BTX Posté(e) hier à 09:37 Signaler Posté(e) hier à 09:37 https://www.opex360.com/2026/01/17/le-12e-regiment-de-cuirassiers-a-mis-au-point-sa-propre-munition-rodeuse-filoguidee/ Lors de ses vœux aux armées, le président Macron a reproché aux industriels français de ne pas en faire assez dans le domaine des drones. Et il les a exhortés à réagir « vite et fort ». « Nous devons aller plus vite, car nous avons vu la capacité d’innovation et l’accélération sur le théâtre ukrainien. Et soyons clairs, nous sommes en retard. Nous sommes en retard parce que les Ukrainiens ont formidablement innové, parce que des partenaires et des industriels d’autres nations ont été plus rapides que nous et les ont peut-être moins pris de haut. Et aujourd’hui, il y a une production sur le sol européen qui est meilleure et plus en masse que celle que nous avons », a-t-il en effet affirmé. Pourtant, beaucoup de choses ont été faites depuis le début de la guerre en Ukraine. Mais, à la différence du secteur civil, l’industrie de l’armement a besoin de commandes pour adapter son outil de production… Ainsi, ayant dévoilé un démonstrateur de drone sous-marin océanique [DSMO] en octobre 2021, développé sur ses fonds propres, Naval Group a dû attendre trois ans pour signer un accord-cadre avec la Direction générale de l’armement au titre du programme UCUV [Unmanned Combat Underwater Vehicle]. Par ailleurs, l’industriel, via sa filiale Sirenha, s’est associé à Couach pour développer une gamme de drones navals de surface. Et d’autres entreprises ont innové dans ce domaine, comme Exail, ZYX Blue, SeaOwl, etc. Inexistante il y a encore peu, l’offre française en matière de drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] s’est étoffée, avec pas moins de cinq projets en cours, dont l’Aarok de Turgis & Gaillard, l’Enbata d’Aura Aéro ou encore l’EyePulse, de Daher, développé en un temps record. En revanche, malgré les essais prometteurs du démonstrateur nEUROn, il est vrai que la donne n’est pas du tout la même pour les drones de combat collaboratif [CCA], domaine où les États-Unis, la Chine, l’Australie et la Turquie font la course en tête. S’agissant de la robotique terrestre, l’armée de Terre stimule l’innovation via son défi CoHoMa. Et plusieurs industriels, comme KNDS France, Arquus, UNAC ou Soframe ont investi ce créneau. De même que l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis [ISL], avec le robot [ou UGV] Aurochs. En outre, grâce au projet Pendragon, on peut s’attendre à voir des avancées significatives, comme en témoigne l’UGV Hermione, dont le fonctionnement repose sur pile à combustible à hydrogène. Enfin, l’offre en matière de munitions téléopérées [MTO, ou munitions rôdeuses] s’est très vite développée, en grande partie grâce aux projets Colibri et Larinae, lancés par l’Agence de l’innovation de défense [AID] en 2022. Ainsi, en partenariat avec des dronistes comme Delair ou EOS Technologies, KNDS France [Mataris], MBDA [Akeron] et Thales [Toutatis] sont particulièrement actifs sur ce marché [mais encore faut-il des commandes !] tandis que de nouveaux acteurs connaissent une croissance rapide, à l’image de Harmattan AI. Mais les innovations ne viennent pas toutes des industriels : elles sont aussi le fait des unités qui cherchent des solutions à leurs contraintes opérationnelles. Ainsi, le 1er Régiment de Hussards Parachutistes a mis au point la « Fronde », une MTO antichar pouvant porter deux [anciens] modèles de grenades à fusil, à savoir l’AC58 et l’APAV40. Il a été imité par le 12e Régiment de Cuirassiers, lequel vient de dévoiler le drone FPV [à pilotage immersif] filoguidé « TEMARA » à l’occasion de la journée dédiée à l’innovation que la 2e Brigade Blindée a organisée le 15 janvier. Les premiers drones filoguidés ont été utilisés par les forces russes en Ukraine en mars 2024. Équipé d’un câble en fibre optique de 10 kilomètres, un tel appareil permet de s’affranchir du brouillage électronique tout en disposant de suffisamment de bande passante pour obtenir des images en haute résolution, ce qui peut être déterminant pour la précision d’une frappe. Depuis, ces engins se sont généralisés sur les champs de bataille ukrainiens. « C’est un drone de frappe, un drone d’attaque. Une fois qu’une cible est désignée, il va se porter à proximité pour faire exploser sa charge sur commande pour la détruire. Temara est un projet de munitions pilotées par immersion qui a la particularité d’être piloté via fibre optique. Les commandes passent uniquement par la fibre optique et pas par onde radio ce qui permet d’être résistant à la guerre électronique », a détaillé le capitaine Clément, chargé de ce projet au sein du 12e Cuir, auprès du Républicain lorrain. En tout cas pour le général Régis Anthonioz, le commandant de la 2e Brigade Blindée, le Temara a « très certainement un avenir devant lui parce qu’il correspond à un vrai besoin tactique » et qu’il permettra « d’augmenter la létalité sur le champ de bataille, dans la zone de contact ». Reste maintenant à trouver un partenaire industriel pour passer à l’étape suivante. Citer Ya Rab Yeshua.
Messages recommandés
Réagir à la dicussion
Vous pouvez poster maintenant et vous inscrire plus tard - Déja membre ? connectez vous pour poster avec votre compte