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https://www.opex360.com/2026/02/25/selon-un-ancien-pdg-dairbus-berlin-a-commis-une-erreur-strategique-en-salliant-avec-paris-pour-faire-le-scaf/

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Faute de pouvoir surmonter le désaccord profond entre Dassault Aviation [désigné maître d’œuvre] et Airbus sur la meilleure façon de développer un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter], le Système de combat aérien du futur [SCAF] est dans une impasse. Et l’Allemagne s’impatiente, au point d’envisager de se retirer de ce projet, comme l’a suggéré son chancelier, Friedrich Merz, la semaine passée.

Contrairement à Paris, qui fait de ce dossier un enjeu politique, Berlin considère que le NGF, tel qu’il a été défini, ne correspond pas aux besoins de la Bundeswehr, cette dernière ne disposant pas de porte-avions, ni de forces stratégiques.

Ce dont on pouvait toutefois se douter au moment du lancement du SCAF par le président Macron et la chancelière Angela Merkel, en juillet 2017.

D’ailleurs, PDG d’Airbus entre 2012 et 2019, Tom Enders a récemment estimé que, en se détournant de son partenaire habituel dans le domaine de l’aviation de combat – à savoir le Royaume-Uni -, l’Allemagne avait commis une « erreur stratégique ».

« La décision du gouvernement allemand en 2017 de développer la prochaine génération [d’avions de combat] non pas avec Londres, mais avec Paris, était principalement motivée par la déception politique liée au Brexit. Rétrospectivement, il s’agissait d’une erreur stratégique », a en effet affirmé M. Enders, dans une tribune publiée par le réseau Redaktionsnetzwerk Deutschland, le 23 février.

Actuellement, M. Enders est à la tête du Conseil allemand des relations étrangères, président du conseil d’administration de KNDS et membre du conseil de surveillance de Helsing.

Par ailleurs, l’achat par Berlin de chasseurs-bombardiers F-35A est une « autre grave erreur » aux yeux de l’ex-PDG d’Airbus.

« L’Allemagne n’a pas non plus besoin de nouvelles plateformes américaines, ce qui ne ferait qu’accroître et prolonger sa dépendance envers des États-Unis de plus en plus imprévisibles. L’achat des avions de chasse F-35, excessivement coûteux – initié sous le gouvernement Merkel – fut, après l’abandon du partenariat historique avec les Britanniques, une autre grave erreur », a-t-il fait valoir.

Sur ce point, et sous réserve qu’il ne se soit pas trompé, M. Enders a fait une petite révélation. Pour rappel, la coalition gouvernementale dirigée par Mme Merkel avait initialement choisi le F/A-18 Super Hornet de Boeing pour remplacer les chasseurs-bombardiers Tornado et permettre ainsi à la Luftwaffe de maintenir sa participation aux plans nucléaires de l’Otan. La décision d’acquérir des F-35A a été prise par le chancelier Olaf Scholz, en mars 2022. Faut-il en déduire qu’elle était dans les tuyaux bien avant ?

Quoi qu’il en soit, pour débloquer le SCAF, et comme le pilier le plus important de ce projet est sans doute le « cloud de combat », c’est-à-dire la bulle de connectivité censée garantir l’interopérabilité entre les forces aériennes françaises, allemandes et espagnoles, une solution consistant à développer deux avions de combat de nouvelle génération a été proposée par l’Association des industries aérospatiales d’outre-Rhin [BDLI] et Airbus.

Ayant présidé les deux par le passé, M. Enders estime que cette proposition est une fausse bonne idée car elle « ne constitue pas une analyse objective des nécessités militaires et technologiques ».

« L’Allemagne possède sans aucun doute les capacités technologiques pour développer son propre avion de chasse », a toutefois concédé M. Enders. Mais, a-t-il ajouté, « les coûts et les délais seraient colossaux » car « même en étant prudent, il faudrait lever des centaines de milliards de dollars rien que pour le développement [ce qui paraît exagéré, ndlr] » et « sa mise en service n’interviendrait pas avant la fin des années 2040 au plus tôt ».

En clair, pour l’ex-PDG d’Airbus, le développement d’un avion de combat allemand flatterait le « prestige nationale » mais il siphonnerait les « budgets de la défense pendant des décennies » sans contribuer forcément à la « puissance de combat de la Luftwaffe, même à moyen terme ».

Pour autant, M. Enders ne plaide pas explicitement pour un maintien de la participation de l’Allemagne au SCAF étant donné qu’il n’a cité que deux issues possibles pour permettre à l’industrie allemande de contribuer au développement de ce qui pourrait être le dernier avion de combat avec équipage.

« Les Britanniques, avec leur programme international GCAP [Global Combat Air Programme], ou le Suédois Saab sont des partenaires potentiels », a-t-il avancé. Prêchant pour sa paroisse, M. Enders n’a pas manqué de souligner que le Gripen E/F avait récemment  » volé et combattu de manière totalement autonome » grâce à un logiciel d’intelligence artificielle fourni par Helsing. C’était « probablement une première mondiale », a-t-il insisté.

Cela étant, pour M. Enders, l’avenir de l’aviation de combat ne repose pas forcément sur le développement de chasseurs-bombardiers « toujours plus complexes » mais sur celui de drones de combat [UCAV], qu’il voit comme étant « essentiels à la réussite des opérations aériennes futures ».

