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Baccarat 2021, jalon majeur dans la transformation du 9e RSAM


BTX

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Sans eux, c’est toute la chaîne de soutien des hélicoptères de l’armée de Terre qui pourrait être grippée. « Eux », ce sont les maintenanciers du 9e régiment de soutien aéromobile (9e RSAM) de Montauban, qui, pour la première fois, ont pris part à un exercice majeur à l’occasion de Baccarat 2021. Une manière parmi d’autres d’illustrer la transformation en cours d’une unité unique en son genre.

Un rôle à jouer dans Baccarat
 

Acteur central du MCO des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre, le « 9 » se concentrait sur le soutien industriel jusqu’en 2017 et son changement d’appellation de bataillon à régiment. « Depuis lors, nous opérons une bascule vers du soutien opérationnel », expliquait le lieutenant-colonel Alexandra, à la tête du bureau maintenance opérations instruction du 9e RSAM, durant l’exercice Baccarat. Le plan de transformation engagé il y a près de deux ans doit en effet l’amener à jouer un rôle essentiel dans le durcissement de l’aérocombat, synonyme d’un soutien toujours plus exigeant et plus flexible. « C’est dans ce cadre que nous avons demandé à nous déployer sur un exercice », ajoute-t-elle.

Si le 9e RSAM a répondu présent pour appuyer l’exercice aéromaritime Cormoran, le baptême du feu est intervenu quelques semaines plus tard à l’occasion de Baccarat, exercice aéroterrestre annuel de la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC) conduit cette fois dans le Massif central. « Nous avons déployé 52 personnes pour Baccarat. C’est une première pour le régiment », indique le lieutenant colonel Alexandra. Baccarat aura mobilisé près de 10% de l’effectif total du régiment, un panachage de compétences indispensable pour assurer le soutien des cinq parcs présents : Caïman, Tigre, Puma, Gazelle et Cougar. 
 

Cet exercice majeur, le 9e RSAM s’y est investi en deux temps. Premièrement, en participant à la régénération du potentiel des appareils transférés de la Méditerranée vers le plateau du Larzac et au transfert des lots de projection constitués pour Cormoran. Suivant le type, chaque lot contient plusieurs centaines de pièces accompagnées d’outillage et de documentation.

 

Le 9e RSAM aura ensuite non seulement fourni le soutien complet du sous-groupement aéromobile armé par les 3e et 5e régiments d’hélicoptères de combat, mais s’est aussi placé en « deuxième échelon » pour le soutien du 1er régiment d’hélicoptères de combat, déployé avec sa propre compagnie de maintenance. « Si deux machines du même type tombaient en panne, le 1er RHC pouvait demander à nous en déborder un », précise le lieutenant-colonel Alexandra.

Prévoir l’imprévisible
 

Bien préparé, le 9e RSAM a su tenir le tempo imposé par l’action des GAM et sous-GAM. La principale difficulté, finalement, fut de « parvenir à tout anticiper, jusqu’au pire des scénarios », relève le capitaine Vincent. Le calcul s’avère particulièrement complexe, le 9e RSAM ne pouvant en aucun cas emporter les ateliers complets et toutes les pièces de rechange dont il dispose à Montauban. Impossible, par exemple, d’aligner en permanence un moteur de rechange pour chacun des parcs d’hélicoptères déployés.

 

Pour le capitaine Vincent, l’un des enjeux aura dès lors été de « prévoir l’imprévisible en emmenant tout ce qui est possible, sachant que les lots de déploiement que nous détenons sont assez ciblés sur les pannes les plus récurrentes. Ce n’est en aucun cas quelque chose d’exhaustif ».

 

Et si le pire des scénarios survient, reste la possibilité de s’appuyer sur les Pilatus PC-6 de l’escadrille de transport et de convoyage de matériel (ETCM), particularité propre au 9e RSAM. L’absence de certaines pièces et outillages aura permis de faire jouer des missions d’approvisionnement par l’appareil maintenu en alerte durant la durée de l’exercice. Trois liaisons aériennes ont pu être menées « au coup de sifflet » sur la première moitié de Baccarat.

 

Les cinq avions PC-6 de l’ETCM ne sont peut-être pas des bolides, mais ils sont extrêmement maniables, capables de décoller et d’atterrir sur des pistes courtes et d’emporter une tonne de fret sur une distance de 1600 km grâce aux réservoirs supplémentaires. Ils constituent une capacité unique au sein de l’armée de Terre, capacité qui « permet de gagner en disponibilité et de donner de l’autonomie aux groupements aéromobiles ».

 

Le 9 devrait dorénavant participer systématiquement aux exercices Baccarat. Les premiers RETEX en poche, il s’agira de « voir comment encore mieux s’inscrire dans la dynamique de l’exercice » pour, à terme, être en mesure « d’engager le 9e RSAM dans un conflit de haute intensité en soutien du pilier ALAT ».

 

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Début 2021, le régiment a réalisé sa première opération de maintenance “coup de poing” au profit d’un Caïman déployé au Sahel (Crédits : 9e RSAM)

Le soutien, de Montauban aux OPEX
 

La transformation du 9e RSAM n’est pas seulement visible au travers des exercices. Présents sur Barkhane, ses maintenanciers y sont devenus, mission après mission, des acteurs incontournables de la chaîne de soutien opérationnel de l’ALAT. Ces équipes sont actives 24h sur 24 et 7 jours sur 7 afin de pouvoir fournir en fin de compte une DTO « meilleure que celle vécue au quotidien en régiment ».

