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L’armée américaine a lancé une nouvelle frappe visant un bateau de narco-trafiquants présumés au large des côtes du Venezuela, tuant quatre personnes, a annoncé vendredi le Secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth.

Cette annonce intervient alors que le président Donald Trump a déclaré que les membres des cartels de la drogue doivent être considérés comme des combattant illégaux et que les États-Unis étaient désormais en « conflit armé » avec eux, selon une note de l’administration Trump obtenue par l’Associated Press jeudi. « Le président a déterminé que les États-Unis étaient engagés dans un conflit armé non international avec ces organisations désignées comme terroristes », indique la note.

Trump a ordonné au Pentagone de « mener des opérations contre elles, conformément au droit des conflits armés ».

« Les États-Unis ont atteint un point critique où nous devons recourir à la force pour nous défendre et défendre autrui contre les attaques continues de ces organisations désignées comme terroristes », précise la note.

L’envoi de ce memo par le Pentagone au Congrès intervient après la destruction de quatre embarcations dans cette zone, faisant au moins 21 morts; elles étaient impliquées selon Washington dans du trafic de drogue.

Le déploiement depuis la fin août de plusieurs navires militaires dans la mer des Caraïbes et au large du Venezuela se poursuit (voir ci-dessous):

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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/les-etats-unis-sont-desormais-en-conflit-arme-avec-les-cartels-de-la-drogue/

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Ya Rab Yeshua.

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Ni la même volonté. Quand les Américains décident de mener la guerre, ils ne font pas dans la dentelle. Les moyens matériels et financiers sont là. Make the job !

BTX

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Ya Rab Yeshua.

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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/une-nouvelle-joint-task-force-jtf-pour-lutter-contre-les-cartels-de-la-drogue-en-mer-des-caraibes/

Une nouvelle Joint Task Force (JTF) pour lutter contre les cartels de la drogue en mer des Caraïbes

 

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Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a annoncé vendredi que son ministère mettait en place une nouvelle force opérationnelle conjointe (une Joint Task Force, JTF) chargée de la lutte contre les trafics de stupéfiants afin d’« écraser » les cartels de la drogue dans la mer des Caraïbes. Une fois de plus, il s’agit d’associer des moyens militaires à ceux des agences civiles (DHS en particulier) en vue d’une efficacité accrue et d’une militarisation rampante.

Hegseth a déclaré que cette nouvelle force opérationnelle, créée sous la direction du président Trump, opérerait dans la zone de responsabilité du Commandement Sud des États-Unis (Southcom).
 

Précisions du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM): la création de cette nouvelle Force opérationnelle interarmées (JTF) se fera au sein de la IIe Force expéditionnaire des Marines (II MEF) « afin de synchroniser et de renforcer les efforts de lutte contre le trafic de stupéfiants dans l’hémisphère occidental ». La JTF intégrera les capacités expéditionnaires de la II MEF à celles de la Force interarmées et des partenaires inter-institutions américains, représentés par la Force opérationnelle de sécurité intérieure (la Homeland Security Task Force installée à Houston depuis juillet 2025). Lire le communiqué ici.

Les principaux objectifs de la nouvelle JTF sont les suivants :
– Identifier les modes opératoires des trafiquants de stupéfiants afin d’intercepter les cargaisons illégales avant qu’elles n’atteignent le territoire des États-Unis et des pays partenaires, grâce à des avions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.
– Développer l’échange et l’intégration du renseignement en temps réel entre l’armée américaine, les forces de l’ordre fédérales et les agences des pays partenaires.
– Organiser des formations conjointes pour améliorer l’interopérabilité entre les militaires américains et renforcer la capacité de réaction rapide.
– Renforcer les capacités des pays partenaires en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants grâce à des équipes de conseil et à des opérations combinées.

Ya Rab Yeshua.

  • 2 semaines plus tard...
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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/les-canonnieres-des-caraibes-guerre-a-la-drogue-ou-nouvelle-destabilisation-de-lamerique-latine/

Les canonnières des Caraïbes: guerre à la drogue ou nouvelle déstabilisation de l’Amérique latine?

usmc-vance-1235x824.jpg Le Vice Président américain JD Vance le 18 octobre, au Camp Pendleton (photo Mario Tama/Getty Images/AFP), lors d’une présentation massive des forces de l’USMC dont 4500 soldats sont embarqués à bord de certains navires de débarquement croisant au large du Venezuela.

Depuis la fin du XIXe siècle, les États-Unis n’ont pas hésité à intervenir dans cette Amérique à leur sud qu’ils considèrent comme leur « arrière-cour ». Sont-ils en train de renouer avec cette pratique pour forcer un changement de régime au Venezuela et ailleurs?

Depuis 1823 et une fameuse déclaration du président Monroe, les États d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ont fait les frais de la politique impérialiste de Washington. Cette doctrine (en fait un corpus de principes) prohibe toute intervention européenne dans les affaires américaines : « Aux Européens le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ».

Mais c’est en 1904 que la « doctrine Monroe » acquiert sa véritable dimension impériale puisque le président Théodore Roosevelt s’arroge un droit de police internationale sur un sous-continent qui va devenir une chasse gardée de Washington. Les États-Unis se réservent donc un droit unilatéral d’intervention en Amérique latine, chaque fois qu’ils estimeront que leurs intérêts commerciaux, économiques et diplomatiques ne sont pas respectés.

De ce droit d’intervention, ils vont user, voire abuser. La guerre hispano-américaine de 1898 marque le début de la phase impérialiste des États-Unis avec la mainmise américaine sur le Mexique (mainmise parachevée lors d’interventions militaires en 1914 et 1916) puis sur Porto Rico et sur Cuba.

Suivront des opérations en Haïti (1915), en République dominicaine (en 1916 et jusqu’en 1924), au Nicaragua (1912 et 1926), en Haïti (occupé de 1915 à 1934). L’interventionnisme « yankee » redevient d’actualité dans les années 1950, en pleine Guerre froide, alors que Russes et Cubains soutiennent les opposants et arment des groupes révolutionnaires dans toute l’Amérique latine. En 1954, le régime progressiste du Guatemala est évincé grâce à l’aide militaire américaine. En 1965, les forces US débarquent en République dominicaine. En 1983, élu président, Ronald Reagan déclare : « America is back » (slogan repris par Donald Trump). Washington s’immisce de nouveau dans les affaires d’États comme le Nicaragua et le Salvador. En 1983, l’armée américaine envahit l’île de Grenade puis, en 1989, c’est au tour du Panama d’être conquis de vive force.