Les UCAV « pourront être développés par l’industrie européenne d’ici quelques années seulement, à condition que les constructeurs établis collaborent avec les entreprises et start-ups spécialisées dans les logiciels et l’IA », a développé M. Enders… alors que Helsing propose le drone de combat CA-1 Europa. « Compte tenu du contexte actuel des menaces, nous avons besoin de ces capacités non pas à partir de 2040, mais au plus vite », a-t-il conclu.

La réflexion de l’ex-PDG d’Airbus fait écho aux propos tenus par le chancelier Merz, la semaine passée. « Aurons-nous encore besoin d’un avion de combat piloté dans 20 ans ? », s’était-il en effet interrogé.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2026/03/04/si-airbus-ne-veut-plus-travailler-avec-dassault-aviation-alors-le-scaf-est-mort-estime-eric-trappier/

Si Airbus ne veut plus travailler avec Dassault Aviation, alors le SCAF est «mort», estime Éric Trappier

 

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Désigné maître d’œuvre pour développer un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter] le Système de combat aérien du futur [SCAF], Dassault Aviation ne cesse de réclamer toute la latitude nécessaire pour tenir son rôle face à Airbus, qui a une double voix au chapitre grâce à l’implication de ses filiales allemande et espagnole dans ce projet.

Selon la fiche d’expression commune des besoins [HLCORD – High Level Command Operations Requirements Document] signée en avril 2018 par la France et l’Allemagne [et acceptée par l’Espagne], il a été clairement établi que cet avion de combat de nouvelle génération devra avoir une capacité nucléaire et pouvoir être mis en œuvre depuis un porte-avions. Si, de par son expérience, Dassault Aviation a les savoir-faire nécessaires pour développer un tel appareil, ce n’est pas le cas d’Airbus…

D’où l’idée de développer deux NGF pour le SCAF, ce qui permettrait de continuer la coopération autour des autres piliers du projet, dont le «cloud de combat» qui en est sans doute la pièce principale. L’industrie aérospatiale d’outre-Rhin et Airbus y sont favorables… Et le chancelier allemand, Friedrich Merz, a récemment laissé entendre que cette solution pourrait avoir sa faveur.

«Les Français auront besoin, dans la prochaine génération, d’un avion capable d’emporter des armes nucléaires et d’opérer depuis un porte-avions. La Bundeswehr n’en a pas besoin pour le moment », a-t-il dit. «La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour des exigences différentes, ou seulement un seul ? […] La France souhaite n’en construire qu’un seul et l’adapter à ses propres spécifications. Mais ce n’est pas ce dont nous avons besoin», a-t-il ensuite estimé.

Dans ce contexte, la présentation des résultats annuels de Dassault Aviation, ce 4 mars, était attendue. Et, encore une fois, son PDG, Éric Trappier ne s’est pas départi de son franc parler.

«Airbus a déclaré qu’il ne voulait plus travailler avec Dassault. J’en prends bonne note. Ce n’est pas moi qui ne veut pas travailler avec Airbus et encore moins moi qui ne veut pas travailler avec les Allemands», a-t-il affirmé.

Ce qui est vrai puisque, dans un autre domaine, l’industriel français s’est allié avec l’allemand OHB pour développer le Vortex, l’avion spatial qu’il a dévoilé lors du dernier salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget.

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Quoi qu’il en soit, pour M. Trappier, «si Airbus maintient sa position de ne pas vouloir travailler avec Dassault» alors le «sujet est mort».

En clair, dans son esprit, si la coopération autour du NGF échoue, ce sera à cause d’Airbus, qui « qui ne respecte pas l’équation du début», à savoir le principe de «meilleur athlète».

«Le problème c’est de trouver la juste mesure entre assurer son leadership et coopérer. C’est vrai que là, il y a des divergences de point de vue entre Dassault et Airbus. Dassault Aviation pense que pour être efficace, il faut un vrai leader», a une nouvelle fois plaidé Éric Trappier.

En attendant, outre-Rhin, certains estiment que l’Allemagne a les capacités de développer son propre avion de combat de nouvelle génération. Ce qui reste à prouver.

Ainsi, dans le programme Eurofighter, c’est le britannique BAE Systems qui fournit les commandes de vol… Domaine qui est le point fort de Dassault Aviation. D’ailleurs, Thomas Enders, ex-PDG d’Airbus, n’a pas fait mystère de ses doutes au sujet de cette solution à deux NGF… Solution dont le président Macron ne veut pas. « On a des frictions entre les entreprises. C’est la vie des affaires. Est-ce que ça doit décider de la stratégie des États ? La réponse est non », a-t-il fait valoir, le mois dernier.

En outre, elle remettrait en cause la coopération établie entre Safran et MTU sur les moteurs [pilier n° 2 du projet], notamment si les deux avions susceptibles d’être développés séparément sont trop différents.

Reste à voir ce que fera le gouvernement allemand, qui ne cesse de reporter sa décision sur l’avenir du SCAF en général et sur celui du NGF en particulier. Quant à la France, elle a sans doute le temps de voir venir avec le Rafale F5, associé à son  drone de combat.

Ya Rab Yeshua.

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