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Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Gabon serait à son tour le théâtre d’un coup d’État mené par des militaires (actualisé)


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https://www.opex360.com/2023/07/27/apres-le-mali-et-le-burkina-faso-le-niger-est-a-son-tour-le-theatre-dun-coup-detat-mene-par-des-militaires/

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Le 26 juillet, ce qui a été d’abord décrit comme un « mouvement d’humeur » de la Garde présidentielle nigérienne [GP], commandée par le général Abdourahmane Tchiani (ci-dessous avec le béret du 2e RH), aura été en définitive un coup d’État. Il faut dire qu’une grande confusion a régné durant la journée.

Niger : la force du Général Tchiani, ce militaire par qui arrive le malheur  de Bazoum - L'investigateur

Tout a commencé quand, dans la matinée, il est apparu que le président nigérien, Mohamed Bazoum, n’était plus libre de ses mouvements car retenu dans le palais présidentiel par des mutins appartenant à la GP.

Plus tard, les services de ce dernier ont diffusé, via la réseaux sociaux, un message affirmant que « l’armée et la Garde nationale » étaient « prêtes à attaquer les éléments de la GP impliqués dans ce mouvement d’humeur s’ils ne reviennent pas à de meilleurs sentiments ». Que s’est-il ensuite passé dans les coulisses ? 

https://www.lexpress.fr/resizer/ln0A-97jEaOdl8uUpZ7FeZaPxy8=/970x548/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/lexpress/6DP37PDICZDI7KWLGN5S5M2BOM.jpg

Toujours est-il que les seuls coups de feu tirés lors de cette journée l’ont été en l’air, pour disperser des manifestants favorables au président Bazoum… Et que l’Office de radiodiffusion télévision du Niger [ORTN] a diffusé une allocution prononcée par un certain colonel Amadou Abdramane (ci-dessous), entouré par neuf officiers appartenant à différentes branches des forces de sécurité et de défense nigériennes.

2023 Nigerien coup d'état - Wikipedia

« Nous, Forces de défense et de sécurité [FDS], réunis au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie [CNSP], avons décidé de mettre fin au régime que vous connaissez. Cela fait suite à la dégradation continue de la situation sécuritaire, la mauvaise gouvernance économique et sociale », a annoncé le colonel Abdramane.

En outre, il a affirmé « l’attachement » de ce CNSP au « respect de tous les engagements souscrits par le Niger » et donné l’assurance que « l’intégrité physique et morale des autorités déchues » serait respectée, « conformément aux principes des droits humains ».

Le Niger devant faire face à une menace jihadiste présente sur deux fronts [au nord avec l’État islamique au grand Sahara et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ainsi qu’au sud, avec l’État islamique en Afrique de l’Ouest et Boko Haram », le scénario de ce coup d’État semble être une répétition de celui survenu au Mali en août 2020.

En effet, ce qui avait été initialement pris pour un « mouvement d’humeur » s’était traduit par la destitution d’un président Ibrahim Boubacar Keïta au profit d’un « Comité national pour le salut du peuple » [CNSP]. Et les putschistes maliens avaient également donné l’assurance qu’ils ne remettraient pas en cause les engagements pris par Bamako. La suite est connue : la force française Barkhane a dû se retirer du pays, la mission des Nations unies [MINUSMA] va en faire autant, son mandat n’ayant pas été reconduit, et le groupe paramilitaire russe Wagner a pris la place.

Coïncidence ou pas, la destitution du président Bazoum est survenue à la veille d’un sommet « Russie-Afrique », organisé à Saint-Petersbourg… Or, des manifestations anti-françaises et pro-russes ont déjà eu lieu au Niger, notamment à l’initiative du mouvement M62. Au Mali comme au Burkina Faso, de telles démonstrations ont été le prolégomènes des récents coups d’État qui ont favorisé les desseins de Moscou au Sahel.

Cela étant, on ignore qui tire les ficelles du CNSP nigérien.

N’étant pas apparu à l’antenne de l’ORTN, le général Tchiani est d’autant plus cité que, a priori, le président Bazoum envisageait de le démettre de ses fonctions à la tête de la Garde présidentielle.

FAN : le général de division Salifou Modi, un officier valeureux à la tête  de l'armée nigérienne | ActuNiger

Mais un autre nom circule : celui du général Salifou Mody (ci-dessus avec le béret du 2e REP). Nommé ambassadeur du Niger aux Émirats arabes unis avec une promotion à la clé, ce dernier a visiblement été désavoué après avoir trouvé un accord sécuritaire avec le Mali alors qu’il était chef d’état-major des Forces armées nigériennes [FAN].

Quoi qu’il en soit, le président Bazoum n’a peut-être pas encore dit son dernier mot. Via Twitter, ce 27 juillet, il a rejeté ce coup d’État. « Les acquis obtenus de haute lutte seront sauvegardés. Tous les Nigériens épris de démocratie et de liberté y veilleront ». Et, de son côté, Hamoudi Massoudo, le chef de la diplomatie nigérienne et Premier ministre par intérim, a assuré qu’il ne s’agissait que d’une « tentative » de putsch.

Le Premier Ministre par intérim, Hassoumi Massoudou préside la 15ème  réunion ordinaire du comité de pilotage d'EUCAP SAHEL-Niger – Tamtaminfo

« Ce n’est pas la totalité de l’armée qui a engagé ce coup d’Etat » et « nous à ces officiers factieux de rentrer dans les rangs » car « tout peut s’obtenir par le dialogue » à condition que « les institutions de la République fonctionnent », a-t-il dit à l’antenne de France24. Et de lancer un « appel à l’ensemble des patriotes et démocrates nigériens pour qu’ils se lèvent comme un seul homme pour dire non à cette action factieuse qui tend à nous ramener 10 ans en arrière et à bloquer les progrès de notre pays ».

En tout cas, les évènements survenus à Niamey portent un coup à la stratégie mise en oeuvre par la France dans la région, le Niger étant devenu la plaque tournante des opérations françaises de contre-terrorisme, après les retraits du Mali et du Burkina Faso.

Les États-Unis sont aussi concernés dans la mesure où ils y sont présents militairement, notamment avec la base aérienne d’Agadez. En outre, le retrait de la MINUSMA risque d’être plus compliqué que prévu, le pays étant l’une des voies de sortie du Mali.

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https://www.opex360.com/2023/07/28/niger-les-putschistes-redoutent-une-intervention-militaire-etrangere/

Les putschistes redoutent une « intervention militaire étrangère »

 

niger-20230728.jpg

L’instigateur du putsch qui a renversé le président nigérien, Mohamed Bazoum, n’aura pas mis longtemps à sortir du bois. Lors d’une allocution télévisée diffusée quarante-huit heures après l’annonce de la création d’un « Conseil national pour la sauvegarde de la patrie » [CNSP], le général Abdourahamane Tchiani s’est autoproclamé, de fait, chef de l’État et justifié le coup d’État par « la dégradation de la situation sécuritaire », due à une approche qu’il a jugée inefficace « en dépit des lourds sacrifices consenties par les Nigériens et le soutien appréciable et apprécié » des partenaires de Niamey, dont la France, les États-Unis et l’Union européenne [UE].

Jusqu’à présent, le général Tchiani était à la tête de la Garde présidentielle [GP] nigérienne, un poste qu’il occupait depuis 2011. Des rumeurs sur son éventuelle éviction ont sans doute précipité les évènements. Par ailleurs, un autre n’aura pas tardé non plus à se manifester… En effet, présent à Saint-Pétersbourg pour le sommet Russie-Afrique, Evguéni Prigojine, le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, s’est félicité du coup d’État survenu au Niger, en usant du même registre qu’il avait utilisé pour le Burkina Faso et le Mali.

Par ailleurs, et alors que le Niger tient une place centrale dans le dispositif militaire français au Sahel, la junte n’a pas mis longtemps à décocher ses premières flèches contre la France. Alors que les frontières du pays sont fermées depuis qu’elle a pris le pouvoir, elle a accusé un avion de transport A400M « Atlas » de l’armée de l’Air et de l’Espace [AAE] d’avoir « violé » l’espace aérien nigérien. Le ton est désormais donné…

Cela étant, et même si le général Tchiani peut se prévaloir du soutien de l’état-major des forces armées nigériennes [FAN], il n’est pas question pour la France et les États-Unis de le reconnaître comme chef d’État légitime.

Depuis la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le président Macron a dénoncé un « coup d’État […] parfaitement illégitime [sic] et profondément dangereux pour les Nigériens, pour le Niger, et pour toute la région ». Et il a appelé à la « libération » de Mohamed Bazoum, que les autorités françaises considèrent comme le seul à être « légitime » car « démocratiquement élu ». En outre, il a aussi avancé qu’il restait en contact avec son homologue nigérien.

« Nous réitérons dans les termes les plus fermes les demandes claires de la communauté internationale appelant à la restauration sans délai de l’ordre constitutionnel et du pouvoir civil démocratiquement élu au Niger », a ensuite affirmé le ministère français des Affaires étrangères.

De son côté, l’Union européenne [UE] a également condamné le coup d’État au Niger… et prévenu que « toute rupture de l’ordre constitutionnel aura des conséquences » sur sa coopération avec Niamey, avec la « suspension immédiate de tout appui budgétaire ».

Quant aux États-Unis, ils ont condamné « les efforts visant à renverser par la force l’ordre constitutionnel au Niger » et « affirmé que [leur] partenariat dépend de la continuité du régime démocratique ». Et le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a dit avoir « discuté avec le président Bazoum » pour lui « exprimer le soutien » de Washington.

Quoi qu’il en soit, ces réactions n’ont visiblement pas d’effet sur la junte qui, en retour, a adressé une mise en garde.

« Certains anciens dignitaires terrés dans des chancelleries en collaboration avec ces dernières, sont dans une logique de confrontation », ont dénoncé les putschistes via un communiqué diffusé ce 28 juillet. Cette « attitude belliqueuse, dangereuse et périlleuse n’aura d’autre résultat que le massacre de la population nigérienne et le chaos », ont-ils ajouté, avant de prendre « à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences qui découleront de toute intervention militaire étrangère ».

Lors de son allocution télévisée, le nouvel homme fort du Niamey a assuré que la junte a la « volonté de respecter tous les engagements internationaux » et demandé « aux partenaires et amis du Niger, en cette étape cruciale de la vie de notre pays, de faire confiance à nos forces de défense et de sécurité, garantes de l’unité nationale, de l’intégrité du territoire et des intérêts supérieurs de notre nation ».

https://www.opex360.com/2023/07/30/paris-promet-une-reponse-immediate-et-intraitable-en-cas-dattaque-contre-ses-ressortissants-au-niger/

Paris promet une réponse « immédiate et intraitable » en cas d’attaque contre ses ressortissants au Niger

 

Le 29 juillet, à l’issue d’un Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que la France allait suspendre « toutes ses actions d’aide au développement et d’appui budgétaire » au Niger après la prise du pouvoir par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie [CNSP] dirigé par le général Abdourahamane Tchiani. Et d’exiger le « retour sans délai à l’ordre constitutionnel nigérien, autour du président Bazoum, élu par les Nigériens ».

Pour la France, le Niger est un partenaire clé dans la région du Sahel. Outre les considérations portant sur l’approvisionnement en uranium, via le site d’Arlit, exploité par Orano [ex-Areva], ce pays accueille environ 1500 militaires français engagé dans des missions de contre-terrorisme et de coopération avec les forces armées nigériennes.

Cela étant et même si sa position à l’égard du putsch mené par le général Tchiani est partagée par l’Union européenne [UE] et les États-Unis, la France a été la cible d’une manifestation ayant réuni des « milliers » de personnes devant son ambassade, à Niamey, ce 30 juillet. Selon le correspondant du quotidien Le Figaro, la foule a scandé des slogans anti-français tout en exhibant des drapeaux russes.