Cette dernière intervention constitue d’ailleurs une charnière : certes le général Noriega est un ami des Cubains, mais c’est aussi est un dictateur lié au trafic de drogue et un partenaire du cartel de Medellin.

La guerre aux cartels
Effectivement, au début des années 1990, après la chute du bloc soviétique, l’Amérique latine cesse de présenter un intérêt stratégique pour les États-Unis dont les centres d’intérêt se déplacent vers le Proche et le Moyen-Orient et vers l’Asie.

Cependant, la « guerre à la drogue » a vite constitué un nouveau motif d’ingérence américaine dans les affaires intérieures de certains pays sud-américains comme la Colombie, l’un des trois grands fournisseurs de cocaïne dans le monde (avec la Bolivie et le Pérou), et comme le Mexique, le Venezuela et l’Équateur où les trafics se sont intensifiés. On se souviendra que près de 80 % de la cocaïne et environ 90 % de la marijuana entrant aux États-Unis proviennent d’Amérique latine.

Pour mener cette « War on Drugs », des moyens militaires et stratégiques américains ont été déployés dans certains narco-états dès les années 1990. En 2006, les Américains ont ainsi mis en place l’Andean Counterdrug Initiative, une extension à d’autres pays comme le Pérou, la Bolivie, l’Équateur, le Brésil, le Panama et le Venezuela, du célèbre et décrié « Plan Colombie » (1999-2005) de lutte contre la production et le trafic de drogue.

Le régime du Venezuela visé
Cette « guerre à la drogue » offre aussi d’autres motifs de pression et d’influence à la Maison Blanche.

C’est ce qu’illustre parfaitement l’exemple actuel du Venezuela. Certes les États-Unis se sont officiellement déclarés en « conflit armé non-international » avec les cartels mais Washington est aussi clairement entré, sous couvert de lutte contre le trafic de drogue, dans une logique de renversement du régime de Nicolas Maduro. Voire de celui du président colombien Gustavo Petro qui, selon Trump, « ne fait rien pour arrêter » la production de drogue, et qui serait un « baron de la drogue qui encourage fortement la production massive de stupéfiants » dans son pays.

Le 15 octobre, le président américain Donald Trump a indiqué avoir autorisé des actions clandestines de la CIA contre le Venezuela et envisager des frappes sur le territoire vénézuélien. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait donné à la CIA l’autorisation de « neutraliser » le dirigeant vénézuélien Maduro, Donald Trump a répondu : « C’est une question ridicule qu’on me pose là. Enfin, ce n’est pas vraiment une question ridicule, mais ne serait-ce pas ridicule de ma part d’y répondre ? ».

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L’envoi d’une armada navale et aéronavale (voir ci-dessus) au large des côtes du Venezuela a déjà permis aux forces US de lancer sept frappes contre des embarcations de trafiquants. Mais le déploiement de ces moyens conséquents (dont huit navires de surface et un sous-marin, ainsi que 4 500 soldats du Corps des marines) pourrait aussi permettre tant des frappes conventionnelles contre des objectifs terrestres que des actions clandestines menées par des forces spéciales et la CIA.

https://lignesdedefense.ouest-france.fr/les-armees-de-trump-frappent-les-cartels-en-mer-en-attendant-que-la-cia-se-mette-en-chasse/

Les armées de Trump frappent les cartels en mer en attendant que la CIA se mette en chasse

trump-ratcliffY-1236x824.jpg Donald Trump et le patron de la CIA John Ratcliff.

Le président américain Donald Trump a autorisé la fameuse Agence centrale du renseignement (la CIA) à mener des opérations clandestines au Venezuela, l’objectif étant de chasser Nicolas Maduro du pouvoir à Caracas.

L’administration Trump avait offert, plus tôt cette année, une récompense de 50 millions de dollars pour toute information qui permettrait l’arrestation du dirigeant vénézuélien et son inculpation pour narcotrafic. Désormais, le pouvoir américain ne cache plus que l’élimination du président vénézuélien est possible, voire souhaitable.

Ainsi, lorsqu’on lui demandait s’il avait donné à la CIA l’autorisation de « neutraliser » le dirigeant vénézuélien, Donald Trump a répondu : « C’est une question ridicule qu’on me pose là. Enfin, ce n’est pas vraiment une question ridicule, mais ne serait-ce pas ridicule de ma part d’y répondre ? ».

Bravache à souhaits, Donald Trump n’a même pas besoin de cacher son jeu. N’a-t-il pas donné le feu vert à ses chefs militaires pour qu’ils éliminent les narcotrafiquants qui s’aventurent en mer pour acheminer la drogue vers les côtes américaines ? Neuf de leurs bateaux ont été coulés (le dernier mercredi au large de la Colombie) et plus d’une trentaine de leurs occupants éliminés parce que les États-Unis s’estiment « engagés dans un conflit armé non-international » avec les cartels de la drogue considérés comme des « organisations terroristes ».

maduro-1236x824.jpeg Le préesident Nicolás Maduro du Venezuela, le 12 octobre lors d’un meeting à  Caracas, Venezuela. (Photo by Jesus Vargas/Getty Images) (Photo by Jesus Vargas / Getty Images South America / Getty Images via AFP)

Éliminer des chefs de cartels, dont l’un serait le président en exercice du Venezuela, ne pose aucun dilemme à Donald Trump, à son vice-président JD Vance ou au Secrétaire à la Guerre Pete Hegseth (ce qui ne serait pas le cas de certains responsables militaires du SouthCom…).

Il faut dire que depuis près de 25 ans, c’est une pratique habituelle des régimes états-uniens.

Des assassinats ciblés depuis 2001
Les révélations explosives dans les années 1970 et 1980 sur les opérations scabreuses de la CIA, au Chili et en Iran par exemple, avaient refroidi les ardeurs des Présidents américains.

Mais après les attentats du 11 septembre 2001, l’Administration américaine du président George W. Bush a désigné des chefs terroristes à abattre lors d’actions secrètes confiées à la CIA et réalisées pour beaucoup à l’aide de drones armés dont les fameux Reaper. Dès le 18 septembre 2001, le Congrès américain a voté une loi, l’Authorization for Use of Military Force Against Terrorists. Elle donne au Président des États-Unis les moyens légaux de prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées contre ceux qui ont planifié, aidé ou commis les attentats du 11 septembre. Il s’agissait pour le pouvoir américain d’éviter d’être inquiété par des accusations d’assassinats et d’exécutions extrajudiciaires. Le premier assassinat ciblé a été mené par la CIA, le 4 février 2002, dans la province afghane de Paktiyâ.

