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En décembre 2023, la Section technique de l’armée de Terre [STAT] fit savoir qu’elle venait de terminer une première « exploration technico-opérationnelle » de la moto électrique LMX 161. Et de préciser que ce deux-roues, fourni par LMX Bikes, avait une autonomie de trois heures [en mode économique] et une puissance nominale de 3 100 watts.

« Cette expérimentation, qui sera approfondie en 2024, doit confirmer les perspectives d’usage de ces engins au sein des unités, au regard de l’évaluation de leurs performances [vitesse, autonomie, discrétion…] pour des missions définies [transmission d’informations, livraison de matériels, infiltration/exfiltration…] », avait alors expliqué la STAT. Depuis, celle-ci n’a plus communiqué sur ce sujet.

Cela étant, une moto électrique, appelée Thundra et décrite comme étant un « moyen de transport électrique, rapide et léger », a été présentée lors de la journée de l’innovation récemment organisée à Bitche par la 2e Brigade Blindée [BB]. Mais elle n’a pas fait partie des innovations qui ont retenu l’attention du général Bruno Baratz, le chef du Commandement du combat du futur [CCF] de l’armée de Terre, contrairement au drone filaire Tamara, à la cage antidrone pour le VBCI ou encore au robot RIC2RIC, optimisé pour la reconnaissance et le contact. 

 

Même si une moto électrique peut être intéressante pour des missions d’infiltration et de reconnaissance de par sa « furtivité », l’armée de Terre n’est pas encore prête à se passer totalement de la motorisation thermique. En témoigne l’avis de mise en concurrence que la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [SIMMT] a récemment publié.

Ainsi, selon ce document, il est question d’acquérir un nombre non précisé de “véhicules à moteur thermique, à deux roues, avec des capacités tout-terrain, légers et robustes, militarisés” ainsi que des remorques pour un montant total de près de 4,6 millions d’euros.

Le premier lot, le plus important car doté de 2,3 millions d’euros, vise à acquérir des motos de 125 cm³ militarisées et homologuées pour la route pour des unités implantées en Maine-et-Loire, où sont présents le 6e Régiment du Génie, l’École du Génie, le 2e Régiment de Dragons et les Écoles militaires de Saumur, ainsi qu’en Isère, terre de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne. En fonction des prix affichés par les principaux constructeurs, il est a priori question d’une commande de 200 à 230 deux-roues.

A priori, étant donné que la commande devra être exécutée dans les Pyrénées-orientales et la Gironde, le second lot porte sur l’achat, pour 827 000 euros de motos de 245 à 280 cm³ probablement destinées au Centre national d’entraînement commando [CNEC – 1er Régiment de Choc], au 13e Régiment de Dragons Parachutistes [RDP] qui, depuis 2015, dispose de Yamaha 250 WRR ou à la 712e Compagnie de Transmissions.

Avec une enveloppe de 857 000 euros, le troisième lot évoque la commande de motos de 300 à 380 cm³, celle-ci devant être honorée dans les Pyrénées-Atlantiques, où sont basés le Commandement des actions spéciales terre [CAST], le 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], le 4e Régiment d’Hélicoptères des Forces Spéciales et la Compagnie de commandement et de transmissions des forces spéciales.

Enfin, le dernier lot porte sur l’acquisition de remorques plateaux porte-motos, homologuées pour la route, pour 568 000 euros.

La date limite de réception des demandes de participation/candidatures a été fixée au 17 mars 2026.

Photo : Illustration – HAF 932 — CC BY-SA 4.0

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Ya Rab Yeshua.

Posté(e)

Après le souci avec les électriques, c'est que l'autonomie peut varier énormément si il fait froid, par exemple. Sûrement pour ça que finalement ça va être du thermique.

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Signature  😁

  • 3 semaines plus tard...
Posté(e)

L’armée de Terre s’interroge sur l’apport tactique des motos sur un champ de bataille

 

moto-20260308.jpg

Historiquement, les régiments de dragons étaient des formations de cavaliers censés combattre également à pied. Ayant joué un grand rôle jusqu’aux premiers mois de la Première Guerre Mondiale, ils ont progressivement disparu de l’ordre de bataille de l’armée de Terre, même si celle-ci compte trois unités ayant gardé cette appellation, à savoir le 2e Régiment de Dragons [dédié à la lutte NRBC], le 5e Régiment de Dragons, à vocation interarmes, et le 13e Régiment de Dragons de Parachutistes.

L’esprit des «dragons» va-t-il renaître ?

L’usage tactique de la moto pourrait le laisser penser. En tout cas, le Centre d’études stratégiques – Terre [CES-T] se pose la question, après avoir étudié les retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine où, les deux belligérants n’étant pas parvenus à s’assurer de la supériorité aérienne, le front est figé.

Or, pour avancer, rappelle le CES-T, une force doit trouver le bon équilibre entre la puissance de feu, la protection et, évidemment, la mobilité [c’est ce qu’on appelle le «triangle tactique»].

Or, en Ukraine, l’omniprésence des drones et la transparence du champ de bataille font que toute concentration de troupes et/ou de blindés est immédiatement prise pour cible, ce qui annihile toute offensive de grande envergure.

