BTX Posté(e) il y a 1 heure Signaler Posté(e) il y a 1 heure https://www.opex360.com/2026/03/09/la-france-conforte-sa-place-de-second-exportateur-mondial-darmement-tandis-que-lallemagne-depasse-la-chine/ Étant donné que les exportations d’armement peuvent fluctuer d’une année sur l’autre, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm [SIPRI – Stockholm International Peace Research] compare deux périodes de cinq ans afin de dégager les grandes tendances. L’an passé, cet institut avait relevé que les exportations françaises d’armes avaient augmenté de 47 % entre 2014-18 et 2019-23, doublant ainsi celles de Russie, en chute de 53 %. Cette tendance s’est confirmée dans sa dernière étude, publiée ce 8 mars. «La France est le deuxième plus grand fournisseur mondial d’armes majeures» sur la période 2021-25 et ses ventes «représentent 9,8 % des exportations mondiales», celles-ci ayant progressé de 21 % par rapport à la période 2016-20, avance le SIPRI. Ce qui n’est pas une surprise si l’on considère les deux dernières années. Ainsi, en 2024, l’industrie française de l’armement a obtenu 21,6 milliards d’euros de prises de commande et, selon la ministre des Armées, Catherine Vautrin, elle a presque fait aussi bien l’an passé, avec des contrats d’une valeur totale d’environ 20 milliards d’euros. Fait notable : les exportations françaises d’armement vers les pays européens «ont plus que quintuplé» [+ 452 %] entre les deux périodes de référence. Toutefois, souligne SIPRI, «près de 80 % d’entre elles continuent encore de se faire en dehors» de l’Europe… qui aura été le principal marché pour l’industrie américaine de l’armement, dont les ventes ont représenté «42 % du total des transferts internationaux d’armes sur la période 2021-25, contre 36 % entre 2016-20». «Les États-Unis ont encore davantage consolidé leur domination en tant que fournisseur d’armes, même dans un monde de plus en plus multipolaire», constate Pieter Wezeman, chercheur principal au programme Transferts d’armes du SIPRI. «Pour les importateurs, les armes américaines offrent des capacités avancées et un moyen de favoriser de bonnes relations avec les États-Unis. De leur côté, ceux-ci considèrent les exportations d’armes comme un outil de politique étrangère et un moyen de renforcer leur industrie de l’armement, comme le montre une fois de plus clairement la nouvelle stratégie de transfert d’armes ‘America First’ de l’administration Trump», explique-t-il. Au passage, conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Europe a «absorbé» 33 % des importations mondiales d’armes entre 2021-25. Soit une hausse de 210 %. «Près de la moitié des armes transférées aux États européens proviennent des États-Unis [48 %], suivis de l’Allemagne [7,1 %] et de la France [6,2 %]. Quant à la Russie, elle conserve sa troisième place, malgré une chute significative [- 64 %] de ses exportations d’armement entre les deux périodes étudiées par le SIPRI. Les ventes à l’étranger de la Base industrielle et technologique de défense [BITD] russe ne représentent plus que 6,8 %, contre 21 % en 2016-20. La Russie a fourni des armes majeures à 30 États et à un acteur non étatique en 2021-25. Près des trois quarts [74 %] des exportations russes d’armes sont destinés à trois États : l’Inde [48 %], la Chine [13 %] et le Biélorussie [13 %]. Désormais, la Russie est talonnée par l’Allemagne, qui a vu ses ventes d’armement progresser de 15 %. Désormais, elles représentent 5,7 % des exportations au niveau mondial. L’initiative «Ringtausch» [«échange d’anneaux»], qui a consisté à proposer à certains pays européens de remplacer leurs équipements d’origine soviétique envoyés en Ukraine par des armes de facture allemande, comme les chars Leopard 2A8, entre autres, explique en partie ce résultat. «L’Allemagne a dépassé la Chine pour devenir le quatrième plus grand exportateur mondial d’armes en 2021-25. […] Près d’un quart de ses exportations d’armes [24 %] sont destinées à l’Ukraine sous forme d’aide et 17 % à d’autres États européens», note le SIPRI. Quant à la Chine, ses ventes d’armes ont quand même augmenté de 11 % entre les deux périodes considérées. Mais cette hausse aura été insuffisante pour lui permettre de conserver sa place de quatrième exportateur mondial. Dans le même temps, le pays a aussi réduit significativement ses importations de matériels militaires [- 72 %], signe de la montée en puissance de son industrie de l’armement. A priori, Pékin privilégie la modernisation accélérée des capacités de l’Armée populaire de libération [APL] en se concentrant sur son marché intérieur. En attendant, et c’est un autre fait notable de cette étude, l’Italie a augmenté ses exportations d’armement de 157 %, ce qui la classe au sixième rang dans le classement établi par le SIPRI. «Plus de la moitié des exportations italiennes sont destinées au Moyen-Orient [59 %], tandis que 16 % vont à l’Asie-Océanie et 13 % à l’Europe», précise ce dernier. Enfin Israël a «augmenté sa part des exportations mondiales d’armes de 3,1 à 4,4 %», ce qui lui a permis de dépasser, pour la première fois, le Royaume-Uni [3,4 %], lequel est suivi par la Corée du Sud et l’Espagne. «Malgré la guerre à Gaza et les opérations menées en Iran, au Liban, au Qatar, en Syrie et au Yémen, Israël est parvenu à accroître sa part des exportations mondiales d’armes; […] L’industrie israélienne de l’armement se concentre sur les systèmes de défense aérienne pour lesquels la demande mondiale est forte, alors que l’armée israélienne dépend des importations pour plusieurs types d’équipements essentiels», estime Zain Hussain, chercheur au SIPRI. Citer Ya Rab Yeshua.
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