Puma Posté(e) il y a 7 heures Signaler Posté(e) il y a 7 heures (modifié) ATTENTION, LONG POST - BON COURAGE ET BONNE LECTURE - Premiers RDVs au CIRFA de Metz - Mon parcours de recrutement dans l'armée de terre commence il y a maintenant 3 ans : après une licence en Lettres Classiques arrêtée en fin de 3ème année (donc non validée), deux ans en tant qu'assistant d'éducation dans un collège et de nombreuses missions d'interim dans un certain nombre de domaines, je me décide enfin à commencer le processus de recrutement. Le besoin de trouver un métier stable, ayant du sens et qui fait la part belle au sport et à l'aventure, loin de la routine du civil : j'ai donc comme ambition initiale de rejoindre un régiment parachutiste, 8ème RPIMA de préférence. Le premier rendez-vous au CIRFA de Metz se passe bien : le conseiller prend note de mes envies et me donne la longue liste de documents administratifs à fournir. 2 semaines après, tout est réuni et je contacte mon conseiller pour convenir d'un RDV afin de lui transmettre les pièces de mon dossier. Il m'annonce alors qu'il n'est pas disponible prochainement mais que je peux simplement déposer tout cela à l'accueil du CIRFA, ce que je m'empresse de faire. J'attends donc son retour... qui ne vient pas, malgré plusieurs relances par mail. En appelant le CIRFA, on me dit tantôt qu'il est en arrêt maladie, tantôt qu'il me contactera très bientôt. Il fini par me rappeler, me fixe un rendez-vous le jour suivant et.. me rendant au CIRFA, on m'apprend qu'il n'est pas là et que je peux repartir. Même scénario une semaine plus tard... puis silence radio complet. Je met donc mon projet de coté et continue ma vie en gardant, quelque part dans mon esprit, cette envie... - Migration au CIRFA d'Epinal - 2 ans plus tard, toujours assistant d'éducation mais cette fois-ci dans les Vosges (je m'en suis rapproché pour profiter de la moyenne montagne - je fais beaucoup de trail à cette époque). J'ai vraiment envie de changer de boulot et de relancer ce projet d'incorporation dans l'armée de terre. La découverte (et l'amour) du dénivelé et le fait que mon frère ait été dans un BCA pendant 10 ans me poussent à élargir mes choix : un RPIMA pourquoi pas mais les régiments de chasseurs alpins deviennent également des options. Mais aussi l'idée de rejoindre le 13èmeRDP fait son bonhomme de chemin (j'en suis admiratif depuis tout petit) : j'estimais à cette époque avoir une assez bonne condition physique et je me disais que mon bagage universitaire ainsi que mon bon niveau en anglais pourraient être des atouts dans ma candidature pour ce régiment. Je me rapproche donc du CIRFA d'Epinal en décembre 2024 ; le conseiller m'accueille comme le précédent et je lui communique mon projet et mes envies. Je lui explique également avoir déjà entamé les démarches il y a maintenant 2 ans mais elles ont été avortées faute de suite donnée par le CIRFA de Metz. Lui ayant donné le nom de mon conseiller précédent, il ne s'étonne pas : celui-ci était... parti en retraite. C'est donc mon conseiller d'Epinal qui va créer mon dossier et je dois à nouveau fournir toute la paperasse administrative. 10 jours plus tard, c'est bon. Je communique tout cela au secrétariat du CIRFA et le conseiller me fait un retour m'indiquant que dès que le dossier sera créé, il me contactera pour me proposer des dates afin de faire les tests au GRS de Nancy. Il lance également en parallèle l'enquête de sécurité (ce qui aura par la suite une importance à laquelle je ne m'attendais pas.) Et là encore, 2 mois de silence malgré des relances. Puis, en mars 2025, je suis contacté par un nouveau conseiller : celui-ci m'informe que mon conseiller précédent avait été muté et qu'il était donc en charge de mon dossier : bonne nouvelle ! A nouveau un entretien. Ce 3ème conseiller trouve mon projet réaliste et pertinent. Il m'indique fin avril que pour le moment toutes les sessions au GRS sont complètes et que je pourrais potentiellement effectuer les tests en aout : ça m'arrange car travaillant encore dans un collège, je suis davantage disponible durant les vacances scolaires. Par ailleurs, au regard de mon profil, il me suggère de tenter l'ENSOA : je lui dis que je suis intéressé, et nous partons donc pour une candidature EVSO. Comme je l'avais fais avec les autres conseillers, dans un soucis d'honnêteté et de transparence, je lui avoue avoir eu un casier judiciaire. En effet, plus jeune, en marge d'une manifestation (gilets jaunes), j'ai été interpellé pour un outrage (lors d'un contrôle un peu violent...) et