Aujourd’hui, les terroristes visés sont des chefs de cartels de la drogue. On se souvient par exemple que, début septembre, Marco Rubio avait annoncé l’inscription des cartels d’Équateur « Los Choneros » et « Los Lobos » sur la liste des organisations terroristes. Un peu plus tôt en 2025, le cartel de Sinaloa ou le Tren de Aragua avaient été ajoutés à la liste des organisations terroristes par les États-Unis ; leurs chefs sont désormais susceptibles d’être traqués, arrêtés, jugés, voire tout simplement éliminés.

Basses œuvres de la Présidence

La décision de frapper des individus relève de la compétence, ou du bon vouloir, du président des États-Unis. Pour la petite histoire, Donald Trump a eu la « main lourde » en la matière. Si G.W. Bush avait autorisé 50 frappes pendant sa présidence, son successeur Barack Obama a donné son accord pour 506 frappes au cours de ses deux mandats, soit 1 frappe tous les 5,4 jours. Donald Trump, lors de son premier mandat, a accéléré le rythme, autorisant 1 frappe tous les 1,25 jour !

Comme l’expliquait, en 2018, Alexandre Vaillant dans « Eye in the sky : les drones armés dans la politique d’assassinats ciblés des États-Unis », « ces assassinats ciblés doivent être autorisés par le Président des États-Unis par un ordre écrit dans lequel le chef de l’État doit expliquer en quoi une telle opération est nécessaire afin de protéger la sécurité nationale ainsi que les intérêts diplomatiques américains (National Security Act of 1947, Sec. 503(e), 50 U.S.C. § 413b). Cette pratique de la CIA est par ailleurs encadrée par le Covert Action Statute qui établit un cadre strict pour les actions clandestines des agences de renseignement. »

Le National Security Act ou NSC-4-A de décembre 1947 autorise la CIA à conduire des « opérations clandestines » (covert action) sous la responsabilité du Président qui signe, avant toute opération, un document connu sous le nom de Presidential Finding ou de Memorandum of Notification. Si des « circonstances extraordinaires affectant les intérêts vitaux des États-Unis » sont à l’œuvre, le Congrès n’est pas informé. Ce qui reste fréquemment le cas pour des raisons de confidentialité.

Déni plausible

L’action clandestine, quelle que soit sa finalité, est « une activité ou des activités du gouvernement des États-Unis visant à influencer les conditions politiques, économiques ou militaires à l’étranger, où il est prévu que le rôle du gouvernement des États-Unis ne sera pas apparent ou reconnu publiquement ».

Le cœur de la doctrine est donc le concept de déni plausible.

« L’objectif n’est pas seulement de mener une opération en secret, mais de la planifier et de l’exécuter de manière à dissimuler l’identité du commanditaire ou à permettre un déni plausible de sa partCela signifie que même si l’opération est découverte, il ne doit y avoir aucune preuve irréfutable liant l’action au gouvernement américain », résume Thibault de Varenne dans un article du 18 octobre : « De Mossadegh à Maduro : une brève histoire des opérations secrètes de la CIA ».

Donald Trump qui a la langue bien pendue et dégaine des tweets meurtriers en rafales, ne devrait pas résister à la tentation de se faire mousser. Il y a donc fort à parier que les prochaines actions clandestines, lancées depuis la Maison Blanche, seront vite médiatisées. N’a-t-il pas mercredi soir déjà ouvertement annoncé sa volonté de lancer des frappes contre des objectifs terrestres au Venezuela:

 

 

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2025/10/25/lutte-contre-le-narcotrafic-les-etats-unis-deploient-le-porte-avions-uss-gerald-r-ford-dans-les-caraibes/

Lutte contre le narcotrafic : les États-Unis déploient le porte-avions USS Gerald R. Ford dans les Caraïbes

 

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Pour vaincre un adversaire, l’action militaire n’est pas forcément nécessaire : il suffit de l’affaiblir et le déstabiliser par différents moyens, comme en soutenant des mouvements politiques subversifs, voire des groupes terroristes, en instrumentalisant les flux migratoires [ce que la Russie est accusée de faire] ou encore, via des relais, en encourageant le trafic de drogue.

Ainsi, aux États-Unis, les surdoses liées à la consommation de drogues causent, chaque année, plus de 100 000 décès. Les opioïdes, comme le fentanyl, sont impliqués dans 80 % des cas, la cocaïne l’étant dans les 20 % restants [27 569 décès en 2022, ndlr]. Au-delà des aspects sanitaires, évidemment préoccupants, notamment pour la jeunesse, cette situation nourrit la criminalité et, partant, pose un problème de sécurité intérieure.

La consommation de drogues de synthèse, comme le fentanyl, a pratiquement décimé toute une génération aux États-Unis. Cinquante fois plus puissantes et moins chères que les opiacés d’origine végétale, elles font des ravages tant dans les grandes villes que dans les campagnes, comme l’a décrit le vice-président américain, J.D Vance, dans son livre Hillbilly Elegy.

Or, parce qu’elle est le premier producteur mondial des précurseurs chimiques du fentanyl, la Chine est accusée par les États-Unis de jouer un rôle central dans la diffusion de cette drogue de synthèse, via les cartels sud-américains qui l’achemine vers l’Amérique du Nord.

D’où la volonté de l’administration du président Trump d’y mettre un terme, en usant de la force militaire. Deux pays sont plus concernés que les autres : le Venezuela, dont le président, Nicolas Maduro, est accusé par Washington d’être de mèche avec le Cartel de Los Sols et Tren de Aragua, et la Colombie, à qui les États-Unis reprochent de ne pas en faire assez contre la production de cocaïne.

Par ailleurs, le Venezuela cultive des liens étroits avec la Chine, la Russie et l’Iran, ce qui, aux yeux de Washington, est une circonstance aggravante. En outre, depuis qu’il est à la tête de la Colombie [il est le premier président issu de la gauche], Gustavo Petro plaide pour un rapprochement avec Caracas, l’une de ses premières décisions ayant d’ailleurs consisté à rétablir des relations diplomatiques qui avaient été rompues en 2019.

