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Aumilitaire

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Dans un rapport publié en vue d’alimenter les débats de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est tenue entre les 13 et 15 février, le Groupe européen d’étude nucléaire a estimé que les Européens « ne pouvaient plus déléguer aux États-Unis la réflexion sur la dissuasion nucléaire ».

« Aussi délicat que soit ce débat, le nouvel environnement sécuritaire exige des décideurs européens qu’ils abordent sans délai la question du rôle des armes nucléaires dans la défense et qu’ils y consacrent les ressources nécessaires » car « c’est le prix à payer pour éviter un échec stratégique à l’avenir », a-t-il ajouté.

Et d’esquisser plusieurs pistes de réflexion : continuer à s’appuyer sur le « parapluie nucléaire » américain, accroître le rôle de la France et du Royaume-Uni dans la dissuasion nucléaire européenne, développer une « eurodissuasion », ce qui supposerait une « européanisation » des armes françaises et britanniques, acquérir un arsenal nucléaire indépendant et se concentrer sur la dissuasion conventionnelle.

Visiblement, pour Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense, ce débat n’a pas vraiment lieu d’être. Ainsi, le 11 février, à Bruxelles, il a fait valoir que, selon la nouvelle stratégie de défense des États-Unis, rien n’indique que les Américains ont « l’intention de se désengager de leur responsabilité en matière de dissuasion nucléaire en Europe, via l’Otan ».

« On peut spéculer sur tout, mais croire que nous serions capables de remplacer la dissuasion nucléaire américaine maintenant, ou même dans cinq ou dix ans, relève du fantasme. Je pense que cela envoie un mauvais signal », a-t-il dit.

Par ailleurs, lors d’un entretien accordé à Tagesschau, le 15 février, M. Pistorius a affirmé que l’Allemagne ne chercherait pas à se doter de l’arme nucléaire, en raison de ses engagements internationaux, pris dans le cadre du Traité sur la non-prolifération [TNP] et dans celui de l’accord dit « Deux plus Quatre » [Allemagne de l’Ouest et de l’Est d’un côté, Union soviétique, États-Unis, France et Royaume-Uni de l’autre]. « Trente autres États pourraient dire : ‘Si les Allemands se retirent du traité, nous ferons de même.’ Les conséquences seraient énormes », a-t-il souligné.

En outre, évoquant les discussions entre le chancelier allemand, Friedrich Merz, et le président français, Emmanuel Macron, sur la dissuasion nucléaire, M. Pistorius a estimé qu’il fallait agir en faisant preuve de la « plus grande prudence » et dans le strict respect du droit international.

Justement, lors de la Conférence de Munich, M. Merz a confirmé avoir « entamé des discussions confidentielles » avec M. Macron « au sujet de la dissuasion nucléaire européenne », laquelle doit « s’inscrire strictement dans le cadre de notre participation nucléaire à l’Otan » afin de ne « pas laisser apparaître en Europe des zones de sécurité différentes ».

À l’issue de son discours prononcé à la suite du chancelier allemand, le président Macron n’a pas parlé de « dissuasion nucléaire européenne » afin, sans doute, d’éviter toute confusion car il n’est pas question de partager le contrôle de l’arsenal français avec qui que ce soit.

Cela étant, il a évoqué l’idée de « réarticuler la dissuasion nucléaire » en tenant compte d’autres capacités, comme la frappe à longue portée [laquelle fait l’objet de l’initiative européenne ELSA]. En tout cas, M. Macron précisera sa pensée le 27 février prochain. Et sans doute qu’il précisera les contours de l’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, qui devrait bénéficier d’un « effort supplémentaire » de 36 milliards d’euros [dont 3,5 milliards dès cette année].

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Or, ce 16 février, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul,(à gauche sur la photo) a estimé que la France n’en fait pas suffisamment pour augmenter ses dépenses militaires. Et il s’en est pris à M. Macron.

« Le président français a parlé, à maintes reprises et à juste titre, de notre quête de souveraineté européenne. Ceux qui en parlent doivent agir en conséquence dans leurs propres pays. Malheureusement, les efforts déployés par la France pour y parvenir ont jusqu’à présent été insuffisants », a en effet affirmé M. Wadephul, sur les ondes de la radio Deutschlandfunk. Et de rappeler qu’il fallait « respecter l’objectif des 5 % » du PIB, fixé par l’Otan.

Certes, ce n’est pas un tacle à la jugulaire comme celui que fit Harald Schumacher sur Patrick Battiston [Séville, 1982]. Mais quand même… « La France est donc aussi appelée à faire ce que nous faisons ici [en Allemagne] : créer des capacités d’investissement, mettre en œuvre un ou deux mesures d’austérité dans le secteur social et réaliser des économies dans d’autres domaines afin de disposer de manœuvre pour atteindre l’objectif central qu’est la capacité de défense de l’Europe », a jugé M. Wadephul.

« Nos budgets et notre planification financière à moyen terme [nous] permettent » d’atteindre l’objectif des 5 % du PIB, a aussi souligné le ministre allemand des Affaires étrangères. Pour « nos voisins et alliés, il y a encore des progrès à faire » et cela « doit être débattu en Europe », a-t-il dit.

Cette année, le budget du ministère français des Armées doit s’élever à environ 57 milliards d’euros [+ 6,5 milliards par rapport à 2025] tandis que celui de son homologue allemand atteindra les 108 milliards d’euros, en tenant compte de 25,5 milliards d’euros, prélevés sur le Fonds spécial de la Bundeswehr. Et cela alors que, contrairement à l’Allemagne, la France doit entretenir et moderniser des forces de dissuasion nucléaire… que M. Wadephul verraient bien « être être placée sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’Otan », comme il l’avait affirmé en février 2020, dans un entretien donné au Tagesspiegel.

Photo : Des véhicules français et allemand en forêt. © Armée de Terre/CCH1 Laëtitia C.

https://www.opex360.com/2026/02/16/le-chef-de-la-diplomatie-allemande-estime-que-le-budget-militaire-francais-est-insuffisant/

 

Ya Rab Yeshua.

Posté(e)

Perdre notre souveraineté sur l'arme nucléaire... j'espère que jamais cela ne se produira, la France va devoir payer l'Europe pendant combien de temps comme ça ?

Nos paroles ne sont pas reconnues (Mercosur), on contribue plus que l'on capte et en plus il faudrait donner notre puissance nucléaire ? C'est un peu beaucoup.

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