 

« Nous voulons la Russie. Nous voulons de nouveaux partenaires pour nous accompagner dans notre indépendance. Nous voulons suivre l’exemple de nos cousins du Mali et du Burkina », a dit un manifestant. Pour rappel, le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, n’avait pas tardé à saluer le putsch du général Tchiani…

Quoi qu’il en soit, cette manifestation a été lancée à l’initiative du mouvement civil M62, lequel s’en était déjà pris à l’opération française Barkhane en 2021. Et elle a donné lieu à des actes hostiles à l’égard de la France, la plaque de l’ambassade ayant été arrachée et piétinée, avant d’être remplacée par des drapeaux nigériens et russes. Et des manifestants ont même tenté de pénétrer à l’intérieur du bâtiment, avant d’être dispersés par des grenades lacrymogènes lancées par les forces nigériennes.

Plus tard, le Quai d’Orsay a condamné « toute violence contre les emprises diplomatiques dont la sécurité relève de la responsabilité de l’État hôte ». Et d’ajouter : « Les forces nigériennes ont l’obligation d’assurer la sécurité de nos emprises diplomatiques et consulaires au titre des Convention de Vienne » et « nous les appelons instamment à remplir cette obligation que leur impose le droit international ».

Mais la réaction de l’Élysée a été plus explicite. « Quiconque s’attaquerait aux ressortissants, à l’armée, aux diplomates et aux emprises françaises verrait la France répliquer de manière immédiate et intraitable. Le Président de la République ne tolérera aucune attaque contre la France et ses intérêts », a averti la présidence française, avant de rappeler le soutien de Paris à toutes les initiatives régionales [à commencer par celles de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest – CEDEAO] visant à « la restauration de l’ordre constitutionnel ».

La CEDAO doit se réunir pour décider d’éventuelles sanctions contre le Niger… Seulement, la junte désormais au pouvoir à Niamey y voit une menace d' »intervention militaire imminente ».

« L’objectif de cette rencontre est la validation d’un plan d’agression contre le Niger, à travers une intervention militaire imminente à Niamey en collaboration avec les pays africains non-membres de l’organisation et certains pays occidentaux », a en effet estimé le CNSP, via un communiqué diffusé ce 30 juillet. « Nous rappellerons une fois de plus à la CEDEAO ou tout autre aventurier notre ferme détermination à défendre notre patrie », a-t-il insisté.

Pour rappel (from BTX) =

Aujourd’hui environ 1 000 soldats français issus de Barkhane sont stationnés au Tchad, et 1 500, dont probablement plus d’une centaine de forces spéciales de la force Sabre, sont engagés aux côtés des forces armées nigériennes. Trois avions Mirage et une demi-douzaine de drones Reaper français stationnent en permanence à Niamey. D’une envergure de 20 mètres, équipés de caméras infrarouges et capables d’emporter des bombes à guidage laser et des missiles, ces derniers peuvent assurer des missions jusqu’à 2 500 kilomètres sur toute la bande sahélienne. 

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Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/08/01/les-evacuations-volontaires-vont-commencer-ce-mardi-au-niger-24036.html

L'armée de l'Air et de l'Espace mobilisée: les évacuations volontaires vont commencer ce mardi au Niger

 

La France va évacuer dans la journée ses ressortissants au Niger; un premier vol retour pourrait avoir lieu dès cet après-midi:

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Ce sont des Airbus de l'escadron Esterel qui ont été mobilisés pour cette évacuation qui se fera avec l'appui des forces françaises déjà sur place (1500 hommes).

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Le ministère des Affaires étrangères justifie cette décision par les "violences qui ont eu lieu contre notre ambassade avant-hier et la fermeture de l'espace aérien qui laisse nos compatriotes sans possibilité de quitter le pays par leurs propres moyens".

Quelque 600 Français se trouvent actuellement au Niger, leur nombre étant réduit par les retours de nombreux expatriés vers la métropole pour les vacances. Toutefois, le gouvernement français n'est pas en mesure de dire si l'opération se déroulera sur plusieurs jours, ne sachant pas encore combien de ressortissants souhaitent partir du pays.

"On n'est pas dans le même paradigme qu'au Soudan", a précisé une source militaire française qui a rappelé qu'il s'agit pour l'instant de donner la possibilité aux Français et aux Européens qui le souhaitent de partir via des vols militaires.

L'Italie a également offert, ce mardi, de mettre en place un vol de rapatriement pour ses ressortissants présents au Niger. L'Allemagne a, elle, conseillé à ses ressortissants de quitter le Niger. Quant au gouvernement espagnol, il se prépare à évacuer par voie aérienne plus de 70 Espagnols.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/08/04/niger-pour-paris-la-junte-nest-pas-legitime-pour-mettre-fin-a-la-cooperation-avec-les-forces-francaises/

 Pour Paris, la junte n’est pas légitime pour mettre fin à la coopération avec les forces françaises

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Contrairement à leurs homologues maliens et burkinabè, qui attendirent plusieurs mois avant de dévoiler leur jeu, les putschistes nigériens se sont empressés de dénoncer les accords militaires noués avec la France depuis 1977. Et donc d’inviter les forces françaises à se retirer de leur pays.

En effet, le 3 août, la junte a annoncé sa décision de mettre un terme à la coopération militaire avec la France, celle-ci étant accusée d’avoir une « attitude désinvolte » et de ne pas accepter la situation engendrée par la destitution de Mohamed Bazoum, le président élu.

Pour rappel, la France compte plus d’un millier de militaires au Niger, déployés sur la base aérienne projetée [BAP] de Niamey [laquelle met en oeuvre des drones MQ-9 Reaper et des Mirage 2000D] ainsi que, dans le cadre d’un « partenariat de combat » avec les forces armées nigériennes [FAN], dans les secteurs d’Ouallam et d’Ayorou, frontaliers avec le Mali. D’autres pays y sont également engagés militairement. C’est notamment le cas des États-Unis, de l’Italie et de l’Allemagne.

Quoi qu’il en soit, le ministère français des Affaires étrangères a dit avoir « pris note » de la décision de la junte nigérienne… et fait valoir que celle-ci était nulle et non avenue.

« La France rappelle que le cadre juridique de sa coopération avec le Niger en matière de défense repose sur des accords qui ont été conclus avec les autorités nigériennes légitimes », a en effet réagi le Quai d’Orsay, quelques heures après l’annonce faite par les putschistes. Ces autorités « sont les seules que la France, comme l’ensemble de la communauté internationale, reconnaît », a-t-il ajouté.

Cela étant, à moins d’un rétablissement du président Bazoum dans ses fonctions et d’un retour à l’ordre constitutionnel, maintenir la présence des forces françaises paraît compliqué… En attendant, la France a suspendu toute coopération avec les FAN depuis le coup d’État.

D’après une source diplomatique française citée par l’AFP, Paris estime que le retour du président Bazoum est encore possible… Et de mettre en avant l’existence de rivalités au sein de la junte, le chef de celle-ci, le général Tchiani, étant en froid avec le général Salifou Mody, l’ancien chef d’état-major des FAN poussé vers la sortie en mars dernier.

« On est face à un groupe qui ne savait pas très bien dans quoi il s’est lancé, qui est probablement pris au dépourvu par la rigueur de la réaction internationale et la rigueur du président Bazoum qui a fait savoir qu’il ne démissionnerait pas de ses fonctions », a expliqué cette source. Et d’insister : « Étant dans l’impasse, le groupe tente d’impressionner et jouer l’escalade mais il reste confronté à un front très uni de la communauté internationale ».

https://www.opex360.com/2023/08/05/pour-paris-il-faut-prendre-tres-au-serieux-la-menace-dune-intervention-militaire-de-la-cedeao-au-niger/

Pour Paris, il faut prendre « très au sérieux » la menace d’une intervention militaire de la Cédéao au Niger

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Réunis à Abuja [Nigéria] le 30 juillet, les membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest [Cédéao] ont posé un ultimatum aux putschistes qui venaient alors de s’emparer du pouvoir au Niger en leur donnant une semaine pour restaurer l’ordre constitutionnel et rétablir le président élu, Mohamed Bazoum, dans ses fonctions.

Si de telles exigences ne « sont pas satisfaites » malgré les sanctions imposées à Niamey, alors la Cédéao « prendra toutes les mesures nécessaires » et « ces mesures peuvent inclure l’usage de la force », a affirmé l’organisation. Et d’ajouter que les chefs d’état-major de ses pays membres allaient « se réunir immédiatement ».

Seulement, la junte nigérienne n’a pas l’intention de s’en laisser conter puisque, en réponse, elle a promis une « riposte immédiate » à « toute agression » de la part d’un membre de la Cédéao. Qui plus est, elle a reçu l’appui du Mali et du Burkina Faso, deux pays également dirigés par des putschistes. Via un communiqué commun, ils ont en effet prévenu qu’ils considéreront « toute intervention militaire contre le Niger comme une déclaration de guerre ».

Si, l’option militaire est la « dernière sur la table », la voie diplomatique étant privilégiée, il n’en reste pas moins que l’ultimatum arrive à son terme… Et que la junte nigérienne reste campée sur ses positions… allant même jusqu’à décider de dénoncer les accords de coopération militaire noués autrefois par Niamey et Paris. Et une délégation de la Cédéao envoyée au Niger a fait chou blanc…

Amb. Abdel-Fatau Musah. PhD | Economic Community of West African States  (ECOWAS)

Quoi qu’il en soit, le 4 août, et à l’issue d’une réunion des chefs d’état-major de ses pays membres, Abdel-Fatau Musah, le commissaire de la Cédéao chargé des affaires politiques et de la sécurité, a fait savoir que « tous les éléments d’une éventuelle intervention ont été élaborés […], y compris les ressources nécessaires, mais aussi la manière et le moment où nous allons déployer la force ».

Pour le moment, peu de détails ont été livrés sur les modalités de cette possible intervention. On sait que le Sénégal, par ailleurs en proie à des troubles internes, y participera… Et que, sollicité même s’il ne fait pas partie de la Cédéao, le Tchad s’en tiendra à l’écart. En tout cas, il est probable qu’elle soit principalement menée par le Nigeria, qui dispose des forces armées les plus puissantes [sur le papier, ndlr] du bloc.

Reste que, ce 5 août, sur les ondes de France Info, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna a mis en garde les putschistes nigériens, estimant que ceux-ci ont « encore un peu de temps pour rendre le pouvoir » et qu’ils « feraient bien de prendre la menace d’intervention militaire par une force régionale très au sérieux » d’autant plus que plusieurs pays de la Cédéao « disposent de forces robustes et ont fait savoir qu’ils étaient prêts à intervenir si c’était nécessaire ».

Quant à savoir si les forces françaises présentes au Niger pourraient participer à une possible opération de la Cédéao, Mme Colonna a botté en touche. « Nous n’en sommes pas encore là » et il reviendra aux « chefs d’État des pays de la région de prendre la décision d’intervenir et de fixer le cadre de cette éventuelle intervention », a-t-elle dit.

« Les forces françaises présentes au Niger » le sont « à la demande des autorités légitimes du pays, sur la base d’accords signés avec les autorités légitimes de ce pays pour aider à la lutte contre le terrorisme », a rappelé la ministre, avant de souligner que, depuis le coup d’État, la France a « suspendu [sa] coopération militaire et [sa] coopération civile ave le Niger ». Et d’ajouter, en guise d’avertissement : « La situation est calme pour ce qui concerne nos forces » et il est « important qu’elle le reste ».

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/08/11/niger-24044.html

la Force en attente ou l'attente forcée? (actualisé)

 

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a ordonné jeudi l'activation de sa "Force en attente" pour restaurer l'ordre constitutionnel au Niger. Cette Force régionale pourrait intervenir "dans les plus brefs délais", selon le président ivoirien Alassane Ouattara.

La Cedeao, qui espère toutefois toujours parvenir à une résolution pacifique de la crise, n'a précisé ni le calendrier ni le nombre (on parle cependant de 5 000 hommes) ou l'origine des militaires composant cette Force en attente.