Quoi qu’il en soit, lors de son premier mandat [2017-21], le président Trump avait l’intention de lancer une vaste opération antidrogue en Amérique du Sud. Opération qui ne put être menée puisqu’il dut quitter la Maison Blanche. Mais depuis qu’il a retrouvé le bureau ovale, il entend reprendre les affaires où il les avait laissées.

En août, après avoir mis la tête du président Maduro à prix pour 50 millions de dollars, les États-Unis ont commencé à déployer une puissante force dans les caraïbes, avec pas moins de sept navires [dont l’USS Iwo Jima, susceptible de mettre en œuvre des chasseurs-bombardiers AV-8B Harrier], dix F-35B [basés à Porto Rico], des avions de patrouille maritime P-8A Poseidon et des drones. Au total, 10 000 militaires américains, appartenant essentiellement à l’US Marine Corps [USMC] sont engagés dans cette opération de lutte contre le « narcoterrorisme ».

Mais ce n’est pas fini. Aux vols ponctuels de bombardiers stratégiques B-52H Stratofortress et B-1 Lancer au large du Venezuela viendra s’ajouter ceux des aéronefs embarqués à bord du porte-avions USS Gerald R. Ford, lequel sera mis à disposition du commandement Sud des États-Unis [USSOUTHCOM] après son départ de la Méditerranée, où il se trouve actuellement avec son groupe aéronaval. C’est en effet ce qu’a annoncé Sean Parnell, un porte-parole du Pentagone, le 24 octobre.

« Pour appuyer la directive du Président visant à démanteler les organisations criminelles transnationales [OCT] et à lutter contre le narcoterrorisme […], le secrétaire à la Guerre a dirigé le groupe aéronaval Gerald R. Ford et son escadre aérienne embarquée vers la zone de responsabilité du Commandement Sud des États-Unis », a-t-il dit.

L’USS Gerald R. Ford « renforcera notre capacité à détecter, surveiller et perturber les acteurs et activités illicites qui compromettent la sécurité et la prospérité des États-Unis », a-t-il fait valoir.

Ce porte-avions a appareillé de la base navale de Norfolk, en juin dernier. Son groupe aéronaval se compose notamment des destroyers USS Winston S. Churchill, USS Bainbridge, USS Mahan, USS Mitscher et USS Forrest Sherman, les deux derniers étant respectivement déployés en mer d’Arabie et en mer Rouge. Aussi, il n’est pas certain qu’ils soient envoyés aux Caraïbes, où l’USS Gerald Ford devrait se trouver d’ici une bonne semaine.

Ya Rab Yeshua.

  • 3 semaines plus tard...
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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/

Les Etats-Unis annoncent une nouvelle opération militaire en Amérique latine

 

Le Secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a annoncé jeudi soir une opération militaire visant à « éliminer les narco-terroristes », après un renforcement de la présence navale du pays dans les eaux latino-américaines qui fait craindre des frappes terrestres et un conflit plus large.

« Aujourd’hui, j’annonce l’Opération +SOUTHERN SPEAR+ » (lance du Sud), a écrit Pete Hegseth sur X, ajoutant que « cette mission défend notre Patrie, élimine les narco-terroristes de notre Hémisphère et protège notre Patrie des drogues qui tuent notre peuple ».

 

Il n’a pas détaillé la nature de l’opération ni ce qui la distingue des actions militaires déjà lancées. Sollicité, le Pentagone n’a pas donné plus de précision sur l’opération « Southern spear ».

L’administration du président Donald Trump conduit depuis août une campagne militaire dans les Caraïbes et le Pacifique, avec notamment une demi-douzaine de navires de guerre (dont l’USS Gerald R. Ford) et d’importants moyens aériens dans le cadre de ce qu’elle assure être une opération anti-drogue. Ces dernières semaines, les États-Unis ont admis avoir mené une vingtaine de frappes aériennes dans cette région contre des embarcations qu’ils accusent – sans présenter de preuves – de transporter de la drogue, faisant au total 76 victimes.

Ya Rab Yeshua.

  • 1 mois plus tard...
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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/hegseth-et-la-posture-us-face-au-venezuela-desavoues-par-une-majorite-damericains/

Hegseth et la posture US face au Venezuela désavoués par une majorité d’Américains

Les frappes menées contre des embarcations soupçonnées de narcotrafic dans les Caraïbes, suscitent une inquiétude grandissante, non seulement parmi les élus notamment de l’opposition démocrate, mais aussi parmi les élus républicains, mais également dans le public américain.

Selon un nouveau sondage de Data for Progress, la menace d’une intervention militaire américaine contre le Venezuela est impopulaire et les électeurs la considèrent comme moins prioritaire que l’augmentation des financements alloués aux soins de santé et à la désintoxication:

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Par ailleurs, les temps sont durs pour le Secrétaire à la Guerre, déjà malmené lors de l’affaire des fuites sur une messagerie non sécurisée lors des frappes US contre l’Iran. La cote de popularité de Pete Hegseth, est en baisse de de 9 points chez les électeurs tous partis confondus et de 19 points chez les indépendants.

Enfin, une majorité relative d’électeurs (47% contre 33%) estime que Pete Hegseth devrait démissionner:

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Ya Rab Yeshua.

  • 3 semaines plus tard...
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https://www.revueconflits.com/larrestation-de-nicolas-maduro-un-tournant-majeur-pour-lamerique-latine/

L’arrestation de Nicolás Maduro : un tournant majeur pour l’Amérique latine

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L’arrestation de Nicolás Maduro marque une rupture nette dans la politique américaine à l’égard du Venezuela. Depuis plusieurs années, les États-Unis exerçaient une pression diplomatique, économique et politique sur Caracas dans l’espoir de provoquer un changement de régime, sans jamais franchir le seuil de l’intervention directe. Cette fois, ce seuil a été dépassé.

Une opération militaire d’une grande efficacité

Sur le plan tactique, l’opération apparaît comme une réussite incontestable. Elle a été préparée de longue date, avec une montée en pression progressive : blocus maritime, déploiement de la flotte américaine et intensification de la lutte contre les narcotrafics. À cela s’est ajoutée une infiltration du territoire vénézuélien par les forces spéciales et les services de renseignement.

L’intervention elle-même, menée de nuit, a été fulgurante : frappes ciblées sur des points stratégiques, arrestation rapide de Nicolás Maduro, de son épouse et de membres clés de son entourage par les forces spéciales américaines. D’un point de vue strictement militaire, l’opération constitue un succès.

