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https://www.opex360.com/2026/02/14/armee-de-terre-une-etude-recommande-lachat-de-lance-roquettes-multiples-sud-coreens-k239-chunmoo/

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Pour être en mesure d’aligner une division « bonne de guerre » en 2027, l’armée de Terre doit impérativement disposer d’une capacité de frappe dans la profondeur.

Actuellement, celle-ci repose sur une poignée de Lance-roquettes unitaires [LRU] mis en œuvre par le 1er Régiment d’Artillerie [RA]. Mais, cet équipement n’étant plus soutenu au niveau industriel, il faut des trésors d’ingéniosité pour le maintenir en service.

Pour remplacer les LRU frappés d’obsolescence, il n’y a que deux solutions : acquérir des lance-roquettes multiples [LRM] déjà sur le marché, ce qui induit un risque de dépendance, ou développer une solution souveraine.

La deuxième option est privilégiée par la Direction générale de l’armement [DGA] qui, en 2023, a lancé le programme FLP-T [Frappe Longue Portée – Terrestre], via un partenariat d’innovation au titre duquel deux groupements momentanés d’entreprises [GME] ont été retenus : ArianeGroup et Thales pour l’un, MBDA et Safran pour l’autre. Seulement, la solution qui s’imposera risque fort de ne pas être opérationnelle avant 2030…

Mais un troisième acteur français s’est invité dans ce dossier. En 2025, la PME Turgis Gaillard a en effet dévoilé le « Foudre », un LRM pouvant être développé rapidement. S’il a suscité l’intérêt de la DGA, ce système, doté de la conduite de tir EFCS [European Fire Control System] d’Airbus Defence & Space, n’a pas de munition à tirer pour le moment.

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Aussi, l’acquisition d’une solution intérimaire « sur étagère » n’est pas à écarter. Ces derniers mois, il a été avancé que l’armée de Terre s’intéressait non pas au M142 HIMARS américain ou au PULS israélien mais au Pinaka indien. Ce que l’ex-Délégué général pour l’armement, Emmanuel Chiva, a confirmé lors de sa dernière audition au Sénat, en novembre.

« Nous nous intéressons à la solution indienne Pinaka, qui pourrait faire partie des offsets du programme Rafale », a-t-il dit, avant de préciser qu’un « choix sera fait sur l’option prioritaire retenue » dans le courant de l’année 2026.

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Sauf que l’acquisition du Pinaka ne serait pas forcément une bonne idée, selon une étude que vient de publier l’Institut français des relations internationales [IFRI].

Certes, le LRM indien présente l’avantage d’être peu coûteux, en tout cas beaucoup moins que les autres systèmes du même type [son prix unitaire serait compris entre 0,5 et 1 million d’euros]. En outre, il pourrait être livré très rapidement à l’armée de Terre, grâce à des prélèvements dans l’inventaire de l’Indian Army. Enfin, son acquisition permettrait de renforcer le partenariat franco-indien.

Pour autant, estime Léo Péria-Peigné, l’auteur de cette étude de l’IFRI, les avantages de cette solution indienne sont « contrebalancés par un ensemble de facteurs structurellement défavorables ».

« Tout d’abord, le Pinaka reste un système de deuxième génération basé sur un concept soviétique de LRM de saturation, pensé pour employer des roquettes de 122 mm et équivalent », rappelle M. Péria-Peigné. En outre, lancé en 1986, son développement a été « particulièrement long et complexe » et ses « performances sont très inférieures à celles des autres LRM de troisième génération », poursuit-il. Qui plus est, la « qualité de ses munitions est sujette à caution à la suite d’un certain nombre d’accidents », souligne-t-il.

Toujours au sujet des munitions du Pinaka, l’étude pose la question de leurs performances. « Une roquette Mark 2 portant à 75 km – soit la portée des LRU français actuels – est qualifiée mais n’a pas encore été commandée ou livrée. Une munition Mark 3 portant à 120 km est en développement et ne devrait pas être disponible avant 2030, alors qu’il s’agit d’une capacité déjà maîtrisée et
dépassée sur le M142, le PULS et le Chunmoo. Un projet de munition portant à 300 km est également évoqué, mais sans précision quant aux délais », détaille son auteur.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’India Army a récemment commandé des PULS auprès d’Elbit Systems afin d’être en mesure d’atteindre des cibles situées à 300 km de distance.