Le Nigéria, le Bénin et La Côte d'Ivoire ont toutefois annoncé mettre des troupes à disposition de la Force en attente. Le président ivoirien Ouattara a indiqué que son contingent national rassemblerait de 850 à 1100 hommes.

Quelques heures après la fin du sommet de la Cédéao à Abuja, les Etats-Unis et la France, les deux principaux partenaires militaires du Niger avec respectivement 1000 (à Niamey et Agadez) et 1500 soldats présents, ont dit soutenir la décision ouest-africaine d'avoir activé sa force en attente. Le soutien des partenaires européens et américain pourrait-il aller jusqu'à un appui à une opération militaire ? Selon des responsables occidentaux, aucune demande de la Cedeao n'a été à ce stade formulée. Mais à Paris, on laisse entendre que toute demande sera étudiée de près. La France a déjà renforcé son dispositif au Sahel avec un envoi de troupes au Tchad (2e REP) et, apparemment, dans d'autres pays de la région.

Le soutien français et US n'est pas le seul. L'UA a également diffusé un communiqué allant dans le même sens:

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Les chefs d'état-major de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) se réuniront ce samedi au Ghana. Après leur réunion, ils feront part aux dirigeants de la Cedeao "des meilleures options" quant à leur décision d'activer et de déployer la "force en attente", selon des sources militaires régionales.

Force en attente.
Petit rappel, la Force en attente de la CEDEAO est l'une des 5  Forces régionales africaines:

forces en eattente.jpg

Ces cinq Forces sont les suivantes:
- la Force en attente de l’Afrique Orientale (EASF)
- la Force en attente de l’Afrique du Nord (NARC)
- la Force en attente de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO/ECOWAS)
- la Force en attente de l’Afrique Central (ECCAS)
- la Force en attente de l’Afrique australe (SADC)

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest a déjà procédé à plusieurs interventions militaires en Afrique depuis 1990:
- Liberia (1990)
- Sierra Leone (1997)
- Guinée Bissau (1999)
- Côte d'Ivoire (2003)
- Mali (2013)
- Gambie (2017)

 

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/08/16/niger-24052.html

Selon le Pentagone, pas question de terminer le partenariat militaire et de tirer un trait sur les investissements

 

Lu dans le compte-rendu du point presse du DoD du 15 août:
"As you know, Niger is quite a critical partner to us in the region. And so we are hopeful that we can resolve this in a diplomatic way (...). Niger is a partner and we don't want to see that partnership go. We've invested, you know, hundreds of millions of dollars into bases there, trained with the military there. So we really want to see a peaceful resolution to Niger's hard-earned democracy, and we're hopeful that we can come to that."

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Ces déclarations de la porte-parole Sabrina Singh ont l'avantage d'être plus éclairantes que celle d'Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine qui a assuré mardi qu'il était encore possible de mettre fin au coup d'Etat au Niger via la diplomatie: "Nous restons concentrés sur la voie diplomatique pour obtenir les résultats que nous voulons, à savoir le retour à l'ordre constitutionnel, et je crois qu'il continue d'exister une marge pour obtenir ce résultat par la diplomatie". 

Il est clair que Washington ne tient pas à devoir quitter Niamey et surtout Agadez où il a lourdement investi comme en témoignent tous les posts que j'ai consacrés à cette base depuis 2016 (le premier date du 9 mai et le second du 2 novembre de cette année-là). 

Sur ce sujet, j'en profite pour signaler cet article paru le mardi 15 août dans Ouest-France:

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Ya Rab Yeshua.

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je comprend que l'on passe pour des va t en guerre qui n'ont rien compris face aux intérêts "bien compris" des USA et de leurs "obligés" sur place!!!!!!!!!!!

Peut être réussirons nous a avoir une petite place dans le dispositif car nous avons un vrai savoir faire

mais peut être n'ai je rien compris!!!????!!!!!!!!!!

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Guerre impopulaire... parce que ça existe, les guerres populaires?
Je ne vais jamais comprendre les africains qui sont pour ces juntes militaires qui les affament encore plus alors qu'ils ont élu leur propre président.
Des fois je me dis qu'on devrait les abandonner totalement à leur sort et apprendre à vivre sans nos intérêts qui y sont.

"La guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens."

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https://www.opex360.com/2023/08/21/le-burkina-faso-et-le-mali-ont-deploye-des-avions-legers-dattaque-a-29-super-tucano-au-niger/

Le Burkina Faso et le Mali ont déployé des avions légers d’attaque A-29 Super Tucano au Niger

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Cela fait maintenant presque un mois que le président nigérien, Mohamed Bazoum, a été renversé par un putsch fomenté par le général Abdourahamane Tchiani, qui était alors sur le point d’être démis de son poste de chef de la garde présidentielle. Et toutes les initiatives diplomatiques menées en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel au Niger n’ont jusqu’à présent rien donné.

En outre, l’une des premières décisions de la junte – appelée « Conseil national pour la sauvegarde de la patrie » [CNSP] – aura été de dénoncer les accords de défense passés avec Paris… et donc de mettre un terme à l’importante présence militaire française dans le pays, au titre du combat contre les groupes armés terroristes [GAT]. Pour autant, la France y a opposé une fin de non-recevoir, estimant qu’elle n’a à traiter qu’avec les autorités légitimes nigériennes.

Seulement, cette situation met les militaires français présents au Niger dans une position inconfortable… « Pour l’instant, la question du départ n’est pas posée, mais elle pourrait l’être à moyen terme », a confié une source au quotidien « Le Figaro » [édition du 19 août].

Aux États-Unis, où l’on a adopté une approche ferme mais prudente à l’égard du CNSP [Washington évite de parler de « putsch », ndlr], un retrait du Niger est envisagé. Ou du moins fait-il partie des plans que le Pentagone étudie… D’autant plus que, théoriquement, la loi américaine interdit de fournir une aide sécuritaire et militaire à des gouvernements issus d’un coup d’État.

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« Nous recherchons des nations avec lesquelles nous pourrions peut-être établir un partenariat et y déplacer nos moyens, sachant que le Sahel est l’une des régions où les groupes affiliés à al-Qaïda et à l’État islamique sont les plus actifs », a confié le général James Hecker, le chef des forces aériennes américaines en Europe et en Afrique, lors d’une réunion virtuelle du Defence Writers Group, le 18 août.

En attendant, les efforts diplomatiques se poursuivent. Seulement, les pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO] et de l’Union africaine [UA] ne sont pas tous sur la même longueur d’onde.

Peu après le coup d’État, la CÉDÉAO a décidé d’imposer des sanctions à Niamey tout en exhortant la junte de rétablir l’ordre constitutionnel d’ici le 7 août avant une possible intervention militaire. Et depuis, l’ultimatum n’ayant pas été suivi d’effet, l’organisation brandit régulièrement la menace de passer à l’action, comme elle l’a encore fait la semaine passée, à l’issue d’une nouvelle réunion des chefs d’état-major de ses États membres.

« Le jour de l’intervention a été fixé », de même que les « objectifs stratégiques, l’équipement nécessaire et l’engagement des Etats membres », a fait savoir la CÉDÉAO, le 18 août, alors qu’elle s’apprêtait à envoyer une délégation, emmenée par l’ancien président nigérian Abdulsalami Abubakar, à Niamey.

Seulement, les pays membres de l’Union africaine sont divisés sur la conduite à tenir à l’égard de la junte nigérienne.

Si le Nigeria et la Côte d’Ivoire [membres de la CÉDÉAO, ndlr] y sont favorables, ce n’est pas le cas de l’Algérie, qui redoute un « embrasement » du Sahel en cas d’opération militaire. Le Cap-Vert y est aussi opposé. « Nous devons tous œuvrer pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger, mais en aucun cas par une intervention militaire ou un conflit armé en ce moment », a déclaré José Maria Neves, son président.

Quoi qu’il en soit, suspendus des instances de la CÉDÉAO pour être dirigés par des autorités issues de coups d’État, le Mali et le Burkina Faso ont très vite apporté leur soutien à la junte nigérienne. « Toute intervention militaire contre le Niger » sera perçue « comme une déclaration de guerre », ont-ils fait valoir, début août.

Et visiblement, tant à Bamako qu’à Ouagadougou, on tient à être pris au sérieux. Ainsi, selon des images de la télévision publique nigérienne [ORTN], le Mali et le Burkina Faso ont envoyé six avions légers d’attaque A-29 Super Tucano au Niger… soit l’intégralité des appareils que possèdent leurs forces aériennes respectives.

 

 

 

Pour rappel, le Niger dispose de deux avions d’attaque Su-25 « Frogfoot » qui étaient toujours opérationnels en 2022, une dizaine d’hélicoptères [dont cinq Gazelle donnés par la France] et des drones Bayraktar TB-2 livrés par la Turquie.

« Le Mali et le Burkina Faso ont joint l’acte à la parole en déployant des avions de guerre pour répondre à toute attaque contre le Niger. […] Et des officiers d’état-major des trois pays se sont réunis à Niamey; Objectif : peaufiner le plan de riposte contre les agressions lâches et injustes programmées par la CÉDÉAO », a par ailleurs indiqué l’ORTN.

Cela étant, cet envoi d’A-29 Super Tucano au Niger a une portée plus politique qu’opérationnelle, de tels appareils ne faisant pas le poids face aux avions de combat que pourrait mettre en oeuvre le Nigeria, pressenti pour fournir le gros des troupes en cas d’intervention décidée par la CÉDÉAO.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/08/26/les-relations-diplomatiques-et-militaires-entre-la-france-et-le-niger-ont-atteint-un-point-de-rupture/

Les relations diplomatiques et militaires entre la France et le Niger ont atteint un point de rupture

 

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Bien qu’elle ne puisse pas être considérée comme légitime, la junte qui a déposé le président Mohamed Bazoum, le 26 juillet, exerce de facto le pouvoir. Et elle n’a évidemment pas l’intention de le rendre, malgré les sanctions économiques, les pressions diplomatiques et la menace d’un intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO]. Menace dont on voit mal comment elle pourrait se concrétiser à mesure que le temps passe. D’autant plus que, compte tenu des réticences qu’elle suscite au sein des membres de l’Union africaine [UA], le dialogue avec les putschistes est privilégié.

En outre, le « Conseil national pour la sauvegarde de la patrie » [CNSP, le nom que s’est donné la junte nigérienne] se prépare à une telle éventualité, grâce à l’appui des putschistes au pouvoir au Mali et au Burkina Faso. Ces deux pays ont d’ailleurs envoyé des avions d’attaque légers A-29 Super Tucano au Niger… Et ils sont visiblement prêts à en faire davantage.

Ainsi, le 24 août, le nouvel homme fort du Niger, le général Abdourahamane Tchiani, a signé des « ordonnances » autorisant « les forces de défense et de sécurité du Burkina Faso et du Mali d’intervenir en territoire nigérien en cas d’agression »… Alors que les organisations jihadistes multiplient les attaques dans ces pays, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM, lié à al-Qaïda] étant, par exemple, en train d’accroître son emprise dans les environs de Tombouctou.

Quoi qu’il en soit, et alors que le Niger accueille des forces américaines, allemandes ou encore italiennes, le CNSP s’en est essentiellement pris à la présence militaire française sur son sol. L’une de ses premières décisions aura en effet été de dénoncer les accords de défense noués depuis 1977 avec la France. Et Paris a répondu que seules des autorités « légitimes » pouvaient prendre de telles mesures.

Cependant, quand les juntes au pouvoir à Bamako et à Ouagadougou en ont fait autant, la France avait bien dû se résoudre à retirer ses troupes… et à mettre un termes aux opérations Barkhane et Sabre. Aussi, la position des forces françaises au Niger [entre 1200 et 1500 militaires] risque d’être intenable dans les semaines à venir… Si ce n’est déjà le cas.

