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piranha

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Tout ce qui a été posté par piranha

  1. J’ai une question très simple : une fois que j’aurai armé ma grenade à fusil à la main pour trois francs six sous et que ça m’aura arraché le bras, est-ce que l’assurance me remboursera au moins quelque chose ? Et qu’est-ce que je suis censé raconter ensuite, en fauteuil roulant, dans le bureau du colonel ? Parce que si les ingénieurs ont inventé un armement securisee, c’est pas pour décorer : c’est pour que la grenade ne s’arme qu’après être partie du canon, à distance raisonnable du bonhomme. Ça paraît logique, mais visiblement pas pour tout le monde. Honnêtement, j’avais pas envie de répondre à ce message. Mais comme des militaires lisent aussi ce forum, autant expliquer pourquoi “accrocher une grenade à fusil sur un FPV en 2026” est une idée de génie au niveau de l’âge de pierre. En résumé : la sécurité, tout simplement. Sur le front russo-ukrainien, les deux camps produisent maintenant des tetes militaires et des petites bombes à la chaîne, de manière standardisée. Les Russes sortent des OFSP, OFBCh, KOZBCh, TBBCh et compagnie. Les Ukrainiens ont leur famille MOA, BP-BPLA, etc. Et toutes ces munitions ont un point commun : on peut les manipuler sans risquer de finir en confettis, parce qu’elles ne s’arment qu’après le lancement du drone ou le largage de la charge. La plupart ont même un “safe-time” de 1, 2 ou 5 minutes, histoire d’éviter que le gars au sol se fasse exploser par son propre matos. Entre 2022 et 2025, le nombre de types qui se faisaient sauter pendant le chargement des drones a chuté drastiquement, justement parce qu’on a arrêté de jouer aux apprentis sorciers avec des explosifs. Donc l’idée géniale du moment — “on attache une grenade à fusil sur un FPV et on l’arme artisanalement” — c’est pas vraiment une innovation. C’est le genre de concept qu’on retrouve plutôt chez les djihadistes maliens, les Houthis au Yémen ou les rebelles papous en forêt tropicale. Pas exactement le niveau d’un pays industrialisé qui se veut sérieux. Enfin… remarque, c’est peut-être le niveau qu’on mérite, en fin de compte.
  2. J’ai déjà vu ces merveilleuses idées consistant à fixer une grenade sur un drone FPV. Mais la même question revient toujours : la fusée standard des grenades à fusil (comme celle de l’AC 58) ne s’arme qu’au tir, sous l’effet de l’inertie. Comment ces soi-disant innovateurs comptent-ils donc armer cette fusée manuellement ? Dans l’article, je n’ai absolument rien lu concernant une quelconque innovation de la fusée, ni sur des essais au terrain de tir avec de véritables grenades. Sur la photo, c’est même une munition d’AT-4 qui est fixée au drone FPV. Je soupçonne donc cet article d’être soit une blague du premier avril sortie trop tôt, soit une manœuvre de nos ennemis pour discréditer notre glorieuse armée française.
  3. J’ai peut-être raté un épisode, mais on en est vraiment au point où l’industrie de défense française n’arrive même plus à fabriquer des fusées pour les obus de mortier et doit les importer d’Allemagne ? On aura tout gagné…
  4. Remarque parfaitement à propos. Donc, le KF51 sera livré à raison de cinq (5) exemplaires. Cinq. Avec ça, la victoire est assurée, évidemment… Pour le CV90, j’en ai parlé avec des Ukrainiens : ils râlaient sur le pauvre stock de munitions embarquées, mais louaient la protection et la mobilité. Peut-être que le souci vient du simple fait qu’en face, les M2 Bradley ont été envoyés en quantité triple ? Allez savoir. Imaginons ensuite qu’on ajoute le prix et le rythme de production dans l’équation — alors que les États-Unis peuvent littéralement sortir des Bradley de leurs hangars dès maintenant, à condition de payer. Bref, peu importe l’angle : l’offre américaine n’est jamais moins bonne, et très souvent clairement meilleure. Et pour faire bonne mesure, rappelons que le VCI CV90 est suédo-scandinavo-helvético-finlando-tchéco-balte. Les Allemands ont le Marder et le KF51, les Polonais le BWP Borsuk et le BWP-1, les Espagnols le Pizarro (ASCOD), les Italiens le Dardo, les Turcs l’ACV-15, les Roumains le MLI-84, les Bulgares le BMP-1/23, les Croates le M2 Bradley (!), les Moldaves le BMD et le BTR-D. Et côté français…VCI... silence radio.