Quoi qu’il en soit, s’agissant des munitions que le Pinaka peut utiliser actuellement, la question de leur compatibilité avec les normes de l’Otan se pose puisqu’elles ne « correspondent pas aux standards de l’Alliance en termes de calibres, de sécurité d’emploi et de normes pyrotechniques », relève l’étude. S’ajoute à cela leur capacité à résister au brouillage électronique étant donné qu’elles contiennent des composants civils. Enfin, « il est peu probable que l’Inde transfère à la France la capacité de production des roquettes du Pinaka en raison du faible nombre de systèmes envisagés » par la Loi de programmation militaire, estime son auteur. 

Celui-ci soulève un autre point : celui de la crédibilité de la France sur la scène européenne.

« Au-delà des enjeux d’interopérabilité, un tel choix saperait également la crédibilité du discours français promouvant l’acquisition d’armement européen. S’il n’existe pas de LRM européen en tant que tel, introduire un quatrième système moins performant que ceux déjà disponibles en Europe ne manquerait pas d’amoindrir la crédibilité française », avance M. Péria-Peigné.

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Dans ces conditions, et sous réserve que le FLP-T [ou le Foudre] ne soit pas prêt à temps, quelle serait la meilleure solution ? Au-delà de ses qualités, le M142 HIMARS peut être écarté, notamment à cause de ses délais de livraison [au moins quatre ans] et de son prix [23 millions d’euros, munitions comprises].

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Acquis par les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne et la Grèce, le PULS (ci-dessus) pourrait être intéressant… mais l’étude estime qu’il « reste cependant marginal en Europe » et qu’il « souffre de la compétition américaine, autant que des tensions entre les États européens et Israël ». Qui plus est, « des inquiétudes existent aussi quant à ‘l’étanchéité numérique’ de cette plateforme aux interventions israéliennes ou même américaines », souligne-t-elle.

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Reste le K239 Chunmoo sud-coréen (ci-dessus) qui, selon l’étude de l’IFRI, coche presque toutes les cases.

« Il dispose […] d’une gamme de munitions étendue et d’une feuille de route de développement de long terme, tout en restant ouvert à l’intégration de munitions locales, la maîtrise de celles-ci étant in fine le seul enjeu réellement stratégique », avance-t-elle.

En outre, continue-t-elle, il s’agit du « LRM moderne acquis en plus grand nombre en Europe et dont la production de munitions doit être amorcée en Pologne avant 2030 » et ses délais de livraison, « a fortiori pour une commande en quantités limitées, devraient être courts, l’option du prélèvement sur les stocks de l’armée sud-coréenne ou de l’association à la commande polonaise restant possibles ».

Autre point positif : l’interface du K239 est assez proche de celle du M270 [dont est issu le LRU], ce qui ne peut que faciliter son appropriation par les artilleurs de l’armée de Terre.

En revanche, le poids total autorisé en charge du Chunmoo n’est pas conforme aux normes françaises. Ce qui, pour l’IFRI, n’est pas un problème dans la mesure où il peut être réglé « par l’installation du panier sur un châssis local plus léger, solution choisie par la Pologne ».

« In fine, l’acquisition de Chunmoo pourrait être une solution intermédiaire crédible, tout en préparant des bases solides pour la future capacité française qui en réutiliserait les lanceurs pour tirer les munitions actuellement développées par la Base industrielle et technologique de défense française aux côtés de celles développées par la Suède [GLSBD] ou la Pologne », fait valoir l’étude.

« À plus long terme, ces munitions françaises pourraient aussi être proposées de manière native aux autres utilisateurs du K239, ouvrant un important marché à l’export en Europe comme au Proche-Orient », conclut-elle.

Ya Rab Yeshua.

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Finalement, il n’y a pas vraiment de problème ! En attendant la solution locale, pourquoi pas utiliser ce système sans compromettre l'alliance EU.

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  • 1 mois plus tard...
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https://www.opex360.com/2026/04/03/la-france-et-la-coree-du-sud-veulent-renforcer-leur-cooperation-industrielle-en-matiere-de-defense/

La France et la Corée du Sud veulent renforcer leur coopération industrielle en matière de défense

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Malgré des relations diplomatique établies il y a 140 ans, la coopération militaire entre la France et la République de Corée [ou Corée du Sud] se limite notamment à un dialogue stratégique portant sur les défis qui leur sont communs, comme la cyberdéfense et la sécurité maritime dans la région indopacifique.

Pour autant, explique le Quai d’Orsay, «si la Corée du Sud peut compter sur la participation de la France dans les opérations visant à garantir sa sécurité au sein du Commandement des Nations unies, la France peut également compter sur l’appui de la Corée du Sud dans le bon déroulement de ses exercices de la région», comme l’a confirmé l’édition 2023 de la mission PEGASE [Projection d’un dispositif aérien d’EnverGure en Asie du Sud-Est], menée par l’armée de l’Air & de l’Espace.

