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https://www.opex360.com/2026/03/30/larmee-de-terre-va-permettre-a-ses-regiments-de-choisir-des-equipements-en-fonction-de-leurs-besoins-via-une-place-de-marche/

PIRANHA, j'attends ton avis sur le sujet................

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Durant la Première Guerre Mondiale, plusieurs innovations notables sont venues de la base [obusier pneumatique de 60 mm, «Sauterelle d’Imphy», système de tir à travers l’arc d’hélice d’un avion, etc.]. Et pour cause : les combattants étaient sans doute les mieux placés pour trouver les meilleures solutions aux défis opérationnels qui leur étaient posés. Toute proportion gardée, on assiste à un phénomène similaire au sein des forces armées ukrainiennes, notamment en matière de robotique militaire.

Si le ministère des Armées encourage l’innovation dite «participative» dans ses rangs, l’armée de Terre entend aller plus loin dans ce domaine. En 2023, son chef d’état-major [CEMAT], le général Pierre Schill, avait dit vouloir insuffler «l’esprit start-up» [requalifié, depuis, en «esprit pionnier»] à ses troupes afin qu’elles soient en mesure de s’approprier rapidement les évolutions technologiques en fonction de leurs besoins.

«L’innovation par le bas repose sur l’initiative des soldats, leur connaissance du terrain et l’expérimentation. C’est le bouillonnement de ‘l’esprit pionnier’ : les unités cherchent, détournent, manipulent, adaptent et proposent des solutions. Certains disent ‘bricolent’ mais cela me paraît positif. Cette dynamique permet de capter les idées des utilisateurs. Elle porte ses fruits depuis deux ans», a expliqué le CEMAT lors d’une audition au Sénat, en novembre dernier.

Pour amplifier cette dynamique, l’armée de Terre mise sur la «subsidiarité».

En clair, il s’agit de faire confiance aux régiments en leur donnant les moyens nécessaires pour développer des solutions innovantes. Pour cela, chaque régiment doit recevoir une enveloppe prélevée sur les crédits dédiés aux opérations d’armement. «En la matière, la subsidiarité a un effet démultiplicateur», a fait valoir le général Schill devant les sénateurs.

Cependant, pour «canaliser» ces innovations, c’est-à-dire pour les “organiser, les mettre en cohérence» et, le cas échéant, «les industrialiser», le Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre a récemment annoncé la création de quatorze pôles «exploratoires», adossés aux brigades et aux commandements spécialisés.

«Ces pôles concentrent par thématique l’effort d’innovation dans des zones géographiques identifiées et créent de véritables écosystèmes locaux associant unités opérationnelles, industriels, chercheurs et acteurs institutionnels», a expliqué le CCF.

Et de préciser : «Leur rôle est de tester de nouveaux équipements, d’expérimenter des modes d’action et d’explorer des organisations plus agiles, afin de transformer les idées et technologies émergentes en capacités concrètes, diffuser les bonnes pratiques et à la collecte des enseignements, contribuer directement à l’évolution doctrinale et capacitaire».

Dans un entretien publié par l’hebdomadaire Le Point, ce 30 mars, le général Schill a précisé que ces «pôles exploratoires» auront aussi la tâche d’évaluer les équipements qui leur seront proposés et «dire, par exemple, ce qui marche par grand froid ou forte chaleur». Une fois labellisés, a-t-il continué, ils pourraient être «inscrits dans un catalogue d’achat, une ‘marketplace’, comme le font les Ukrainiens».

Ainsi, a poursuivi le CEMAT, «on donnerait des ‘points’ ou des droits d’achat aux brigades pour qu’elles choisissent elles-mêmes leurs drones ou brouilleurs selon leurs besoins, plutôt que d’avoir une décision verticale uniforme. Ce serait une sorte d’ ‘Amazon de l’innovation’.»

Un tel système responsabiliserait les unités. «Si elles cassent le matériel acquis avec leurs ressources, elles font leurs propres arbitrages. C’est une idée que l’armée américaine pousse aussi actuellement», a dit le général Schill.