L’après-Maduro : un défi politique majeur

Le plus difficile reste toutefois à venir. Une fois le régime renversé, se pose la question cruciale de l’après : comment établir un nouveau gouvernement ? Comment garantir la stabilité politique et économique du pays ? Et surtout, comment reconstruire un État affaibli par près de vingt-cinq ans de chavisme, entre Hugo Chávez et Nicolás Maduro ?

Les raisons de l’intervention américaine

Contrairement à une lecture simpliste souvent avancée, l’intervention ne répond pas principalement à des considérations pétrolières. L’enjeu central est sécuritaire. Le Venezuela est devenu un narco-État, marqué par des trafics massifs, drogue, êtres humains, et par une grave crise humanitaire. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui le pays, provoquant une déstabilisation régionale majeure.

Cette instabilité dépasse largement les frontières vénézuéliennes. La Colombie, le Chili et d’autres États d’Amérique latine subissent les conséquences directes de l’effondrement vénézuélien. Au Chili, par exemple, les bandes criminelles venues du Venezuela ont profondément déstabilisé le nord du pays, au point de devenir un thème central de la campagne présidentielle.

Par ailleurs, le Venezuela constituait un pilier économique pour plusieurs régimes anti-américains, en particulier Cuba, à qui Caracas fournissait du pétrole à prix réduit. Aux yeux de Washington, la question vénézuélienne s’inscrit donc dans une stratégie globale de stabilisation du continent latino-américain.

Des répercussions régionales en cascade

À l’échelle régionale, les conséquences pourraient être rapides. Cuba, qui recevait environ 40 000 barils de pétrole par jour du Venezuela, risque une dégradation économique et sociale brutale. Privé de ce soutien, le régime cubain pourrait vaciller dans les semaines à venir, ouvrant la voie à un possible changement de gouvernement.

Le Nicaragua, également dépendant des subsides vénézuéliens, pourrait suivre une trajectoire similaire.

Venezuela et Irak : une comparaison trompeuse

Certains observateurs comparent déjà l’intervention américaine au Venezuela à celle menée en Irak en 2003, redoutant un scénario de chaos prolongé. Cette comparaison est pourtant largement infondée.

L’Irak n’était pas un État-nation homogène ; il ne tenait que par la force d’une dictature et par l’idéologie du parti Baas. Le Venezuela, à l’inverse, est une nation dotée d’une forte cohésion culturelle, ethnique et religieuse. Il dispose d’une classe éduquée capable de gérer les institutions administratives et économiques du pays. Les conditions d’une reconstruction étatique y sont donc bien plus favorables.

Un avenir entre espoir et incertitudes

Comme toujours après la chute d’un dictateur, l’avenir du Venezuela oscille entre promesses et défis. La fin du régime de Nicolás Maduro ouvre une opportunité historique de redressement démocratique. Mais reconstruire un pays profondément affaibli par vingt-cinq ans de mauvaise gouvernance exigera du temps, des compromis politiques et un accompagnement international durable.

L’arrestation de Nicolás Maduro n’est ainsi pas une fin en soi : elle marque le début d’une nouvelle phase, décisive pour le Venezuela et pour l’équilibre de toute l’Amérique latine.

Ya Rab Yeshua.

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Il y en a marre de toutes ces drogues qui circulent librement dans le monde, on voit bien ici en France avec un règlement de comptes chaque jour maintenant...

 

Ça tue deux fois, comme quoi c'est possible ! Par la consommation et par la vente. C'est un bon exemple, on devrait en prendre note pour notre EU qui subit les mêmes trafics. Je note que les US parlent de l'argent dans la santé et la désintoxication, certes, mais c'est la deuxième priorité car tu n'empoches pas la consommation donc cercles infinis.

Il faut d'abord couper l'approvisionnement avant de s'attaquer à la gestion santé et humanitaire sinon c'est du flan qui coûte de l'argent gaspiller, le problème doit être pris dans l'ordre sinon autant rien faire.

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Signature  😁

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https://theatrum-belli.com/operation-absolute-resolve-anatomie-dun-echec-defensif/

Opération "Absolute resolve" : anatomie d'un échec défensif.

US-Navy-Absolute-Resolve-1.jpg Crédit : US Navy.

Dans la nuit du samedi 3 janvier, les États-Unis ont lancé l’opération « Absolute Resolve » avec pour objectif de capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. Cette intervention, conduite par surprise, s’est soldée par un succès tactique indéniable et a même pu paraître, vue de l’extérieur, d’une exécution presque « aisée ».

Une telle impression de facilité a rapidement nourri des commentaires et des interprétations parfois hâtives. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se dissimule en réalité toute la complexité propre aux opérations spéciales de ce niveau. L’attaque n’a rien eu d’improvisé : elle a été préparée de longue date, coordonnée entre de multiples acteurs et surtout rendue possible par un travail de renseignement approfondi mené en amont.

Il convient donc de revenir en détail sur son déroulement. En s’appuyant sur les éléments actuellement disponibles, mais aussi en prenant en compte les nombreuses zones d’ombre qui demeurent, nous proposons d’analyser cette opération sous l’angle technique et tactique afin d’en mieux comprendre la logique, les difficultés et les enseignements.  

US-Navy-Absolute-Resolve-2.jpg Crédit : US Navy.

Les faits

L’opération paraît avoir débuté par une cyberattaque de grande ampleur visant le système électrique de la capitale. Celle-ci a provoqué des coupures de courant sur de vastes secteurs de Caracas, plongeant une partie importante de la ville dans l’obscurité. Cette interruption a très probablement eu pour effet secondaire de perturber les communications militaires vénézuéliennes et de ralentir les temps de réaction des forces locales.

Parallèlement, un dispositif aérien exceptionnel a été mis en place. Plus de 150 aéronefs militaires — drones, avions de chasse, bombardiers et plateformes de commandement et de guerre électronique — auraient été mobilisés. Les moyens engagés comprenaient notamment des F-18E/F Super Hornet, des F/A-18G Growler spécialisés dans le brouillage, ainsi que des F-35, F-22 et bombardiers B-1B, appuyés par des avions radar E-2D et divers drones de surveillance. Ces appareils auraient décollé d’une vingtaine de bases américaines et de navires de la Marine, afin de constituer une couverture permanente autour du territoire vénézuélien.

