Le général a sans doute raison : nous sommes nus et pieds nus, de paisibles herbivores végans dans un monde de prédateurs qui arrachent la viande tout autour. Le bien, s’il veut survivre, doit parfois apprendre à serrer les poings.
Reste à savoir ce qu’il adviendrait si l’on donnait réellement cet argent à l’armée française. Il y a fort à parier qu’au lieu d’investir dans des capacités vraiment utiles, on financerait encore quelques « Griffon », ces respectables hangars sur roues, ou un FELIN 2.0 flambant neuf — avec, en prime, quelques milliards égarés en route, comme c’est la tradition. Le tout, bien entendu, facturé au prix du lingot.
Autant dire que le tableau est sombre de tous les côtés. D’où une proposition pragmatique : déclarer la guerre à Trump et hisser immédiatement le drapeau blanc. Laissons le vieux Donald méditer sur ce qu’il ferait d’un tel présent. Pour ma part, je ne vois guère d’autre scénario réaliste de survie pour la Cinquième République (l’option extraterrestre venus partager une soupe au chou étant, merci, à exclure).
Quant au général de Villiers, il est naïf par simplicité et simple par naïveté : réduire les aides sociales serait ouvrir la voie à des conséquences bien plus graves que celles de 1789–1799. Sous l’Ancien Régime, les paysans n’avaient pas de kalachnikovs.