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es Aermacchi MB339 C  de la société SDTS (Photo SDTS)

C’est le groupement d’entreprises rassemblant SDTS, Babcock France et l’ESSD canadienne Top Aces qui a été retenu pour fournir des prestations REDAIR à l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE).

SDTS est le mandataire, associé avec Babcock France, et avec Top Aces comme sous-traitant.

Parmi les autres candidats figuraient SECAMIC et Demeteris qui avaient créé avec Carbon01, la société Red-X.

Red-X est une « société spécialisée dans la fourniture de services aux forces pour la composante aérienne de leur entraînement avancé. Red-X propose avions, équipages, outils et méthodes pour simuler des adversaires de tous niveaux dans le cadre des entraînements RedAir ».

Red-X a pour président Bertrand Lucereau et pour directeur général Pierre Duval.

Autre candidat: Procor. Cette société avait acheté des Mirage 2000 brésiliens en 2021 (lire mon post du 21 septembre 2021); elle envisageait aussi de mettre en ligne des Gripen.

Ce marché vise à recentrer le potentiel des aéronefs de l’AAE et de réduire la pression de maintenance. « Externaliser les missions de plastronnage (rôle d’adversaire) est techniquement et économiquement plus vertueux », résumait récemment l’AAE.

L’annonce initiale daterait du début du mois de septembre. Mais un recours ayant été déposé par un des candidats, la notification a été retardée. Un juge a d’abord demandé un complément d’informations avant de rejeter le recours. Il ne restait plus que la notification formelle par l’AAE. Ce qui est désormais chose faite.

Est-ce l’aboutissement de ce projet ? Oui en ce qui concerne la partie « appel d’offres ».

Mais désormais démarre une phase plus opérationnelle de mise en route des prestations qui seront probablement réalisées à partir de quatre sites:
– Clermont-Ferrand pour SDTS et ses huit Aermacchi MB339 C, ainsi que pour Top Aces et ses A-4N pour être au plus près des zones d’entraînement au combat moyenne et haute altitudes du centre de la France. Les A-4N modifiés sont équipés de l’Advanced Aggressor Mission System (AAMS), le système de mission exclusif à architecture ouverte de Top Aces qui permet l’intégration de capteurs modernes et de technologies d’entraînement avancées,
– Solenzara pour les Alpha Jet de Top Aces, avions utilisés pour le remorquage de cibles dans le cadre de l’entraînement au tir aérien,
– Nîmes pour SDTS pour le contrat avec la marine et comme base de desserrement,
– Dijon pour Babcock France et ses 11 L-39 qui assureront des missions dans le bas du spectre et se chargeront des missions de formation/entraînement pour les JTAC.

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Retour en arrière


Depuis des années, l’AAE voulait externaliser à un prestataire privé la simulation d’une force d’opposition aérienne dans le cadre d’un marché qui porterait annuellement sur quelque 3000 heures de vol. Ce marché d’externalisation était envisagé pour une durée d’au moins six ans.

En 2022, c’était alors une simple demande d’informations (et pas un appel d’offres) qui concernait le projet d’externalisation Red Air (REDAIR).

En octobre 2023 le général Mille, alors chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, avait confirmé ce projet. Il avait mis en avant le parc restreint de Mirage et de Rafale et expliqué: « Nous préférons nous concentrer sur le coeur de la mission ».

Début 2024, « rien n’est fait mais l’armée de l’Air et de l’Espace recherche, à l’horizon du 4e trimestre 2024 des opérateurs capables de fournir des prestations de plastronnage », écrivais-je alors, relayant de nouvelles déclarations de l’AAE. Le Projet annuel de performances 2024 et l’Annexe au projet de loi de finances pour 2024 apportaient des précisions. Le programme 178 « Préparation et emploi des forces » citait « la mise en place en 2024 d’un contrat de location de 6 ans de prestations RED AIR, afin de mettre à disposition des forces une capacité d’entraînement au combat adaptée au contexte actuel ».

Toujours en 2024 (mais en octobre), je citais Didier Toussaint, co-fondateur de l’ESSD canadienne Top Aces et président du groupe Top Aces Inc., qui précisait que les réponses à l’appel d’offres français avaient été remises le 8 septembre précédent: « Nous attendons désormais de présenter, avec nos partenaires, notre projet et d’entrer en négociations. Nous sommes prêts pour débuter la période de transition imminente et les pleins services au plus tard le premier janvier 2026 », citait alors ce candidat associé à la société française SDTS.

Le 14 avril 2026, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le député Damien Girard a posé une question sur « le remplacement des Alphajet qui permettrait de structurer un segment d’aviation de chasse léger capable d’apporter de la masse à coup maîtrisé à la fois pour l’entraînement mais aussi pour certaines missions d’appui en environnement permissif (…). Pourquoi cette seconde piste ne fait-elle pas à ce stade l’objet d’investigation plus approfondi ? » Le CEMAAE, le général Jérôme Bellanger, présent lors de cette audition, est revenu sur « l’objet du projet Red Air, c’est-à-dire de pouvoir disposer d’avions moins coûteux en tout cas à l’heure de vol pour mettre des menaces en l’air pour éventuellement intercepter effectivement des drones etcetera. C’est un un programme qui est en cours, donc donc je peux pas me m’épancher dessus, mais c’est vraiment ce qui fait l’objet du sujet Red Air. Après, il y a aussi d’autres moyens. La difficulté du Red Air, c’est que quand vous confiez à une entreprise ou en tout cas à quelqu’un d’autre, très vite vous arrivez dans des niveaux de confidentialité qu’il faut respecter parce qu’en face ils voient comment vous vous entraînez, ils voient vos résultats. Ils arrivent à avoir également vos spectres électromagnétiques, la manière dont vous utilisez vos avions. Donc il faut être extrêmement vigilant quand on parle de Red Air. »

Encore récemment, en ce mois d’octobre, l’AAE expliquait que « cette prestation ne remplace en rien nos forces, elle les démultiplie. En déléguant l’opposition (Red Air) à des moyens spécialisés, l’AAE offre à ses équipages une masse d’entraînement plus dense, diversifiée et sur mesure, au plus près de la réalité du combat, tout en garantissant que chaque heure de vol d’un Rafale ou d’un Mirage 2000 soit consacrée aux missions opérationnelles, tout en maintenant une préparation opérationnelle exigeante ». Et l’AAE de rappeler que le haut niveau d’activité a été « marqué par un pic inédit au printemps dernier où près de 80 % de l’aviation de chasse a été engagée, sollicitant fortement les aviateurs et les aéronefs (Rafale, Mirage 2000) ».

Depuis, tout le monde attendait. L’AAE avait avancé une annonce d’attribution de marché pour la mi-juillet 2026… Elle est finalement tombée à la fin de la période estivale.

Sur ce sujet au long cours, on pourra relire mes précédents posts:
– Quand on reparle des plastrons pour l’armée de l’Air et de l’Espace
– Externalisation: Top Aces France bien décidé à rafler le marché REDAIR du ministère des Armées
– RED AIR: l’externalisation des prestations de plastronnage annoncée pour 2024-2030
– Externalisation: ATAC et Red-X associés pour le marché REDAIR de l’armée de l’Air et de l’Espace
– RED AIR: le marché pour l’externalisation des prestations de plastronnage en attente du vote du budget?

Ya Rab Yeshua.

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