S’agissant des équipements militaires, la Corée du Sud a passé pour 1,7 milliard d’euros de commandes auprès de la Base industrielle et technologique de défense [BITD] française au cours de la période 2015-25.

Dans le même temps, Séoul s’attache à promouvoir son industrie de l’armement, en misant sur la recherche et le développement ainsi que sur les synergies des technologies civiles et militaires. Non sans succès car, au cours des dix dernières années, les exportations sud-coréennes d’équipements militaires ont été multipliées par dix, grâce à plusieurs succès obtenus en Europe [Pologne, Roumanie, Norvège, etc.] et au Moyen-Orient [Émirats arabes unis].

En outre, la BITD sud-coréenne ne cesse de monter en gamme dans tous les domaines : le char K2 «Black Panther», l’obusier automoteur K-9 Thunder, le lance-roquettes multiple K239 Chunmoo, le système de défense aérienne Cheongun-II, le sous-marin de type KSS-III ou encore le chasseur-bombardier KF-21 Boramae en témoignent.

Cela étant, la Corée du Sud ne maîtrise pas encore certains savoir-faire particuliers, comme ceux permettant de construire un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA]. Dans une note publiée en février, le Dr Cheong Seong-chang, numéro deux de l’institut Sejong, a plaidé pour établir une coopération avec la France dans ce domaine.

«La France place l »autonomie stratégique’ comme pilier de son identité nationale, la distinguant fondamentalement des États-Unis. Elle exploite quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et des sous-marins nucléaires d’attaque de classe Barracuda [classe Suffren], et dispose d’installations d’enrichissement de l’uranium en propre. La classe
Barracuda, qui utilise de l’uranium faiblement enrichi [UFE], présente, d’un point de vue de la non-prolifération nucléaire, des obstacles juridiques comparativement plus faibles pour une coopération technologique avec la Corée du Sud», a-t-il ainsi fait valoir.

Cependant, le gouvernement sud-coréen a préféré sceller un partenariat avec les États-Unis pour se doter d’une telle capacité. Ira-t-il jusqu’au bout ?

Quoi qu’il en soit, à l’occasion d’une visite officielle du président Macron à Séoul, le 2 avril, la France et la Corée du Sud sont convenues de renforcer significativement leur coopération militaire, y compris au niveau industriel.

«Dans le domaine de la sécurité et de la défense, la France et la Corée du Sud sont animées par une volonté commune de contribuer à la stabilité, la sécurité et la prospérité dans leurs régions respectives et au-delà. Elles sont déterminées à approfondir leurs relations dans le domaine de la défense en poursuivant des échanges stratégiques réguliers, en améliorant l’interopérabilité entre leurs forces armées et en renforçant les échanges d’informations», ont affirmé le président Macron et son homologue sud-coréen, Lee Jae Myung, dans une déclaration conjointe.

À cette fin, il est question de «renouveler et d’enrichir les accords structurant» les coopérations déjà établies et de «créer des opportunités d’interactions» entre les forces françaises et sud-coréennes. En clair, il s’agit de planifier davantage d’exercices conjoints.

«L’actualisation de l’Accord relatif à l’échange d’informations classifiées dans le domaine de la défense et la planification d’une escale de la mission aérienne PEGASE à l’automne 2026 illustrent cet effort commun», a souligné la déclaration conjointe.

Enfin, les deux pays «renforceront les coopérations en matière d’industrie de défense qui sont d’intérêt commun, en vue de renforcer leurs bases nationales industrielles et technologiques de défense».

Lors d’une conférence de presse donnée au côté de M. Lee, Emmanuel Macron a défini les enjeux de ce renforcement de la coopération militaire entre la France et la Corée du Sud.

«Avec une plus grande intimité stratégique, avec des exercices conjoints, et avec aussi plus de coopération dans la production et les capacités militaires critiques, nous souhaitons nous doter de part et d’autre d’une plus grande profondeur stratégique en matière de production militaire», a-t-il dit.

Reste à voir comment cela va s’organiser dans les prochains mois. Un domaine de coopération possible serait celui des feux dans la profondeur, avec l’acquisition de lance-roquettes multiples K239 Chunmoo pour remplacer les lance-roquettes unitaires [LRU] de l’armée de Terre d’ici 2027. Acquisition qui a d’ailleurs été récemment recommandée par une étude publiée par l’Institut français des relations internationales [IFRI].

Photo : K239 Chunmoo

Ya Rab Yeshua.

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