BTX Posté(e) 26 février Signaler Posté(e) 26 février https://www.opex360.com/2026/02/25/selon-un-ancien-pdg-dairbus-berlin-a-commis-une-erreur-strategique-en-salliant-avec-paris-pour-faire-le-scaf/ Faute de pouvoir surmonter le désaccord profond entre Dassault Aviation [désigné maître d’œuvre] et Airbus sur la meilleure façon de développer un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter], le Système de combat aérien du futur [SCAF] est dans une impasse. Et l’Allemagne s’impatiente, au point d’envisager de se retirer de ce projet, comme l’a suggéré son chancelier, Friedrich Merz, la semaine passée. Contrairement à Paris, qui fait de ce dossier un enjeu politique, Berlin considère que le NGF, tel qu’il a été défini, ne correspond pas aux besoins de la Bundeswehr, cette dernière ne disposant pas de porte-avions, ni de forces stratégiques. Ce dont on pouvait toutefois se douter au moment du lancement du SCAF par le président Macron et la chancelière Angela Merkel, en juillet 2017. D’ailleurs, PDG d’Airbus entre 2012 et 2019, Tom Enders a récemment estimé que, en se détournant de son partenaire habituel dans le domaine de l’aviation de combat – à savoir le Royaume-Uni -, l’Allemagne avait commis une « erreur stratégique ». « La décision du gouvernement allemand en 2017 de développer la prochaine génération [d’avions de combat] non pas avec Londres, mais avec Paris, était principalement motivée par la déception politique liée au Brexit. Rétrospectivement, il s’agissait d’une erreur stratégique », a en effet affirmé M. Enders, dans une tribune publiée par le réseau Redaktionsnetzwerk Deutschland, le 23 février. Actuellement, M. Enders est à la tête du Conseil allemand des relations étrangères, président du conseil d’administration de KNDS et membre du conseil de surveillance de Helsing. Par ailleurs, l’achat par Berlin de chasseurs-bombardiers F-35A est une « autre grave erreur » aux yeux de l’ex-PDG d’Airbus. « L’Allemagne n’a pas non plus besoin de nouvelles plateformes américaines, ce qui ne ferait qu’accroître et prolonger sa dépendance envers des États-Unis de plus en plus imprévisibles. L’achat des avions de chasse F-35, excessivement coûteux – initié sous le gouvernement Merkel – fut, après l’abandon du partenariat historique avec les Britanniques, une autre grave erreur », a-t-il fait valoir. Sur ce point, et sous réserve qu’il ne se soit pas trompé, M. Enders a fait une petite révélation. Pour rappel, la coalition gouvernementale dirigée par Mme Merkel avait initialement choisi le F/A-18 Super Hornet de Boeing pour remplacer les chasseurs-bombardiers Tornado et permettre ainsi à la Luftwaffe de maintenir sa participation aux plans nucléaires de l’Otan. La décision d’acquérir des F-35A a été prise par le chancelier Olaf Scholz, en mars 2022. Faut-il en déduire qu’elle était dans les tuyaux bien avant ? Quoi qu’il en soit, pour débloquer le SCAF, et comme le pilier le plus important de ce projet est sans doute le « cloud de combat », c’est-à-dire la bulle de connectivité censée garantir l’interopérabilité entre les forces aériennes françaises, allemandes et espagnoles, une solution consistant à développer deux avions de combat de nouvelle génération a été proposée par l’Association des industries aérospatiales d’outre-Rhin [BDLI] et Airbus. Ayant présidé les deux par le passé, M. Enders estime que cette proposition est une fausse bonne idée car elle « ne constitue pas une analyse objective des nécessités militaires et technologiques ». « L’Allemagne possède sans aucun doute les capacités technologiques pour développer son propre avion de chasse », a toutefois concédé M. Enders. Mais, a-t-il ajouté, « les coûts et les délais seraient colossaux » car « même en étant prudent, il faudrait lever des centaines de milliards de dollars rien que pour le développement [ce qui paraît exagéré, ndlr] » et « sa mise en service n’interviendrait pas avant la fin des années 2040 au plus tôt ». En clair, pour l’ex-PDG d’Airbus, le développement d’un avion de combat allemand flatterait le « prestige nationale » mais il siphonnerait les « budgets de la défense pendant des décennies » sans contribuer forcément à la « puissance de combat de la Luftwaffe, même à moyen terme ». Pour autant, M. Enders ne plaide pas explicitement pour un maintien de la participation de l’Allemagne au SCAF étant donné qu’il n’a cité que deux issues possibles pour permettre à l’industrie allemande de contribuer au développement de ce qui pourrait être le dernier avion de combat avec équipage. « Les Britanniques, avec leur programme international GCAP [Global Combat Air Programme], ou le Suédois Saab sont des partenaires potentiels », a-t-il avancé. Prêchant pour sa paroisse, M. Enders n’a pas manqué de souligner que le Gripen E/F avait récemment » volé et combattu de manière totalement autonome » grâce à un logiciel d’intelligence artificielle fourni par Helsing. C’était « probablement une première mondiale », a-t-il insisté. Cela étant, pour M. Enders, l’avenir de l’aviation de combat ne repose pas