  5. En ce cas, autant confisquer directement cet argent. Voyons les faits : Le système de lance-roquettes multiple le plus efficace des forces armées ukrainiennes est le M142 HIMARS, d’origine américaine. Pour cela, l’Ukraine a besoin de munitions, qu’il faut acheter aux États-Unis — l’Europe n’en produit pas. Le missile balistique de courte portée le plus efficace est l’ATACMS, pour le même système, qu’il faut également acheter aux États-Unis. L’Europe n’en produit pas non plus, et en plus, à cause des conventions signées, elle n’a pas le droit de fabriquer des munitions à sous-munitions, donc il faut acheter aux États-Unis. Les mines antipersonnel ne sont produites par aucun pays européen, alors qu’il en faut beaucoup. Là encore, il faut acheter aux États-Unis. Les missiles pour le système de défense aérienne et antimissile Patriot — qui intercepte avec succès les missiles aérobalistiques et hypersoniques russes — doivent être achetés aux États-Unis. Les missiles air-air (type AIM-9) sont disponibles en quantité suffisante uniquement aux États-Unis, et ce sont eux qui les produisent. Les obus d’artillerie de 155 mm avec sous-munitions et mines ne sont pas produits en Europe non plus : il faut les acheter aux États-Unis. Conclusion : les types de munitions et d’armements nécessaires et efficaces ne sont pas produits en Europe, il faut donc les acheter aux États-Unis. Imposer des restrictions sur « l’aide accordée à l’Ukraine » en l’obligeant à acheter des munitions européennes inutiles et inefficaces est au mieux stupide, au pire criminel. L’industrie de défense européenne est malheureusement loin du niveau requis pour proposer des solutions adéquates à un prix raisonnable. (Et pour les véhicules de combat : là aussi, le VCI le plus efficace sur le théâtre ukrainien est le Bradley M2 américain, qui parvient même à détruire des chars russes T-90M. Les Griffon ou VBCI n’en sont tout simplement pas capables, messieurs.)
  6. IGESA. Il y a une aide pour la location de logement (les familles reçoivent plus, les célibataires moins), ainsi qu’un crédit préférentiel pour l’achat d’un logement (plafond de 25 000 + 10 000 pour les travaux de rénovation). En général, il y a un peu d’aide. Trouvez l’agent IGESA le plus proche, ils vous expliqueront tout en détail. https://www.igesa.fr/e-social-des-armees/espace-prets-daction-sociale/pret-daccession-a-la-propriete https://www.igesa.fr/e-social-des-armees/espace-prets-daction-sociale/pret-travaux
  7. Non, pas avec des moyens roumains — vraiment pas. L’armée roumaine a plus de 400 chars en état de marche ; chez nous, on sait très bien combien il y en a. Ils disposent aussi de plus de 440 systèmes d’artillerie de 152 mm ; chez nous… inutile de préciser. Et, en plus, 54 canons automoteurs coréens ont été commandés. Côté artillerie à roquettes (MLRS), les Roumains ont trois systèmes différents, de plusieurs calibres, pour un total proche de 250 lanceurs : HIMARS, LAROM. La France, elle, n’avait que 8 vieux LRU, avant d’en céder une partie à l’Ukraine. Sans commentaire. Pour la défense aérienne, la Roumanie aligne trois batteries Patriot (MIM-104), ainsi qu’une bonne centaine de lanceurs de systèmes sol-air d’origine soviétique. Leur armée de l’air, c’est 60 F-16 en service, plus 32 F-35 déjà commandés. Bref, des « moyens roumains », on n’en a pas. Peut-être des moyens moldaves, ou zimbabwéens, à la rigueur. Et puis bon, un porte-avions — le Charles-de-Gaulle — on en a un. Les Roumains, non. Ça fait toujours plaisir.