Effectivement, en août dernier, l’US Army a fait part de son intention de créer une sorte de «place de marché» afin de permettre à ses régiments de choisir les drones les mieux adaptés à leurs besoins dans un vaste catalogue, tout en s’affranchissant des processus d’achat traditionnels, souvent trop longs. En outre, un tel dispositif favorise la concurrence entre les industriels, ceux-ci étant invités à répondre plus rapidement aux exigences exprimées par les unités.

Ce dispositif s’inspire de la plateforme ukrainienne Brave1Market, laquelle propose plus de 1 000 références, allant des drones aux robots terrestres en passant par les munitions et les systèmes de guerre électronique.

Ce lien 

Photo : armée de Terre

Ya Rab Yeshua.

Posté(e)

C'est de l'achat sur étagère et c'est très efficace. Utiliser depuis très longtemps par les FS dans une moindre mesure mais le principe est le même.

Donc c'est une très bonne idée et il faut faire confiance au bon sens des régiments pour s'organiser.

Signature  😁

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2 hours ago, BTX said:

PIRANHA, j'attends ton avis sur le sujet................

 

En version courte : ça ne marchera pas.

En version un peu plus développée : les détecteurs de drones et les moyens de guerre électronique dont on a besoin ne sont tout simplement pas produits en France. Des drones, oui — mais pas les bons, et à des prix beaucoup trop élevés. En pratique, il faudrait pouvoir acheter directement sur des marketplaces ukrainiens. Or, ce n’est pas possible ici. Donc, concrètement, ça ne donnera rien.

Concernant “l’expérimentation” : elle est de fait impossible dans ce cadre. Essayer de travailler sérieusement sur l’anti-drone, par exemple sur un stand de tir, conduit très vite à des problèmes judiciaires. Il en va de même pour tout ce qui touche aux explosifs, aux modifications de munitions ou d’équipements. Sur le front ukrainien, ces adaptations sont quotidiennes. Dans l’armée française, elles exposent à des sanctions pénales.

Je pourrais également détailler l’utilisation réelle des budgets dits de “subsidiarité” dans les unités, mais il suffit de dire que leur efficacité opérationnelle est très limitée.

À cela s’ajoute un facteur bien connu : certains industriels, proches des décideurs, proposent leurs équipements à des prix élevés, en les présentant comme indispensables, indépendamment de leur adéquation réelle au besoin.

À titre de comparaison, le système ukrainien Brave1 et le mécanisme de "e-balls" (e-points) fonctionnent efficacement. Mais leur transposition dans le contexte français reste, en l’état, irréaliste.

En résumé, ces projets coûteront des ressources sans produire de résultats concrets. Il suffira d’y revenir dans quelques années pour le constater.

  • Thanks 1

Moi etrangere, moi pas bien francais parler.

Posté(e)

Je ne suis pas d'accord avec ton avis que cela ne marchera pas, tout simplement car pour créer des innovations il faut la rendre accessible... pour l'instant l'Ukraine est en avance car c'est un besoin impératif etc... mais nous sommes techniquement capable de créer des drones, des robots IA, et plein d'autres choses mais il faut créer un terrain propice au innovation et ce format va commencer a créer cette mécanique.

Juste ici pour sortir des marchés conventionnels c était réservé au FS avec un budget petit qui suffisait généralement que pour les petits calibres et autre barbouille, la ça va être national est toutazimute.

Donc attendons de voir comment vont évoluer les industrielles et autre rouages de développement pour créer ces nouveaux projets. Si on est en retard c est surtout car on été pas en guerre ni en danger immédiat et que l'on se contentai d'avoir des avions et sous marins et une forces militaires types OPEX sur un groupe terroristes et non une véritable armée.

Le temps d'adoption va se faire mais il faut le temps de débloquer les crédits sur le long terme pour que l'industrie lance les projets de construction et les filières RD.

