BTX Posté(e) hier à 13:44 Signaler Posté(e) hier à 13:44 En avril 2025, la Marine nationale lança sa première munition navale téléopérée [ou drone naval «kamikaze»] contre la coque renforcée d’un chaland de transport de matériel [CTM] désarmé dans le cadre d’une expérimentation visant à développer de nouveaux concepts opérationnels, inspirés par les retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine. Cette munition navale téléopérée [MNTO] était assez rudimentaire puisqu’il s’agissait d’une motomarine munie d’une charge explosive. Plus tôt, le directeur de l’Agence de l’innovation de défense [AID], qui était alors l’ingénieur général de l’armement [IGA] Patrick Aufort, avait confié à l’hebdomadaire Le Marin qu’un appel à candidatures pour des drones navals de surface armés avait été émis en décembre 2024. Finalement, pour doter la Marine nationale de cette capacité dans les délais les plus brefs, le ministère des Armées ne s’est pas adressé à l’industrie, comme il est d’usage, mais a préféré miser sur les savoir-faire de la Direction générale de l’armement [DGA], via DGA Techniques navales et DGA Techniques hydrodynamiques, pour développer une munition navale téléopérée en interne. Ce qui a donné lieu au projet SMOKERS, pour «Système Maritime Opérationnel Kamikaze Évolutif en Réalisation Souveraine». «Au-delà du ‘Faire faire’, j’ai demandé que nous réinvestissions le ‘Faire avec’, aussi appelé achat sur étagère, et également le ‘faire’, c’est-à-dire la production de solutions par nous-mêmes. Le but n’est pas de faire le travail des industriels, mais d’assembler quelques briques technologiques en ayant les moyens de réaliser les pièces manquantes du puzzle, ce qu’on appelle l’interstitiel : quelques lignes de codes par ci, quelques interfaces physiques par là», a ainsi expliqué l’IGA Alexandre Lahousse, le numéro deux de la DGA, en juillet dernier. «C’est important pour développer notre expertise, surtout celle des jeunes, comme nous l’avons fait sur les projets SMOKERS en 6 mois ou DENEB [une charge de guerre électronique, ndlr] en 3 mois», a-t-il ajouté. Trois prototypes du SMOKERS ont ainsi été déployés lors de la dernière édition de l’exercice antidrone Wildfire, organisée par la Marine nationale en Méditerranée, entre le 28 septembre et le 2 octobre. Cette MNTO ayant visiblement donné satisfaction, il est désormais question de passer à l’étape suivante, c’est-à-dire à son industrialisation. Pour cela, la DGA vient d’émettre un appel d’offres d’une valeur de 36 millions d’euros TTC. Le marché sera notifié pour une période initiale de quatre ans, celle-ci étant susceptible d’être prolongée de deux ans. «Le Centre Expert Référent Drones et systèmes Autonomes Navals [CERDAN] a pour mission de piloter le passage à l’échelle depuis le prototypage étatique à une série déployable sur les bâtiments de la Marine Nationale. Dans ce contexte et dans le cadre du projet interne SMOKERS, les centres techniques de la DGA conçoivent rapidement des solutions au plus près du terrain et des besoins opérationnels», est-il rappelé dans la présentation de cet appel d’offres. Aussi, la DGA souhaite «confier à un industriel l’ajustement de la conception, la production d’un dossier de fabrication, la mise en place de l’outil industriel de production et une production à un rythme répondant aux besoins des forces en MNTO», y est-il précisé. Au passage, le document détaille quelques caractéristiques du SMOKERS. Ainsi, cette MNTO affiche un déplacement de 500 kg pour une longueur de cinq mètres. Dotée de moyens de télécommunication par satellite et de capteurs optroniques, elle peut naviguer à la vitesse maximale de 40 nœuds. Enfin, son autonomie est supérieure à 50 nautiques. https://www.opex360.com/2026/11/01/la-direction-generale-de-larmement-lance-un-appel-doffres-pour-industrialiser-son-drone-naval-kamikaze-smokers/ Citer Ya Rab Yeshua.
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