BTX Posté(e) il y a 1 heure Signaler Posté(e) il y a 1 heure Cela fera deux ans, en avril, que la France et l’Allemagne ont relancé leur projet de Système principal de combat terrestre [MGCS – Main Ground Combat System] en signant l’accord d’arrangement de la phase 1A, lequel prévoit d’instaurer huit piliers technologiques [plateformes, feu principal, feux innovants, systèmes embarqués, simulations, capteurs, protection globale et infrastructures] et la création d’une société de projet, détenues à parts égales par les principaux industriels concernés, à savoir KNDS Deutschland, KNDS France, Rheinmetall et Thales LAS. Seulement, créée en 2025, la MGCS Project Company GmbH attend toujours la notification d’un premier contrat. Et pour cause : la première proposition qu’elle a remise a été refusée par la Direction générale de l’armement [DGA] car son coût était deux fois plus élevé que prévu. En attendant, la seule commande passée au titre du MGCS par l’Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr [BAAIBw] a été notifié au tandem formé par Rolls-Royce Power Systems AG [ex-Tognum AG, filiale allemande du britannique Rolls-Royce] et ZF Friedrichshafen pour le développement d’un groupe motopropulseur hybride. Pour rappel, le MGCS ne consiste pas seulement à mettre au point un char de combat de nouvelle génération. Il vise aussi [et surtout] à mettre en réseau, au sein d’un «cloud de combat», plusieurs types de plateformes [blindés d’appui, drones, robots terrestres] associées à des armes innovantes [laser, par exemple]. Sa mise en service est espérée en 2040. D’ici là, d’autres chars de nouvelle génération auront été développés. Ainsi, aux États-Unis, le M1E3 Abrams, successeur du M1A2 Abrams, va être prochainement évalué par l’US Army. Conçu selon une architecture modulaire ouverte et affichant une masse de 54 tonnes, il est doté d’une propulsion hybride, d’un canon de 120 mm monté sur une tourelle téléopérée ainsi que d’un dispositif pour lancer des munitions rôdeuses. Intégrant un système de protection active [APS], il dispose d’un lance-grenades automatique et d’un missile antichar Javelin. En Corée du Sud, Hyundai Rotem a lancé le développement du K3, un char également équipé d’un APS mais aussi de brouilleurs pour la lutte antidrone et d’une technologie de réalité virtuelle à 360° pour permettre à son équipage d’observer son environnement en restant protégé. Son blindage sera conçu avec de nouveaux matériaux, comme des modules céramiques. Enfin, il sera armé d’un canon de 130 mm, associé à une conduite de tir intégrant des algorithmes d’intelligence artificielle. Même si elle est engagée dans le projet MGCS, l’Allemagne envisage un char de transition, qui pourrait être le Leopard 3. KNDS Deutschland et Rheinmetall se sont mis en ordre de marche en étendant l’activité de leur coentreprise PSM GmbH à cette fin. Des contrats d’étude leur ont d’ores et déjà été notifiés, de même qu’à Liebherr, pour le groupe motopropulseur [programme OLYMP]. En France, la question d’une solution intérimaire est régulièrement posée. Et cela alors que la rénovation à mi-vie de 200 chars Leclerc encore en service, est actuellement en cours. Or, cette dernière paraît insuffisante au regard de l’évolution des menaces. Selon un rapport publié en novembre par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a noté une «évolution de la position de la DGA sur cette question, allant jusqu’à évoquer la possibilité du développement d’une solution intermédiaire en coopération». Et de préciser qu’une décision allait être prise «au début de l’année 2026». L’a-t-elle été ? En tout cas, ce n’est pas ce que suggère une réponse faite par le ministère des Armées à une question écrite posée par le député Marc Chavent [UDR], inquiet d’un possible «décrochage capacitaire de la France si les choix en matière de modernisation des parcs actuels et de calendrier des programmes futurs ne permettent pas de suivre le rythme imposé» par les États-Unis, la Corée du Sud, Israël et… l’Allemagne. Soulignant que le retour d’expérience [RETEX] des conflits récents «conforme le rôle des blindés lourds» dans les engagements de haute intensité, le ministère des Armées s’est dit «pleinement mobilisé dans la modernisation du char Leclerc». Ainsi, a-t-il rappelé, la «rénovation à mi-vie du char Leclerc vise à l’intégrer dans le combat collaboratif SCORPION, à améliorer ses capacités de protection [contre les mines, les engins explosifs improvisés, les roquettes et les drones], à traiter les obsolescences lourdes [pas toutes… car le remplacement du groupe motopropulseur est encore un sujet], à optimiser ses capacités d’évolution, à l’intégrer dans les bulles de connectivité, à l’adapter aux zones urbaines, et à optimiser ses capacités d’agression». Comme cela a été montré lors d’un récent exercice du 5e Régiment de Dragons en Suisse, le char Leclerc peut désormais être équipé d’une cage antidrone [Cope-Cage]. Ce que le ministère des Armées a confirmé dans sa réponse à M. Chavent. Mais il a aussi évoqué l’ajout éventuel de «dispositifs de protection hard kill/Soft kill», des «solutions souveraines» étant «actuellement en développement». Jusqu’ici, la modernisation de Leclerc [standard XLR] ne prévoyait pas l’intégration d’éléments d’un système de protection active. Un système «soft kill» est censé empêcher un tir de précision ou l’acquisition d’une cible par l’adversaire avec, par exemple, des fumigènes ou des brouilleurs électroniques. Quant au système «hard kill», il vise à détruire un projectile [missile, roquette, obus] avant son impact contre un blindé. De tels dispositifs avaient fait l’objet de travaux dans les années 2000, Thales et l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis [ISL] ayant conçu le démonstrateur SHarK [«Système Hard Kill»]. Malgré ses promesses, il ne fut pas retenu à l’époque. Quoi qu’il en soit, lors d’une audition parlementaire, en 2022, le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, avait dit vouloir équiper les Leclerc ainsi que les blindés de la gamme SCORPION avec des systèmes de protection active. A priori, il a obtenu satisfaction. Les «solutions souveraines» évoquées par le ministère des Armées sont sans doute celles qui sont actuellement développées dans le cadre du Projet de technologie de défense [PTD] «Prometeus» [pour Protection Multi Effets Terrestre Unifiée]. Confié à Thales et à KNDS France, il vise à mettre au point un système de protection globale reposant sur trois technologies, à savoir la «protection passive polyvalente», la «protection réactive» et la «protection active». En 2023, la DGA fit savoir qu’elle avait testé le système de protection active «Diamant», intégré à un véhicule blindé multirôle Griffon. Mais elle n’a depuis plus communiqué sur ce sujet. Citer Ya Rab Yeshua.
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