En effet, le 25 août, soit un mois après avoir renversé le président Bazoum, les putschistes ont donné quarante-huit heures à l’ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itte, pour quitter le pays. En clair, cela veut dire que Niamey rompt ses relations diplomatiques avec Paris… Et qu’aucun dialogue ne sera désormais possible.

Face « au refus de l’ambassadeur de France à Niamey de répondre à l’invitation » du ministère des Affaires étrangères « pour un entretien » et « d’autres agissements du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger », les autorités « ont décidé de retirer leur agrément à M. Sylvain Itte et de lui demander de quitter le territoire nigérien sous quarante-huit heures », a fait savoir la junte, via un communiqué.

Entretien sur les relations entre l'Afrique et la France avec le diplomate Sylvain  Itté | Africa On Air

Comme lors de la dénonciation des accords de défense, Paris, qui a maintenu l’agrément de l’ambassadeur du Niger en France alors que celui a été relevé de ses fonctions par la junte, a opposé une fin de non-recevoir.

« La France a pris connaissance de la demande des putschistes » mais ceux-ci « n’ont pas autorité pour faire cette demande, l’agrément de l’ambassadeur émanant des seules autorités légitimes nigériennes élues », a rétorqué le Quai d’Orsay.

Dans une telle situation, les autorités du pays d’accueil, légitimes ou non, peuvent expulser l’ambassadeur d’un pays d’envoi déclaré persona non grata comme n’importe quel citoyen étranger. Reste donc à voir si la junte nigérienne ira jusque là.

Cela étant, au Mali, la France n’a plus d’ambassadeur depuis janvier 2022… mais un « chargé d’affaires ». Et, au Burkina Faso, Paris a nommé Mohamed Bouabdallah pour remplacer Luc Hallade, dont la junte avait exigé le départ en décembre dernier. Au passage, une telle initiative ne pouvait que légitimer les putschistes au pouvoir à Ouagadougou… Mais ceux-ci ont refusé d’approuver la nomination du nouvel ambassadeur français… De quoi tendre davantage les relations entre les deux capitales.

« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités », avait dit le général de Gaulle, au sujet de la construction européenne. Et cela vaut aussi pour la politique étrangère…

Ya Rab Yeshua.

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  • BTX changed the title to Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Gabon serait à son tour le théâtre d’un coup d’État mené par des militaires (actualisé)

https://www.opex360.com/2023/08/30/au-gabon-un-groupe-dofficiers-dit-avoir-mis-fin-au-regime-dali-bongo/

Au Gabon, un groupe d’officiers dit avoir mis fin au régime d’Ali Bongo

 

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En 1964, soit quatre ans après avoir obtenu son indépendance par rapport à la France, le Gabon fut le théâtre d’une tentative de coup d’État militaire, menée contre le président Léon Mba. Mais l’intervention – rapide – de la Compagnie autonome de parachutistes d’infanterie de Marine [CAPIMa] des forces françaises permit de contrer les visées des putschistes.

Un second coup d’État militaire fut tenté en janvier 2019, alors que la réélection – trois ans plus tôt, du président en exercice, Ali Bongo [qui avait succédé à son père, Omar Bongo, en 2009], était contestée, notamment en raison de graves difficultés économiques. Mais les choses n’allèrent pas plus loin qu’un appel à l’insurrection lancé par le « Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité » sur les ondes Radio Gabon : sur les cinq mutins, deux furent tués et les autres arrêtés.

La troisième tentative connaîtra-t-elle un sort différent ?

En effet, alors que les autorités gabonaises venaient à peine d’annoncer qu’Ali Bongo allait entamer un troisième mandat après avoir remporté les élections présidentielles du 26 août, avec 64,27% des voix, un groupe d’officiers supérieurs, prétendant représenter « toutes les forces de sécurité et de défense du Gabon », a dit contester ce résultat et annoncé avoir pris le pouvoir.

« Nous, forces de défense et de sécurité, réunies au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions [CTRI], au nom du peuple gabonais et garant de la protection des institutions, avons décidé de défendre la paix en mettant fin au régime en place », ont en effet affirmé ces officiers, dans un message lu par l’un des leurs à la télévision. « À cet effet, les élections générales du 26 août 2023 ainsi que les résultats tronqués sont annulés », ont-ils ainsi fait savoir.

Ces militaires, issus apparemment de la Garde républicaine [GR] et de l’armée régulière, ont dénoncé un scrutin non transparent ainsi qu’une « gouvernance irresponsable, imprévisible, qui se traduit par une dégradation continue de la cohésion sociale, risquant de conduire le pays au chaos ». En outre ils ont annoncé la dissolution de toutes les institutions gabonaises ainsi que la fermeture des frontières « jusqu’à nouvel ordre ».

Producteur de pétrole et bien pourvu en ressources naturelles [manganèse, bois], le Gabon a pris ses distance avec la France au cours de ces derniers mois, malgré la présence d’environ 300 soldats français sur son sol [via les « Éléments français au Gabon – EFG"].

Ainsi, en juin 2022, au côté du Togo, ce pays francophone a rejoint le Commonwealth, composé d’anciennes colonies… britanniques. Et, plus récemment, il a renforcé ses liens avec la Chine [qui est son premier partenaire économique] à la faveur d’une visite à Pékin d’Ali Bongo [par ailleurs en indélicatesse avec la justice française au sujet de l’affaire dite des « biens mal acquis].

Pour le moment, seule la cheffe du gouvernement français, Elisabeth Borne, a réagi à cette tentative de putsch en disant suivre avec la « plus grande attention » à la situation à Libreville. En revanche, la Chine a rapidement appelé les « parties concernées à agir dans l’intérêt du peuple gabonais […], au retour immédiat à l’ordre normal et à garantir la sécurité personnelle d’Ali Bongo ».

Quoi qu’il en soit, cette tentative de putsch est la huitième depuis 2020 en Afrique, après celles ayant eu lieu au Mali, au Burkina Faso [ces deux pays en ont chacun connu deux en huit mois], la Guinée, le Soudan et, plus récemment, au Niger.

« Il y a une épidémie de putschs dans tout le Sahel. Mais qui repose sur quoi ? Sur la faiblesse des systèmes militaires, sur une insuffisance d’efficacité et aussi sur la politique que nous devons conduire en soutien avec toute la région. […] Et donc, je pense que nous devons sur ce point être clair. La période est très difficile […] mais nous devons, avec fermeté, là aussi, éviter tout double standard, rester sur nos principes et avoir cette politique de clarté », avait affirmé le président Macron, le 28 août, lors de la Conférence des ambassadeurs.

Quelques mois plus tôt, à l’occasion du « One Forest Summit », organisé à Libreville en mars dernier, le locataire de l’Élysée avait affirmé que « l’âge de la Françafrique était révolu ».

« On semble encore aussi attendre [de la France] des positionnements qu’elle se refuse à prendre et je l’assume totalement. Au Gabon comme ailleurs, la France est un interlocuteur neutre qui parle à tout le monde et dont le rôle n’est pas d’interférer dans des échanges de politique intérieure », avait-il alors expliqué.

 

PS.  Les éléments français au Gabon comprennent :

  • Un échelon de commandement : En assurant la liaison avec les autres commandements intervenant dans la zone, il est en charge essentiellement du suivi de la situation, des études générales, de la coordination et de la programmation des activités, de la préparation opérationnelle, de la logistique et du soutien interarmées.
  • Une unité terrestre : Le 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa), organisé en groupement de coopération opérationnelle (GCO), implanté au camp de Gaulle à Libreville, est tourné vers la coopération opérationnelle régionale, il assure également la protection des emprises des EFG et la maintenance des matériels terrestres.
  • Une unité aérienne : Les éléments Air 470 (EA 470), implantés sur la base aérienne Guy Pidoux, mettent en œuvre l’hélicoptère FENNEC ainsi que l’accueil et le soutien logistique aéronautique au profit des aéronefs militaires en détachement ou de passage.
  • Des directions et des services de soutien implantés dans le camp de gaulle à Libreville :
    • la direction du commissariat d'outre-mer au Gabon (DICOM Gabon) / groupement de soutien de la base des EFG (GSBEFG), auquel est intégrée la mission logistique (MISLOG), à Douala (Cameroun), en charge du transit logistique au profit des opérations extérieures de la région (BARKHANE-Présence FR en RCA) ;
    • la direction locale interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information (DIRISI Libreville) ;
    • la direction d’infrastructure de la Défense (DID) ;
    • le centre médical interarmées (CMIA) ;
    • le détachement du service des essences des armées (DetSEA) ;
    • le poste de la protection et de la sécurité de la défense au Gabon (PPSD) ;
    • le détachement prévôtal.

Toutes les unités des EFG participent à la mission de coopération en armant des détachements d’instruction opérationnelle (DIO) ou technique (DIT).

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/08/31/coups-d-etat-et-coups-de-torchon-24071.html

Coups d'Etat et coups de torchon

 

Avec le putsch de mercredi au Gabon, l'Afrique a connu huit coups d'Etat depuis août 2020, principalement dans des pays francophones.

Les précédents ont eu lieu dans les pays suivants:
- Niger, le 26 juillet 2023 
- Burkina Faso: deux putschs en 8 mois, le 24 janvier 2022 et le 30 septembre 2022
- Soudan, le 25 octobre 2021 
- Guinée, le 5 septembre 2021
- Mali, deux coups d'Etat en 9 mois, le 18 août 2020 et le 24 mai 2021.

Certains ajoutent à la liste le cas du Tchad où le président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno, est arrivé au pouvoir en 2021 sans processus constitutionnel. D'autres prédisent que le prochain coup aura lieu à N'Djamena...

Pour éviter que la liste des coups ne s'allonge, certains pouvoirs africains ont immédiatement pris des mesures dès le 30 août (coïncidence?), visiblement pour écarter des éléments remuants de leurs institutions militaires comme le soupçonne Casus Belli.

C'est le cas du Rwanda où 12 officiers généraux ont été sortis du cadre d'active. Au total 678 militaires ont été mis à la retraite et 160 autres ont quitté le service pour des raisons médicales:

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Sur cette décision du président Kagame (au pouvoir depuis 2000), on lira cet article publié ce matin: "Rwanda’s Security Forces Undergo Transformation: Renewal and Adaptation". On y parle d'une volonté présidentielle de rajeunir les strates hiérarchiques les plus élevées.

Au Cameroun, un décret du 30 août porte sur des nominations décidées par le président Paul Biya (au pouvoir depuis 1982). On ne parle pas des partants mais de la longue liste des promus, ce qui dénote quand même une volonté de faire un nettoyage:

 

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Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/08/31/letat-major-des-armees-se-dit-pret-a-repondre-a-tout-regain-de-tension-contre-les-emprises-francaises-au-niger/

L’État-major des armées se dit prêt à répondre à « tout regain de tension » contre les emprises françaises au Niger

 

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La semaine passée, accusant le gouvernement français de se livrer à des « agissements contraires aux intérêts du Niger », en raison notamment de son appui aux sanctions décidées contre elle par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO], laquelle a par ailleurs mis un option militaire sur la table, la junte désormais au pouvoir à Niamey a donné à l’ambassadeur de France, Sylvain Itté, quarante-huit heures pour quitter le pays.

Considérant les putschistes ayant déposé le président Mohamed Bazoum comme « illégitimes », la France a opposé une fin de non recevoir… Comme quand la junte avait annoncé sa décision de dénoncer les accords militaires passés entre Niamey et Paris…

Lors de la conférence des ambassadeurs, le 28 août, le président Macron a justifié la position française dans cette affaire. « On a dit que la France était trop engagée en soutien au président Bazoum. J’entends les gazettes, je lis les commentaires parfois des autres capitales. Mais on ferait quoi si un coup d’État comme ça se passait en Bulgarie ou en Roumanie? », a-t-il lancé.