Signature  😁

Posté(e)
15 hours ago, Stvn said:

Je ne suis pas d'accord avec ton avis que cela ne marchera pas

Je me vois obligé de répondre à ce message, parce que ce forum est lu par des personnes qui sont loin de toutes ces réalités militaires. Donc, pour clarifier au maximum la situation — non, ça ne fonctionnera pas. J’ai déjà expliqué assez clairement pourquoi dans mon message précédent. Voici encore quelques arguments :

  • En plus de 4 ans de guerre en Ukraine, absolument rien n’a été fait. Il n’y a tout simplement pas d’innovations, et s’il y en a, elles sont purement nominales. Au niveau tactique, aucun changement : l’armée française continue de manœuvrer comme en 1979, sauf qu’aujourd’hui nous avons moins de chars, moins d’hommes et moins d’artillerie. Ah oui — et maintenant on filme les manœuvres et les défilés avec des drones.
  • Concernant les drones — leur utilisation, leur détection, leur neutralisation — absolument rien n’a été fait. RIEN. Les fusils anti-drones sont totalement inefficaces ; en conditions de combat, ils ne sont utilisés ni par les Russes, ni par les Ukrainiens, ni par qui que ce soit. Pendant ce temps, dans l’armée française, les fusils NEROD sont présentés comme le summum de la technologie (alors que ce n’est absolument pas le cas).
  • Malheureusement, je ne peux pas partager ici des exemples tirés de mon expérience personnelle (pour des raisons évidentes), mais croyez-moi : il n’y a pas d’innovation dans l’armée française. Elles ne sont tout simplement pas nécessaires — le salaire tombe à la fin du mois, les promotions suivent, donc pourquoi innover ? Toute tentative d’introduire quelque chose de réellement innovant, basé sur une expérience de combat réelle, se heurte à une opposition à tous les niveaux. À tous les niveaux. Toute tentative d’acheter (à l’étranger) du matériel nécessaire — on parle de quelques centaines d’euros — est systématiquement bloquée. Voilà comment les choses fonctionnent dans l’armée française. C’est précisément pour cela que je ne crois pas à ces projets — il n’en sortira rien.

C’est pour cette raison que j’ai cité votre message, à l’endroit où vous dites que « ça ne fonctionnera pas ». Ça ne fonctionne déjà pas — depuis au moins quatre ans. Et il n’y a tout simplement aucun signe que la situation puisse évoluer.

Fin de transmission.

Dixi.

Moi etrangere, moi pas bien francais parler.

Posté(e)

Merci à tous les deux.

L'argumentaire de PIRANHA a le mérite d'être clair et le tableau qu'il dresse en 2026 ne me surprend guère. Surtout ne rien modifier de peur que.............

BTX 

  • Like 1

Ya Rab Yeshua.

Posté(e)

Je réitère, aujourd'hui Airbus viens de finalisé un système anti drones a cout maitrisé.

Donc non ça avance, et comme j'ai dit on est pas en guerre donc inutile de bruler les contraintes administratives pour arriver a gagner du temps mais ça avance.

Pour les systèmes kamikazes plus petit encore, des prototypes sont en test dont des essaims par IA.

Bref il y a plein de labo qui bossent sur divers aspects et il faut laisser le temps se faire et on le remarquera pas en amont directement, comme tout changement il faut du temps pour que les gens s'en aperçoive.

La guerre des drones et de l'IA viens a peine de commencer et nous sommes tous au stade 0, même les chinois et les US, dans les 50 ans a venir les puissances militaires dominantes vont vraiment faire de gros changements de doctrine et d'emploi mais il faut avoir le temps longs.

Donc non je ne suis pas en accord avec ce constat, pour l'instant on en est pas la car on a encore des cerveaux et une puissante industrie de l'armement. On a encore fini cette année dans le top 5 des commerçants d'armes du monde et ç

Signature  😁

Posté(e)

En appui de la réflexion de STVN

https://www.opex360.com/2026/03/31/dote-de-missiles-mark-1-le-drone-intercepteur-bird-of-prey-dairbus-a-reussi-son-premier-vol-de-demonstration/

Doté de missiles Mark 1, le drone intercepteur «Bird of Prey» d’Airbus a réussi son premier vol de démonstration

 

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En janvier 2025, l’entreprise estonienne Frankenburg Technologies dévoila le Mark 1, un missile conçu pour intercepter les munitions téléopérées [MTO] volant à 2 000 mètres d’altitude, comme le Shahed iranien.

