BTX Posted July 5 Report Posted July 5 https://lignesdedefense.ouest-france.fr/soignants-tactiques-un-nouveau-metier-pour-repondre-aux-enjeux-du-champ-de-bataille-teste-aux-2-et-3-rima/ Des soldats ukrainiens s’entraînent pour une évacuation sanitaire sur la ligne de front en juillet 2024 (Photo by Vyacheslav Madiyevskyy / NurPhoto via AFP) Face aux vulnérabilités des circuits d’évacuations sanitaires mises au jour en Ukraine où les soldats sont sous la menace omniprésente des drones, le Service de santé des armées (SSA) expérimente le métier de « soignant tactique ». Comme le rappelle le médecin en chef (MC) Pierre-Antoine qui commande la 9e chefferie du service de santé à Poitiers, « la guerre en Ukraine est un véritable laboratoire de la guerre moderne. Bien qu’il faille être prudent car chaque conflit est différent, elle nous permet de confronter nos travaux de doctrine au réel et de les adapter à tous les scenarii. C’est le cas notamment de la première ligne de secours. Imaginée pour répondre au besoin d’un conflit en hypermobilité, elle reposait sur du personnel des armes au contact, en double qualification, à même de prodiguer les premiers gestes de survie en attendant l’arrivée des équipes médicales et paramédicales dans des délais relativement courts. L’Ukraine nous montre un tout autre visage du conflit moderne, lors duquel l’hypermobilité laisse place à une guerre de position où la menace drone est omniprésente. Ciblées, les évacuations médicales se font essentiellement de nuit, les véhicules santé stationnent à distance de la ligne de front, les délais de prise en charge sont grandement rallongés. C’est pour répondre à cette interruption de la chaîne de soins en première ligne, que naît le besoin de densifier la première ligne de secours par un professionnel de santé dédié, en mesure de s’occuper des blessés plusieurs heures avant leur évacuation. » Un profil unique Entre technicité médicale et immersion tactique. Cette nouvelle fonction, qui allie expertise médicale et aptitudes tactiques militaires, vise à garantir la continuité des soins en première ligne dans des environnements hostiles. La première promotion de 12 militaires sera incorporée le 21 juillet 2026 au sein des écoles militaires de santé de Lyon-Bron. À l’issue d’une formation spécifique, les soignants tactiques seront affectés à la 9e chefferie du service de santé des armées, rejoignant les 120e et 122e antennes médicales d’Auvours (72) et de Vannes (56) pour soutenir respectivement les 2e et 3e RIMa (régiment d’infanterie de marine). Ces deux antennes dépendent de la 9e chefferie du service de santé à Poitiers commandée par le médecin-chef Pierre-Antoine qui ajoute: « C’est pour répondre à l’interruption de la chaîne de soins en première ligne, que naît le besoin de densifier la première ligne de secours par un professionnel de santé dédié, en mesure de s’occuper des blessés plusieurs heures avant leur évacuation. » Selon le médecin-chef Pierre-Antoine, une fois au sein des deux régiments, « ils poursuivront leur parcours initial avant de partir en formation au centre d’entrainement et de formation opérationnelle Santé (CEFOS) de la Valbonne pendant 16 semaines. À leur retour en unité, ils poursuivront leur formation tactique au sein du régiment soutenu, également appelé régiment parrain. À l’issue de ce cycle de formation initiale de près de 8 mois, ils seront employés en tant que soignant en antenne médicale et au sein des compagnies de combats des régiments parrains ». Les critères de sélection sont rigoureux. Pour les civils comme pour les militaires volontaires, la détention du permis B, du diplôme d’Etat d’ambulancier ou diplôme d’État d’aide-soignant sont requis, avec un âge préférentiel de moins de 30 ans. Engagés sous statut de militaires engagés volontaires du SSA, les soignants tactiques perçoivent une rémunération de 1982€ brut/mois (hors primes), avec des opportunités d’évolution de carrière vers les métiers d’aide-soignant ou d’infirmier. Un déploiement plus large Si cette première promotion sert de test pilote, une deuxième promotion est prévue en fin d’année 2026, élargissant le recrutement à des profils militaires ou civils, ne détenant pas encore le diplôme d’État d’ambulancier (DEA), dont la formation sera financée par l’État. En cas de succès de l’expérimentation, les soignants tactiques ont vocation à être déployés au sein de certaines brigades de l’armée de Terre. 1 Quote Ya Rab Yeshua.
Yann pyromane Posted July 5 Report Posted July 5 Très belle spécialité qui permet de s'ouvrir l'esprit et voir plus loin ..... 1 Quote
piranha Posted July 5 Report Posted July 5 L'un des principaux enseignements opérationnels (RETEX) du conflit russo-ukrainien est l'évolution profonde des procédures d'évacuation médicale tactique (MEDEVAC) au contact. Dans de nombreux secteurs du front, les véhicules blindés ne sont plus en mesure d'accéder aux positions de l'infanterie. La généralisation de la surveillance permanente par drones, l'action de l'artillerie de précision et la menace omniprésente des munitions téléopérées rendent toute progression de véhicules habités extrêmement risquée, voire impossible. La rupture entre les positions de premier échelon et les points accessibles aux véhicules peut ainsi atteindre 10 à 15 kilomètres. (voir plus) Afin de maintenir la continuité du soutien logistique et sanitaire, les forces ukrainiennes ont développé un emploi systématique des systèmes terrestres robotisés sans pilote (UGV – Unmanned Ground Vehicles). Ces plateformes assurent une double mission : à l'aller, elles effectuent le ravitaillement des unités de premier échelon en munitions, vivres, carburant et matériaux du génie ; au retour, elles réalisent l'évacuation des blessés ou, le cas échéant, le transport de prisonniers de guerre. Il ne s'agit plus d'une expérimentation, mais d'une adaptation capacitaire directement imposée par les caractéristiques du combat de haute intensité. Dans de nombreuses situations tactiques, ce mode d'action constitue désormais la seule solution permettant d'assurer l'évacuation des blessés tout en limitant l'exposition des équipages et des unités de secours. Ce retour d'expérience devrait être analysé, intégré à la doctrine et faire l'objet d'une montée en puissance capacitaire. L'enjeu n'est pas de créer de nouvelles procédures ou de nouveaux cursus de formation, mais d'adopter les solutions dont l'efficacité a déjà été démontrée en opérations. Sans cette adaptation, la production doctrinale risque de demeurer déconnectée des réalités du champ de bataille contemporain. À cet égard, il est regrettable que l'armée française semble privilégier une approche essentiellement doctrinale et procédurale du retour d'expérience issu du conflit russo-ukrainien, plutôt qu'une appropriation des mécanismes opérationnels effectivement validés par le combat. Or, dans un environnement marqué par la dronisation du champ de bataille et la transparence du dispositif, la capacité à intégrer rapidement les innovations tactiques constitue désormais un facteur déterminant de supériorité opérationnelle. (Ouais, je bosse mon BM4… enfin, j'essaie. Sauf que plus ça va, plus je me dis que je prépare complètement le mauvais putain de métier. À ce rythme, je ferais mieux d'apprendre les règlements pour tenir une bibliothèque, ou la cérémonie du thé chinoise. Ça me servira probablement plus que tout ce qu'on me bourre dans le crâne.) 1 1 2 Quote Moi etrangere, moi pas bien francais parler.
Recommended Posts
Join the conversation
You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.