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Le 54e Régiment d’Artillerie évalue les drones intercepteurs «Destinus Hornet» et «GOBI»


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Pour le moment, s’agissant des forces françaises, seuls les Rafale de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] ont été sollicités pour détruire les drones iraniens Shahed dans le ciel des Émirats arabes unis avec leurs missiles air-air MICA IR/EM.

Ce qui, comme l’a récemment souligné Catherine Vautrin, la ministre des Armées, pose la question de «l’adéquation entre l’effet militaire recherché et les moyens» étant donné qu’utiliser une munitions coûtant 700 000 euros pour intercepter un engin qui en vaut cinquante fois mois n’est guère soutenable sur le long terme, non seulement sur le plan budgétaire mais aussi, et surtout, au niveau des stocks.

Cette semaine, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Le Point, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, a fait savoir que quatre hélicoptères de reconnaissance et de combat EC665 Tigre avaient été «intégrés au dispositif allié» au Moyen-Orient. Même s’ils n’ont pas de radar dédié, il est cependant «probable qu’ils interceptent des drones car ils peuvent se porter plus en avant», a-t-il dit. D’autant plus que ces hélicoptères peuvent compter sur leur canon de 30 mm.

Outre ces quatre Tigre, le CEMAT a aussi évoqué le déploiement de «moyens de défense de point avec une portée de 6 km», ce qui correspond aux performances du missile antiaérien MISTRAL, ce dernier étant probablement associé au radar d’alerte SAMANTHA, en dotation au 54e Régiment d’Artillerie [RA], qui est la seule unité spécialisée dans le combat antiaérien de l’armée de Terre.

Cela étant, comme l’avait fait Mme Vautrin quelques jours plus tôt, le général Schill a mis l’accent sur le recours à des drones antiaériens.

«Nous expérimentons des drones intercepteurs», des modèles semblant efficaces, contrairement à certains qui nécessitent un pilotage trop complexe», a confié le CEMAT.

Cette expérimentation est actuellement menée par le 54e RA, sous l’égide du Commandement du combat futur [CCF] et dans le cadre de l’opération Sagittaire.

«Mandaté depuis plusieurs mois par le CCF, le 54e RA conduit une évaluation tactique [EVTA] dans le but de mesurer l’apport d’un nouveau type de solution antiaérienne innovante déjà observable en Ukraine : les drones intercepteurs de drones», a fait savoir le régiment, via le réseau social Facebook, le 3 avril.

Cette EVTA est menée en lien avec le CCF, la Section technique de l’armée de Terre [STAT] et la Direction générale de l’armement [DGA], celle-ci ayant mis son site DGA-EM de l’île du Levant à la disposition du 54e RA.

L’objectif est de «doter l’armée de Terre d’une capacité de lutte antidrone spécialisée permettant de mieux combattre les drones et munitions téléopérées ou guidées sur coordonnées de type Shahed ou Lancet», précise le régiment.

Deux modèles de drones sont actuellement évalués : le GOBI de Harmattan AI et le Hornet de Destinus, une entreprise qui, fondée en Suisse par l’ingénieur et dissident russe Mikhaïl Kokoritch, a récemment créé une filiale en France.

Le GOBI a été conçu pour suivre et détruire un drone hostile une minute seulement après son lancement. «Dès son activation, GOBI passe de l’état de veille à l’état de surveillance active, analysant en continu le spectre électromagnétique à la recherche de menaces potentielles […]. Une fois une menace identifiée et l’autorisation confirmée, le système vérifie les paramètres d’interception et se prépare à l’engagement», résume Harmattan AI.

Après une phase de poursuite, le GOBI passe en mode «guidage terminal» à l’approche de sa cible. «La vision par ordinateur identifie le point d’impact optimal et ajuste automatiquement la trajectoire. Une frappe cinétique précise et non explosive neutralise le drone hostile avant qu’il n’atteigne son objectif», précise Harmattan IA. Ce drone intercepteur peut atteindre une vitesse de pointe de 350 km/h, pour une plage d’interception de 5 km.

Quant au Destinus Hornet, il s’agit d’un appareil ayant une portée de 70 km. Doté d’une propulsion électrique, il est lancé depuis un conteneur. «Il permet d’assurer une défense rapide, proportionnée et économique contre les drones, les munitions rôdeuses et les hélicoptères», assure son fabricant, qui reste toutefois discret sur les performances de son modèle.

Pour cette EVTA, le 54e RA a créé plusieurs équipes spécialisées dites DID [pour drone intercepteur de drones]. «Les opérateurs DID ont pu s’approprier ces nouveaux vecteurs et réaliser plusieurs séquences d’interception», avance-t-il.

Les travaux réalisés dans le cadre de cette évaluation ont récemment été présentés au général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA] et le général Schill.

«Expert antiaérien de l’armée de Terre, le 54e RA poursuit, fidèle à sa devise ‘croire, oser, agir’, sa transformation afin d’adapter sa réponse aux menaces aériennes à l’étranger comme sur le territoire national», a conclu le régiment.

Photo : 54e RA

Ya Rab Yeshua.

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