forcément sur le développement de chasseurs-bombardiers « toujours plus complexes » mais sur celui de drones de combat [UCAV], qu’il voit comme étant « essentiels à la réussite des opérations aériennes futures ». Les UCAV « pourront être développés par l’industrie européenne d’ici quelques années seulement, à condition que les constructeurs établis collaborent avec les entreprises et start-ups spécialisées dans les logiciels et l’IA », a développé M. Enders… alors que Helsing propose le drone de combat CA-1 Europa. « Compte tenu du contexte actuel des menaces, nous avons besoin de ces capacités non pas à partir de 2040, mais au plus vite », a-t-il conclu. La réflexion de l’ex-PDG d’Airbus fait écho aux propos tenus par le chancelier Merz, la semaine passée. « Aurons-nous encore besoin d’un avion de combat piloté dans 20 ans ? », s’était-il en effet interrogé. Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 5 mars Auteur Signaler Posté(e) 5 mars https://www.opex360.com/2026/03/04/si-airbus-ne-veut-plus-travailler-avec-dassault-aviation-alors-le-scaf-est-mort-estime-eric-trappier/ Si Airbus ne veut plus travailler avec Dassault Aviation, alors le SCAF est «mort», estime Éric Trappier Désigné maître d’œuvre pour développer un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter] le Système de combat aérien du futur [SCAF], Dassault Aviation ne cesse de réclamer toute la latitude nécessaire pour tenir son rôle face à Airbus, qui a une double voix au chapitre grâce à l’implication de ses filiales allemande et espagnole dans ce projet. Selon la fiche d’expression commune des besoins [HLCORD – High Level Command Operations Requirements Document] signée en avril 2018 par la France et l’Allemagne [et acceptée par l’Espagne], il a été clairement établi que cet avion de combat de nouvelle génération devra avoir une capacité nucléaire et pouvoir être mis en œuvre depuis un porte-avions. Si, de par son expérience, Dassault Aviation a les savoir-faire nécessaires pour développer un tel appareil, ce n’est pas le cas d’Airbus… D’où l’idée de développer deux NGF pour le SCAF, ce qui permettrait de continuer la coopération autour des autres piliers du projet, dont le «cloud de combat» qui en est sans doute la pièce principale. L’industrie aérospatiale d’outre-Rhin et Airbus y sont favorables… Et le chancelier allemand, Friedrich Merz, a récemment laissé entendre que cette solution pourrait avoir sa faveur. «Les Français auront besoin, dans la prochaine génération, d’un avion capable d’emporter des armes nucléaires et d’opérer depuis un porte-avions. La Bundeswehr n’en a pas besoin pour le moment », a-t-il dit. «La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour des exigences différentes, ou seulement un seul ? […] La France souhaite n’en construire qu’un seul et l’adapter à ses propres spécifications. Mais ce n’est pas ce dont nous avons besoin», a-t-il ensuite estimé. Dans ce contexte, la présentation des résultats annuels de Dassault Aviation, ce 4 mars, était attendue. Et, encore une fois, son PDG, Éric Trappier ne s’est pas départi de son franc parler. «Airbus a déclaré qu’il ne voulait plus travailler avec Dassault. J’en prends bonne note. Ce n’est pas moi qui ne veut pas travailler avec Airbus et encore moins moi qui ne veut pas travailler avec les Allemands», a-t-il affirmé. Ce qui est vrai puisque, dans un autre domaine, l’industriel français s’est allié avec l’allemand OHB pour développer le Vortex, l’avion spatial qu’il a dévoilé lors du dernier salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget. Quoi qu’il en soit, pour M. Trappier, «si Airbus maintient sa position de ne pas vouloir travailler avec Dassault» alors le «sujet est mort». En clair, dans son esprit, si la coopération autour du NGF échoue, ce sera à cause d’Airbus, qui « qui ne respecte pas l’équation du début», à savoir le principe de «meilleur athlète». «Le problème c’est de trouver la juste mesure entre assurer son leadership et coopérer. C’est vrai que là, il y a des divergences de point de vue entre Dassault et Airbus. Dassault Aviation pense que pour être efficace, il faut un vrai leader», a une nouvelle fois plaidé Éric Trappier. En attendant, outre-Rhin, certains estiment que l’Allemagne a les capacités de développer son propre avion de combat de nouvelle génération. Ce qui reste à prouver. Ainsi, dans le programme Eurofighter, c’est le britannique BAE Systems qui fournit les commandes de vol… Domaine qui est le point fort de Dassault Aviation. D’ailleurs, Thomas Enders, ex-PDG d’Airbus, n’a pas fait mystère de ses doutes au sujet de cette solution à deux NGF… Solution dont le président Macron ne veut pas. « On a des frictions entre les entreprises. C’est la vie des affaires. Est-ce que ça doit décider de la stratégie des États ? La réponse est non », a-t-il fait valoir, le mois dernier. En outre, elle remettrait en cause la coopération établie entre Safran et MTU sur les moteurs [pilier n° 2 du projet], notamment si les deux avions susceptibles d’être développés séparément sont trop différents. Reste à voir ce que fera le gouvernement allemand, qui ne cesse de reporter sa décision sur l’avenir du SCAF en général et sur celui du NGF en particulier. Quant à la France, elle a sans doute le temps de voir venir avec le Rafale F5, associé à son drone de combat. Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 7 mars Auteur Signaler Posté(e) 7 mars Airbus et le syndicat IG Metall mettent la pression sur le chancelier Merz pour rompre avec Dassault Aviation ................./.............. Seulement, la France fit plusieurs concessions à l’Allemagne. En 2019, elle accepta, à la demande de Berlin, d’accueillir l’Espagne dans le projet. La même année, sous la pression du Bundestag, elle donna son accord à la création d’une coentreprise entre Safran et MTU, de droit allemand, afin d’assurer un meilleur partage des tâches entre les deux motoristes. Enfin, le SCAF étant organisé en pilier, Airbus Deutschland se vit confier ceux relatifs aux drones et au «Cloud de combat». Mais ce n’était pas encore suffisant aux yeux de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui, en février 2021, estima que les industriels d’outre-Rhin devaient être à «un niveau satisfaisant face à leurs homologues français». Et d’évoquer la question de la «propriété intellectuelle» et celle du «partage des tâches», notamment pour l’avion de combat de nouvelle génération, dont la maîtrise d’œuvre avait été confiée à Dassault Aviation, avec Airbus pour partenaire. D’où le blocage actuel. Grâce à la participation de l’Espagne, la voix d’Airbus compte double face à Dassault Aviation qui, de facto, peine à tenir son rôle de maître d’œuvre. C’est pourquoi son PDG, Éric Trappier, revendique 51 % du projet [et non 80 % comme cela a été faussement avancé]. Depuis, les relations entre Dassault Aviation et Airbus sont particulièrement tendues… et Berlin, qui devait préciser ses intentions au sujet du SCAF en décembre, n’a toujours pas annoncé la moindre décision. Si ce n’est que, le mois dernier, le chancelier Friedrich Merz a remis en cause le cahier des charges du NGF, pourtant validé en 2018, avant de suggérer un retrait de l’Allemagne du projet. Quoi qu’il en soit, outre-Rhin, certains ne cachent pas leur impatience. Ainsi, le 5 mars, favorable au développement de deux NGF pour le SCAF pour surmonter le blocage actuel, le comité d’entreprise d’Airbus Deutschland et le puissant syndicat IG Metall ont donné de la voix, avec une manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes, dont Michael Schoellhorn, le PDG d’Airbus Defence & Space, de Marie-Christine von Hahn, la présidente de l’association de l’industrie aérospatiale allemande [BDLI], et Florian Herrmann, le président de la Chancellerie de l’État de Bavière. Le président du comité d’entreprise d’Airbus Deutschland, Thomas Pretzl, a donné le ton. «Le gouvernement allemand doit garantir la souveraineté aérienne de l’Allemagne, indépendamment des caprices de la politique américaine ou de ceux d’un constructeur aéronautique français. C’est cela, la souveraineté. Aujourd’hui, elle est assurée avec l’Eurofighter, demain avec son successeur. Nous sommes prêts !», a-t-il lancé. Le PDG d’Airbus Defence & Space a rejeté la responsabilité du blocage du SCAF sur Dassault Aviation. «Si le projet est pris en otage, si les règles convenues sont contestées unilatéralement et si l’industrie et les besoins allemands sont ignorés, nous ne pourrons pas remplir notre mission industrielle», a-t-il fait valoir. Et cela alors que, vingt-quatre heures plus tôt, le PDG de Dassault Aviation avait dénoncé le fait qu’Airbus ne respectait pas les règles édictées lors du lancement du projet… «Il n’est pas vrai de dire que nous ne respectons pas nos engagements. Nous les respectons à la lettre. C’est Airbus qui ne respecte pas l’équation du début. […] Dès le départ, il était clair que la France était leader sur le SCAF alors qu’elle ne l’est pas sur le MGCS. Et que Dassault était leader du pilier NGF et en assumait la responsabilité», a rappelé M. Trappier. Quoi qu’il en soit, M. Schoellhorn a de nouveau réclamé une solution à deux NGF pour le SCAF afin de sortir d’un «blocage qui met en péril notre base industrielle en Allemagne et les capacités futures» de la Luftwaffe. Mais, surtout, il n’accepte pas qu’Airbus ait un rôle secondaire. «Ce que nous n’accepterons jamais, c’est qu’Airbus soit un simple fournisseur et que nos puissants partenaires de l’industrie allemande […] soient écartés de ce projet», a-t-il asséné, avant de dénoncer des «règles de propriété intellectuelle unilatérale». Quant au chancelier de l’État de Bavière, il s’est quelque peu enflammé. «Nous pouvons et voulons mettre en œuvre ce projet européen qu’est le SCAF, de préférence avec nos partenaires [lesquels ?]