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http://www.opex360.com/2022/10/21/la-marine-nationale-a-mene-sa-premiere-campagne-de-surveillance-des-cables-sous-marins-lors-de-la-mission-calliope/

Il fut un temps où la Marine nationale était à la pointe de l’exploration des fonds marins, avec notamment le groupe des bathyscaphes du commandant Georges Houot… Puis, à partir des années 1970, ses capacités en la matière entamèrent leur déclin et finirent par disparaître… alors que, dans le même temps, ses homologues américaine et russe surent non seulement conserver mais aussi développer leurs moyens dans ce domaine, désormais vu comme un nouveau champ de conflictualité, les câbles sous-marins de communication ainsi que les infrastructures de transport d’énergie pouvait être la cible d’attaques.

D’où la stratégie ministérielle de maîtrise des fonds marins, dévoilée en février dernier par Florence Parly, alors ministre des Armées. Et parmi les mesures annoncées, il était question de doter la Marine nationale de moyens pouvant atteindre une profondeur de 6000 mètres.

« En cohérence avec la stratégie de maîtrise des fonds marins, la Marine va se doter d’une capacité propre d’intervention par grands fonds, reposant sur des drones et des robots sous-marins. Sans attendre, nous nous engageons parallèlement dans une démarche expérimentale pour tester, apprendre et développer dès à présent des compétences à partir de robots et de drones existants », a expliqué l’amiral Pierre Vandier, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], dans un entretien paru dans le dernier hors-série de DSI.

 

D’où la récente expérimentation du drone sous-marin « Hugin » [conçu par le norvégien Kongsberg, ndlr], depuis le bâtiment hydrographique et océanographique [BHO] « Beautemps-Beaupré », dans le cadre de la préparation du programme CHOF [capacité hydrographique et océanographique future], laquelle avait été précédée, quelques mois plus tôt, par celle du drone A18D d’ECA Group, lors d’une mission du Bâtiment de soutien et d’assistance métropolitan [BSAM] Rhône.

À noter que ce drone sous-marin a visiblement tenu ses promesses puisqu’il a fait l’objet, en août, d’un contrat de 4 milions d’euros attribué par la Direction générale de l’armement [DGA] à Kongsberg.

Pour rappel, disposant d’une autonomie de 100 heures [en naviguant à 4 noeuds], le Hugin est équipé d’un sonar à synthèse d’ouverture [ou d’un sonar à balayage latéral], d’une caméra et d’un échosondeur multifaisceaux. Il peut en outre évoluer à 6000 mètres de profondeur.

Quoi qu’il en soit, les menaces visant les infrastructures stratégiques sont devenues une réalité, avec le sabotage des gazoducs NordStream 1 et NordStream 2 en mer Baltique. Ce qui a d’ailleurs conduit la président Macron à décider une « inspection de sécurité » des câbles sous-marins de communication concernant la France, sachant que la marine russe, via son navire « Yantar », s’y intéresse particulièrement.

C’est ainsi quen entre les 6 et 14 octobre, la Marine nationale a mené l’opération Calliope [du nom de la muse grecque, mère des Sirènes, ndlr], c’est à dire sa première campagne de maîtrise des fonds marins. Selon les explications données par l’État-major des armées [EMA], l’enjeu était « d’explorer une première capacité pour surveiller le fond des océans en mettant en œuvre, directement depuis le BHO Beautemps-Beaupré, le drone sous-marin grands-fonds HUGIN Superior ».

Cette opération a ainsi permis d’assurer la « reconnaissance et la surveillance de certains câbles sous-marins en faisant plonger le drone à plus de 4’500 mètres de profondeur dans les plaines abyssales du golfe de Gascogne », poursuit l’EMA. Au passage, une épave reposant à 4600 mètres sous la surface a pu être observée [aucun détail supplémentaire n’a été donné à son sujet, ndlr].

« Calliope […] a atteint ses différents objectifs : capacité à surveiller les infrastructures sensibles sur les fonds marins et affiner le concept d’emploi d’un drone de ce type par la Marine. Elle a ainsi contribué à la montée en compétence des armées et à la poursuite des travaux capacitaires dans le domaine de la maîtrise des fonds marins », souligne l’état-major.

Justement, durant le salon Euronaval, la DGA a indiqué qu’elle venait de notifier à Exail [ex-iXblue] un marché de 500’000 euros pour une nouvelle expérimentation du DRIX [drone hydrographique de surface supervisé] depuis le BHO Beautemps-Beaupré. Celle-ci doit avoir lieu en février 2023, afin de valider les performances de cet engin observées lors d’essais réalisés en mer d’Iroise, il y a deux ans.