« On a un homme intègre, démocratiquement élu, courageux […] parce que pour la première fois dans un tel cadre, il ne démissionne pas, au péril de sa vie […]. Et on nous explique que la bonne politique aujourd’hui, ce serait de le lâcher. Parce que c’est devenu à la mode. Parce qu’en fait, il faudrait produire local maintenant, même quand ce sont des putschistes. […] Non, on doit être clair, cohérent. Sinon, qui nous écoutera ? Dans quelle capitale africaine on peut dire qu’on a une politique de partenariat avec un dirigeant si quand il subit cela, on ne peut pas être en soutien ? Donc, je pense que notre politique est la bonne », a ensuite développé M. Macron.

Et cette politique, a-t-il poursuivi, « repose sur le courage du président Bazoum, sur l’engagement de nos diplomates, de notre ambassadeur sur le terrain, qui restent légitimes, malgré les pressions et malgré toutes les déclarations d’autorités grâce à l’engagement de nos forces de sécurité intérieure et de nos militaires ».

Sauf que les putschistes nigériens exercent de facto le pouvoir… Et que, légitimes ou pas, ils sont en position d’expulser l’ambassadeur d’un pays déclaré persona non grata comme n’importe quel citoyen étranger. Étant donné la réaction française après sa décision de retirer son agrément à M. Itté, la question était alors de savoir si la junte irait jusqu’au bout de sa logique. La réponse vient d’être donnée ce 31 août.

En effet, selon un courrier du ministère des Affaires Étrangères du Niger adressé au Quai d’Orsay, M. Itté ne peut plus prétendre à jouir de « privilèges et immunités attachés à son statut de membre du personnel diplomatique de l’ambassade de France ». Par conséquent, ses « cartes diplomatiques et visas », ainsi que ceux de sa famille, ont été « annulés » et les services de police nigériens « sont instruits afin de procéder à son expulsion ».

Tant que le diplomate ne quitte pas l’ambassade de France à Niamey, les autorités nigériennes ne pourront rien contre lui… Mais il n’en reste pas moins que sa position n’est pas la plus confortable.

En attendant, à Paris, le porte-parole de l’État-major des armées [EMA], le colonel Pierre Gaudillière, a prévenu : « les forces françaises sont prêtes à répondre à tout regain de tension qui porterait atteinte aux emprises militaires et diplomatiques françaises au Niger » et des « dispositions ont été prises pour protéger ces emprises ».

Reste que la position des forces françaises au Niger [entre 1200 et 1500 militaires, avec des drones Reaper et des Mirage 2000D basés à Niamey] est de plus en plus intenable… La seule issue serait que la junte remette le pouvoir au président Bazoum. Ce qui a autant de chances d’arriver que de gagner deux fois le gros lot à la loterie nationale.

Photo : archive

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/09/05/paris-a-des-echanges-avec-letat-major-nigerien-pour-faciliter-les-mouvements-des-moyens-militaires-francais/

Paris a des « échanges » avec l’état-major nigérien au sujet d’un retrait partiel de ses troupes

 

Comment maintenir une présence militaire relativement importante dans un pays dont on ne reconnaît pas la légitimité de ses dirigeants parce qu’ils sont arrivés au pouvoir à la faveur d’un coup d’État ?

Telle est la question posée à la France au sujet de ses troupes déployées au Niger, où, le 26 juillet dernier, des putschistes ont déposé Mohamed Bazoum, le président en exercice.

Et, histoire de compliquer la situation, ceux-ci ont dénoncé les accords de défense liant Paris à Niamey, exigé le départ des militaires français et déclaré Sylvain Itté, l’ambassadeur de France au Niger, persona non grata.

« Il est notre représentant auprès des autorités légitimes du Niger […], nous n’avons pas à nous ranger aux injonctions d’un ministre qui n’a aucune légitimité », a encore fait valoir Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères, dans les pages du quotidien Le Monde, au sujet du diplomate. « C’est ce qui explique le maintien de notre ambassadeur. Nous nous assurons qu’il puisse faire face en toute sécurité aux pressions des putschistes », a-t-elle insisté.

La ministre a repris le même argument pour la présence des forces françaises au Niger. « Il est important de rappeler que ces troupes sont là à la demande des autorités du Niger, pour les appuyer dans la lutte contre les groupes armés terroristes, et pour mener des actions de formation », a-t-elle rappelé. Cependant, a-t-elle concédé, « aujourd’hui, cette mission ne peut plus être assurée, puisque nous n’avons plus, de facto, d’opérations menées conjointement avec les forces armées nigériennes ».

Le souci est que cette situation risque de s’éterniser car, évidemment, les putschistes ne sont pas pressés de rendre le pouvoir. Le 21 août, leur chef, le général Abdourahamane Tchiani, a ainsi évoqué une « transition de trois ans »…

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Ce qui a été qualifié de « plaisanterie » par la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO], laquelle a pris des sanctions à l’égard du Niger après le coup d’État et menacé de lancer une intervention militaire pour restaurer l’ordre constitutionnel dans le pays… Une menace qui n’a pour le moment pas été suivie d’effet… et dont on voit mal comment elle pourrait être mise à exécution en raison de l’opposition qu’elle suscite au sein de l’Union africaine [UA].

Cependant, l’idée d’une « transition » au Niger semble faire son chemin, alors que la Chine a offert ses bons offices pour trouver une issue à cette « crise » nigérienne. Ainsi, le président nigérian, Bola Tinubu, qui dirige actuellement la CÉDÉAO, a récemment ouvert la porte à une éventuelle transition… mais à condition qu’elle soit courte, comme cela fut le cas pour son pays, en 1999. Il « n’y a pas de raison que celui ne puisse pas se reproduire au Niger, si les autorités militaires sont sincères », a-t-il fait valoir.

Niger : Ali Lamine Zeine nommé premier ministre par les putschistes, une  émissaire américaine reconnaît des discussions « difficiles »

En attendant, placé à la tête du gouvernement nigérien par les putschistes, Ali Mahaman Lamine Zeine a estimé, le 4 septembre, que les forces françaises présentes dans son pays se trouvaient dans une « position d’illégalité ». Et d’ajouter que des « échanges » étaient en cours afin de « permettre très rapidement » leur retrait. « Ce qui nous intéresse c’est, si possible, de maintenir une coopération avec un pays avec qui on a partagé énormément de choses », a-t-il ensuite ajouté. Ce qui est une position assez curieuse… Pourquoi, alors, avoir dénoncé les accords militaires ?

Quoi qu’il en soit, rapporte l’AFP, le ministère des Armées a confirmé des « échanges » avec les forces armées nigériennes… mais pas avec la junte. Il s’agit, a-t-il expliqué, de « faciliter les mouvements de moyens militaires français » présents dans le pays.

« Des échanges de coordination fonctionnelle existent localement entre militaires pour faciliter les mouvements de moyens militaires français immobilisés depuis la suspension de la coopération anti-terroriste », a en effet affirmé le ministère, sans donner plus de détails sur la nature de ces « mouvements » et sans évoquer, non plus, de « retrait ».

Cependant, s’appuyant sur les confidences de sources françaises « proches du dossier », le journal « Le Monde » avance que des « discussions sur le retrait de certains éléments militaires ont commencé », ce qui se justifierait par le fait que la « coopération antiterroriste est interrompue ».

Niger : la France discute avec Niamey du retrait d'une partie de ses  militaires | TV5MONDE - Informations

Les unités basées à Ouallam et à Ayorou seraient les premières concernées. Elles « pourraient être redéployées dans la région, notamment au Tchad voisin, ou être directement rapatriées à Paris », écrit le quotidien.

Photo : Archives / État-major des armées

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/09/08/les-forces-us-au-niger-quittent-niamey-pour-agadez-24093.html

Les forces US au Niger quittent Niamey pour la base 201 d'Agadez

 

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"Simple mesure de précaution", assure le Pentagone.

Jeudi soir, le DoD a annoncé que les moyens américains déployés sur la base aérienne 101 de Niamey allaient être relocalisés sur la base aérienne 201 d'Agadez, près de 1000 km au nord. C'est sur cette base que sont stationnés des drones Reaper (photo USAF).

"Il n'y a pas de menace contre les forces américaines", a assuré Sabrina Singh pendant un briefing à Washington. 

Les forces US comptent environ 1100 hommes (principalement de l'USAF) au Niger. 

A Niamey, sont aussi basés des contractors américains de plusieurs ESSD (en particulier chargées du transport aérien, des médévacs et de l'ISR). Ils devraient logiquement eux aussi gagner Agadez.

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La base 201 a fait l'objet de gigantesques travaux effectués par les sapeurs du 31st Expeditionary Rapid Engineer Deployable Heavy Operational Repair Squadron, le RED HORSE (l'équivalent des Seabees). Les travaux ont été décidés en 2013, suite à une demandes autorités du Niger, mais ils n'ont commencé qu'à l'été 2016.

Depuis la fin de ces travaux (d'un coût de plus de 100 millions de $) sur la piste et la construction des infrastructures sont stationnés à Agadez des personnels du 724th Expeditionary Air Base Squadron. La nouvelle base accueille des drones armés, des avions ISR et des gros porteurs.

  • Thanks 1

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/09/11/lex-rebellion-touareg-affirme-avoir-abattu-un-avion-dattaque-su-25-frogfoot-des-forces-maliennes/

L’ex-rébellion touareg affirme avoir abattu un avion d’attaque Su-25 « Frogfoot » des forces maliennes

 

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Ayant rompu avec la France après avoir sollicité les services du groupe paramilitaire russe Wagner, le Mali, dirigé par une junte, a renforcé ses liens avec la Russie, ce qui s’est traduit par la livraison de plusieurs lots d’aéronefs aux Forces armées maliennes [FAMa].

Ainsi, en août 2022, celles-ci reçurent deux hélicoptères [un Mil Mi-24P et un Mil Mi-8] ainsi que plusieurs avions d’attaque, dont des L-39 « Albatros » et deux Su-25 « Frogfoot ».

Seulement, en octobre de la même année, l’un des deux Su-25 – immatriculé TZ-20C – s’écrasa sur l’aéroport de Gao alors qu’il revenait d’une mission d’appui-feu menée dans la région. Cet appareil ne tarda pas être remplacé.

Le Président de la Transition, SE le Colonel @GoitaAssimi, Chef de l’État, a remis, ce jeudi, les clefs de plusieurs nouveaux aéronefs au Chef d’État-Major Général de l’Armée de l’air. Des appareils qui vont renforcer la flotte aérienne de l’Armée nationale. pic.twitter.com/qlVnOgGiX6

— Presidence Mali (@PresidenceMali) January 19, 2023

 

En effet, en janvier, la Russie livra un nouveau lot d’aéronefs. Et selon une photographie publiée par la présidence malienne, il était composé deux Mil Mi-8, de cinq L-39 et d’au moins un Su-25, immatriculé TZ-25C. Est-ce celui-ci qui s’est écrasé près d’Ifardane, dans la région de Gao, le 9 septembre ?

En tout cas, et si les causes de la chute de cet appareil n’ont pas encore été précisées, l’ex-rébellion touareg, réunie au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad [CMA], a affirmé avoir abattu « un avion des terroristes FAMA/Wagner suite à des bombardements sur [ses] positions ».

De son côté, le ministère malien de la Défense a seulement évoqué un « incident aérien qui s’est produit au nord de Gao impliquant un aéronef de l’armée de l’Air malienne ». Et de promettre que « des détails suivront »… Mais plus de vingt-quatre heures plus tard, aucune précision n’a encore été donnée.

Quoi qu’il en soit, les photographies de l’épave de l’appareil en cause suggèrent qu’il s’agit bien d’un Su-25 « Frogfoot ». Et selon le reporter indépendant Souleymane Ag Anara, le pilote aurait réussi à s’éjecter, avant d’être récupéré par les FAMa.