  8. Le général a sans doute raison : nous sommes nus et pieds nus, de paisibles herbivores végans dans un monde de prédateurs qui arrachent la viande tout autour. Le bien, s’il veut survivre, doit parfois apprendre à serrer les poings. Reste à savoir ce qu’il adviendrait si l’on donnait réellement cet argent à l’armée française. Il y a fort à parier qu’au lieu d’investir dans des capacités vraiment utiles, on financerait encore quelques « Griffon », ces respectables hangars sur roues, ou un FELIN 2.0 flambant neuf — avec, en prime, quelques milliards égarés en route, comme c’est la tradition. Le tout, bien entendu, facturé au prix du lingot. Autant dire que le tableau est sombre de tous les côtés. D’où une proposition pragmatique : déclarer la guerre à Trump et hisser immédiatement le drapeau blanc. Laissons le vieux Donald méditer sur ce qu’il ferait d’un tel présent. Pour ma part, je ne vois guère d’autre scénario réaliste de survie pour la Cinquième République (l’option extraterrestre venus partager une soupe au chou étant, merci, à exclure). Quant au général de Villiers, il est naïf par simplicité et simple par naïveté : réduire les aides sociales serait ouvrir la voie à des conséquences bien plus graves que celles de 1789–1799. Sous l’Ancien Régime, les paysans n’avaient pas de kalachnikovs.
  9. En 2015, la Légion a formé plus de 1800 nouveaux légionnaires. Le 4e RE et le 1er RE ont rempli leur mission, si bien que la formation de 1 800 nouveaux combattants par an est un niveau tout à fait atteignable. Le plan pour l’année suivante est de 1200 recrues, en intégrant les 300 déserteurs habituels, ce qui donne au total 900 légionnaires effectifs. Il s’agit de remplacer ceux dont le contrat arrive à son terme ainsi que les malades. Cela signifie que l’année prochaine, nous n’augmenterons les effectifs d’aucune unité.
  10. 2020 - 1090 2021 - 915 2022 - 1650 2023 - 1600 2024 - 1450 2025 - 1400 2026 - 1200 ?
  11. Malheureusement, les mines antipersonnel et les munitions à sous-munitions constituent un moyen extrêmement efficace en défense. L’Ukraine existe encore grâce à deux choses : les drones et les mines. Les pays baltes, la Finlande et la Pologne l’ont parfaitement compris ; c’est pourquoi ils corrigent leur naïveté en reconstituant leurs stocks de mines et en se préparant à repousser une attaque russe contre leurs territoires. Il faut raisonner simplement : les mines nous aideront à tuer davantage d’ennemis et à préserver la vie de nos soldats ; par conséquent, les mines, c’est une bonne chose. Ainsi, toutes les conventions dites « humanitaires » doivent être considérées comme une absurdité totale, car nos ennemis n’ont jamais signé aucune convention et ne se limitent en rien. La Fédération de Russie utilise sur tous les continents — en Ukraine, en Syrie, au Mali, au Soudan, en Libye — jusqu’à 15–20 types de mines antipersonnel et jusqu’à 10–15 types de munitions à sous-munitions. Tout ce qui permet de tuer l’ennemi est une bonne chose, et après la guerre il y aura le temps de s’en occuper et de déminer ; il existe pour cela des sapeurs militaires ainsi que des entreprises civiles spécialisées. (Pour information, à ce jour l’armée française ne dispose de 0 mine antipersonnel et de 0 munition à sous-munitions : sommes-nous prêts à la guerre ? Non, bien sûr ; nous sommes prêts à la perdre. Comme toujours.)
  12. On peut dire beaucoup de choses sur Zakharova, porte-voix de la propagande cannibale du Kremlin. Sur ses mensonges, ses manipulations, sa justification de la guerre d’agression contre l’Ukraine, des bombardements de la Syrie, et bien d’autres crimes encore. On pourrait rappeler aussi des scandales retentissants à l’échelle mondiale : le mensonge éhonté de 2017 sur une prétendue visite d’Oussama ben Laden à la Maison-Blanche chez Hillary Clinton, ou la désormais célèbre formule « La diplomatie, alliée aux Forces aérospatiales russes, fait des miracles », lancée en 2016 après que l’aviation russe eut réduit en ruines plusieurs hôpitaux pour enfants dans des villes syriennes. On pourrait rappeler bien d’autres choses encore : la vulgarité de place publique importée dans le champ diplomatique, les problèmes manifestes avec l’alcool, jusqu’au « mat diplomatique » proféré sans la moindre gêne. La liste serait longue. Mais je préfère reprendre la comparaison formulée par plusieurs journaux ukrainiens après les prestations de Zakharova en février 2022. Ils l’ont appelée « Goebbels en jupe ». Et cette comparaison me semble, hélas, d’une justesse presque clinique. Joseph Goebbels a fini ses jours en mai 1945 en prenant du cyanure. Reste à se demander si Frau Maria porte, elle aussi, une ampoule dans son sac.