Photo : Kongsberg

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Ya Rab Yeshua.

  • 2 years later...
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https://www.revueconflits.com/la-protection-des-cables-sous-marins-sintensifie/

La protection des câbles sous-marins s’intensifie

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Les câbles sous-marins sont la cible d’attaques intentionnelles et d’actes de malveillance. Leur protection et leur sécurité est donc une priorité pour les marines.

Le 25 décembre 2024, un navire immatriculé aux îles Cook soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe laissait traîner une ancre sur une centaine de kilomètres, causant d’importantes dégradations à cinq câbles sous-marins au large de la Finlande. Trois membres de l’équipage du pétrolier Eagle S comparaissent depuis le 25 août devant un tribunal finlandais alors que l’accusation retient une négligence intentionnelle de leur part, une infraction relevant du pénal.

Les incidents de ce type mettant en cause des navires liés aux « flottes fantômes » russe et chinoise sont en augmentation depuis le lancement de l’« opération spéciale » le 24 février 2022 et font peser des risques économiques et sécuritaires majeurs sur les pays qui en sont victimes. La récente procédure ouverte par les autorités finlandaises témoigne d’un durcissement de la réponse des pays qui subissent ces dégradations, comme en attestent les résultats positifs de la mission Baltic Sentry mais aussi certaines initiatives nationales comme celle des Etats-Unis destinée à sécuriser les chaînes de production des câbles sous-marins.

Des actes de sabotage à haut potentiel de nuisance

Les câbles sous-marins constituent un des principaux moyens de connecter les différents réseaux internet mondiaux et sont vitaux dans de nombreux domaines allant des transactions financières à la communication internet ou téléphonique. Alors que Goldman Sachs estime qu’environ 600 de ces câbles sont en service, ces derniers, composés de fibres optiques et d’une capacité de plusieurs centaines de gigabits par seconde, permettent d’assurer la transmission de 99% des données mondiales[1]. Le quotidien The Hindu précise que ces câbles sont le support de 80% du commerce mondial[2] quand The Financial Times ajoute qu’ils permettent la réalisation d’environ 10 000 milliards de dollars de transactions financières chaque jour[3]. Il convient d’ajouter à cela l’importance de ces infrastructures comme canal de communication diplomatique.

Qualifiés par le gouvernement français de « couche physique accessible du cyberespace », les câbles sous-marins sont une cible de choix pour les opérations de guerre hybride menées les « flottes fantômes » russe et chinoise. En novembre 2024, un navire commercial battant pavillon chinois endommageait sérieusement deux câbles reliant la Suède à la Lituanie et l’Allemagne à la Finlande. Taïwan dénonce régulièrement l’implication de la Chine dans des opérations similaires comme en 2023 lorsque 14 000 habitants furent privés d’accès à Internet[4]. De son côté, le think tank britannique Policy Exchange relève « plus de 70 signalements de navires russes au comportement anormal à proximité d’infrastructures maritimes essentielles » depuis 2021[5].

La principale difficulté que posent ces actes de sabotage provient de leur nature asymétrique, ce qui rend leur détection et leur poursuite délicate pour les pays qui les subissent. Ces derniers se voient ainsi quasi-systématiquement opposer l’argument de la négligence par les navires mis en cause quand ils ne se heurtent pas aux démentis des autorités dont ils dépendent. Ces actions, également qualifiées « d’attaques en zone grise » en raison de la difficulté d’établir la culpabilité de leurs auteurs, sont par ailleurs calibrées afin d’infliger un certain degré de dégâts ne justifiant pas le déclenchement d’une réponse musclée[6].

Un rapport de l’International Institute for Strategic Studies indique que le recours par la Russie à de tels procédés avait pour but premier de déstabiliser les gouvernements européens et d’affaiblir les capacités de l’OTAN et de l’Union Européenne à réagir dans le cadre du conflit ukrainien[7]. Si ces objectifs n’ont pour le moment pas été atteints, il n’en demeure pas moins que les capitales européennes peinent à se coordonner pour répondre à ces attaques. Les opérations attribuées à la Chine mettent en lumière ce manque de coordination à l’échelle mondiale. Une tendance qui pourrait toutefois s’inverser.