Selon les sources, une partie des chasseurs aurait longé les côtes à très basse altitude, parfois à moins de 50 mètres au-dessus de l’eau, afin d’échapper à la détection radar quand d’autres sources parlent d’appareils qui auraient, au contraire, évolué à haute altitude[1], prêts à intervenir en cas d’apparition de menaces. Dans tous les cas, les plateformes radar, les avions de guerre électronique et les ravitailleurs sont demeurés en altitude pour assurer la coordination et le soutien du raid.

Les autorités américaines ont indiqué avoir entrepris, dès les premières heures, le démantèlement et la neutralisation des systèmes de défense aérienne du Venezuela, « en utilisant des armes pour garantir le passage en toute sécurité des hélicoptères chargés de l’assaut ». Un responsable américain a précisé que les frappes visaient principalement des installations radar et des tours de transmission radio, considérées comme les éléments critiques du dispositif adverse.

À ce stade, les images disponibles permettent de confirmer la destruction d’au moins un système sol-air de type Buk-M2E déployé sur la base aérienne de La Carlota, qui semblait être le seul équipement de ce type présent dans ce secteur. Des destructions ont également été constatées sur six bases militaires, dont au moins une installation dédiée aux transmissions. En revanche, aucun des sites radar connus du pays ne semble, pour le moment, avoir été frappé de manière identifiable.

Les séquences visuelles diffusées montrent par ailleurs que les hélicoptères américains ont ouvert le feu sur certaines cibles à proximité immédiate de leur objectif. Cela témoigne de quelques foyers de résistance, restés toutefois isolés et dépourvus d’armements adaptés pour s’opposer efficacement à des aéronefs modernes.

Carte-cibles-Venezuela-scaled.jpg

Les capacités de détection radar vénézuéliennes

Depuis plusieurs années, l’armée vénézuélienne s’est effectivement équipée de radars de fabrication chinoise, notamment des JYL-1 et un ou deux exemplaires du radar de très longue portée JY-27. Toutefois, la surveillance de l’espace aérien du pays repose encore très largement sur un parc de radars d’origine occidentale, parmi lesquels figurent des systèmes AN/TPS-70, ATCR-33, ASR-11, ASR-23SS, ATCR-44 ou encore STAR 2000.

Au regard de ce réseau de détection diversifié, et compte tenu surtout du nombre particulièrement élevé d’appareils américains mobilisés, il paraît peu vraisemblable que leur présence soit passée inaperçue. Une force aérienne de cette ampleur ne peut être dissimulée durablement. Même en tenant compte de l’engagement de plateformes dites « furtives » (F-35, F-22), la furtivité radar ne rend pas un aéronef invisible : elle vise avant tout à retarder sa détection et à compliquer son suivi.

Or, le volume d’appareils non furtifs engagés dans l’opération était tel que le déploiement de forces américaines ne pouvait être ignoré. Cette démonstration de puissance a sans doute été délibérée. Elle ne laissait en effet guère d’espoir à l’aviation militaire vénézuélienne, qui est restée à l’écart et n’a pas tenté de s’opposer au raid.

La poignée d’appareils qui auraient éventuellement pu être mis en vol en urgence n’aurait, de toute façon, eu aucune chance face à une telle armada. Une confrontation directe se serait apparentée à une mission suicide quelque soit les qualités des appareils ou des pilotes. Fait révélateur, les deux principales bases aériennes du pays, celles abritant les avions de chasse F-16 et Su-30MK2V, ont d’ailleurs été épargnées par les frappes américaines, signe que Washington ne considérait pas la force aérienne adverse comme une menace très importante.

US-Navy-Absolute-Resolve-3.jpg Crédit : US Navy.

La défense sol/air vénézuélienne

Beaucoup se sont étonnés de l’absence de réaction de la défense sol-air vénézuélienne. Sur le papier, celle-ci peut paraître relativement bien dotée. Pourtant, elle demeure en réalité peu nombreuse pour un pays dont la superficie représente environ 1,6 fois celle de la France.

L’arsenal connu se compose principalement de deux batteries de longue portée S-300VM « Antey-2500 », de neuf systèmes mobiles de moyenne portée 9K317M2 Buk-M2E, d’une quarantaine de systèmes plus anciens S-125 Pechora-2M, aujourd’hui largement dépassés, ainsi que de quelques centaines de pièces d’artillerie antiaérienne telles que les ZU-23-2. À cela s’ajoutent plusieurs milliers de missiles sol-air portables, dont le statut réel — disponibilité, maintenance, niveau de formation des opérateurs — reste difficile à établir. La présence de systèmes russes de défense rapprochée Pantsir-S1 a parfois été évoquée, mais leur livraison n’a jamais été confirmée de manière formelle.

Il faut également souligner que les systèmes S-300VM constituent des équipements complexes et exigeants en matière de soutien technique. Plusieurs observateurs estiment que ces deux batteries ne sont probablement pas pleinement opérationnelles, en raison d’un entretien insuffisant, en particulier pour leurs radars d’acquisition et de conduite de tir. De façon plus générale, l’armée vénézuélienne souffre de lacunes chroniques en matière d’entraînement, de disponibilité des pièces détachées et de maintenance régulière de matériels hétérogènes.

Dans ces conditions, il est vraisemblable qu’une partie seulement des moyens annoncés était effectivement opérationnelle. Le dispositif n’apparaissait donc pas comme une menace insurmontable pour une opération américaine très limitée géographiquement, conduite par surprise et sur un laps de temps réduit.

Dès lors, l’absence de réaction s’explique assez logiquement. Entre la neutralisation préalable des rares systèmes sol-air déployés dans la zone d’intervention, le faible niveau d’entraînement des forces locales et la désorganisation engendrée par la cyberattaque ayant affecté le réseau électrique, il n’est pas surprenant que la défense antiaérienne vénézuélienne soit restée muette.

US-Navy-Absolute-Resolve-5-scaled.jpg Crédit : US Navy.

Scénario possible et probable des opérations

D’après les informations disponibles, le dispositif aérien américain serait demeuré dans l’espace aérien international. Sa mission n’aurait pas été de pénétrer le territoire vénézuélien, mais bien de couvrir et de sécuriser un raid héliporté conduit à très basse altitude. Les hélicoptères chargés de l’assaut auraient ainsi progressé sous les faisceaux radar afin de retarder au maximum leur détection.

