BTX Posté(e) il y a 1 heure Signaler Posté(e) il y a 1 heure https://lignesdedefense.ouest-france.fr/la-crise-dans-le-golfe-persique-et-limpuissance-europeenne-selon-le-general-olivier-rittimann/ Quel rôle, quelle place pour l’Europe dans le conflit dans le golfe Persique? J’ai posé la question au général (2s) Olivier Rittimann qui vient de sortir chez Nuvis (274 pages, 21 euros) un ouvrage intitulé: « L’Europe. Une impuissance en devenir ». L’auteur y décortique les forces et les faiblesses de l’Union européenne dans un contexte international qui se durcit et où le rapport de force prend le pas sur le droit international, où la compétition entre grandes puissances supplante le multilatéralisme, où la guerre est redevenue une option acceptable par ces grandes puissances. Je rappelle que le général de corps d’armée (2s) Rittimann a fait la première partie de sa carrière au sein de la légion étrangère. Il a eu une seconde partie de carrière marquée par l’international, avec des postes OTAN, à Paris, Heidelberg, Bruxelles, Brunssum et Mons. Il a occupé en particulier le poste de représentant militaire français au SHAPE, de chef d’état-major du commandement interallié de Brunssum et de vice-chef d’état-major du SHAPE. De 2020 à 2023, il a commandé le collège de défense de l’OTAN. Actuellement, il occupe le poste de directeur des affaires académiques du CHESD (Collège des hautes études de stratégie et de défense) de Kinshasa (RDC) pour le compte de la société française Themiis. Vous parlez d’impuissance de l’UE. Actuellement, joue-t-elle un rôle dans la crise iranienne? Cette guerre contre l’Iran, voulue par Trump et Israël, met en lumière de façon criante l’absence totale de l’Union européenne, son manque de crédibilité et le décalage entre ses ambitions et la réalité du monde. Trump l’a écartée de la résolution de la crise à Gaza. Il ne l’a pas prévenue des premières frappes contre l’Iran en juin 2025. Et il ne l’a pas non plus avertie de cette nouvelle guerre démarrée le 28 février 2026. Cette absence européenne est d’autant plus coupable que la plus grande partie de son approvisionnement provient du Golfe arabo-persique, et que la fermeture du détroit d’Ormuz a évidemment un impact profond sur les Européens, déjà privés du gaz russe. Après l’alignement systématique sur les positions américaines dans la crise ukrainienne, c’est à présent l’écartement systématique par les Américains des Européens dans une crise qui les touche pourtant au premier chef. Le président américain ne considère les Européens que comme des supplétifs devant accourir à sa demande, en l’occurrence dans le Détroit d’Ormuz, où lui-même et son proxie israélien ont allumé le feu de façon inconsidérée. Sur le plan militaire, quelles sont les conséquences? Alors même que l’Union avait lancé un plan de reconstitution des capacités militaires, ce nouveau conflit majeur, qui vient concurrencer le conflit ukrainien, pourrait avoir deux effets extrêmement nocifs sur l’Europe. D’une part, les Etats-membres vont devoir mobiliser des ressources militaires et financières pour s’engager dans le Golfe, un engagement qui n’était pas prévu, pour sécuriser les flux d’hydrocarbure ou pour honorer -c’est le cas de la France- les accords de défense qu’ils ont avec certains pays de la zone. Ce seront autant de ressources qui ne seront disponibles ni pour la reconstitution des stocks, ni pour l’assistance à l’Ukraine. D’autre part, Trump a affirmé à plusieurs reprises que les stocks de munitions américaines étaient insuffisants car son prédécesseur aurait été trop généreux avec l’Ukraine. Il a donc demandé une rallonge de 200 milliards de dollars au Congrès pour financer la guerre contre l’Iran, et il y a fort à parier que les capacités industrielles américaines vont servir en priorité ce conflit, au détriment de l’assistance à l’Ukraine. L’Union européenne ne pourra pas prendre le relais, même si elle débloque les fonds car l’industrie de défense américaine travaillera en priorité pour ses forces, et n’honorera donc pas de commandes européennes, et la base industrielle et de défense européenne, qui est éclatée entre groupes rivaux et n’est absolument pas entrée en économie de guerre contrairement à toutes les déclarations, ne sera pas en mesure de fournir. L’Europe, une fois de plus, prouverait donc qu’elle s’est privée de deux instruments de puissance: le militaire et le diplomatique? Ce nouveau conflit au Moyen-Orient illustre effectivement une nouvelle fois l’absence de crédibilité et de poids de l’Europe dans la gestion des crises sur son sol ou à sa périphérie immédiate, alors même qu’elles ont un impact profond sur le continent. L’absence de vision, de culture stratégique dans une construction européenne centrée sur la négociation et la régulation dans un cadre unanimement accepté se paye cash dans un monde où ces valeurs n’ont plus cours… Citer Ya Rab Yeshua.
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