BTX Posté(e) il y a 1 heure Signaler Posté(e) il y a 1 heure https://www.opex360.com/2026/04/08/la-lpm-2024-30-actualisee-privilegie-le-developpement-du-rafale-f5-aux-depens-du-renforcement-de-la-trame-chasse/ En février 2025, alors qu’il était encore ministre des Armées, Sébastien Lecornu avait estimé qu’il fallait au moins 30 Rafale F4 supplémentaires [20 pour l’armée de l’Air & de l’Espace, 10 pour la Marine nationale] afin de permettre aux forces françaises de «tenir plus solidement sur des théâtres multiples». Et cela alors que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 avait fixé le format de l’aviation de combat à 225 exemplaires à l’horizon 2035. Comme le souligne le député Frank Giletti [RN], le rapporteur budgétaire du programme 178 «Préparation et emploi des forces – Air], le format de la «trame chasse» est effectivement insuffisant, au point que, selon son chef d’état-major [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, l’armée de l’Air & de l’Espace «surutilise» ses Rafale à hauteur de 15 %. «Le contexte le démontre : nous avons besoin d’augmenter nos formats. C’est une évidence. Pourquoi ? Parce que polyvalence ne rime pas avec ubiquité», avait-il fait valoir lors d’une audition parlementaire, en juillet 2025. Et le CEMAAE d’ajouter : «Le ministre a parlé de 20 à 30 Rafale supplémentaires. Je pense que c’est le bon chiffre. Comment compenser ces Rafale qui manquent ? On compense avec une accélération du Maintien en condition opérationnelle [MCO], et donc un vieillissement des Rafale que l’on a» Pour autant, même s’il prévoit une enveloppe supplémentaire de 3,5 milliards d’euros pour la «trame chasse», le projet de loi d’actualisation de la LPM 2024-30 fait l’impasse sur la commande de Rafale supplémentaires. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, en a donné la raison lors d’une audition à l’Assemblée nationale, ce 8 avril. Ainsi, a-t-elle dit, il est question d’une «trame aviation de combat retravaillée dans le cadre d’une approche globale intégrant les missiles à longue portée, les drones d’accompagnement et la connectivité». De tels choix «permettront à nos composantes aériennes et aéronavales de conduire l’ensemble de leurs missions. Ils permettront de réactiver nos partenariats et de conserver l’attractivité du Rafale à l’export parce que nous allons passer au standard F5», a justifié Mme Vautrin. «Ce passage au standard F5 est vraiment un renouvellement à mi-vie de l’appareil, qui va lui permettre de garder l’avantage compétitif qui est le sien», a tenu à souligner la ministre. En réalité, il a fallu arbitrer entre l’achat de Rafale F4 et le développement du standard F5, que les Émirats arabes unis étaient prêts à financer en partie, avant de se raviser, selon des informations de La Tribune. Pour rappel, devant être accompagné par un drone de combat [UCAV] dérivé du démonstrateur nEUROn, le Rafale F5 sera quasiment un nouvel avion, avec une capacité de calcul largement supérieure aux précédents standards. Ce qui nécessitera une motorisation plus puissante. D’où le projet T-REX, confié à Safran. Selon Mme Vautrin, il y avait deux options : poursuivre l’achat de Rafale F4, quitte à «perdre un avantage compétitif», ou développer le Rafale F5. «Très concrètement, si vous voulez mettre le [futur missile à capacité nucléaire] ASN4G sur le Rafale, il faut passer au F5. Et donc, on avait une impérieuse nécessité d’avancer le passage au F5. C’est la raison pour laquelle nous avons fait ce choix plutôt que d’acquérir des Rafale F4 et de prendre le temps pour faire la rénovation à mi-vie de notre flotte», a expliqué la ministre. «Nous allons directement vers l’acquisition du [Rafale] F5 car cela nous permettra de répondre à nos besoins [dans le domaine] de [la] dissuasion et de renforcer notre stratégie en matière d’export», a-t-elle conclu. Connectivité, drones d’accompagnement, motorisation plus puissante… Le Rafale F5 est-il le «plan B» régulièrement évoqué pour anticiper un éventuel échec du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF], mené en coopération avec l’Allemagne et l’Espagne ? «Nous avons pris certaines hypothèses de coopération et nous essayons de faire réussir celles que nous avons envisagées. Nous travaillons aussi sur des hypothèses qui permettent de les attendre», a aussi affirmé Mme Vautrin, en prenant l’exemple du MGCS, dont la réalisation n’est pas près de se concrétiser. Sans doute que cela vaut aussi pour le SCAF, dont le sort est suspendu à une médiation entre Dassault Aviation et Airbus. Menée par Laurent Collet-Billon, un ancien Délégué général pour l’armement [DGA] et Frank Haun, l’ex-PDG de KNDS, celle-ci se concentre sur les questions de propriété intellectuelle, de répartition des tâches et de certifications de navigabilité. https://www.opex360.com/2026/04/08/la-lpm-2024-30-actualisee-privilegie-le-developpement-du-rafale-f5-aux-depens-du-renforcement-de-la-trame-chasse/ Citer Ya Rab Yeshua.
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