Dans ce schéma, les avions radar E-2D Hawkeye jouaient un rôle central, assurant la surveillance de toute activité aérienne adverse et en particulier la détection d’éventuels décollages de l’aviation vénézuélienne. Parallèlement, les appareils spécialisés de guerre électronique F/A-18G Growler étaient chargés de brouiller ou de neutraliser les systèmes sol-air susceptibles d’être activés dans la zone des opérations.

Les chasseurs de supériorité aérienne F-22 Raptor et les F-18E/F Super Hornet constituaient la principale couverture air-air. Ils devaient être prêts à intercepter tout aéronef hostile tentant de s’opposer au raid. Compte tenu du rapport de forces, une réaction vénézuélienne se serait heurtée à des moyens très supérieurs et aurait été extrêmement risquée.

Les avions furtifs F-35 auraient été utilisés pour fournir un appui-feu complémentaire. Leur moindre détectabilité radar permettait de s’approcher d’éventuelles cibles mobiles sans s’exposer outre mesure, tout en apportant une capacité de frappe de précision supplémentaire si nécessaire.

De leur côté, les bombardiers B-1B ont très probablement tiré des missiles à distance de sécurité, selon un mode dit « stand-off », afin de traiter des objectifs préalablement désignés : dépôts logistiques, centres de commandement, installations de transmissions ou équipements de défense aérienne. Les drones assuraient quant à eux la surveillance en temps réel au plus près de l’action, permettant d’éclairer la situation tactique et, le cas échéant, de délivrer eux aussi des frappes ponctuelles.

L’ensemble de ce dispositif visait à garantir aux forces américaines une maîtrise complète du ciel tout en restant à distance du territoire. Les frappes contre certaines bases et infrastructures, combinées à la cyberattaque initiale sur le réseau électrique, ont contribué à désorganiser profondément la chaîne de commandement vénézuélienne et à réduire drastiquement ses capacités de réaction.

Ce très haut niveau de préparation révèle une connaissance fine des moyens militaires locaux et du comportement de la cible, Nicolás Maduro. Il suggère un travail de planification mené sur une longue période et rend crédibles plusieurs hypothèses : infiltration préalable d’agents américains, retournement d’officiers ou complicité interne ayant facilité la préparation et l’exécution de la mission.

***

Cette opération militaire constitue une démonstration remarquable du niveau de préparation et de compétence opérationnelle atteint par l’armée américaine, niveau dont peu de nations seraient aujourd’hui capables. L’ampleur des moyens engagés ne doit toutefois pas être sous-estimée : un déploiement de forces particulièrement important a été nécessaire afin d’assurer à la fois un effet pleinement dissuasif et une protection maximale aux unités chargées de conduire l’assaut.

Les forces américaines ont tiré parti d’un différentiel de puissance écrasant en leur faveur, d’une planification très minutieuse et d’un adversaire déjà fortement affaibli sur les plans militaire et institutionnel. Dans ce contexte, certaines comparaisons apparues dans les médias doivent être considérées avec prudence. L’opération ne saurait notamment être assimilée à l’assaut aéroporté russe sur la piste d’Hostomel au début de l’année 2022. Si l’objectif initial — de s’en prendre à la tête d’un état — peut sembler comparable, la finalité et l’environnement opérationnel étaient profondément différents. L’armée ukrainienne de 2022 disposait en effet de capacités, d’équipements et d’un niveau d’entraînement sans commune mesure avec ceux des forces vénézuéliennes actuelles.

Il convient enfin de rappeler qu’à ce stade, l’opération « Absolute Resolve » n’a pas entraîné de changement de régime au Venezuela. Le pouvoir chaviste demeure techniquement en place et les États-Unis n’ont pas, pour l’heure, déployé de troupes destinées à prendre le contrôle du pays. Le succès tactique obtenu ne préjuge donc pas des évolutions politiques à venir ni des conséquences stratégiques de plus long terme.

Vidéos de l’US Navy.

 
 
 
Olivier DUJARDIN
Olivier DUJARDIN
Olivier Dujardin : ancien militaire spécialisé dans la guerre électronique et le renseignement d’origine électromagnétique. Au cours de sa carrière, il a travaillé sur l’analyse des radars, des systèmes de détection et des systèmes d'armes, développant une expertise technique dans ces domaines. Après 20 ans d'armée, il a poursuivi ses travaux au sein de plusieurs centres et revues spécialisés, notamment le CF2R, où il a rédigé de nombreux articles portant sur les drones, la défense sol-air et l’évolution des pratiques opérationnelles. Il est co-auteur de "Drones et lutte anti-drone", ouvrage écrit avec Lauraline Maniglier, qui présente une analyse complète des usages militaires et civils des drones ainsi que des moyens de détection et de neutralisation. Il est également co-auteur, aux côtés d’Éric Denécé, de "Guerre en Ukraine : réalité du terrain", un livre qui propose un retour d’expérience documenté sur les premières phases du conflit, basé sur les constats opérationnels et techniques observés sur le terrain.

 

 

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Atlantique Nord : les Etats-Unis s'emparent du pétrolier fantôme BELLA 1 malgré une escorte navale russe.

 

Super-tanker.jpg

Une opération audacieuse menée dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord ce 7 janvier 2026 illustre l’intensification des tensions maritimes liées au blocus américain du Venezuela. Le pétrolier BELLA 1, rebaptisé MARINERA et passé sous pavillon russe, a finalement été arraisonné par les forces américaines au large de l’Islande, malgré la présence d’un sous-marin et de navires de guerre russes dans la zone.

L’opération qui s’est achevée ce mercredi marque l’aboutissement d’une poursuite maritime spectaculaire débutée le 21 décembre 2025 dans les Caraïbes. Le pétrolier BELLA 1, sanctionné par Washington depuis 2024 pour ses liens présumés avec l’Iran et le Hezbollah libanais, tentait alors de rejoindre les eaux vénézuéliennes lorsqu’il fut repéré par les garde-côtes américains dans le cadre du blocus naval mis en place contre les pétroliers transportant du pétrole sanctionné.

Face à la première tentative d’interception, l’équipage du navire refusa l’arraisonnement et prit la décision audacieuse de traverser l’Atlantique vers la Russie. En pleine mer, le bâtiment changea de nom pour devenir le MARINERA, fit peindre un drapeau russe sur sa coque et obtint le 24 décembre une autorisation provisoire de navigation sous pavillon de la Fédération de Russie. Le navire coupa également ses balises GPS, naviguant « en mode furtif » à travers l’océan. 

