BTX Posté(e) il y a 1 heure Signaler Posté(e) il y a 1 heure https://www.opex360.com/2026/10/11/larmee-de-terre-veut-lancer-des-etudes-pour-se-doter-de-microreacteurs-nucleaires/ En août, dans le cadre de son programme JANUS, l’US Army fit savoir qu’elle venait d’attribuer des contrats d’une valeur totale de 2,2 milliards de dollars à plusieurs industriels pour «la construction, l’acquisition et l’exploitation» de microréacteurs nucléaires modulaires [SMR – Small Modular Reactors], destinés à cinq de ses emprises, à savoir Fort Bragg [Caroline du Sud], Fort Campbell [Kentucky], Fort Hood [Texas], Fort Benning [Géorgie] et Fort Drum [New York]. «L’attribution de ces contrats accélère notre capacité à fournir une alimentation électrique de base sûre et fiable directement à nos installations. […] Nous renforçons la résilience énergétique nécessaire pour projeter notre puissance de combat à l’échelle mondiale, sans dépendre de réseaux électriques externes potentiellement vulnérables», fit valoir Dan Driscoll, le secrétaire à l’US Army, via un communiqué. En France, l’armée de Terre envisage aussi de se doter de SMR. C’est en effet ce qu’avance son Commandement du combat futur [CCF], dans un document intitulé «Déclinaison capacitaire d’action aéroterrestre future» [DCF], qu’il vient de publier. «L’évolution des conflits et des technologies impose à l’armée de Terre d’adapter ses capacités. Létalité, manœuvre et protection constituent des enjeux majeurs pour faire face à un adversaire à parité et à un engagement de haute intensité prolongé», explique le CCF. Aussi, cette DCF précise les axes de développement pour les équipements dont l’armée de Terre aura besoin à l’horizon 2040 pour faire face à ces défis. Ce document définit dix priorités. Sans surprise, il met l’accent sur l’intelligence artificielle, la robotique, qui «pourrait devenir une réponse à l’enjeu de masse face aux difficultés démographiques, tout en remplissant le rôle prépondérant de démultiplicateur d’effets», les drones et les munitions téléopérées [MTO], la lutte antidrone, la guerre électronique, le combat collaboratif, avec la «logistique de la donnée», les technologies quantiques [capteurs, communications sécurisées, etc.] et le cyber. Les «matériaux avancés et les métamatériaux» sont aussi mis en avant dans cette DCF. Ils «jouent un rôle central à travers la réduction des signatures multispectrales [thermique, radar, acoustique], par des revêtements adaptatifs, des structures dissipant la chaleur ou des matériaux absorbants», explique-t-elle. Outre la «furtivité», qui ne sera jamais totale sur un champ de bataille, ces matériaux «avancés» permettront de mettre au point des blindages «hybrides» susceptibles d’offrir le meilleur compromis possible entre protection, masse et réparation sur le terrain. Enfin, avance la DCF, «le développement de structures intelligentes, capables de signaler leur propre dégradation ou d’adapter certaines propriétés en fonction de l’environnement, sera un atout de poids». Avec la robotisation, l’IA, le cyber, le combat collaboratif et, sans doute, le déploiement de nouvelles armes [laser, canon électromagnétique, etc.], les besoins en énergie seront encore plus élevés. Logiquement, cette question est une priorité de l’armée de Terre, qui a défini trois axes d’effort. Ainsi, il s’agit de disposer, à l’avenir, de batteries compactes, à hautes performances et dotées d’une «densité énergétique accrue», tant pour le combattant débarqué que pour les systèmes robotisés. L’hybridation et l’électrification de la motorisation des blindés est un autre axe d’effort. Cela permettra «des gains en furtivité» et offrira de la «puissance disponible pour les charges utiles», souligne la DCF. Autre avantage : sur les engins chenillés, la chaîne cinématique sera simplifiée, les boîtes de vitesse, «lourdes et sensibles à l’usure», n’étant plus nécessaires. Enfin, l’armée de Terre envisage de lancer des études sur la «conteneurisation de cœurs nucléaires» afin de «résoudre une partie des besoins en énergie des structures les plus énergivores», comme les postes de commandement de niveau 1 et 2, les bases de soutien de corps ou de division, voire les hôpitaux de campagne». Plus précisément, il est question de recourir, comme l’US Army, à des microréacteurs nucléaires modulaires. À noter que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 n’évoque pas ce sujet… Et, ces dernières années, le ministère des Armées a plutôt mis l’accent sur le développement des énergies renouvelables. Un SMR est un réacteur de faible puissance, dont la capacité de production d’électricité est inférieure à 300 MWe. Un consortium, réunissant le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, EDF, TechnicAtome et Naval Group, est actuellement en train de travailler sur un prototype de microréacteur, dans le cadre du projet Nuward. Pour rappel, en France, avec le porte-avions Charles de Gaulle et ses sous-marins, la Marine nationale est le second opérateur de réacteurs nucléaires, après EDF. Photo : General Atomics Citer Ya Rab Yeshua.
Messages recommandés
Réagir à la dicussion
Vous pouvez poster maintenant et vous inscrire plus tard - Déja membre ? connectez vous pour poster avec votre compte