Pas plus long qu’une baguette de pain et muni d’une charge militaire de 500 grammes, son prix à l’unité serait de l’ordre de 45 000 euros.

Cependant, en novembre dernier, le quotidien britannique The Telegraph a rapporté que son taux de réussite n’était que de 56 % et qu’il fonctionnait mal sous de fortes chaleurs et sous le froid polaire.

Pour autant, le Mark 1 a été choisi par Airbus Defence & Space pour armer son drone intercepteur «Bird of Prey» [à ne pas confondre avec l’avion expérimental développé par Boeing dans les années 1990]. Cette coopération semble prometteuse.

Mis au point à partir du drone Do-DT25 et affichant une masse maximale au décollage de 160 kg pour une envergure de 2,5 mètres et une longueur de 3,1 mètres, le «Bird of Prey» a effectué un premier vol de démonstration avec succès, depuis un terrain d’entraînement militaire situé dans le nord de l’Allemagne. C’est en effet ce qu’a annoncé Airbus, via un communiqué diffusé le 30 mars.

«Lors d’un scénario de mission réaliste, le ‘Bird of Prey’ a recherché, détecté et identifié de manière autonome un drone kamikaze de taille moyenne. Il a [ensuite] engagé la cible avec un missile air-air Mark I développé par Frankenburg Technologies», a détaillé l’industriel.

Pour cet essai, le drone intercepteur, dont le développement a commencé il y a neuf mois à peine, était doté de quatre missiles Mark I. Selon Airbus, la version opérationnelle sera en mesure d’en emporter «jusqu’à huit».

 

Le Mark 1 est «doté d’une ogive à fragmentation conçue pour neutraliser les cibles à courte portée», rappelle Airbus. Sa taille, sa portée [révisée à 1,5 kilomètre] et son prix ont justifié son choix pour armer le «Bird of Prey», celui-ci étant censé être en mesure d’engager et de neutraliser «plusieurs drones kamikazes» lors d’une seul mission, «à un coût relativement faible».

 

En outre, ce drone intercepteur sera compatible avec l’architecture de défense aérienne intégrée de l’Otan, grâce notamment au système de gestion de combat intégré [IBMS] d’Airbus.

«De ce fait, la solution de lutte antidrone ‘Bird of Prey’ constitue un élément essentiel, hautement mobile et complémentaire de toute solution de défense aérienne et antimissile intégrée et multicouche», fait valoir l’industriel. Mais avant cela, d’autres essais seront effectués tout au long de cette année afin de «rendre ce système plus opérationnel», a-t-il ajouté.

«Dans le contexte géopolitique et militaire actuel, la défense contre les drones kamikazes est une priorité tactique qui exige une action urgente. Grâce à nos systèmes Bird of Prey et aux missiles Mark I de Frankenburg, à un coût abordable, nous fournissons aux forces armées un intercepteur efficace et économique», a commenté Mike Schoellhorn,le PDG d’Airbus Defence and Space.

Ya Rab Yeshua.

Posté(e)

Il y a aussi des initiatives appuyant sur des DCA pour les phases finales des drones en version semi autonome ou encore pour la capacité offensive des mouvements de milliers de drones par IA afin de pouvoir simuler des avions de chasses par exemple comme leurres radars, ou tout simplement pour des formations complexes de saturations d'un champ de bataille et le tout avec un seul opérateur.

Les grandes puissances militaire oeuvre en ce moment beaucoup la dessus et chacun garde sont jardin secret mais il y aura très certainement un grand bon technologique d'ici la prochaine décennie.

Après sur le papier c'est une dizaine d'années, dans la pratique on peux plutôt dire a l'horizon 2040 pour de petites unités (COS/GCM/SAED...) et 2050 en version globale.

Signature  😁

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