. Notre objectif demeure le développement d’un avion de chasse de sixième génération sous l’égide de l’Allemagne. Il est désormais crucial de sortir de l’impasse et d’impliquer pleinement l’industrie allemande», a-t-il dit. En clair, il remet en cause les principes établis en 2017… Enfin, la présidente de la BDLI a seulement réaffirmé son soutien à une solution à deux NGF, «l’un répondant aux intérêts stratégiques de l’Allemagne et l’autre aux besoins de la France». Et d’ajouter : «Le gouvernement allemand doit désormais envoyer un signal clair pour construire un avion de chasse de nouvelle génération sur un pied d’égalité avec ses partenaires européens». Reste maintenant à attendre la décision de M. Merz. https://www.opex360.com/2026/03/06/scaf-airbus-et-le-syndicat-ig-metall-mettent-la-pression-sur-le-chancelier-merz-pour-rompre-avec-dassault-aviation/ Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 19 mars Auteur Signaler Posté(e) 19 mars https://www.opex360.com/2026/03/19/scaf-paris-et-berlin-vont-tenter-une-ultime-mediation-entre-dassault-aviation-et-airbus/ Paris et Berlin vont tenter une ultime médiation entre Dassault Aviation et Airbus ............../................. En outre, le chancelier Friedrich Merz s’est même interrogé publiquement sur l’opportunité de continuer ce projet avec la France, alors qu’il est prêté à Berlin l’intention de rejoindre le projet concurrent, à savoir le Global Combat Air Programme [GCAP], mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Voire de nouer un partenariat avec la Suède. En France, le président Macron a écarté la solution à deux NGF. «Nous Européens, si on a le sens de l’histoire, on a intérêt à standardiser et à simplifier. Et donc avoir un modèle commun. Donc, là, on a d’abord la décision stratégique et après on a eu des frictions entre les entreprises. C’est la vie des affaires et des organisations humaines. Est-ce que ça doit décider pour autant de la stratégie des États ? La réponse est non», a-t-il fait valoir, le mois dernier. Début mars, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, a prévenu : «si Airbus maintient sa position de ne pas vouloir travailler avec [nous], alors le «sujet est mort». Pourtant, le président Macron y croit encore. Ce 19 mars, avant un sommet des dirigeants de l’Union européenne [UE] à Bruxelles, il annoncé que la France et l’Allemagne vont lancer une «mission de rapprochement d’Airbus et de Dassault dans les semaines qui viennent». Et d’ajouter : «Elle doit se faire de manière calme, respectueuse pour trouver justement les voies de convergence» car le «cap stratégique est clair et il fait consensus entre toutes les parties prenantes». Mais ces «voies de convergence» existent-elles ? Au vu des polémiques et des échanges à couteaux tirés de ces derniers mois, il est permis d’en douter. D’autant plus qu’il faudra les trouver rapidement. En effet, un responsable allemand a confié à l’agence Reuters qu’un accord devra être impérativement trouvé d’ici un mois. «L’Allemagne et la France sont convenues d’une dernière tentative de médiation entre les industriels, qui sera menée par des experts», a-t-il dit. «En raison des décisions à venir concernant le budget fédéral, il faut aboutir à un résultat d’ici la mi-avril», a-t-il précisé. Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 25 mars Auteur Signaler Posté(e) 25 mars https://www.opex360.com/2026/03/24/scaf-le-comite-dentreprise-dairbus-ne-veut-pas-entendre-parler-de-mediation-avec-dassault-aviation/ Le comité d’entreprise d’Airbus ne veut pas entendre parler de médiation avec Dassault Aviation La semaine passée, en marge d’un sommet européen à Bruxelles, le président Macron et le chancelier allemand, Friedrich Merz, sont convenus de tenter une ultime médiation pour relancer le projet de Système de combat aérien du futur [SCAF], miné par des désaccords profonds entre Dassault Aviation et Airbus. «Elle doit se faire de manière calme, respectueuse pour trouver justement les voies de convergence» car le «cap stratégique est clair et il fait consensus entre toutes les parties prenantes», a fait valoir le locataire de l’Élysée. ............../............. Cette tentative de médiation réussira-t-elle à apaiser les tensions entre les deux industriels ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que le temps est compté, le gouvernement allemand ayant fait savoir qu’il prendrait une décision sur sa participation au SCAF vers la mi-avril. Cela étant, pour qu’une médiation réussisse, il faut que les deux parties en conflit fassent un pas l’une vers l’autre. Seulement, même si Airbus en avait la volonté, il lui faudrait composer avec son comité d’entreprise, dont la ligne «anti-Dassault» vient d’être confortée, le syndicat IG Metall ayant obtenu 85,8 % des voix (et donc 30 des 35 sièges disponibles] à l’issue d’élections organisées entre les 9 et 13 mars derniers. Ainsi, à peine réélu à la tête du comité d’entreprise d’Airbus, Thomas Pretzl s’est empressé de mettre à nouveau la pression sur le gouvernement allemand. «La médiation initiée par le chancelier Merz doit être la dernière étape. Il est temps que le gouvernement fédéral prenne enfin une décision claire, mette fin au projet franco-allemand d’avion de chasse et lance son propre programme», a-t-il affirmé, via un communiqué publié à l’issue de