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https://www.forcesoperations.com/lartillerie-parmi-les-priorites-dune-lpm-actualisee/

Quelques dizaines de CAESAR supplémentaires, des obus et missiles sol-air, des successeurs pour le lance-roquettes unitaire et le radar COBRA, et le développement d’un missile balistique : l’actualisation de la loi de programmation militaire annonce notamment un effort supplémentaire en faveur des artilleurs, indique un avant-projet de loi que FOB a pu consulter. 

 

« Cet effort de réarmement, porté sur nos capacités les plus critiques à court terme, sans initier d’évolution de format, se répartit en quatorze surmarches », pointe ce projet d’un texte examiné mercredi prochain en conseil des ministres avant d’être transmis aux parlementaires. Parmi ces surmarches, les feux dans la profondeur, les munitions, la défense sol-air, la lutte anti-drones et, bien sûr, les drones. Autant de segments touchant de près ou de loin aux régiments d’artillerie de l’armée de Terre. Si le tableau capacitaire pour 2030 et 2035 maintient en grande partie les cibles planifiées pour la cavalerie, l’infanterie et le génie, un effort particulier semble en effet ressortir au profit des artilleurs.

L’actualisation permettrait ainsi d’acquérir 41 canons CAESAR NG supplémentaires pour porter le parc à 150 pièces à l’horizon 2035, contre 109 auparavant. Le complément arriverait en deux temps, la cible pour 2030 prévoyant une flotte mixte de 120 CAESAR et CAESAR NG. Cette mise à jour était annoncée dans le projet de loi de finances pour 2026, ce dernier l’incluant dans l’une des mesures de réarmement autorisées par l’adoption d’une surmarche de 3,5 Md€. 
 

Désormais plus qu’urgent, le remplacement du LRU est, sans surprise confirmé. Quand la LPM prévoyait « au moins 13 systèmes », sa refonte entrevoit maintenant « entre 13 et 26 systèmes » pour 2030. La finalité reste la même : 26 systèmes en service en 2035. Attendue cette année, une décision quand au choix du successeur permettrait sans doute d’éclaircir ce qui ressemble au mieux à une accélération. La démarche de renouvellement s’étend par ailleurs à l’un des autres équipements majeurs de l’artillerie, un radar de contre-batterie COBRA dont le rétrofit doit s’achever l’an prochain.

La trame s’élargirait à terme à « la très grande profondeur ». Comme relevé plus tôt puis suggéré dans le PLF 2026, les armées envisagent le développement d’un missile balistique sol-sol conventionnel d’une portée de « classe 2500 km ». Des études seraient lancées dès cette année pour déboucher sur une première capacité en 2035-2036, indique le document. La France privilégierait pour cela une coopération avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, deux des partenaires d’une initiative européenne ELSA visant justement à renforcer ce segment. Bien que rangé dans les capacités « toutes armées », ce missile est bien inscrit dans la feuille de route de l’armée de Terre pour une entrée en service projetée au-delà de 2040. 
 

Autres métiers propres aux artilleurs, la lutte anti-drones spécialisée et la défense sol-air très courte portée voient leurs cibles revues à la hausse. Hormis une flotte de systèmes PROTEUS confirmée à 50 unités, il serait question de tripler le parc de Serval LAD prévu en 2030 pour le porter à au moins 36 véhicules, puis 48 cinq ans plus tard. Idem pour la DSA d’accompagnement, construite autour du futur Serval MISTRAL mais suivant une autre temporalité. De fait, si 24 systèmes sont toujours au programme d’ici à 2030, les armées comptent en ajouter 15 de plus pour parvenir à 60 exemplaires en 2035.

L’urgence, rappelait Sébastien Lecornu fin mars face aux parlementaires, relève encore et toujours des munitions. Quelque 8,5 Md€ seraient investis en plus des 16 Md€ votés en 2023. « La consolidation des stocks de munitions est accélérée sur l’ensemble des trames. La capacité des armées à produire des effets militaires diversifiés est renforcée. Les efforts consentis permettront d’atteindre une meilleure complémentarité entre les munitions de précision et les munitions de saturation », indique le texte. Pour l’artillerie, cela se traduit par une augmentation de près de 200% des livraisons d’obus de 155 mm par rapport à l’objectif initial. Même logique pour un stock de missiles antiaériens MISTRAL 3 potentiellement renforcé de 45% d’ici à fin 2030. Voilà pour les principaux objets connus, en attendant une confirmation dans les prochains jours et des précisions quant à d’autres équipements envisagés mais moins visibles.
 

Le Premier ministre et ex-ministre des Armées, Sébastien Lecornu, l’avait annoncé : quelque 36 Md€ de crédits nouveaux devraient être injectés au profit des armées à l’horizon 2030. Selon l’avant-projet de loi, les dépenses militaires de la France passeraient à 63,3 Md€ l’an prochain, puis à 68,3 Md€ en 2028, 72,8 Md€ en 2029 et, finalement, à 76,3 Md€ en fin de décennie. 

De 400 Md€ dans la LPM d’origine, la somme des crédits s’établit bien à près de 436 Md€ dans la version actualisée. Mais – car il y a un mais – la hausse semble plus limitée qu’elle n’en a l’air. Non seulement l’enveloppe supplémentaire inclut les marches adoptées ces deux dernières années donc entièrement consommées, mais les nouvelles hausses à venir sont en réalité limitées. En dehors des surmarches déjà définies pour 2026 et 2027, les armées peuvent ainsi espérer 1,5 Md€ et 1 Md€ de plus en 2028 et 2029. La dernière annuité est quant à elle conservée telle quelle. 

Pas un mot par contre sur les ressources extrabudgétaires, ces 13,3 Md€ sur lesquels le ministère des Armées comptait pour répondre à l’entièreté des besoins. Évaluées à 5,8 Md€ sur la période, elles n’apparaissent plus dans la version actualisée. Entre le verre à moitié vide et celui à moitié plein, chacun se fera sa propre opinion quant à l’envergure de l’effort consenti. Il n’est cependant pas inutile de rappeler la marge de manoeuvre particulièrement limitée dont dispose le gouvernement, capacité encore réduite par la crise énergétique en cours. Vu sous cet angle, tout crédit nouveau débloqué pour les armées peut déjà être perçu comme une petite victoire. 

Enfin, faut-il le rappeler, la LPM définit avant tout un cap financier. Seule l’adoption des budgets successifs et leur traduction en commandes en garantit la matérialisation. Et encore, les recalibrages positifs ou négatifs sont devenus monnaie courante pour faire face autant au tumulte géopolitique qu’aux aléas budgétaires du pays. Sans oublier ce rendez-vous électoral majeur du printemps 2027 dont pourrait déboucher une nouvelle LPM susceptible de rebattre à nouveau les cartes.

Crédits image : EMA

Ya Rab Yeshua.

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