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https://www.opex360.com/2026/01/22/la-marine-nationale-a-arraisonne-le-petrolier-grinch-soupconne-dappartenir-a-la-flotte-fantome-russe/

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Ayant appareillé du port russe de Primorsk pour mettre le cap vers Vadinar, en Inde, le pétrolier russe Boracay [ex-Pushpa], placé sous sanctions européennes pour son appartenance à la flotte utilisée par Moscou pour exporter son pétrole, fut arraisonné par la Marine nationale alors qu’il naviguait au large de Saint-Nazaire, le 27 septembre dernier. Et cela parce qu’il était soupçonné d’être lié à des vols de  drones au Danemark.

Seulement, pour intercepter un navire, il faut une bonne raison. Comme l’expliqua, plus tard, l’amiral Nicolas Vaujour, le chef de la Marine nationale [CEMM] aux parlementaires, la décision d’arraisonner le Boracay avait été motivée par une falsification de son pavillon et de ses documents d’immatriculation.

Le chef d’état-major des armées [CEMA] « a proposé au président de la République d’intercepter ce navire pour vérifier la présence éventuelle de drones. Nous sommes montés à bord en raison de l’infraction au droit du pavillon. Nous avons constaté deux éléments : premièrement, la confirmation de l’infraction au droit du pavillon, et deuxièmement, que le navire avait refusé d’obtempérer et s’était opposé à notre montée à bord. Nous l’avons donc dérouté et signalé au procureur de la République, prérogative relevant du préfet maritime lorsqu’un navire enfreint le droit international », avait-il relaté.

Finalement, des poursuites pour « refus d’obtempérer » furent engagées contre le capitaine du navire, de nationalité chinoise. Ce dernier devra comparaître devant le tribunal de Brest le 23 février prochain. Quant au Boracay, il put reprendre sa route quelques jours plus tard… avec sa cargaison.

Cette affaire a mis en lumière les problèmes juridiques que pose cette « flotte fantôme russe ». Les sanctions qui la visent émanent de groupes de pays… et non de résolutions internationales. En clair, le pétrole russe n’est pas sous embargo et rien n’empêche Moscou de l’exporter vers ses partenaires et alliés.

Quoi qu’il en soit, l’arraisonnement du Boracay avait permis au président Macron de faire un exemple. Ainsi, le 2 octobre, à Copenhague, alors que le pétrolier russe venait de repartir, il avait appelé les Européens à « accroître la pression » sur la flotte fantôme russe, laquelle permettrait à Moscou d’engranger des « dizaines de milliards » [de dollars] et de financer son effort de guerre en Ukraine à hauteur de 40 %. « Dans les prochains jours, nos chefs d’état-major, en coordination avec l’Otan, dans le cadre de la coalition des volontaires, se réuniront pour bâtir des actions communes », avait-il dit.

En attendant, alors que les forces américaines ont déjà arraisonné sept pétroliers sous sanctions en raison de leur commerce de pétrole avec le Venezuela, le bilan contre la flotte fantôme russe est mince. Cependant, ce 22 janvier, il vient de s’étoffer avec l’interception, par la Marine nationale, du Grinch [ex-Carl] en mer d’Alboran, c’est-à-dire entre le Maroc et l’Espagne.

Cette opération a été décidée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. En clair, son objectif était de vérifier la nationalité de ce pétrolier-cargo, soupçonné de naviguer sous un faux pavillon [celui des Comores, en l’occurrence].

« Après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de la République de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime », a expliqué la préfecture maritime de la Méditerranée.

À la demande du procureur, et conformément au droit international, le Grinch est en route vers un point de mouillage, sous la surveillance de « moyens de la Marine nationale », pour la « poursuite des vérifications ».

 

« Cette action, menée en coopération avec nos alliés, dont le Royaume-Uni, illustre l’engagement constant et la détermination de la France et de ses partenaires à agir pour le respect du droit international », a conclu la préfecture maritime de Méditerranée.

Opérationnel depuis 2004 sous le nom de HS Tosca et faisant l’objet de sanctions prises par les États-Unis, l’Union européenne, la Suisse, le Royaume-Uni et le Canada, le Grinch aurait appareillé de Mourmansk. Sa destination finale n’a pas été précisée. On sait que, par le passé, il s’est rendu en Chine, en Inde et aux Émirats arabes unis.

Via le média social X, le président Macron a insisté sur le fait que cette opération avait été menée dans le « strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer » et rappelé que les « activités de la flotte fantôme contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine ». Et d’insister : « Nous ne laisserons rien passer ».

Vraiment ? La semaine passée, le préfet de la Manche et de la mer du Nord, l’amiral Benoît de Guibert, a expliqué que, chaque jour, au moins dix pétroliers supposés appartenir à la flotte fantôme russe transitent dans le canal de la Manche. « Et bien souvent, ce sont des navires en mauvais état à l’historique douteux », a-t-il souligné.

Ya Rab Yeshua.

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