens suivent, l’armée de Terre n’exclut pas d’aller un cran plus loin et de systématiser la structure. 
 

L’évolution nécessitera, entre autres, d’acquérir « plusieurs centaines de drones dès cette année pour avancer sur cette ligne » et que « cela devienne de véritables capacités de combat », pointait le CEMAT. Des drones, l’armée de Terre projette justement d’en acquérir au moins 10 000 cette année pour démultiplier un parc aujourd’hui constitué d’environ 4000 vecteurs. Plusieurs réflexions sont toujours en cours pour affiner la copie en terme d’effecteurs, de liaison de données ou encore de C2. Idem pour le porteur dédié. En attendant un porteur définitif, une solution « légère » intermédiaire a été identifiée pour équiper les premières unités. 

L’escadron « prototype » mis sur pied par le 1er RIMa devrait aboutir en juin prochain. D’ici là, les marsouins multiplieront encore les rendez-vous. Ils seront mobilisés prochainement pour la phase 4 de l’exercice majeur ORION 2026, avant de rejoindre à nouveau le CENTAC ainsi que le Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) de Sissonne avant l’été.
 
Industrialiser l’innovation

Cet escadron de drones, c’est « l’un des phénomènes qui ont bien marché et que l’on aimerait reproduire », constatait le CEMAT. Bien d’autres innovations viennent étoffer une liste qu’il convient désormais de massifier. Après la dronisation promue en 2025 par le CICF, place cette année à la question de l’industrialisation de l’innovation, cette volonté de structuration d’un bouillonnement mieux soutenu qu’auparavant mais encore désordonné. 

L’armée de Terre l’a bien compris il y a quelques années : il fallait davantage soutenir les porteurs d’idées au sein même des régiments. « Il y a un vrai enjeu d’initiative indispensable aux formes modernes du combat », résumait le général Schill. C’est la raison d’être des enveloppes de subsidiarité, ces lignes budgétaires de 150 000 € accordées à chaque régiment. Soit quelque 21 M€ par an pour donner de la liberté d’action au chef de corps et, au final, « des effets bénéfiques extrêmement importants ». 
 

Pour autant, « nous n’avons pas réussi suffisamment à libérer les énergies et à mettre au bon niveau cette innovation plutôt bouillonnante », estime le CEMAT. Entre l’innovation « jaillissante par le bas » grâce à cet « esprit pionnier » et leur industrialisation, il existe un écart que l’armée de Terre cherche à combler. C’est l’un des objectifs des pôles exploratoires mis en place mis en place cette année dans chaque brigade de l’armée de Terre, ces jalons intermédiaires focalisés sur un effort thématique et étendu au partenaire belge pour le combat en zone urbaine.

À la 9e BIMa la dronisation du domaine amphibie, par exemple.

À la 27e BIM le milieu « montagne grand froid » et le combat centralisé dronisé.

À la 7e BB la progression vers la « brigade de combat du futur ».

À charge de tous ces pôles de canaliser le foisonnement des innovations et de le transformer en solutions opérationnelles, éventuellement en lien avec les nouveaux centres référents de la Direction générale de l’armement (DGA).

« Nous avons encore à avancer sur cette question de l’industrialisation parce que nous ne sommes peut-être pas encore assez agiles et rapides », notait le général Schill. D’autres chantiers restent à mener, que ce soit en matière de passation des marchés, de budgétisation, de conduite des expérimentations ou encore d’admission au service. « Mon rêve, ce serait d’évoluer vers une sorte de marketplace », relève notamment le CEMAT. Qu’importe son agencement, cette place des marchés « multi-domaines » permettrait aux régiments, brigades et divisions d’acquérir plus facilement, plus rapidement ces objets moins visibles en parallèle aux grands programmes structurants. Le tout afin de mieux soutenir « cette forme de liberté qui est absolument indispensable à cette innovation par le bas » sans pour autant « laisser tout le monde acheter n’importe quoi ». La graine est semée, reste à savoir si les arbitrages budgétaires à venir permettront de la faire germer. 
 

Crédits image : 1er RIMa

Ya Rab Yeshua.

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