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Depuis le début des opérations «Fureur épique» et «Rugissement du lion», lancées respectivement par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, deux missiles balistiques [voire trois] ont été tirés en direction de la République de Chypre, qui a également été visée par au moins cinq drones «kamikazes» de type Shahed, probablement lancés depuis le Liban par le Hezbollah, la milice inféodée à Téhéran.

Sur ces cinq drones, quatre ont été interceptés avant d’atteindre leur objectif [dont deux par des F-16V grecs]. Mais l’un d’eux est parvenu à déjouer les systèmes de surveillance pour atteindre un hangar connu pour abriter au moins un avion espion américain U-2 «Dragon Lady» sur la base aérienne britannique d’Akrotiri.

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Selon les autorités britanniques, les dégâts causés par ce drone seraient «minimes». Cependant, un photographie publiée par le quotidien The Sun montre un impact de 9 x 6 mètres sur l’une des façades du hangar… qui n’a pas été visé par hasard, des U-2 «Dragon Lady» étant déployés à Akrotiri depuis la fin des années 1970, dans le cadre de de l’opération «Olive Harvest».

 

Pour rappel, outre celle d’Akrotori, le Royaume-Uni dispose d’une deuxième base sur l’île, à savoir celle de Dhekelia. Les deux sont considérées comme des territoires britanniques. Si Chypre ne fait pas partie de l’Otan, Londres pourrait invoquer l’article 4 [consultations entre alliés] et/ou l’article 5 [défense collective] du traité de l’Atlantique Nord dans le cas où l’une ou l’autre serait attaquée.

Quoi qu’il en soit, cette attaque de drone contre la base d’Akrotiri a engendré une crise diplomatique entre Nicosie et Londres. Crise que le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a tenté de désamorcer en se rendant sur l’île, le 5 mars.

Plus tôt, le président de la République de Chypre, Nikos Christodoulides, avait ouvertement critiqué l’incapacité des forces britanniques à intercepter le drone en question, avant d’assurer que son pays n’avait nullement l’intention «de participer à une quelconque opération militaire».

De son côté, le haut-commissaire de Chypre au Royaume-Uni, Kyriacos Kouros, avait pointé le «manque de vigilance» des forces britanniques et le fait que ces dernières n’avaient pas averti la population qu’une frappe était imminente.

«Disons que la population est déçue, qu’elle a peur, et qu’elle est en droit d’attendre davantage», fit-il valoir à l’antenne de BBC Newsnight. Et d’ajouter : «Une coopération accrue avec le gouvernement chypriote est nécessaire pour garantir que de tels incidents ne se reproduisent plus.»

«Le Royaume-Uni fait tout son possible pour défendre Chypre contre toute attaque lancée par l’Iran ou ses alliés», a assuré M. Healey, avant d’expliquer qu’il avait renforcé la défense de l’île quelques semaines avant le début des opérations américaines et israéliennes en Iran, avec l’envoi de moyens de guerre électronique et de lutte antidrone. «Nous faisons tout notre possible, tout ce que le Premier ministre souhaite que nous fassions, pour protéger nos bases et notre personnel, mais aussi pour protéger nos alliés comme Chypre», a-t-il insisté.

Interrogé sur la raison pour laquelle aucun navire de la Royal Navy doté de capacités surface-air n’avait été envoyé en Méditerranée orientale pour accroître la protection de Chypre, M. Healey a admis que l’option de mobiliser le destroyer HMS Dragon lui avait été soumise il y a quelques jours. «Maintenant que nous avons constaté l’ampleur de la menace iranienne, […] j’ai donné mon feu vert pour son déploiement ici afin de renforcer encore davantage les défenses que nous pouvons offrir à la région, à la base et à Chypre», a-t-il dit.

Cependant, membre de l’Union européenne [UE], la République de Chypre peut compter sur le soutien militaire de la Grèce, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Espagne.

Pour autant, cet épisode a visiblement renforcé la détermination de Nicosie à rejoindre… l’Otan. C’est ce qu’a en effet affirmé Nikos Christodoulides lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision grecque Skai TV, le 5 mars.

La République de Chypre «mène des travaux préparatoires aux niveaux militaire, opérationnel et administratif afin d’être prête, lorsque les conditions politiques le permettront, à soumettre une candidature en bonne et due forme pour intégrer l’Otan», a-t-il dit, selon des propos rapportés par le quotidien grec EKathimerini.

Historiquement, ayant la religion chrétienne orthodoxe en commun, la République de Chypre et la Russie ont toujours cultivé une certaine proximité [l’île est d’ailleurs prisée par les capitaux russes]. Cependant, ces dernières années, et singulièrement depuis la guerre en Ukraine, Nicosie a amorcé un rapprochement avec les États-Unis, au point d’établir une coopération militaire en 2020 [soit lors du premier mandat de M. Trump] .

Reste que, comme l’a admis le président chypriote, une adhésion à l’Otan n’est sans doute pas pour tout de suite dans la mesure où les conditions politiques ne sont pas réunies, la Turquie étant susceptible d’y mettre son veto.

«Chypre soumettrait une demande d’adhésion [à l’Otan] dès demain si c’était possible», a insisté M. Christodoulides.

Ya Rab Yeshua.

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