 

« Nous sommes en train de développer une capacité à aller réaliser des entretiens, typiquement, à Gao ». À l’heure où nous échangeons avec le 9e RSAM, 10 de ses militaires sont au Mali pour réaliser une visite des 300 heures sur un Caïman. « Ce n’est que la seconde fois que nous menons ce type de mission ponctuelle », explique le capitaine Vincent. La première a eu lieu en mars dernier.

 

Le gain de temps est non négligeable. Cette opération, d’une durée de quatre à huit semaines, évite un rapatriement lourd, long et coûteux sur le territoire national. À Gao, les équipes réalisent également des visites des 100 heures sur les PC-6 du régiment. La première a eu lieu à la Noël 2020, la quatrième est fixée pour ce mois-ci.

 

L’aide apportée n’est pas de trop sur un théâtre particulièrement exigeant pour les matériels, qu’ils soient d’ancienne ou de nouvelle génération. « Quand on vole dans des conditions salines, comme durant Cormoran, ou sablonneuses, comme sur Barkhane, les échéances d’entretien avancent et nous avons donc plus de maintenance à mener », indique le capitaine Vincent.

 

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Symbole du virage entrepris par le 9e RSAM depuis 2017, ce bâtiment de maintenance flambant neuf inauguré en octobre 2020 en présence de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées Geneviève Darrieussecq (Crédits : 9e RSAM)

Adapter équipements et infrastructures
 

Loin des camps d’entraînement et des théâtres d’OPEX, le tournant opérationnel du 9e RSAM s’illustre aussi par l’évolution de ses infrastructures et de ses matériels. La réalisation la plus visible à ce jour tient dans ce bâtiment de maintenance de nouvelle génération d’une surface de 7200 m2. Inauguré en octobre 2020, il est le fruit de 18 mois de travaux et d’un investissement de 18 millions d’€.

 

« Parce que nous étions une unité qui n’était pas appelée sur le terrain, nous n’étions pas équipés pour tout ce qui concerne la vie en campagne », relève le lieutenant-colonel Alexandra. Programme Scorpion oblige, le 9e RSAM devra aussi plancher sur le volet numérisation et s’approprier de nouveaux outils comme le système d’information du combat Scorpion.

 

Bêtes de somme du régiment, les PC-6 de l’ETCM doivent à leur tour s’adapter à cette nouvelle posture opérationnelle. Hormis le convoyage de pièces, ils servent aussi au largage de parachutistes et de petits colis, aux évacuations sanitaires, et peuvent, semble-t-il, appuyer des opérations de renseignement. Leur présence au Sahel rendait indispensable de moderniser l’avionique et de renforcer la protection de l’équipage.

 

Lancé en novembre 2020, le marché dit d’ « Adaptation à l’emploi en OPEX du PC-6 » comprend l’intégration de systèmes de navigation de précision, anti-collision, SATCOM, d’une radiosonde et d’une balise de détresse. L’opération comprend également l’ajout d’une capacité VHF/FM tactique par l’ajout d’un module PR4G et d’un kit de protection balistique amovible. Un contrat a été attribué, le prototype est attendu pour septembre 2022.

 

Pionnier sur l’impression 3D

 

Le 9 ne pouvait passer à côté certaines innovations susceptibles d’optimiser les activités de MCO. Entre autres expérimentations, il est aujourd’hui « moteur » sur le sujet de l’impression 3D au sein de l’ALAT. Les premières expérimentations remontent à l’été 2020 et ont rapidement débouché sur une première capacité de production de pièces.

 

« C’est un aspect que nous voulons développer », signale le capitaine Vincent. L’idée n’est pas exempte de défis, le principal restant de parvenir à respecter la conformité et la résistance de la pièce d’origine. Lorsque la pièce touche à la sécurité de l’appareil, « il est évident que nous ne pouvons pas la produire sans avoir reçu l’aval du constructeur et des autorités ».

 

Le travail se concentre donc pour l’instant sur des éléments ne présentant aucun risque, tels que des caches de boîte avionique. Une pièce en plastique à l’attrition élevée, nécessitant des achats réguliers et un suivi constant des stocks. L’impression 3D permettre de résoudre l’équation rapidement tout en maîtrisant les coûts et sans engager la sécurité de l’aéronef.

 

Entre autres réalisations, le 9e RSAM a pu travailler au profit des plieurs de parachutes du 3e régiment du matériel (3e RMAT), également implantés à Montauban. Il leur a fourni des cintres spécifiques utilisés pour étendre les parachutes en atelier, autre pièce sujette à des casses régulières.

 

« Dès que nous apercevons quelque chose susceptible de nous embêter et que nous sommes capables de produire par impression 3D, nous le faisons », explique le capitaine Vincent. De  quatre à cinq pièces différentes produites à l’origine, « nous en sommes aujourd’hui déjà à une bonne cinquantaine de pièces réalisées », précise-t-il.

https://www.forcesoperations.com/baccarat-2021-jalon-majeur-dans-la-transformation-du-9e-rsam/

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Ya Rab Yeshua.

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