  13. La récente attaque de drones navals ukrainiens (USV) contre un sous-marin russe qui se cachait dans un port (!!!) pousse à réfléchir : à quoi bon, au fond, les porte-avions aujourd’hui ? Déjà auparavant, ils étaient régulièrement frappés aussi bien par des sous-marins que par l’aviation, et aujourd’hui, avec le développement des drones maritimes et aériens ainsi que des armements de missiles, j’ai l’impression qu’un porte-avions ne survivra pas longtemps. Les utiliser pour des guerres coloniales ? Mais il semble que nous ayons tout abandonné, les ambitions coloniales, c’est terminé. Il faudrait d’urgence rééquiper l’armée, acheter des munitions — alors pourquoi diable avons-nous besoin d’un porte-avions ? Incompréhensible.
  14. De mon point de vue, je me suis rendu depuis mon régiment à différents stages (et en permission, soit dit en passant) avec mes sacs à dos militaires, mes sacoches et tout le reste. En vêtements de coupe militaire et en bottes militaires. Je me moque de toutes ces « interdictions » idiotes : si un soldat français, en France, est obligé de se cacher et de se dissimuler (de qui ?), alors cela signifie que le pays est sous occupation, et que le devoir de chaque Français devient la Résistance. Bref, pour faire court, tout cela peut se résumer en trois abréviations militaires. RAB, RAF, RAS. Bonne chance.
  15. Il y aurait ici matière à une monographie en dix volumes. Mais c’est précisément pour cette raison que je ne devrais pas participer à ce concours : dès que j’arriverai au paragraphe « les drones dans l’armée française et l’application par l’armée française de l’expérience ukrainienne », il s’ensuivra un véritable chaos babylonien fait de jurons d’élite, d’invectives raffinées et de menaces de guillotine à l’encontre du plus haut commandement militaire. Résultat : je finirais aux arrêts, au lieu de porter des épaulettes d’officier. En revanche, j’écouterais avec intérêt ce que les autres candidats racontent à ce sujet.
  16. Je n’emploierais pas le terme « encerclés », car une sortie par la « zone grise » reste encore possible. De plus, des contre-attaques sur les flancs permettent de stabiliser la situation, et il n’est donc pas question d’un encerclement complet. Mais l’idée générale est correcte : comme auparavant à Pokrovsk, Toretsk, Siversk, Vovtchansk et Koupiansk, l’armée ukrainienne utilise jusqu’au bout le paysage urbain défensif dans le but d’infliger des pertes maximales à l’adversaire.
  17. Malheureusement, l’auteur de l’article est aussi éloigné de la compréhension du phénomène des « cosaques » que de la Lune. Les cosaques dans la Russie contemporaine sont quelque chose comme un club de fans de reconstitutions historiques mêlé à un groupe criminel organisé. Des gens qui ont toujours voulu entrer dans l’armée, mais n’y sont jamais allés. Des costumes fantaisistes, des grades invraisemblables, des centaines de médailles couvrant toute la poitrine et le ventre. En 2014, à Louhansk, les « cosaques » se livraient au partage des entreprises, se tirant dessus et se faisant sauter mutuellement de temps à autre. Le plus célèbre d’entre eux, Pavel Dremov, a été tué par un engin explosif placé dans sa propre voiture alors qu’il se rendait à son mariage, en 2015 — et ce ne sont pas les Ukrainiens qui l’ont fait sauter, mais bien ses propres « cosaques ». Parallèlement, les « cosaques » pillaient et tuaient la population civile des territoires ukrainiens qu’ils contrôlaient. Cela dit, votre article en parle tout de même : « Les sociétés cosaques jouent par ailleurs un rôle “humanitaire” à l’arrière, en organisant la collecte de dons (nourriture, vêtements, équipement) auprès de la population à destination du front. » Bien entendu, ni cette aide ni cet argent n’atteindront le moindre front. En résumé, les articles écrits par des non-spécialistes sur de tels sujets doivent être lus avec un certain degré de scepticisme. Pour illustrer le propos : un « cosaque » russe classique, qui n’a jamais servi un seul jour dans l’armée et n’a jamais tenu une arme entre ses mains:
  18. Ces Yankees sont visiblement des optimistes. Ils se couvrent sans doute par excès de prudence. Je suis un peu les ventes d’armes illégales en France : si l’on extrapole le nombre de fusils d’assaut Kalachnikov au nombre de « quartiers sensibles », le calcul devient inquiétant. Très inquiétant. Potentiellement, nous avons l’équivalent de bataillons entiers d’infanterie armée, auxquels, selon le plan, la police municipale devrait faire face. Profitant de l’occasion, je le rappelle : un terroriste armé d’un AK l’emporte, comparé à un policier, dans cent pourcent des cas. (RIP)
  19. La Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord : si vous avez de la famille dans un pays de « l’Axe du mal », on peut théoriquement vous utiliser pour obtenir des informations. En raison des récents événements liés à cela, tous les contrôles ont été renforcés depuis l’année dernière. À mon avis, vous allez perdre votre temps pour rien. Si vous en avez la possibilité, faites sortir votre famille de Chine vers n’importe quel autre endroit, sinon la DRSD ne changera pas sa décision. Essayez de comprendre : la logique derrière la décision de la DRSD est plus que claire et évidente. Mais quels arguments pouvez-vous avancer pour prétendre que les services de renseignement chinois, russes ou nord-coréens ne pourraient pas utiliser vos proches pour vous faire chanter et exercer une pression sur vous ? À mon humble avis, de tels arguments n’existent tout simplement pas. Le seul argument valable, c’est que votre famille quitte la Chine. Lesquels, par exemple ? Un officier de l’armée française doit avoir un niveau d’accès à des documents classifiés "SECRET" , sinon à quoi bon avoir un tel officier ? Non, on ne devrait déjà pas recruter dans l’armée quelqu’un qui pourrait potentiellement avoir des problèmes avec des services de renseignement étrangers, et encore moins l’accepter comme officier. Quelles solutions pourriez-vous proposer, par exemple, dans votre situation ? Moi, je n’en vois aucune.
  20. Oui, le Bataillon de Corée. Les gars sont passés par l’enfer en Corée pour tomber dans l’enfer de l’Indochine. Sur les 1 017 hommes sortis de Corée, ils ont perdu au col de Mang Yang/An Khê, à Dak Doa et dans d’autres combats, en un peu plus d’un an, la grande partie de leur contingent « coréen » — 440 soldats. Une bonne illustration des combats en Corée : « Sur White Horse et à T-Bone – Arrow Head, le 23e RI est au centre, face à une puissante attaque chinoise en direction de Séoul, qui échouera. Plus de 25 000 obus tirés par les automoteurs chinois tomberont en 24 heures rien que sur les positions tenues par les Français. Aux avant-postes, la section de pionniers, submergée et à court de munitions, se battra au corps à corps à coups de pelles. » La Corée du Sud existe aujourd’hui comme pays grâce, entre autres, à l’héroïsme de ces Français qui ont sauvé des millions de personnes de la « peste rouge ». Il faut s’en souvenir — se souvenir du rôle de la France dans la protection des populations civiles dans le monde entier contre les dictateurs, le despotisme et la tyrannie. Cette protection ne s’exprimait pas par des manifestations à Paris, mais par les baïonnettes — par les baïonnettes et les pelles — des soldats français.
