BTX Posté(e) 20 novembre Signaler Posté(e) 20 novembre https://www.legionetrangere.fr/la-fsale/actualites-de-la-fsale/6001-la-delegation-suisse-de-la-fsale.html Il est difficile d’estimer avec exactitude le nombre de Suisses qui se sont engagés au sein de la Légion étrangère depuis sa création en 1831. On avance aujourd’hui le nombre de 40 à 60.000 hommes. Si ces chiffres demeurent à ce point imprécis, c’est parce que beaucoup de candidats à l’engagement se sont bien évidemment abstenus de décliner leur identité réelle afin d’échapper à d’éventuelles poursuites au moment de revenir à la vie civile ou de rentrer au pays. Jusqu’en 1927 les Suisses pouvaient néanmoins s’engager à la Légion en toute légalité. S’il était, en effet, défendu depuis 1859 à tout citoyen helvétique de s’enrôler dans une autre armée que suisse, cette interdiction ne valait pas pour la Légion étrangère considérée jusque-là comme une troupe régulière et non comme une armée de mercenaires. En revanche, à compter de 1927 et la modification du Code pénal militaire, la donne va radicalement changer et s’engager à la Légion pouvait entraîner de lourdes peines de prison ainsi que la prise en charge des coûts du procès. Et ce d’autant plus si la personne qui s’était décidée à coiffer le képi blanc n’avait pas préalablement effectué son service militaire obligatoire. En parcourant l’histoire militaire française on s’aperçoit assez vite que les Suisses ont de tout temps été au service de la France, fournissant de nombreux régiments constitués que ce soit sous l’Ancien Régime, l’Empire, la Restauration ou la République. Avant la Révolution, les Suisses n’étaient pas considérés comme de simples mercenaires ainsi qu’on le croit trop souvent. Mais ils formaient des troupes régulières, engagées sur la base de traités, ou « capitulations » conclus très officiellement avec le Roi de France. Le premier traité de ce genre ayant été ratifié en 1477 par Louis XI et renouvelé en 1516, un an après la fameuse bataille de Marignan. Sous l’Ancien Régime, la France compta ainsi jusqu’à dix régiments suisses, dont le célèbre Régiment de Diesbach avec sa devise « Honneur et fidélité » qui inspirera par la suite celle de la Légion. Enfin, ce sont également des « Gardes suisses » chargés de la protection du Roi et de sa famille qui vont se faire massacrer par les révolutionnaires devant le Palais des Tuileries en 1792 plutôt que de replier et de trahir leur serment. Les Suisses furent ainsi de tous les conflits, comme le colonel Stoffel, originaire de Thurgovie, et déjà au service de la France depuis près de trente ans lorsqu’en septembre 1831, lui sera confié le commandement des cinq bataillons de Légion envoyés de l’autre côté de la Méditerranée pour se lancer à la conquête de l’Algérie. Dans l’hacienda de Camerone, on trouve parmi la soixantaine de légionnaires opposés aux deux mille Mexicains, sept volontaires suisses qui rempliront leur mission jusqu’au sacrifice de leurs vies. Cérémonie de Camerone, Genève 2024. Durant le premier conflit mondial, près de Suisses se sont engagés pour la durée de la guerre, à l’image du lieutenant-colonel, baron de Tscharner, originaire du Canton de Vaud, véritable héros et figure emblématique du célèbre RMLE, le Régiment de marche de la Légion étrangère, régiment le plus décoré de la guerre 14-18. A l’image également du grand écrivain Frédéric Sauser, mieux connu sous son nom de légionnaire, Blaise Cendrars, qui perdit un bras en 1915 durant la grande offensive de Champagne. Pendant la seconde guerre mondiale, en Indochine, en Algérie et plus récemment en opérations extérieures se sont encore plusieurs milliers de Suisses qui ont combattu dans les rangs de la Légion. Revenus au pays, ils ont le plus souvent rejoint les trois Amicales de Genève, de Suisse romande ou de Zürich. L’Amicale de Genève, créée fin 1918, devient ainsi la toute première Amicale implantée à l’étranger. Le nombre d’anciens légionnaires y était tellement important à l’époque, qu’en 1920, le Maréchal Joffre en personne fera le déplacement en Suisse pour lui remettre officiellement son drapeau. L’inauguration, en 1924, du Monument aux Morts français de Genève adossé au mur d’enceinte du Consulat Général de France remettra le sacrifice de nombreux légionnaires à l’honneur. Aujourd’hui encore, les Amicales de Suisse et la Délégation de la FSALE s’y retrouvent à l’occasion des cérémonies patriotiques organisées sur place. L’Amicale de Genève est actuellement présidée par l’adjudant-chef Crombez, ancien président de l’Amicale du Vaucluse. Celle de Suisse romande est présidée par l’Adjudant Schwartz, quant à celle de Zürich par M. Baumgartner, ancien du 2ème REP. Si pendant très longtemps les différentes Amicales ont compté dans leurs rangs d’anciens légionnaires suisses, à présent de nombreux membres sont originaires de l’étranger. Ils sont Russes, Népalais, Ukrainiens ou Polonais, venus chercher du travail dans la sécurité des organisations internationales, l’hôtellerie ou le bâtiment. La commémoration annuelle du combat de Camerone est l’occasion idéale de réunir les trois Amicales de Suisse en un même endroit pour une célébration en commun. Ainsi l’organisation de l’événement est tournante et donne la possibilité de réunir anciens légionnaires, amis et sympathisants autour d’une prise d’armes et d’un repas. Les Drapeaux des Amicales, les Présidents, le Délégué de la FSALE, le Colonel S. Nogrette, Attaché de Défense en Suisse et M. L Alberti, Consul Général de France à Zürich. A la fin de l’année 2024, le Château de Morges, situé entre Lausanne et Genève et qui abrite un musée militaire dépositaire du souvenir des Suisses ayant servi à l’étranger, a accepté d’élargir son espace d’exposition pour y présenter le service des Suisses à la Légion étrangère. Les trois Amicales ont collecté des uniformes, des souvenirs, des documents, des insignes, des tableaux et autres pièces historiques afin de les rassembler en un seul endroit pour témoigner du sacrifice et du courage de nos Anciens. De l’avis des spécialistes cet endroit est beau et inspirant. Il retrace notamment le parcours emblématique de plusieurs Suisses ayant servi sur divers théâtres d’opérations et à différentes époques. Venez le visiter nombreux, nous vous accueillons avec grand plaisir autour d’une fondue et d’un verre de chasselas. Chef d’Escadrons Pierre Lukaszewski. Délégué de la FSALE pour la Suisse. PS. En hommage aux légionnaires suisses morts pour la Légion étrangère et la France Citer Ya Rab Yeshua.
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