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Lors d’un discours prononcé à l’École militaire le 7 février 2020, le président Macron avança que les « intérêts vitaux de la France avaient désormais une dimension européenne », avant de se dire ouvert à un « dialogue stratégique avec nos partenaires européens […] sur le rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité du Vieux Continent. Et d’ajouter : « Les partenaires européens qui [le] souhaitent pourront être associés aux exercices » des forces stratégiques françaises ».

À l’époque, cette proposition de dialogue stratégique tomba à plat car beaucoup de pays européens estimaient que leur protection était garantie par l’Otan, et donc par le parapluie nucléaire américain. Telle fut la position avancée par l’Allemagne qui, par ailleurs, reprochait à la France de ne pas vouloir placer sa force de frappe sous commandement européen.

« On ne peut pas seulement européaniser ce qui est cher aux Allemands [comme la mise en place d’un budget de la zone euro] : il faut aussi européaniser ce qui est cher aux Français et c’est le cas de la force de frappe française », avait résumé Johann Wadephul, un proche de la chancelière Angela Merkel, devenu depuis ministre des Affaires étrangères.

En outre, les pays d’Europe de l’Est accueillirent cette proposition de dialogue stratégique avec d’autant plus de scepticisme que le président Macron avait auparavant plaidé en faveur d’un rapprochement avec la Russie, lors de la Conférence des ambassadeurs d’août 2019.

Quoi qu’il en soit, la donne a depuis changé, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les doutes sur la solidité du lien transatlantique.

L’an passé, le locataire de l’Élysée est revenu à la charge, en se disant prêt à discuter d’un éventuel déploiement d’armes nucléaires françaises dans certains pays européens. La Pologne, par la voix de son Premier ministre, Donald Tusk, se dit prêt à engager une telle discussion.

Puis, en juillet, dans le droit fil des conclusions du sommet de Chequers [octobre 1995] et des accords de défense de Lancaster House [novembre 2010], Paris et Londres, autre puissance nucléaire du continent, firent part de leur intention de coordonner leurs forces stratégiques respectives en cas de menace extrême. « Tout adversaire menaçant les intérêts vitaux du Royaume-Uni ou de la France pourrait être confronté à la puissance des forces nucléaires des deux nations », avait ainsi résumé Keir Starmer, le Premier ministre britannique.

Alors que l’on s’attendait à une coordination entre les forces océaniques stratégiques des deux pays [le Royaume-Uni n’a plus de composante nucléaire aéroportée depuis les années 1990, ndlr], des responsables britanniques ont pu assister à un exercice Poker organisé par les Forces aériennes stratégiques [FAS] en décembre dernier. Et cela à l’issue de la première réunion du « groupe de pilotage nucléaire franco-britannique ».

Mais un autre pays est intéressé par le dialogue stratégique proposé par M. Macron. Désormais membre de l’Otan, la Suède a entamé des discussions préliminaires avec la France et le Royaume-Uni sur une possible coopération dans le domaine de la dissuasion nucléaire. C’est en effet ce qu’a affirmé Ulf Kristersson, son Premier ministre, lors de l’émission Agenda, diffusée par la chaîne de télévision publique SVT, le 25 janvier.

« Nous avons actuellement des discussions avec la France et le Royaume-Uni. Elles ne sont pas encore très précises, et les armes nucléaires françaises sont spécifiquement françaises, mais la France se montre également ouverte à la discussion avec d’autres pays », a dit M. Kristersson. « Il ne faut pas précipiter les choses. Ces discussions sont en cours et, en tant que membre de l’Otan, nous y sommes pleinement associés », a-t-il ajouté, avant de rappeler que Stockholm n’a jusqu’à présent pas « jugé nécessaire de déployer des armes nucléaires » sur son territoire « en temps de paix ».

La position de la Suède n’est pas surprenante. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, ne pouvant se prévaloir de la protection des États-Unis en raison de sa neutralité, ce pays mandata l’Institut de recherche pour la défense [FOA – Försvarets forskningsanstalt] en vue de développer un arsenal nucléaire dans le cadre de sa politique dite de « liberté d’action ».

Mais cette ambition se heurta à plusieurs obstacles : la difficulté à se procurer du plutonium, les pressions américaines et l’hostilité de l’opinion publique, incarnée par Östen Undén. Chef de la diplomatie suédoise entre 1945 et 1962 et membre de l’aile la plus à gauche du Parti social-démocrate, ce dernier milita contre l’armement nucléaire en faisant valoir qu’une « bombe suédoise » serait vue comme une menace par l’Union soviétique. Finalement, Stockholm abandonna son programme avant de signer le Traité de non prolifération [TNP] en 1968.

Photo : État-major des armées

Ya Rab Yeshua.

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