Des initiatives multiples

En janvier dernier, l’OTAN lançait une nouvelle activité militaire du nom de « Baltic Sentry ». Cette mission est destinée à accroître la présence militaire de l’OTAN en mer Baltique dans un objectif de dissuasion ainsi qu’à améliorer la capacité de réaction des alliés en cas d’actes de sabotage visant les câbles sous-marins. Divisée en deux task forces, la mission dispose de navires ainsi que de drones et d’avions de surveillance et peut compter sur des ressources supplémentaires que les pays bordant la mer Baltique peuvent mettre à sa disposition. Les task forces coopèrent régulièrement avec les marines et les forces de police locales. L’OTAN a également développé une application d’intelligence artificielle permettant d’analyser le trafic maritime, ce qui facilite la détection des comportements inhabituels. Comme l’explique un commandant : « Ce mélange d’intelligence artificielle et de vigilance humaine a pour but de repérer les comportements inhabituels tels que la façon de naviguer, les ports dans lesquels les navires font escale ou leurs réactions aux appels radios provenant des navires de patrouille »[8].

Depuis son lancement, la mission Baltic Sentry affiche des résultats positifs. Selon le commandant Arlo Abrahamson, porte-parole du Commandement maritime allié, « depuis le lancement de la mission Baltic Sentry, il n’y a pas eu de cas de sabotage d’infrastructures sous-marines en mer Baltique »[9]. Les approches misant sur la dissuasion se multiplient comme en témoigne le lancement en février par l’Union Européenne d’un plan pour répondre à la menace pesant sur les câbles sous-marins. Ce Plan d’action sur la sécurité des câbles s’articule autour de quatre axes : la prévention, la détection, la réponse et le rétablissement, et la dissuasion[10]. Un groupe d’experts a récemment approuvé une cartographie et une évaluation coordonnée des risques à l’échelle de l’Union Européenne afin de renforcer l’efficacité du Plan[11]. Des initiatives similaires ont été prises par le Japon, en coopération avec l’Union Européenne à l’occasion du troisième Conseil de partenariat numérique[12], ou par Taïwan. Les autorités taïwanaises ont ainsi mis en place une plateforme dédiée coordonnant l’action de plusieurs services dans le but d’endiguer ce qu’elles qualifient de campagne de pression menée par Pékin[13].

Considérant la protection des câbles sous-marins comme un enjeu de sécurité nationale, l’administration Trump II a décidé de renforcer la règlementation en la matière afin de prévenir toute influence étrangère hostile dès la phase de conception ou lors de travaux de réparation des câbles sous-marins. Le 7 août dernier, la Federal Communications Commission a adopté de nouvelles règles instaurant une présomption de refus dans le cadre de toute demande d’obtention de licence émanant d’entreprises chinoises, cubaines, russes, iraniennes ou encore vénézuéliennes[14]. Les partenaires européens, tels qu’Alcatel Submarine Networks, ou japonais, comme l’entreprise NEC, seront désormais privilégiés par Washington[15].

[1] https://econreview.studentorg.berkeley.edu/global-undersea-internet-cables-economic-leverage-and-strategic-implications/

[2] https://www.thehindu.com/sci-tech/technology/why-are-undersea-cables-important-explained/article69408007.ece

[3] https://www.ft.com/content/cf16a5b4-6961-4b6c-80fb-6238b73338bd

[4] https://www.wsj.com/opinion/nato-deployment-baltic-sea-undersea-cables-china-russia-europe-c34fa89f?mod=Searchresults_pos3&page=1

[5] https://policyexchange.org.uk/wp-content/uploads/From-space-to-seabed.pdf

[6] https://www.nytimes.com/2025/08/19/world/europe/russia-hybrid-attacks-europe.html?searchResultPosition=9

[7] https://www.iiss.org/research-paper/2025/08/the-scale-of-russian–sabotage-operations–against-europes-critical–infrastructure/

[8] https://www.wsj.com/world/europe/nato-russia-undersea-cable-pipeline-prevention-212d93ff?mod=Searchresults_pos15&page=1

[9] https://asia.nikkei.com/politics/international-relations/nato-effective-in-patrolling-baltic-undersea-cables-says-commander

[10] https://www.euractiv.fr/section/tech/news/face-a-la-multiplication-des-incidents-la-commission-devoile-un-plan-pour-proteger-les-cables-sous-marins/

[11] https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/news/eu-action-plan-cable-security-mapping-and-risk-assessment-approach-agreed-group-member-states-and

[12] https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/news/eu-and-japan-reinforce-tech-and-digital-partnership

[13] https://www.scmp.com/news/china/politics/article/3308373/taiwan-sets-platform-coordinated-response-undersea-cable-disruptions

[14] https://www.steptoe.com/en/news-publications/stepwise-risk-outlook/subsea-cables-and-us-national-security.html

[15] https://asia.nikkei.com/spotlight/supply-chain/us-to-shut-out-china-from-undersea-cable-supply-chains

Ya Rab Yeshua.

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