#Mali🇲🇱 – Images from the crash site suggest that the Malian Air Force lost its Su-25 reg. TZ-25C (delivered January 2023). CMA reported that their forces had fired on the jet, leading to the crash. There were also very bad weather conditions, another possible cause of the crash. https://t.co/kAGTqhNUze pic.twitter.com/BDLdUJgiOO

— Fabian (@fabsenbln) September 10, 2023

 

Cette affaire survient à moment où les relations entre l’ex-rébellion touareg et la junte au pouvoir à Bamako ne cessent de se dégrader. En avril, la CMA avait ainsi accusé des avions de combat des FAMa d’avoir « survolé à des altitudes délibérément provocatrices ses positions à Ber, Amassine, Anafis et Kidal en pleine période de tensions liées au blocage du processus de paix ».

Puis, la fin du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA] a encore accentué les tensions, la CMA reprochant à Bamako de prendre le contrôle des bases laissées par les Casques bleus. Ce qui a donné lieu à des affrontements, comme à Ber, le 11 août dernier, l’ex-rébellion ayant dit avoir déjoué une « attaque complexe menée par les FAMa et Wagner ». Les autorités maliennes ont donné une version différente, affirmant que leurs troupes avaient « riposté vigoureusement […] à une tentative d’incursion dans leur dispositif ».

La veille, la CMA avait fait savoir qu’elle quitterait Bamako. « Notre direction estime que nous ne sommes plus en sécurité dans la capitale et que les raisons de notre présence au nom de la CMA sont entièrement compromises », avait en effet déclaré Attaye Ag Mohamed, le chef de la délégation de l’ex-rébellion touareg envoyée dans la capitale malienne.

Dans le même temps, les organisations jihadistes, et notamment celles relevant du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM, affilié à al-Qaïda], étendent leur emprise et poursuivent leurs attaques. Les deux dernières en date ont été menées le 7 septembre, contre un bateau naviguant sur le fleuve Niger, près de Gourma-Rharous, et contre une position occupée par les FAMa à Bamba, dans la région de Gao. Selon un bilan provisoire, elles ont fait un total de 64 tués, dont 49 civils.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/09/13/le-niger-accuse-le-benin-de-planifier-une-agression-avec-la-france-et-met-un-terme-a-sa-cooperation-militaire/

Le Niger accuse le Bénin de planifier une « agression » avec la France et met un terme à sa coopération militaire

 

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Il y a encore quelques semaines, le Niger et le Bénin entretenaient de bonnes relations, notamment au niveau économique, grâce à un projet d’oléoduc devant relier les puits pétroliers nigériens d’Agadem au port béninois en eau profonde de Sèmè-Kpodji afin de permettre à Niamey d’exporter jusqu’à 35 millions de barils par an [et de multiplier par cinq sa capacité d’exportation].

Lancé en septembre 2019 et réalisé par la West African Oil Pipeline Company-Bénin [WAPCO-Bénin], filiale du groupe chinois China National Petroleum Company [CNPC], dans le cadre d’un investissement de 4,5 milliards d’euros, ce chantier aurait dû être finalisé en juillet dernier. Mais le coup d’État survenu au Niger a changé la donne.

En effet, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO] ayant pris des sanctions contre la junte nigérienne, le Bénin a fermé sa frontière terrestre avec le Niger… et les échanges commerciaux sont depuis à l’arrêt. Mais cette dégradation des relations entre les deux pays a aussi des conséquences sur le plan militaire.

En 2022, et après avoir subi plusieurs attaques jihadistes, le Bénin renforça sa coopération militaire avec le Niger, avec la signature d’un accord portant notamment sur l’échange de renseignements, la planification d’opérations conjointes entre les forces béninoise et nigérienne et l’assistance aérienne pour surveiller les mouvements des groupes terroristes.

Seulement, et même si, au sein de la CÉDÉAO, qui a évoqué, à plusieurs reprises, une éventuelle intervention militaire, il a dit privilégier la voie diplomatique pour sortir de la crise provoquée par le coup d’État à Niamey, le Bénin est dans le collimateur de la junte nigérienne. Le 12 septembre, celle-ci a annoncé sa décision de dénoncer les accords de coopération militaire conclus avec Porto-Novo après avoir accusé les autorités béninoises « d’envisager une agression » contre le Niger.

« La République du Bénin a autorisé le stationnement des militaires mercenaires et matériels de guerre dans la perspective d’une agression voulue par la France en collaboration avec certains pays » de la CÉDÉAO, a affirmé la junte, via un communiqué lu à la télévision nationale. Et d’assurer qu’elle avait appelé, « à plusieurs reprises », le gouvernement béninois « au respect des obligations » prévues par l’accord signé en 2022.

Plus tôt, les putschistes nigériens avaient accusé la France de déployer des troupes dans « plusieurs pays de la CÉDÉAO dans le cadre de préparatifs d’une agression contre le Niger, qu’elle envisage en collaboration avec cette organisation communautaire ».

Pour étayer ses accusations, la junte a avancé que « deux aéronefs de transport militaire type A400M et un Dornier 328 [un appareil qui n’est pas en service au sein des forces françaises, ndlr] » avaient été « déployés en renfort en Côte d’Ivoire » et que « deux hélicoptères multi-rôles type Super Puma » ainsi qu’une « quarantaine de véhicules blindés » l’avaient été « à Kandi et Malanville au Bénin ». Et d’ajouter que, « le 7 septembre 2023, un navire militaire français a accosté à Cotonou [Bénin] avec à son bord, du personnel et des moyens militaires ».

Le navire en question est le porte-hélicoptères amphibie [PHA] Mistral qui, après une escale au Sénégal, est effectivement arrivé au Bénin la semaine passée, avec une trentaine d’officiers de marine africains à son bord, dans le cadre de la mission Corymbe.

« Cette année la présence du Mistral à Cotonou revêt une importance toute particulière car il s’agit de marquer son appui au programme SIREN [Stage d’Instruction Régional Embarqué et Numérique] dans le cadre de notre partenariat dans les secteurs de l’action de l’Etat en mer et de l’économie bleue dont le Bénin est un acteur important », a ainsi expliqué la diplomatie française.

Quant aux blindés observés à Kandi et à Malanville, il peut tout simplement s’agir de ceux que la France a donnés aux forces béninoises. En janvier, celles-ci ont reçu un premier lot de 8 véhicules de l’avant blindé [VAB]. Et, en juin, selon RFI, elles ont pris possession de trois hélicoptères Puma.

Ya Rab Yeshua.

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Les forces américaines font de nouveau voler leurs drones au Niger

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Si la junte qui a pris le pouvoir au Niger s’est empressée de dénoncer les accords militaires avec la France, elle se garde bien d’en faire autant avec ceux conclus avec les États-Unis. Et ceux-ci permettent notamment aux forces américaines de s’installer durablement à Niamey ainsi que sur la base aérienne 201 d’Agadez. Mais pas seulement puisque la CIA a aussi été autorisée à utiliser ses drones depuis la base de Dirkou, située au sud de la Libye et à l’ouest du Tchad.

Nord Niger: entre ops discrètes et recherche d'un site pour une base  temporaire : Lignes de défense

Jusqu’à présent, Washington a adopté une attitude prudente à l’égard de la junte, en évitant, par exemple, de parler de « coup d’État » pour qualifier la destitution de Mohamed Bazoum, le président légalement élu. Et cela afin de ne pas remettre en cause la coopération militaire avec le Niger. En outre, certains putschistes, comme le général Moussa Salaou Barmou, récemment promu chef d’état-major des forces nigériennes, ont fréquenté des écoles militaires américaines… Ce qui peut faciliter le dialogue.

D’ailleurs, c’est ce qui a sans doute permis aux forces américaines de renouer avec le fil de leurs missions de contre-terrorisme au Sahel…

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En effet, le 13 septembre, lors de la convention de l’Air and Space Forces Association, le général James Hecker, le chef des forces aériennes américaines en Europe et en Afrique, a affirmé que les vols de drones avaient repris au Niger depuis deux semaines.

« Pendant un certain temps, nous n’avons réalisé aucune mission » depuis nos bases au Niger. Mais « grâce au processus diplomatique, nous effectuons désormais une grande partie des missions que nous faisions auparavant », a en effet déclaré le général Hecker.

Il s’agit surtout de missions dites ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance], impliquant des drones et des avions légers [le général Hecker a parlé de vols avec et sans pilote, ndlr].

Pour rappel, la semaine passée, le Pentagone a fait savoir que, « par mesure de précaution », les forces américaines présentes au Niger [soit environ 1100 militaires] allaient être quasiment toutes regroupées à Agadez. Ce qui, selon le général Hecker, a un « impact opérationnel » car « de nombreuses cibles à surveiller sont désormais plus éloignées de la base aérienne 201 que de la base aérienne 101 [de Niamey] ».

En clair, les drones américains ont désormais plus de chemin à parcourir pour survoler la région dite des trois frontières [car située aux confins du Niger, du Burkina Faso et du Mali, ndlr] où sévissent les groupes jihadistes. Ce qui fait qu’ils restent moins longtemps au-dessus de cette zone d’intérêt. « On n’obtient pas autant de données qu’avant », a insisté le général Hecker.

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Cela étant, un porte-parole du Pentagone, le général Patrick Ryder, a confirmé la reprise des vols de drones au Niger. « Nous avons obtenu l’approbation des autorités compétentes », a-t-il dit. « Les États-Unis se réservent toujours le droit de mener des opérations pour protéger leurs forces si nécessaire », a-t-il ajouté. Cependant, « nous n’avons pas repris les missions de formation et d’assistance aux forces nigériennes, ni la coopération anti-terroriste » avec Niamey, a-t-il précisé.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/09/17/le-mali-le-niger-et-le-burkina-faso-forment-lalliance-des-etats-du-sahel-et-nouent-un-pacte-de-defense-collective/

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso forment l’Alliance des États du Sahel et nouent un pacte de défense collective

 

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En janvier 2017, alors membres du G5 Sahel, le Mali, le Burkina Faso et le Niger annoncèrent la création d’une « Force multinationale de sécurisation du Liptako-Gourma » [FMS/LG], sur le modèle de la Force multinationale mixte [FMM] qui avait été mise en place quelques temps plus tôt par les pays du bassin du Lac Tchad [Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad] pour combattre le groupe jihadiste Boko Haram.

« Nous avons décidé [….] de la mutualisation de nos moyens de renseignements, de nos capacités [militaires] opérationnelles pour faire face à la situation sécuritaire » dans le Liptako-Gourma [c’est à dire la région des « trois frontières », ndlr] avait en effet expliqué Mahamadou Issoufou, alors président du Niger.

Seulement, quelques semaines plus tard, le G5 Sahel relança l’idée d’établir une force conjointe [FCG5S] afin de lutter plus efficacement contre les groupes jihadistes de la région, en alignant sept bataillons [soit 5000 soldats] fournis par les États membres et déployés selon trois fuseaux [ouest / centre / est].

Cependant, malgré l’appui de la force française Barkhane, cette FCG5S eut des difficultés pour se mettre en place… Et le Mali lui donna, en quelque sorte, le coup de grâce en se retirant du G5 Sahel après le coup d’État qui porta le colonel Assimi Goïta au pouvoir.

Depuis, le Burkina Faso et le Niger ont suivi le même chemin que le Mali et sont désormais dirigés par des putschistes au pouvoir, qui, par ailleurs, ne cachent pas leur ressentiment à l’égard de la France. Qui plus est, le groupe paramilitaire russe Wagner s’est implanté dans la bande sahélo-saharienne, Bamako ayant sollicité ses services.

En outre, depuis que le président Bazoum a été renversé, le 26 juillet, le Burkina Faso et le Mali se sont rapprochés du Niger, allant jusqu’à lui promettre une assistance dans le cas où la CÉDÉAO lancerait une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel à Niamey.

C’est donc dans ce contexte que, le 16 septembre, ces trois pays ont noué un « pacte de sécurité » en signant la « Charte du Liptako-Gourma ». Celle-ci vise à créer « l’Alliance des États du Sahel » et d’établir une « architecture de défense collective et d’assistance mutuelle ».

