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https://www.forcesoperations.com/larmee-de-terre-va-se-doter-dune-troisieme-division/

 

Une troisième division va voir le jour au sein de l’armée de Terre. Constituée majoritairement de réservistes, elle aura notamment pour mission de participer à la défense opérationnelle du territoire (DOT) français. 

 

L’armée de Terre travaille à « la mise sur pied d’une division territoriale », nous a confirmé son chef d’état-major, le général Pierre Schill, ce lundi à Paris en marge du colloque de la pensée militaire.

Cette nouvelle grande unité « organisée et équipée pour la protection du territoire national » viendra renforcer une force jusqu’alors focalisée sur la 1ère division de Besançon et de la 3ème division de Marseille. Seule l’une d’entre-elles était auparavant « déclarée » auprès de l’OTAN, l’autre étant conservée pour protéger le pays ou pour agir sur des théâtres secondaires.

Cela, c’était avant « l’urgence et la radicalité » imposées par un contexte sécuritaire dégradé et la menace d’un test majeur imposé à l’OTAN d’ici la fin de la décennie. « Si on allait dans la situation extrême dans laquelle on projette toutes nos forces vives dans une intervention ou un pré-positionnement, par exemple, de type ‘centre-Europe’, cette troisième division serait mobilisée sur le territoire national pour la protection des intérêts vitaux et éventuellement la défense opérationnelle », nous expliquait le général Schill.
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C’était aussi avant la montée en puissance de la réserve opérationnelle et du Service national. La première, qui devrait rassembler 80 000 réservistes à horizon 2030, et le lancement du second dès septembre prochain vont en effet générer la « masse » adéquate pour épauler les deux divisions « de combat » prioritairement mobilisées en cas d’engagement majeur. 

« Les Français et Françaises ont massivement rejoint la réserve opérationnelle de l’armée de Terre et l’actualisation conforte ce projet », rappelait le CEMAT.
 
En septembre 2025, ils étaient 29 527 à enfiler régulièrement leur treillis. Plutôt jeunes – 38 ans en moyenne contre 32 ans dans l’active -, leur nombre continuera d’augmenter dans les années à venir. Les armées progressent en effet dans leur objectif de doublement du format pour atteindre 80 000 réservistes à l’horizon 2030, puis 105 000 en 2035. Plus de la moitié opéreront dans l’armée de Terre, soit un vivier de 40 à 50 000 combattants à structurer, entraîner et équiper. 
 

Cette mission de DOT, la réserve s’y entraîne désormais à grande échelle. En octobre dernier, 800 réservistes opérationnels avaient pris part à l’exercice Vulcain conduit en Haute-Loire. Ils y ont, durant une semaine, contré les actions de déstabilisation menées par une force adverse simulée. Rendez-vous majeur, l’exercice triennal ORION contribue également à renforcer cette imbrication entre forces d’active et de réserve vers « un modèle hybride encore à conforter ».

Cette structuration est aussi étroitement liée au concept de garnison de combat, cette frange d’un régiment appelée à devenir la base arrière apte à « garder la maison ». Avec 50% de ses réservistes habitant à moins de 30 km de leur unité, l’armée de Terre bénéficie d’ores et déjà d’une force de proximité taillée pour travailler en appui des forces de sécurité intérieure, pompiers et services médicaux pour assurer la résilience et la protection des populations.
 

« Le top départ a déjà été donné », poursuivait le CEMAT. De fait, voilà un moment que l’armée de Terre travaille à la mise sur pied de ce qui devait alors se limiter à une brigade territoriale. Il y a deux ans, chacune des sept brigades interarmes avait reçu l’ordre de créer un bataillon de réserve susceptible d’être employé en France. Un an plus tard, l’état-major demandait à ses brigades d’appui et de soutien de suivre le mouvement. En découle une douzaine de bataillons de réserve qui permettront à l’armée de Terre de disposer d’une brigade de réserve dès 2026, avant d’envisager l’échelon supérieur.

La création de cette troisième division « est un chantier en cours », rappelait le CEMAT. Les travaux se poursuivent sur plusieurs plans, notamment autour de potentielles questions « d’adaptation des lois ». L’organisation et le commandement, par exemple. Qui défend le quartier quand d’autres sont déployés ailleurs ? Qui sera le commandant de garnison ? Est-on aux ordres de l’officier général de zone de défense et de sécurité une fois sorti du quartier ? Faut-il s’adosser aux régiments d’active, à l’heure où ceux-ci accueillent une soixantaine de réservistes en moyenne, ou reproduire l’exemple du 24e régiment d’infanterie, unique dans l’armée de Terre ? Celle-ci penche plutôt vers la première option. L’autre exigerait de trouver les infrastructures adéquates, un effort difficilement soutenable au vu de l’état des finances. 
 

L’équipement, par contre, n’est pas une option. Malgré un contexte difficile, la réserve bénéficie aujourd’hui d’une trajectoire financière positive. Son budget a ainsi augmenté de 30% entre 2020 et 2025. Et cela devrait continuer grâce au projet d’actualisation de la loi de programmation militaire en cours de discussion.

Selon le chef d’état-major des Armées (CEMA), le général Fabien Mandon, quelque 550 M€ sont prévus par l’actualisation de la LPM pour « équiper davantage » tant les réservistes que les futurs volontaires du service national. Les deux mécanismes sont naturellement imbriqués, car les cohortes de 3000 appelés en 2026-2027, puis 4000 en 2027 et, enfin, 10 000 en 2030 rejoindront l’active ou la réserve opérationnelle (RO1) ou, à défaut, la réserve de disponibilité (RO2) à l’issue de leur contrat de 10 mois de volontariat.

Entre les matériels à acquérir et ceux plus anciens éventuellement récupérés au gré des programmes de modernisation, il s’agira bien d’équiper adéquatement cette division à l’horizon 2030. « Cela fait partie de l’actualisation de la loi de programmation militaire », indiquait le CEMAT.
 
L’armée de Terre entrevoit pour cela un équipement adapté dit « DAGUE », tout comme il existe le combattant SCORPION. Des radios moins durcies mais propres à exploiter le réseau mobile aux armements individuels et collectifs, véhicules et autres camions, le volet matériel « fait partie des choses que nous avons à bâtir dans les prochaines années », résumait le général Schill. 
 

Crédits image : armée de Terre

PS. Pour rappel, organigrammes des 1re et 3e divisions de l'armée de Terre

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Ya Rab Yeshua.

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