  21. "Green on blue! Green on blue!" https://www.opex360.com/2012/03/27/le-phenomene-des-attaques-green-on-blue-prend-de-lampleur-en-afghanistan/ https://en.wikipedia.org/wiki/Green_on_Blue Rien de nouveau sous le soleil, mes condoléances aux blessés. Comme il est dit dans l’Ecclésiaste : “Vanité des vanités, tout est vanité.” — (Ecclésiaste 1:2)
  22. Vous êtes probablement mieux informé que moi sur la situation dans l’armée. Pour ma part, je ne peux parler que de mon régiment et de quelques autres que je fréquente personnellement et que je connais bien — la seule catégorie qui, aujourd’hui, est même en "sureffectif", ce sont les officiers. En effet, dans certains régiments, il y a plus d’officiers qu’il ne devrait y en avoir selon ROE. Pour les autres catégories, la situation est bien pire. Néanmoins, voyons ce que disent les sources officielles : "Pour rendre l'armée plus attractive : retenir, attirer, réunir Rapport d'information n° 49 (2024-2025), déposé le 17 octobre 2024" "En conséquence, l'ancienneté moyenne des militaires au moment de leur départ de l'institution n'a cessé de baisser depuis dix ans pour atteindre, en 2023, 25,3 ans pour les officiers, 18,4 ans pour les sous-officiers, et 4,3 ans pour les militaires du rang. L'armée de Terre est la première concernée. Le taux de départ y a progressivement augmenté depuis 2015, et le recrutement est devenu plus difficile en 2023, surtout au niveau des sous-officiers et des militaires du rang, lesquels ont contribué au déficit à hauteur de 2 000 ETP en 2023. Le recrutement d'officiers n'affiche en revanche pas de difficulté particulière. Dans l'armée de l'air et de l'espace et la marine, le problème réside moins dans le recrutement que dans la difficulté à retenir les départs. Le caractère plus spécialisé de nombreux profils les rend facilement employables, et dans de meilleures conditions, dans le secteur privé." https://www.senat.fr/rap/r24-049/r24-049_mono.html Le tableau parle de lui-même. Permettez-moi, avec votre accord, de résumer brièvement : s’il y a bien quelqu’un dans l’armée à qui il faudrait augmenter le salaire, ce ne sont pas les officiers. "an army suffers more from too many officers than from too few" (c)
  23. Les paradoxes, les paradoxes. Autour de nous — rien que des paradoxes, vous ne trouvez pas ? À l’heure actuelle, et dans les unités dont je suis informé, l’armée française (ainsi que la Légion étrangère) manque de façon catastrophique de sous-officiers de niveau intermédiaire. Il manque même des sergents ordinaires, sans parler des sous-officiers spécialistes. Dans un section/peloton, il peut n’y avoir que deux sergents (au lieu de trois plus un sergent-chef) : l’un sera l’adjoint du chef de section/peloton, l’autre le chef du premier groupe. Les deux autres groupes n’ont pas de chefs de groupe : ce rôle est assuré par des caporaux ou des caporaux-chefs. Je ne toucherai même pas la question de la qualité des ces sergents, puisque déjà leur nombre est insuffisant. Quant aux raisons d’une telle pénurie, on ne peut que spéculer, mais je vous confierai un secret : la différence de solde entre un caporal et un sergent n’est que de 5 % — pratiquement rien. Pourtant, la différence de responsabilités et de charge de travail est colossale. La deuxième catégorie qui manque à l’armée, c’est la troupe (MDR). Le sous-effectif touche pratiquement toutes les unités, et le manque de recrues conduit à l’abaissement des critères de sélection. Parmi les raisons, à mon avis, il y a le fait que la solde d’un soldat français est l’une des plus basses d’Europe — pourquoi ? — et si l’on multiplie encore cette solde dérisoire par les prix élevés en France, on obtient… on obtient ce que l’on obtient. Ainsi, compte tenu de ces deux problèmes bien réels, les officiers, en comparaison avec les autres catégories, sont relativement en surnombre dans l’armée française. C’est pourquoi la décision d’augmenter les soldes de cette catégorie, sans les augmenter pour les deux catégories réellement déficitaires, me paraît incroyablement paradoxale. Méga-paradoxale. « Pour faire la guerre, il faut de l’argent, de l’argent et encore de l’argent. » — Napoléon Bonaparte
  24. J’espère que cela vous aidera dans votre travail difficile. Et quelle en est la raison, si ce n’est pas indiscret ?
  25. Le récent changement de nom du DLEM en 5ᵉ RE a libéré le drapeau du 2ᵉ REC, donc il y a quand même un certain mouvement dans la bonne direction. Disons que la Légion ne pourra jamais remplacer l’armée française, mais progressivement nous pourrions augmenter notre nombre de soldats professionnels et disciplinés, puisque l’armée française a des problèmes aussi bien de professionnalisme que de discipline. Cela ne remplacera en aucun cas le service militaire obligatoire, mais cela peut aider à obtenir quelques milliers de soldats nécessaires dès maintenant. Ces soldats pourraient, à leur tour, remplacer plusieurs milliers de militaires de l’armée régulière en missions extérieures, ce qui permettrait à ces derniers de se consacrer à la formation même du SMV-SMO… L’idée pourrait réellement fonctionner, en fait !

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