Ainsi, l’article 6 de cette charte prévoit que « toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du territoire d’une ou plusieurs parties contractantes sera considérée comme une agression contre les autres parties et engagera un devoir d’assistance et de secours de toutes les parties, de manière individuelle ou collective, y compris l’emploi de la force armée pour rétablir et assurer la sécurité au sein de l’espace couvert par l’Alliance ».

En clair, il s’agit d’une clause de défense collective, à l’instar de celle prévue par l’article 5 de l’Otan.

 

« Cette alliance sera une conjugaison des efforts militaires, économiques entre les trois pays », a fait savoir Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne. « Notre priorité c’est la lutte contre le terrorisme dans les trois pays », a-t-il insisté.

À première vue, ce pacte pourrait permettre aux éléments du groupe Wagner présents sur le territoire malien d’opérer au Niger, sous couvert de lutte contre les groupes jihadistes. Cependant, la situation sécuritaire au Mali s’est encore détériorée au cours de ces derniers jours, avec notamment des tensions de plus en plus marquées entre Bamako et l’ex-rébellion indépendantiste touareg, tentée visiblement de faire à nouveau parler la poudre.

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Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/09/20/niamey-24118.html

Forces françaises au Niger: entre se serrer la ceinture et serrer les dents

 

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"Abandonnés" ! L’humeur est visiblement morose au sein du contingent français au Niger. Principalement, confinés sur la BAP (la base aérienne projetée) située près de l’aéroport de Niamey, les quelque 1 500 soldats français sont au cœur d’un bras de fer entre l’Élysée et les putschistes du 26 août qui souhaitent le départ des forces françaises et qui ont dénoncé plusieurs accords de coopération militaire conclus avec l’ex-puissance coloniale (photos EMA prises à Niamey).

Côté français, Emmanuel Macron, intransigeant, maintient qu’un éventuel redéploiement des forces françaises au Niger ne sera décidé qu’à la demande du président Mohamed Bazoum toujours considéré par la France comme le légitime chef de l’État.

En attendant un accord politique, la situation des militaires français se dégrade depuis le début du mois de septembre : relève compromise, réserves qui s’épuisent, encadrement sous stress, peur d’une sortie de crise violente…

A cela s’ajoute la crainte d’être débordés par les manifestants nigériens qui bloquent tous les accès au camp français.

"Le problème, c’est la foule. Elle se fait manipuler par le mouvement M62 principalement qui fait monter le sentiment anti-français. Ce sont ces mêmes manifestants qui ont stoppé le boulanger et qui empêche les personnels locaux de venir travailler sur la BAP. Alors que les personnels locaux peuvent encore travailler pour les Allemands et les Italiens. Le filtrage n’est pas effectué par les forces armées nigériennes mais par les manifestants", explique un Français, ancien militaire, qui travaille sur place dans le transport.

Ravitaillement aléatoire
Sur la BAP, les conditions de vie sont de plus en plus compliquées : "Aucun mouvement d’avion, les mouvements entre la zone vie et la zone technique sont surveillés et filtrés par l’armée nigérienne, un fossé antichar a été creusé, plus de ravitaillement alimentaire, évidemment pas d’autorisation de sortie. La base vivait sur les réserves des congélateurs jusqu’à cette semaine. Désormais pas de pain, le papier toilette rationné", a résumé un soldat français à sa famille.

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"Nous avons encore un stock conséquent de carburant pour les groupes électrogènes, nous sommes aussi autonomes concernant l’eau potable et sanitaire et il y a encore de quoi manger un certain temps", précise toutefois l’ancien militaire français avant de préciser: "En revanche, la situation sur les deux bases avancées (Ouallam et Ayorou) devient intenable : plus de ravitaillement en eau, nourriture et carburant. Bientôt plus d’électricité pour eux. Et il est impossible de les approvisionner".

A Ouallam, au nord de Niamey, près de 200 soldats vivent de plus en plus chichement, leur autonomie passée devenant un souvenir. "Tout ça ne tient qu’à un fil. Ce qui me pose problème, c’est que nos capacités se dégradent un peu plus tous les jours, précise un sous-officier qui préfère garder l’anonymat. La mission : « Tenir », c’est OK ; mais il nous faut de quoi manger, se laver et un minimum de confort ! Dimanche, l’électricité coupe et nous n’aurons plus de moyen de recharger nos appareils une fois que nos batteries seront déchargées. Nous attendons juste une direction de manœuvre ; rien que ça, ça nous donnerait du moral".

Des députés inquiets
L’état-major des Armées (EMA) relativise ces difficultés, reconnaissant des "approvisionnements compliqués", tout en se voulant rassurant : "L’état des capacités de combat, dont l’état du moral des militaires, est suivi par le commandement à tous les niveaux. Aujourd’hui, la posture des militaires français au Niger permet de répondre à toutes les éventualités, notamment en cas de besoin d’utiliser la force."

L’EMA précise aussi que "les militaires en opérations sont confrontés par nature à une forme d’incertitude et aux changements de situation. Ils sont formés et entraînés pour agir dans des conditions parfois très rustiques et dans des environnements sécuritaires difficiles. La préparation et la planification des missions intègrent cette complexité".

Malgré tout, plusieurs députés français se sont émus de la dégradation des conditions de vie du contingent français au Niger. Ainsi, le député brestois Jean-Charles Larsonneur a fait part de ses inquiétudes dans un courrier de lundi au ministre des Armées Sébastien Lecornu. 

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/09/25/apres-deux-mois-de-bras-de-fer-avec-les-putschistes-m-macron-annonce-la-fin-de-presence-militaire-francaise-au-niger/

Après deux mois de bras de fer avec les putschistes, M. Macron annonce la fin de présence militaire française au Niger

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Le président Macron et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, n’en démordent pas : non, et contrairement à ce qu’ont pu affirmer quelques parlementaires, l’opération Barkhane n’est pas un échec.

Effectivement, depuis l’intervention militaire lancée au Mali le 11 janvier 2013, les forces françaises ont contenu la menace jihadiste dans la bande sahélo-saharienne, en portant régulièrement de rudes coups aux groupes armés terroristes [GAT], malgré des changements de tactiques qui leur ont été imposés.

Seulement, dix ans plus tard, et alors que, en juin 2021, M. Macron avait annoncé la fin de l’opération Barkhane « sous sa forme actuelle » en disant vouloir  " tirer les enseignements de ce qui a fonctionné et tirer aussi les enseignements de ce qui n’a pas fonctionné », l’influence de la France dans cette région a presque été réduite à néant, faute d’avoir su gérer les conséquences des coups d’État survenu d’abord au Mali, puis au Burkina Faso, et, récemment, au Niger.

Le 26 juillet, quand le président en exercice, Mohamed Bazoum, a été déposé par un coup d’État fomenté par le général Abdourahamane Tchiani, le chef de sa garde présidentielle, la France a fait le choix de la fermeté en niant toute légitimité à la junte arrivée au pouvoir.

« Le Président de la République ne tolérera aucune attaque contre la France et ses intérêts », fit même savoir l’Élysée. Sans doute aurait-il été mieux inspiré de chercher à les ménager… Comme l’a d’ailleurs fait la diplomatie américaine, qui a su maintenir les canaux ouverts avec les putschistes tout en défendant le principe d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans cette affaire, la France a fait plusieurs paris. D’abord en misant sur la fermeté de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest [CÉDÉAO], qui avait mis l’option d’une intervention militaire sur la table pour rétablir le président Bazoum dans ses fonctions… sans toutefois avoir les moyens de mettre ses menaces à exécution. Puis en comptant sur des dissensions au sein de la junte… qui ne se sont pas concrétisées.

Dans le même temps, les putschistes ont rapidement dénoncé les accords de coopération militaire conclus avec la France, en l’accusant de tous les maux. À Paris, on a constamment fait valoir que les annonces de la junte étaient nulles et non avenues…. Et que seul le président Bazoum était légitime pour prendre de telles décisions.

Lors de la Conférence des ambassadeurs, fin août, et alors que Niamey venait de retirer son agrément à Sylvain Itté, l’ambassadeur de France au Niger, le président Macron s’était montré une nouvelle fois très ferme. « Dans quelle capitale africaine on peut dire qu’on a une politique de partenariat avec un dirigeant si quand il subit cela [un coup d’État, ndlr], on ne peut pas être en soutien »? avait-il demandé.

À l’occasion d’une conférence de presse donnée en marge du dernier sommet du G20, le 10 septembre, à New Delhi, le locataire de l’Élysée avait remis une pièce dans la machine.

« La France a une position simple : nous le condamnons [le coup d’État, ndlr], nous demandons la libération du président Bazoum et la restauration de l’ordre constitutionnel. Et nous ne reconnaissons aucune légitimité aux déclarations des putschistes. Puisque le président Bazoum n’a pas renoncé à son pouvoir, si nous redéployons quoi que ce soit, je ne le ferai qu’à la demande du président Bazoum, et en coordination avec lui. Pas avec des responsables qui, aujourd’hui, prennent en otage un président », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Sur ce sujet, depuis le premier jour, la France se coordonne avec l’ensemble des présidents de la région, les chefs d’État et de gouvernement, et nous soutenons pleinement les positions de la CÉDÉAO ».

Seulement, avec un ambassadeur de France ne pouvant plus sortir de sa résidence et des forces françaises [environ 1500 militaires] réduites à l’inaction et qui plus est déclarées personæ non gratæ, cela ne pouvait pas durer éternellement.

Aussi, le président Macron a-t-il dû manger son chapeau en annonçant, le 24 septembre [soit presque deux mois après le coup d’État], lors d’un entretien diffusé par TF1 et France 2, le retrait du Niger des forces françaises et le retour à Paris de M. Itté.

« La France a décidé de ramener son ambassadeur. Dans les prochaines heures notre ambassadeur avec plusieurs diplomates rentreront en France », a en effet déclaré le président Macron. Et « nous mettons fin à notre coopération militaire avec les autorités de fait du Niger, car elles ne veulent plus lutter contre le terrorisme », a-t-il ajouté, assurant que le retour des forces françaises se ferait de « manière ordonnée dans les semaines et les mois qui viennent » et que ce retrait serait effectif d’ici « la fin de l’année ». Et de préciser que « nous nous concerterons avec les putschistes parce que nous voulons que ça se fasse dans le calme ».

À Niamey, les putschistes jubilent… « Les troupes françaises ainsi que l’ambassadeur de France quitteront le sol nigérien d’ici la fin de l’année. C’est un moment historique qui témoigne de la détermination et de la volonté du peuple nigérien », s’est félicitée la junte. « Toute personne, toute institution ou structure dont la présence menace les intérêts et les projections de notre pays devront quitter la terre de nos ancêtres qu’ils le veuillent ou non », a-t-elle insisté.

Histoire de compliquer les choses, et quelques heures avant l’annonce de M. Macron, Niamey a fait savoir que son espace aérien serait désormais « ouvert à tous les vols commerciaux nationaux et internationaux à l’exception des avions français ou des avions affrétés par la France, dont ceux de la flotte d’Air France ». Et cela alors que, pour rappel, les forces américaines ont déjà été autorisées à reprendre leurs vols ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance] depuis leur base d’Agadez…

Étant donné qu’elles sont essentiellement déployées dans l’ouest du Niger, les forces françaises n’ont que très peu d’options pour quitter le pays par la voie terrestre.

L’une d’elles passerait par N’Djamena [Tchad], située cependant à 1700 km de Niamey [via la route nationale 1]. Une autre, plus courte, consisterait à transiter par le Bénin, qui a l’avantage de posséder des ports en eaux profondes. Et si les avions français [y compris ceux affrétés par la France] ne sont pas autorisés à voler dans l’espace aérien nigérien, alors l’État-major des armées devra compter sur des moyens américains, voire sur ceux du Qatar et des Émirats arabes unis, comme cela avait le cas lors du retrait du Mali.

