BTX Posté(e) il y a 2 heures Signaler Posté(e) il y a 2 heures https://www.forcesoperations.com/skydefender-la-proposition-de-dome-antiaerien-europeen-de-thales/ Après l’Iron Dome israélien, le Golden Dome américain et le Michelangelo Dome italien, place à… SkyDefender, un dôme antiaérien « tout-en-un » développé par Thales. Dévoilé aujourd’hui, il propose de mobiliser l’ensemble du portfolio disponible tout en s’intégrant aux systèmes de défense sol-air existants, qu’ils soient fournis ou non par le groupe français. Plus protéiforme, plus complexe, plus imprévisible et parfois saturante, la menace aérienne exige des armées d’Europe, de l’OTAN et d’ailleurs de réinvestir un domaine longtemps passé au second plan, pour ne pas dire négligé. L’effort de rattrapage est engagé un peu partout avec plus ou moins d’ambition. Pour gagner en efficacité, certains boucliers anti-aériens tendent à se renforcer tant verticalement qu’horizontalement en multipliant les couches et en y multipliant les capteurs et effecteurs pour garantir le maillage le plus fin et le plus large et aboutir au dôme le plus hermétique. C’est ici que SkyDefender intervient. Ce système multidomaines et multicouches doit contribuer à « clarifier le positionnement de Thales. (…) Ce que nous voulons montrer, c’est notre capacité à aller à la fois plus loin et à avoir une solution beaucoup plus intégrée pour nos clients », indique Hervé Dammann, directeur général adjoint de l’activité Systèmes terrestres et aériens. Par « clarifier », entendre la combinaison de toutes les capacités de défense sol-air d’une armée, qu’elles soient produites par Thales ou non, sous une bannière unique. Avec SkyDefender, Thales vise la mise en réseau de tous les capteurs et effecteurs à disposition pour mieux déceler, suivre et neutraliser tout l’éventail de menaces, du micro-drone moins visible à l’avion de chasse très manoeuvrant et au missile hypersonique très rapide. Le tout, tant à terre qu’en mer, dans l’espace et dans le domaine cyber. Bref, « il faut savoir s’adapter au type de menace pour bien les détecter, bien les tracer et décider quel est le meilleur type d’effecteur pour traiter une menace », résume Hervé Dammann. De par son architecture ouverte et modulaire, SkyDefender est conçu de sorte à pouvoir s’intégrer aux boucliers nationaux existants, qu’ils soient constitués de systèmes issus des différentes divisions du groupe ou venus d’ailleurs. Jusqu’au système PATRIOT américain, moyennant le partage des données nécessaires. « Cela dépend à quel niveau l’intégration va se faire. Nous n’avons pas la prétention d’intégrer tous les systèmes. Il y a des gens avec qui nous ne travaillerons pas », explique Hervé Dammann sans viser un pays en particulier. L’exemple chinois paraît néanmoins évident. Et si des trous subsistent dans la raquette, le groupe a de quoi les combler. Son portfolio permet aujourd’hui d’agir dans un rayon de quelques kilomètres à près de 5000 km. Pour la très courte portée, ce sera le canon RapidFire conçu avec KNDS et adopté par la France ou encore la solution ForceShield et ses missiles LMM utilisés quotidiennement en Ukraine. Pour la moyenne portée, ce sera le système SAMP/T NG né de l’alliance avec MBDA et lui aussi livré à la France. D’autres que Thales travaillent sur ces briques. Mais l’industriel français a quelques cartes différenciantes à jouer pour la très longue portée. SkyDefender pourra ainsi miser sur les satellites d’alerte avancée amenés par ThalesAleniaSpace, des satellites géostationnaires dont les capteurs infrarouges permettent de détecter l’émission de chaleur produite par un départ de missile. Derrière un radar SMART/L MM capable de voir à 1000 km, Thales planche aujourd’hui sur un radar UHF GA5000 dont la bande de fréquence « permet de détecter des menaces très lointaines ». Il reprend les mêmes briques que le radar AURORE retenu par les armées françaises mais orienté vers la surveillance de l’espace. En cours de développement, celui potentiellement mobilisé via SkyDefender « regardera » quant à lui vers l’horizon pour, par exemple, ajouter une allonge supplémentaire à un système SAMP/T NG dont la variante française repose sur le radar GF300. S’il ne sera disponible que dans « quelques années », « je pense qu’il y a peu d’industriels et peu de nations qui soient capables de mettre sur le marché ce type d’objet », estime Hervé Dammann. Si les radars et missiles sont les yeux et les bras de SkyDefender, SkyView en sera le système nerveux. Mature et polyvalent, ce système de commandement et de contrôle (C2) gère l’ensemble des composants du dôme. C’est lui qui relève les alertes et relaie l’information vers le bon outil. Déployée à travers l’OTAN, sa version « SkyView Alliance » garantit l’interopérabilité avec les plateformes C2 alliées ainsi qu’avec l’éventail de radars et de systèmes de défense en service. SkyView est maintenant opérationnel au sein du centre opérationnel de défense antimissile balistique (BMDOC) de l’OTAN, à Ramstein (Allemagne). SkyDefender mise tout particulièrement sur l’intelligence artificielle, domaine dans lequel Thales s’investit à grande échelle au travers de l’accélérateur cortAIx. « SkyDefender permettra d’utiliser à plein cette expertise du groupe dans le domaine de la cybersécurité et de l’IA », précise Hervé Dammann. Intégrés dans la couche C2, les algorithmes aideront à la détection et à la prise de décision afin d’accélérer la boucle OODA* et, au final, de réduire la charge cognitive d’opérateurs conservant le choix de lancer ou non l’effecteur choisi. « SkyDefender permet et permettra d’intégrer tout type de nouvel effecteur », poursuit Hervé Dammann. Son évolution doit en effet accompagner celle de la menace et, pour rester à la page, Thales n’exclut pas de s’associer à d’autres industriels pour co-développer les briques de demain. « Il faut rester humble face à ce type de menace », observe-t-il. Non seulement le dôme parfait n’existe pas, mais Thales n’est pas omniscient. « On ne sait pas tout faire, il faut pouvoir s’appuyer sur d’autres types de compétences. (…) SkyDefender est ouvert à des partenariats avec d’autres acteurs industriels pour le compléter ». Les prospects ne manquent pas au vu du contexte. Les initiatives nationales ou multinationales non plus, ce pour quoi Thales se positionne en s’appuyant sur la modularité et l’étendue de SkyDefender. « Nous pourrions très bien intégrer la composante ESSI dans les pays qui en feront la demande », estime Hervé Dammann en écho à l’ « European Sky Shield Initiative » (ESSI) lancée par l’Allemagne et rejointe par une vingtaine de pays. Idem pour le Golden Dome américain, un programme national pour lequel « nous pouvons très bien proposer des briques de SkyDefender, tout à fait adapté au projet exprimé par l’administration américaine ». Le besoin est réel et les discussions se poursuivent avec plusieurs clients exports, à commencer par ceux à qui Thales a déjà fourni SkyView. *observer, s’orienter, décider et agir Crédits image : Thales Citer Ya Rab Yeshua.
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