Pour sortir de cette impasse, des tactiques reposant sur l’emploi de motos, ont été élaborées non pas par les états-majors mais par les unités sur le terrain. «C’est un pari radical pour survivre dans ce qui est devenu une immense ‘kill zone’», fait valoir le CES-T.

Pour autant, pouvant être dotée d’une cage antidrone et de brouilleurs électroniques, la moto permet de mener un large éventail de missions, allant de l’infiltration au harcèlement de l’ennemi, en passant par la reconnaissance et le ravitaillement, voire l’évacuation sanitaire. Le recours à ce «couteau suisse tactique» rappelle le mode opératoire qui fut naguère celui des dragons. D’ailleurs, le CES-T parle «dragons du XXIe siècle».

Reste que la quête de la mobilité et de la vitesse se fait au prix d’une «vulnérabilité extrême», souligne-t-il. Du moins est-ce le cas pour les forces russes, celles-ci ayant perdu 103 motos en une semaine de combat dans le secteur de Pokrovsk, en tentant de percer les lignes ukrainiennes.

Quoi qu’il en soit, le CES-T n’a pas d’avis tranché sur le retour de la moto et ce concept de «dragon du XXIe siècle».

L’exemple de l’usage qu’en ont fait les forces russes pose la question de savoir s’il s’agit d’une tactique viable sur le long terme, d’une innovation de rupture ou d’un «pari désespéré».

Cela étant, conclut-il, si «les motos ne sont pas un ‘game changer, elles agissent comme un démultiplicateur d’efficacité opérationnelle dans un ‘front en dentelle’.»

Ya Rab Yeshua.

Posté(e)
4 hours ago, BTX said:

Pour sortir de cette impasse, des tactiques reposant sur l’emploi de motos, ont été élaborées non pas par les états-majors mais par les unités sur le terrain. «C’est un pari radical pour survivre dans ce qui est devenu une immense ‘kill zone’», fait valoir le CES-T.

Систематическая ошибка выжившего — Рувики: Интернет-энциклопедия

Si l’on se fie aux manuels tactiques russes et ukrainiens les plus récents (édition 2025), les conclusions sur les prétendus « succès des motos sur le champ de bataille » relèvent largement du biais du survivant.

Les deux camps y décrivent une vulnérabilité catastrophique des motocyclistes face aux drones FPV, aux mines antipersonnel et antivéhicules, ainsi qu’aux drones capables de larguer des grenades.

Dans la pratique, le problème est simple. Les motos circulent presque toujours sur des routes fortement minées, parfois avec des mines équipées de capteurs magnétiques capables de neutraliser un véhicule — donc aussi une moto — à plusieurs mètres de distance. Sur une route, un motocycliste constitue en outre une cible très visible pour un drone FPV.

Le bruit du moteur complique encore la situation : il empêche souvent d’entendre l’approche d’un drone et donc de réagir à temps. De plus, une moto lancée à vitesse suit généralement une trajectoire très prévisible — la route — ce qui facilite considérablement le travail du pilote de FPV pour ajuster son attaque.

Autre facteur critique : le carburant. Si le réservoir est perforé par un éclat ou endommagé par une explosion, l’essence peut s’enflammer et le motocycliste risque tout simplement de brûler vif.

À ma connaissance, selon plusieurs retours d’expérience provenant d’unités d’assaut de l’infanterie de marine russe, lors d’une attaque 2 à 3 motocyclistes sur 10 atteignent l’objectif, alors que 7 à 8 fantassins sur 10 peuvent y parvenir à pied — notamment parce qu’ils peuvent se dissimuler dans la végétation ou dans des tranchées, là où une moto ne passe pas.

Le 425e régiment d’assaut ukrainien, après avoir testé une « compagnie d’assaut à moto », serait arrivé à des conclusions similaires : la moto peut éventuellement avoir une utilité sur des axes logistiques de rocade, à distance des zones saturées de drones FPV et de champs de mines.

Du côté ukrainien, l’idée d’utiliser des motos pour l’assaut a été abandonnée presque immédiatement. Les forces russes continuent cependant à y recourir, essentiellement faute d’alternative et par manque de véhicules blindés dans leurs unités.

Remarque personnelle : lorsque je vois certaines tentatives françaises de « tirer les leçons de l’expérience du front », cela ne m’inquiète pas seulement — cela m’inspire franchement de l’horreur. Une horreur presque instinctive.

Par exemple :
https://www.opex360.com/2024/10/12/innovation-de-defense-une-cape-dinvisibilite-a-recu-le-prix-de-laudace/

À mon sens, il y a là une très mauvaise leçon à tirer.

P.S.
Ce dont nous avons vitalement besoin, ce sont des véhicules de combat d’infanterie lourds, du type M2 Bradley ou Marder/CV90, capables de protéger l’infanterie face aux éclats, aux mines et aux drones.

Et pourtant, au lieu de cela, on voit parfois surgir des idées qui ressemblent davantage à des assauts en trottinettes électriques qu’à une réponse sérieuse aux réalités du champ de bataille moderne.

Pauvre France… Par moments, on a l’impression que certaines illusions n’ont guère changé depuis l’époque du célèbre pantalon rouge garance au début de Grande Guerre.

Mais bon — sans doute suis-je trop pessimiste.

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Moi etrangere, moi pas bien francais parler.

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