Forces américaines déployées 

L’arraisonnement du pétrolier a mobilisé des moyens navals et aériens considérables du côté américain, coordonnés entre plusieurs agences gouvernementales :

Moyens navals :

  • USCGC MUNRO : Ce patrouilleur hauturier de la classe Legend des garde-côtes américains (USCG) a assuré le suivi continu du pétrolier pendant plus de deux semaines à travers l’Atlantique. Long de 127 mètres et déplaçant 4 500 tonnes, le MUNRO dispose d’un armement conséquent et d’un hélicoptère embarqué.

Forces spéciales :

  • Des images diffusées par la chaîne russe RT montrent la présence d’hélicoptères MH-6 Little Bird, typiquement utilisés par le 160th Special Operations Aviation Regiment (SOAR) de l’US Army. La présence de ces appareils, dont le rayon d’action est d’environ 200 kilomètres, implique nécessairement une plateforme maritime de lancement à proximité, probablement un navire amphibie.
  • Des équipes d’abordage composées de gardes-côtes et possiblement de forces spéciales ont mené l’assaut final.

L’opération a été menée conjointement par le Département de la Justice, le Département de la Sécurité intérieure (dont dépendent les garde-côtes) et le Département de la Défense (anciennement Département de la Guerre sous l’administration Trump), comme l’a confirmé l’US European Command (EUCOM).

Le ministère de la Défense britannique a révélé avoir fourni un « soutien opérationnel planifié » aux forces américaines, confirmant l’implication de l’OTAN dans cette opération sensible menée dans le détroit entre le Royaume-Uni, l’Islande et le Groenland (zone dite du « GIUK Gap », traditionnellement stratégique pour surveiller les mouvements navals russes). 

Le dispositif naval russe 

La Russie a déployé des moyens navals inhabituels pour protéger le pétrolier, dans ce qui constitue une escalade rare dans la protection d’un navire commercial :

Selon plusieurs sources américaines citées par Reuters, le Wall Street Journal et NBC News, au moins un sous-marin de la marine russe escortait le MARINERA lors de son arraisonnement. Bien que le type exact n’ait pas été révélé, la marine russe dispose dans sa flotte du Nord de sous-marins nucléaires d’attaque de classe Akula et Severodvinsk, ainsi que de sous-marins lance-missiles de croisière de classe Oscar-II, capables d’opérations prolongées en Atlantique.

Des bâtiments de guerre russes non identifiés se trouvaient également « dans la zone générale de l’opération », selon les responsables américains, sans qu’une confrontation directe n’ait eu lieu entre les forces américaines et russes. Les sources précisent que ces navires se tenaient à distance du théâtre d’opération immédiat.

Au moment de l’opération américaine vers 7h00 GMT, le pétrolier se trouvait à environ 200 kilomètres au sud des côtes islandaises, dans la zone économique exclusive de l’Islande, après avoir ralenti brusquement sa vitesse à huit nœuds. La communication avec le navire fut perdue dès que les forces américaines montèrent à bord, selon le ministère russe des Transports.

L’arraisonnement a été effectué « en vertu d’un mandat délivré par un tribunal fédéral américain » pour violation des sanctions américaines. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré que « le blocus du pétrole vénézuélien illégal et sanctionné reste pleinement en vigueur, partout dans le monde. »

Le ministère des Affaires étrangères russe avait tenté d’empêcher l’opération en envoyant une note diplomatique à Washington. Après l’arraisonnement, Moscou a dénoncé « l’usage de la force par Washington contre un navire battant pavillon russe » et rappelé que « conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, en haute mer s’applique le régime de liberté de navigation, et aucun État n’a le droit d’employer la force à l’encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d’autres États. »

Le ministère russe a qualifié l’attention portée au navire par les États-Unis et l’OTAN de « manifestement disproportionnée par rapport à son statut pacifique », tout en demandant « le traitement humain et le retour rapide des citoyens russes à bord. »

Cette saisie s’inscrit dans le cadre de la campagne de pression maritime américaine contre le Venezuela, intensifiée après la capture du président Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines lors d’un raid à Caracas le 4 janvier 2026. Washington accuse le régime vénézuélien de « narcoterrorisme » et exige l’accès des compagnies pétrolières américaines aux vastes réserves du pays.

Le BELLA 1/MARINERA fait partie de ce que les États-Unis appellent la « flotte fantôme » – des pétroliers opérant sous différents pavillons de complaisance pour contourner les sanctions internationales et transporter du pétrole pour la Russie, l’Iran et le Venezuela. Depuis décembre 2025, au moins six autres pétroliers sanctionnés ont changé leur pavillon pour celui de la Russie, dont l’HYPERION (en route vers le port russe d’Oust-Louga) et le PREMIER (encore dans les Caraïbes).

Quelques heures après l’arraisonnement du MARINERA, les forces américaines ont également intercepté le pétrolier M/T SOPHIA dans la mer des Caraïbes, un navire « sans pavillon » également sous sanctions, qui sera escorté vers les États-Unis pour immobilisation.

MARINERA.jpg Crédit : DR.

Implications stratégiques

Cette opération marque un tournant dans la confrontation maritime entre les États-Unis et la Russie. C’est apparemment la première fois qu’un navire battant pavillon russe est saisi par les forces américaines dans le cadre de cette campagne, malgré la présence dissuasive d’un sous-marin nucléaire russe.

L’incident soulève des questions juridiques complexes sur l’application extraterritoriale des sanctions américaines et l’équilibre entre les principes de liberté de navigation et l’application des régimes de sanctions internationales. Il démontre également la détermination de Washington à faire respecter son blocus « partout dans le monde », selon les termes du secrétaire Hegseth, même au risque d’une confrontation directe avec la marine russe.

Le MARINERA naviguait vide au moment de sa capture, selon le site spécialisé TankerTrackers, ce qui suggère qu’il se dirigeait effectivement vers la Russie plutôt que vers le Venezuela pour y charger du pétrole. Son sort juridique et celui de son équipage russe demeurent incertains, alors que se profile une crise diplomatique majeure entre Moscou et Washington sur fond de tensions déjà exacerbées concernant l’Ukraine et le Venezuela.

Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, a salué « deux opérations d’arraisonnement sûres et efficaces menées en quelques heures », louant « l’équipage héroïque de l’USCGC MUNRO ».

https://theatrum-belli.com/atlantique-nord-les-etats-unis-semparent-du-petrolier-fantome-bella-1-malgre-une-escorte-navale-russe/

Ya Rab Yeshua.

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