la première réunion du comité depuis les élections syndicales. Reste que la position de M. Pretzl est partagée par l’Association des industries aérospatiales allemandes [BDLI], certains responsables politiques et Michael Schoellhorn, qui n’est autre que le PDG d’Airbus Defence & Space. «Ce que nous n’accepterons jamais, c’est qu’Airbus soit un simple fournisseur et que nos puissants partenaires de l’industrie allemande […] soient écartés de ce projet», avait-il dit au début de ce mois, lors d’une journée d’action organisée avant les élections syndicales. Dans de telles conditions, les experts mandatés pour concilier les points de vue entre Dassault Aviation et Airbus n’auront pas la partie facile. Autant dire qu’on leur a confié une mission impossible. Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 23 avril Auteur Signaler Posté(e) 23 avril https://www.opex360.com/2026/04/22/paris-et-berlin-se-donnent-encore-dix-jours-pour-trouver-un-accord-au-sujet-du-systeme-de-combat-aerien-du-futur/ Paris et Berlin se donnent encore dix jours pour trouver un accord au sujet du Système de combat aérien du futur ................../.................«Je ne suis pas pour qu’un projet industriel ambitieux qui va servir à nos armées soit cogéré. Il faut un chef. […] Le Rafale, on l’a fait tout seul. L’Eurofighter, ils l’ont fait à quatre» et «sur ces quatre pays, trois ont acheté des F-35. […] Est-ce que cela a contribué à l’Europe de la défense ?», a encore récemment fait valoir Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, alors qu’une médiation venait d’être lancée par Paris et Berlin afin de dépasser les différends entre les industriels impliqués dans ce projet. Et cela alors que le chancelier allemand, Friedrich Merz, avait précédemment évoqué un possible abandon du SCAF. Justement, le 18 avril, le quotidien allemand Handelsblatt a rapporté que cette médiation de la «dernière chance», menée par Laurent Collet-Billon, Délégué général pour l’armement entre 2008 et 2017, et Frank Haun, l’ex-PDG de KNDS, avait échoué. Ce qui a été confirmé par l’agence Reuters. «Le médiateur allemand est arrivé à la conclusion que la construction d’un avion de combat commun n’était plus possible», lui aurait confié un responsable proche du dossier. L’essentiel du SCAF étant le «cloud de combat», c’est-à-dire la connectivité entre plusieurs plateformes, avec et sans équipage, le développement de deux avions de combat pourrait permettre de sortir de l’impasse. En tout cas, c’est ce que prône Airbus [et plusieurs responsables politiques allemands]. Mais la France, par la voix du président Macron, a fait savoir qu’elle n’était pas favorable à cette solution. Du moins pour le moment. Quoi qu’il en soit, l’échec de la médiation conduite par MM. Collet-Billon et Haun n’a pas encore sonné le glas pour le SCAF… qui peut faire penser au «Chevalier noir» du film «Monty Python : Sacré Graal»… En effet, le 21 avril, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a annoncé aux députés de la commission de la Défense que les médiateurs avaient demandé dix jours de plus pour tenter de résoudre le différend entre Dassault Aviation et Airbus. Ils rendront donc leurs conclusions [définitives ?] le 28 avril. Ce sursis sera-t-il suffisant ? Le même jour, lors d’un salon professionnel organisé à Hanovre, le PDG d’Airbus Defence & Space, Michael Schoellhorn, n’a pas donné le signe d’une quelconque inflexion. Bien au contraire. «Airbus n’a pas vocation à être le simple sous-traitant d’un constructeur français», a-t-il dit. Et si un «partenariat entre égaux s’avérait impossible, alors il faudrait retirer l’avion de combat du projet SCAF et le développer séparément», a-t-il plaidé. «Ce ne serait pas la fin du monde si trois avions de combat très différents, pilotés ou non, étaient construits en Europe. L’un d’eux serait le GCAP [Global Combat Air Programme, développé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, ndlr] presque aussi imposant qu’un bombardier, un deuxième serait un avion français embarqué, capable d’emporter une arme lourde pour la dissuasion nucléaire et un troisième serait un chasseur de supériorité aérienne européen auquel l’Allemagne participerait», a-t-il détaillé, avant de souligner que le plus important restait le «cloud de combat», afin de faire en sorte que tous ces appareils puissent communiquer entre eux. Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 9 juin Auteur Signaler Posté(e) 9 juin https://www.opex360.com/2026/06/08/scaf-berlin-et-paris-conviennent-de-mettre-un-terme-a-leur-projet-conjoint-davion-de-combat-de-6e-generation/ Berlin et Paris conviennent de mettre un terme à leur projet conjoint d’avion de combat de 6e génération Cela fera bientôt neuf ans que le Système de combat aérien du futur [SCAF] fait l’objet de dissensions entre Dassault Aviation et Airbus au sujet du développement d’un avion de combat de 6e génération [New Generation Fighter – NGF]. Et les relations entre les deux industriels se sont surtout tendues quand la France a accepté, à la demande de l’Allemagne, d’intégrer l’Espagne dans ce projet. Désigné maître d’œuvre pour le pilier n° 1 du SCAF, c’est-à-dire celui du NGF, Dassault Aviation n’a dès lors plus été en mesure d’imposer ses choix face aux filiales allemande et espagnole d’Airbus. Aussi a-t-il réclamé un changement dans la gouvernance de ce projet. En vain. Pourtant, Airbus avait été bien servi lors du montage industriel du SCAF, avec la responsabilité des piliers n° 3 [drones et effecteurs] et n° 4 [cloud de combat]. Seulement, s’agissant du NGF, il n’a jamais voulu être réduit au rôle de sous-traitant de Dassault Aviation. D’où le blocage du projet. Les discussions entre Paris et Berlin puis la récente tentative de médiation entre Airbus et Dassault Aviation n’ont pas permis de concilier les différents points de vue. Déjà, l’automne dernier, il a été rapporté que l’Allemagne envisageait de se passer de la France pour développer un nouvel avion de combat et de trouver d’autres partenaires. Puis, en février, pressé par l’association des industries aérospatiales d’outre-Rhin, le syndicat IG Metall et Airbus Defence & Space, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a ouvertement remis en cause la participation de son pays au SCAF. «Nous avons un réel problème au niveau du cahier des charges. Et si nous ne parvenons pas à le résoudre, nous ne pourrons pas poursuivre le projet», avait-il en effet lâché, lors d’un entretien diffusé lors du podcast «Machtwechsel». Puis, il s’était ravisé, acceptant de donner une nouvelle chance au SCAF. Mais c’était reculer pour mieux sauter. En effet, alors qu’une annonce était attendue pour l’ouverture du salon de l’aéronautique et de l’espace de Berlin [ILA 2026], le 10 juin, le gouvernement allemand a pris les devants. Selon l’AFP, ce dernier a annoncé, ce 8 juin, que le chancelier Merz et le président Macron se sont entendus pour «ne plus poursuivre» le développement d’un avion de combat commun. «Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises [Dassault Aviation et Airbus] ne parviennent pas à s’entendre sur la construction d’un avion de combat commun. […] Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun», a expliqué le gouvernement allemand. Pour autant, cela ne veut pas dire que le SCAF est terminé étant donné qu’il est question de sauver l’essentiel, à savoir le «cloud de combat», censé garantir une interopérabilité complète entre les forces aériennes françaises, allemandes et espagnoles. «Le véritable noyau du SCAF doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen. Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré», avance-t-on à Berlin. Aussi, les ministères français et allemand auront désormais à «élaborer un plan de travail commun en matière de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents», lors du prochain Conseil des ministres franco-allemand. Après le MAWS [Maritime Airborne Warfare Systems] dans le domaine de la patrouille maritime et le standard Mk3 de l’hélicoptère de reconnaissance et de combat Tigre, c’est donc au tour du NGF franco-allemand d’être abandonné. Reste à voir le sort qui sera fait au Système principal de combat terrestre [Main Ground Combat System, MGCS], qui, lancé en même temps que le SCAF, ne se porte pas non plus très bien… PS. Mon sentiment personnel est que neuf années ont été perdues à se quereller avec les Allemands. Nous n'avons rien à attendre d'eux en termes de coopération industrielle militaire. J'ai toujours en mémoire le fiasco du contrat de la construction et de la livraison des 12 sous-marins nucléaires d'attaque au profit des Australiens en 2021. Affaire dans laquelle les "verts" allemands nous ont joué un très mauvais tour. Et qui, hasard, a débouché sur l'accord AUKUS dans notre dos ! Il en sera de même du projet de futur char de bataille le fameux MGCS. Laissons tomber et, si besoin avéré, achetons sur étagère ce qui se fait de mieux et prioritairement, ce que l'état de nos finances nous autorise encore à faire. Le "couple" franco-allemand a depuis belle lurette du plomb dans l'aile. Il n'y a que les naïfs qui le pensent encore viable. Mais ce n'est que mon avis. BTX Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 10 juin Auteur Signaler Posté(e) 10 juin https://www.opex360.com/2026/06/10/apres-lechec-du-scaf-berlin-envisage-quatre-options-pour-moderniser-sa-force-aerienne-dont-lachat-de-f-35-supplementaires/ Après l’échec du SCAF, Berlin envisage quatre options pour moderniser sa force aérienne, dont l’achat de F-35 supplémentaires ............./............ Quoi qu’il en soit, le 9 juin, à Berlin, en marge d’une rencontre, avec Jaromír Zůna, son homologue tchèque, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a tombé le masque. «Avec ce que nous savons aujourd’hui, nous n’aurions pas dû mettre en place un programme de cette façon. C’est une leçon que nous devons en tirer. C’était un projet européen ambitieux et de grande envergure qui s’est brisé contre la réalité», a-t-il dit. Un propos qui jette le trouble sur un autre projet, le Système principal de combat terrestre [MGCS – Main Ground Combat System], qui a été relancé sur le même modèle que le SCAF en avril 2024… Cela étant, M. Pistorius a dit qu’il s’attendait à l’échec des discussions entre Paris et Berlin au sujet du NGF. En témoignent, d’ailleurs, les pistes qu’il a ensuite dévoilées pour la modernisation de l’aviation de combat allemande. Pour rappel, ces derniers mois, la presse a avancé, à plusieurs reprises, que Berlin envisageait de commander des chasseurs-bombardiers F-35A supplémentaires auprès de l’américain Lockheed Martin. À chaque fois, cette information a été démentie par le ministère allemand de la Défense, comme cela a encore été le cas en février dernier… Sauf qu’elle était bel et bien fondée. Comme celles qui affirmaient que l’Allemagne envisageait de se passer de la France pour développer un avion de combat de nouvelle génération ou qu’elle étudiait une éventuelle participation au Global Combat Air Programme [GCAP], le projet mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. «Plusieurs options sont envisageables. L’une d’elles consiste à commander des F-35 supplémentaires. La seconde est de rejoindre un projet international existant qui est déjà en cours. Nous pourrions aussi lancer notre propre projet, sous direction allemande, avec Airbus et d’autres partenaires. […] Il pourrait y en avoir une quatrième, que je ne souhaite pas aborder pour le moment», a en effet déclaré le ministre allemand. «Nous verrons quelle voie nous emprunterons. Nous sommes en discussion avec divers acteurs à ce sujet depuis des mois, comme vous pouvez l’imaginer. Cependant, je ne spéculerai pas publiquement ici sur le projet final ni sur celui qui le pilotera», a aussi confié M. Pistorius. Si la quatrième option évoquée par le ministre reste bien mystérieuse, celle consistant à lancer un programme national d’avion de combat de nouvelle génération n’est pas surprenante étant donné qu’elle est promue par l’industrie aérospatiale allemande depuis des mois. D’ailleurs, cette dernière n’a guère perdu de temps. La fin de la coopération franco-allemande autour du NGF à peine annoncée, huit entreprises ont fait savoir qu’elles s’étaient regroupées au sein de la «Team Gen 6» pour «mettre en commun» leurs «capacités, leurs convictions, leurs intérêts et leurs savoir-faire» pour développer un avion de chasse de 6e génération. Parmi celles-ci, on trouve : Airbus Defence & Space, Autoflug, Diehl Defence, Hensoldt, Liebherr Aerospace Lindenberg, MBDA Deutschland, MTU Aero Engines ainsi que Rohde & Schwarz. Mais leur ambition va au-delà du développement d’un nouvel avion de combat. «La maîtrise du domaine aérien, gage de supériorité aérienne, exige un système d’armes de sixième génération. Ce nouvel avion de combat, piloté ou non, fonctionnant comme un chasseur de commandement et de contrôle, sera interopérable via un cloud de combat et mènera des missions en réseau grâce à l’intégration d’aéronefs pilotés et non pilotés», selon une «approche de système de systèmes», ont-elles expliqué, dans une lettre dont le Financial Times a été le premier à s’en faire l’écho. En clair, il s’agit de remplacer le SCAF par le projet qu’elles entendent développer. Selon le quotidien britannique, cette «Team Gen 6» pourrait accueillir des industriels espagnols. Enfin, elle n’écarte pas non plus l’éventualité de travailler avec le suédois Saab ou avec le consortium Edgewing, créé pour mener à bien le GCAP. 1 Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 13 juin Auteur Signaler Posté(e) 13 juin https://www.opex360.com/2026/06/12/apres-le-scaf-dassault-aviation-et-airbus-croisent-le-fer-au-sujet-de-leurodrone/ Après le SCAF, Dassault Aviation et Airbus croisent le fer au sujet de l’Eurodrone En 2013, Airbus, Dassault Aviation et Leonardo proposèrent de développer un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] européen, alors que l’américain General Atomics enchaînait les contrats sur le Vieux Continent. La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne firent part de leur intérêt. Seulement, les négociations entre les pays potentiellement clients et les industriels furent si difficiles que le projet «Eurodrone» manqua d’être abandonné à plusieurs reprises. Il fallut neuf ans pour parvenir à un accord, lequel se concrétisa par la notification, via l’Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement [OCCAr], du contrat «MALE RPAS Stage 2» à Airbus, désigné maître d’œuvre du programme, Dassault Aviation et Leonardo étant appelés à être les principaux sous-traitants. Il était alors question de livrer un total de vingt systèmes, composés chacun de trois drones et d’une station au sol, aux quatre pays clients. Pour rappel, la France s’était engagée à acquérir quatre systèmes pour le compte de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE]. «Des programmes innovants reposant sur de solides bases technologiques garantiront l’autonomie stratégique de l’Europe en offrant de nouvelles alternatives à l’acquisition de produits sur étagère non européens», avait alors