Photo : DETCHASSE de la base aérienne projetée de Niamey – État-major des armées

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/09/25/1500-soldats-francais-quitteront-le-niger-dans-les-semaines-24130.html

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/09/25/les-pas-si-beaux-restes-de-la-presence-militaire-francaise-e-24131.html

Les (pas si) beaux restes de la présence militaire française en Afrique

 

On attendait depuis quelques mois des précisions sur le redéploiement militaire français en Afrique. L’actualité au Mali, Burkina Faso et Niger a pris de vitesse l’Élysée et les Armées. Revue de détail du dispositif français sur le continent (photo EMA).

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Et de trois (voire quatre si l'on ajoute la RCA) !

En matière de redéploiements, l’armée française dispose désormais d’une expérience réelle, mais acquise dans l’amertume.

Ces redéploiements (des «retraites», diront certains) ont été imposés, non pas par la force des armes, mais par des régimes militaires arrivés au pouvoir lors de putsch qui ont tous débouché sur une remise en question fondamentale des liens avec Paris.

De Bamako à Niamey, en passant par Ouagadougou, la défaite politique française en rase campagne est incontestable.

Maillage à trous
Que reste-t-il désormais de la présence militaire tricolore sur le continent africain ?

Selon des données de l’état-major des armées (EMA), les forces en Afrique rassembleront au moins 4 750 soldats après le départ des 1 500 soldats français du Niger. Des soldats dont on ne sait pas encore s’ils seront renvoyés en métropole ou repositionnés sur le continent.

Au Sahel, actuellement, le dispositif des forces françaises compte 2 500 soldats engagés dans la lutte contre les groupes armés terroristes aux côtés de leurs partenaires européens et nord-américain. Une fois le contingent tricolore désengagé du Niger, c’est uniquement au Tchad qu’un contingent consistant sera localisé, avec un millier d’hommes. 

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Le reste des forces de présence est éparpillé dans quatre pays.

A Djibouti:  avec près de 1500 soldats déployés, les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) s’articulent autour de cinq emprises principales centrées sur Djibouti : le 5e régiment interarmes d’outre-mer (5e RIAOM) ; le détachement de l’aviation légère de l’armée de terre (DETALAT) armant 4 hélicoptères Puma et 3 Gazelle ; la base aérienne 188 (BA 188) avec ses 4 avions de défense aérienne Mirage 2000-5, 1 avion de transport tactique Casa, 3 hélicoptères Puma ; la base navale ; le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement au désert de Djibouti (CECAD). Les FFDJ constituent une plateforme stratégique, opérationnelle et logistique aussi appelée base opérationnelle avancée (BOA).

En Côte d’Ivoire: 900 soldats sont rassemblés au sein des Forces françaises en Côte d’Ivoire. Ces FFCI constituent l’une des deux bases opérationnelles avancées (BOA) en Afrique. Les 900 soldats (dont ceux du 43e BIMa) constituent une réserve d’intervention en Afrique centrale et de l’ouest. Ils sont chargés de soutenir les opérations dans la zone et de conduire les activités de partenariat militaire opérationnel avec la République de Côte d’Ivoire.

Au Sénégal: les éléments français au Sénégal (EFS) disposent d’environ 400 hommes qui réalisent des missions de formation et d’entraînement au profit des armées locales. Les EFS s’articulent autour d’un poste de commandement interarmées, d’un détachement de l’aéronautique navale (Atlantique 2 ou Falcon 50 et sa cellule ravitaillement), stationné à l’escale aérienne ; d’un groupement régional d’intervention NEDEX (Neutralisation Enlèvement et Destruction d’Explosifs), d’éléments de soutien spécialisé et de maintenance.

Au Gabon: 350 soldats constituent les éléments français au Gabon (EFG). Ils constituent le second « pôle opérationnel de coopération » (POC) à vocation régionale avec Dakar. Ils disposent principalement d’un échelon de commandement et d’une unité terrestre: le 6e bataillon d’infanterie de marine. Ce 6e BIMa est organisé en groupement de coopération opérationnelle (GCO), implanté au camp de Gaulle à Libreville; il est tourné vers la coopération opérationnelle régionale, il assure également la protection des emprises des EFG et la maintenance des matériels terrestres.

En périphérie
Hors territoire continental africain, d’autres forces françaises sont positionnées à Mayotte et à la Réunion (1750 légionnaires, parachutistes et marins au total pour ces forces dites de souveraineté). La marine nationale maintient plusieurs dispositifs: des frégates dans l’océan Indien (à partir de la Réunion), la TF 150 aussi dans l’océan Indien (une centaine de marins), les moyens de l’opération Corymbe dans le golfe de Guinée (150 hommes)...

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/10/01/rien-ne-va-plus-pour-les-fama-24144.html

Mali: rien ne va plus pour les FAMA qui perdent des positions face à la CMA et au JNIM

 

azawad1.jpg

De nouveaux combats ont opposé dimanche matin l'armée malienne et des groupes armés séparatistes à Bamba (nord), localité dont les rebelles ont revendiqué avoir pris le contrôle. Une prise de contrôle dont témoignent des vidéos mises en ligne sur le réseau X (ex-Twitter) et un message publié au nom du Cadre stratégique permanent (voir ci-dessus), une structure de facto dominée par la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), alliance de groupes séparatistes à dominante touareg. 

Cette confrontation est la dernière en date d'une série d'attaques de la CMA qui a capturé Bourem et de Léré il y a quelques jours. Samedi, la rébellion séparatiste à dominante touareg a affirmé avoir tué 81 soldats de l'armée malienne lors de l'attaque jeudi du camp de Dioura (lire ci-dessous):

dioura.jpg

Pour les FAMA qui auraient abandonné plusieurs de leurs camps dont celui de Soumpi, les revers se multiplient, tant face aux sécessionnistes qu'au djihadistes.

En effet, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM selon l'acronyme arabe) a revendiqué sur la plateforme de propagande Al-Zallaqa une attaque, mercredi dernier, contre les soldats maliens et leurs alliés du groupe paramilitaire russe Wagner à Acharane, selon SITE, l'ONG américaine spécialisée dans le suivi des groupes radicaux. L'opération aurait commencé par une attaque suicide suivie d'un assaut aux armes lourdes et légères. Le JNIM assure avoir tué de nombreux soldats et en avoir capturé un. Il dit aussi avoir pris le contrôle du poste et l'avoir totalement incendié, et s'être emparé de six véhicules et d'une quantité importante d'armes et de munitions.

L'armée malienne avait déjà été visée le 7 septembre à Bamba par une opération revendiquée par ce même Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaida.

Globalement, la junte militaire de Bamako est en train de perdre le contrôle de la moitié nord du pays, à partir de la région de Tombouctou. Une ville encerclée par les djihadistes, comme l'écrivait samedi mon camarade Patrick Angevin:

papier Patrick.jpg

 

Ya Rab Yeshua.

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https://www.opex360.com/2023/10/05/les-forces-francaises-entament-leur-retrait-du-niger-dans-des-conditions-extremement-difficiles/

Les forces françaises entament leur retrait du Niger dans des conditions extrêmement difficiles

 

mq9-20161208.jpg

Deux mois après le renversement du président nigérien, Mohamed Bazoum, lors d’un coup d’État militaire, le président Macron a fini par décider le retrait des forces françaises du Niger, toute coopération militaire contre les groupes armés terroristes [GAT] étant désormais impossible, étant donné que la junte au pouvoir s’était empressée de dénoncer les accords de défense autrefois noués avec la France [mais pas ceux conclus avec d’autres pays, dont les États-Unis].

Pour l’État-major des armées [EMA], ce retrait du Niger est un défi, d’autant plus que les putschistes ne sont visiblement pas disposés à le faciliter.

En effet, Niamey a interdit l’accès de son espace aérien à tous les avions français [y compris ceux affrétés par la France] et fermé sa frontière avec le Bénin, pays qui aurait pu accueillir un « noeud logistique », avec le port en eaux profondes de Cotonou, pour le désengagement français.

« Le peuple nigérien va désormais dicter la forme des futures relations avec la France », a même prévenu le général Abdourahamane Tchiani, le chef de la junte nigérienne, le 1er octobre.

Quoi qu’il en soit, ce 5 octobre, le ministère des Armées a indiqué que le « désengagement » des forces françaises « stationnées au Niger » allait « débuter cette semaine », ajoutant que cette manoeuvre « doit permettre le retour de l’ensemble des militaires en France avant la fin de l’année ». Et de préciser que, malgré l’hostilité affichée par la junte, la « coordination avec les armées nigériennes est essentielle à la réussite de cette manœuvre » et que « toutes les dispositions ont été prises pour que les mouvements se déroulent en bon ordre et en sécurité ».

Actuellement, les forces françaises sont déployées à Niamey [pour, notamment, mettre en oeuvre des moyens aériens, dont des drones Reaper et des Mirage 2000D] ainsi qu’à Ouallam et à Ayorou, où deux sous-groupements tactiques interarmes [S/GTIA] participaient jusqu’alors à l’opération nigérienne « Almahaou », dans le Liptako.

La première phase du retrait consistera à regrouper ces deux S/GTIA à Niamey, ce qui suppose de leur faire parcourir une centaine de kilomètres. Un tel trajet pourrait prendre au moins deux jours, compte tenu de l’état des pistes. Reste à voir si un appui aérien sera possible dans cette région où l’État islamique au grand Sahara [EIGS] est actif. « Nous prenons les dispositions pour assurer la sécurité des gens engagés dans la manœuvre », assure toutefois l’EMA.

Par la suite, et alors que le renfort de logisticiens paraît compromis [il en avait fallu 400 pour assurer le retrait du Mali, l’an passé…], il restera à organiser le désengagement des équipements.

Si la route du Bénin n’est pas possible, la seule option passe par le Tchad, pays à partir duquel un pont aérien pourrait éventuellement être organisé. Faute de mieux, les conteneurs prendraient alors la route du port camerounais de Douala. Ce qui les amenerait à parcourir plus de 2000 km au total et à traverser des zones dangereuses, notamment dans l’extrême-nord du Cameroun, où sont présents le groupe jihadiste Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest [ISWAP].

En attendant, depuis la fin de la coopération militaire avec leurs homologues françaises, les forces armées nigériennes [FAN] subissent des pertes de plus en plus élevées face aux groupes jihadistes… Ainsi, une embuscade tendue par l’EIGS dans la région de Tilla, le 2 octobre, aurait fait 60 tués dans leurs rangs… sans compter les disparus.

Photo : AAE

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/10/09/les-deux-postes-avances-francais-du-nord-du-niger-ont-ete-ra-24161.html

Les deux postes avancés français au nord du Niger ont été ravitaillés avant le départ de leurs occupants

Le retrait des troupes françaises du Niger a débuté avec plusieurs convois le week-end dernier entre les bases avancées du nord-ouest, où sont déployés 400 militaires, et la capitale Niamey, selon l'AFP citant des sources françaises et nigériennes.

Le régime militaire nigérien, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 26 juillet, avait annoncé vendredi les premiers mouvements des troupes françaises "d'ici la fin de semaine, avec la reprise du ravitaillement des emprises (bases, ndlr) et le départ des premiers soldats et matériels du Niger vers la France". 

Niger: une situation humanitaire inquiétante autour de Ouallam, après des  massacres

Au moins deux convois ont depuis permis aux bases de Ouallam et Tabarey-Barey d'être ravitaillées et à plusieurs (49, selon des sources nigériennes) soldats français considérés comme prioritaires d'être acheminés vers Niamey, d'où ils devaient être évacués par voie aérienne.

Le reste des soldats français des deux postes du nord pourrait prendre la route (terrestre) du Tchad. Mais, les militaires français ont toujours peu de visibilité sur les voies utilisables pour quitter le Niger.

Les ravitaillements du week-end ont permis d'améliorer la situation des quelque 400 soldats français sur place où les réserves de rations, d'eau et de carburant -- et donc l'électricité fabriquée à partir de groupes électrogènes -- se comptaient en jours, et de préparer leur départ de cette région dite des "trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, où ils étaient déployés dans la lutte antiterroriste aux côtés des Nigériens.

Ya Rab Yeshua.

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