commenté Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation. Et d’ajouter : « Porté par une vision commune et une approche pragmatique, l’Eurodrone s’appuie sur les meilleures compétences et expertises internes de chaque entreprise.» Fort de son expertise dans ce domaine, l’industriel français s’était vu confier la tâche de concevoir et de produire les commandes de vol électrique de cet EuroDrone. Seulement, pour répondre à des besoins propres à l’Allemagne, ce drone MALE européen devait alors afficher une masse de 10 tonnes [pour 26 mètres d’envergure, 17 mètres de longueur et 5 mètres de hauteur] et être doté de deux moteurs. Ces spécifications compliquèrent d’ailleurs les négociations contractuelles. En outre, au regard du retard pris dans son développement, certains estimèrent que cet appareil risquait d’être dépassé et inadapté au moment de son entrée en service. «C’est malheureusement le drone d’hier qu’on aura peut-être demain, puisqu’il a cinq ans de retard. Je dis à mes homologues : voyons ensemble les spécifications d’un drone moins gros et moins coûteux, se rapprochant des drones utilisés par les Russes et les Ukrainiens. Nous sommes moins allants que nos partenaires sur le sujet», expliqua le général Jérôme Bellanger, lors d’une audition au Sénat, en novembre dernier. C’est d’ailleurs la raison donnée par le ministère des Armées pour justifier son désengagement de ce programme. «Le besoin militaire de la capacité MALE de théâtre a été réorienté pour saisir l’opportunité liée à l’émergence d’une filière de drones de théâtre souverains de moindre coût, le MALE UE se révélant aujourd’hui moins adapté à la haute intensité», a-t-il en effet expliqué dans le projet de Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30. Seulement, comme l’avait souligné le député François Cormier-Bouligeon dans un rapport budgétaire sur l’équipement des forces, une «sortie du programme coûterait désormais plus cher que sa poursuite» au regard de son avancement et… des subventions accordées par l’Union européenne. Quoi qu’il en soit, sur fond de tensions liées au Système de combat aérien du futur [SCAF], la collaboration entre Dassault Aviation et Airbus ne fut pas non plus un long fleuve tranquille, un rapport du ministère allemand de la Défense ayant évoqué des «problèmes persistants de coordination» entre les deux industriels. Et leurs relations ne sont sans doute pas près de s’apaiser… Pour le moment, la France n’a pas encore notifié l’annulation de sa commande de systèmes «Eurodrone», l’actualisation de la LPM n’ayant pas encore été définitivement adoptée par le Parlement. Mais, si l’on en croit les confidences faites à l’agence Reuters par «trois sources proches du dossier», Airbus aurait d’ores et déjà réduit le rôle de Dassault Aviation dans le programme. Ne voulant pas en être de sa poche, l’industriel français entend réclamer une compensation financière, à la hauteur des investissements qu’il a consentis. Pour le moment, Dassault Aviation n’a pas souhaité réagir et a renvoyé les demandes de commentaires vers Airbus Defence & Space. «Nous respectons toujours nos contrats», a laconiquement fait valoir ce dernier, par la voix de Michael Schoellhorn, son directeur général. Histoire de brouiller davantage cette affaire, Jean-Brice Dumont, le directeur de la division «Air Power» d’Airbus, a déclaré que la France restait un partenaire du programme EuroDrone. «La France reste engagée dans ce programme. Nous étions quatre nations au départ, et nous le sommes toujours», a-t-il en effet déclaré, lors du salon de l’aéronautique et de l’espace de Berlin [ILA 26], le 11 juin. «Il y a eu quelques remous [dans les médias français], mais la situation est un peu plus complexe. Si l’on se penche sur l’histoire des programmes de coopération, il n’est pas rare que les partenaires prennent leur temps avant de se décider sur le calendrier des commandes», a-t-il ajouté, d’après des propos rapportés par Janes. Cela étant, selon le site spécialisé allemand Hartpunkt, Liebherr Aerospace devrait reprendre à son compte les tâches qui étaient jusqu’à présent assurées par Dassault Aviation au sein du programme EuroDrone. Et cela alors qu’il avait déjà été désigné pour fournir les systèmes hydrauliques et les trains d’atterrissage des futurs drones. Au passage, sur son site Internet, l’industriel allemand, qui conçoit aussi des commandes de vol, ne mentionne même pas Dassault Aviation parmi les initiateurs du programme. «Liebherr a été sélectionné par Airbus Defence & Space et Leonardo Aircraft pour développer et fabriquer des systèmes majeurs pour le drone Eurodrone», indique-t-il en effet. «Dassault ne serait plus impliqué dans le projet Eurodrone. Ni Airbus Defence and Space, chef de file du programme, ni Liebherr n’ont souhaité faire de commentaires», écrit Hartpunkt. En attendant, le premier vol de l’EuroDrone est toujours prévu en 2029… Et l’OCCAr vient de prolonger le statut d’observateur du Japon au sein du programme. Citer Ya Rab Yeshua.
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