condamné par le tribunal à payer des dommages et intêrets, une amende ainsi qu'à participer à un stage de citoyenneté. Je me suis acquitté de ma peine et 5 ans après, normalement mon casier devrait être vide puisque je n'ai commis ni infraction ni délit depuis. Une semaine plus tard, un appel de mon conseiller : il a une mauvaise nouvelle. L'enquête de sécurité est arrivée et n'est pas vraiment bonne. Il me dit que je suis «CE2» - il m'explique que cela ferme la porte de Saint Maixent, est de très mauvaise augure pour une candidature 13èmeRDP mais devrait passer pour EVAT dans un régiment d'infanterie. Les semaines passent et je reçois enfin ma convocation au GRS ! Je me prépare donc tout l'été : ma saison estivale se résume à de la course à pied (100km/semaine - je cours au quotidien depuis 2 ans à ce moment) tractions et chaise de killy. J'ai bon espoir d'avoir de bons résultats sur ce point là mais j'appréhende un peu les tests psychotechniques. De ce que je vois sur ExamArena, les exercices de logiques etc. me semblent impossible : j'ai un profil littéraire, les calculs et la logique ce n'est pas pour moi... mais je m’entraîne avec assiduité et le jour des tests arrive. - Première fois au GRS de Nancy - J'arrive au GRS de Nancy un soir avec un vingtaine d'autres personnes. Nous sommes conduits dans les chambre et du haut de mes 28 ans je fais figure d'ancêtre ; quoi qu'il en soit, l'ambiance est bonne et le lendemain matin, nous sommes conduits dans «l'aile médicale» du site pour suivre la visite médicale. Je suis confiant : j'ai toujours été en parfaite santé, jamais de soucis particulier et une bonne hygiène de vie. On commence par un électro-cardiogramme qui dès le début donne le la : il n'est pas bon. L'infirmière en charge de ce test me dit que cela arrive souvent car la machine est un peu vieille et qu'à la fin du parcours je repasserais un nouvel ECG avec une machine plus fiable. Le reste de la visite se passe relativement bien, excepté le test de la vision qui est un peu plus compliqué que ce que j'aurais pensé (j'ai une légère myopie...). Arrive le deuxième ECG et là aussi, rebelotte : un problème et le test n'est pas validé. Je patiente ensuite 2h30 pour voir le médecin qui m'ausculpte et confirme que je semble être en parfaite santé excepté... le coeur. Il sort de la pièce, appelle ses collègues : les trois médecins sont dans le bureau, à regarder mes résultats et parlant un charabia de médecin que je peine à comprendre. Après 10 minutes à patienter dans un stress conséquent, le verdict tombe : il y a une forte suspicion d'un «syndrome du QT long». Il ne m'explique pas ce que c'est et me dit qu'en l'état, je suis inapte à rejoindre l'armée et que je dois faire des examens complémentaires chez un cardiologue. Il m'informe également que l'état de ma vision me rend inapte TAP. Un peu découragé mais pas complètement abattu, je retourne en chambre faire mes affaires pour un retour à domicile. Dans le trajet qui me ramène chez moi, je cherche un RDV chez un cardiologue dans le secteur mais il n'y en a pas. Je trouve un cabinet privé à Paris pour dans 48h. Ni une ni deux, je réserve un créneau avec ce spécialiste, une chambre d'hotel, mes billets de trains... et 48h plus tard, le portefeuille délesté de 250 euros et une ordonnance pour une batterie d'examen, le verdict tombe : les suspicions du médecin militaire sont confirmées par le cardiologue et un test d'effort, un holter ECG 24h, un ECG supplémentaire et une prise de sang complète me sont prescrits. Je suis vraiment surpris : je pratique la course à pied depuis quelques années maintenant, notamment sur des formats de 80 et 160km, soit entre 10h et 24h d'efforts continus parfois et jamais rien n'a bloqué niveau cardiaque. Quoiqu'il en soit, je prend RDV sur Metz pour effectuer tout ces examens. En septembre 2025, je trouve un spécialiste qui me programme tout ces tests et 2 mois plus tard, quand j'arrive enfin au bout de ces maudits examens, elle me donne son compte-rendu : tout est niquel, mon coeur fonctionne très bien. Etant un coeur entrainé, il présente selon elle des atypies de la repolarisation mais l'intervalle QT est dans les normes (quelques mesures vont au delà mais sont artefactuelles). J'envoi ce document au médecin militaire, qui lève mon inaptitude dans la journée par retour de mail. J'en informe mon conseiller qui, réactif lui aussi, réussi à m'inscrire à une nouvelle session de test 7 jours plus tard. - Retour au GRS - A nouveau, j'arrive à Nancy. Cette fois-ci, j'échappe à la visite médicale et je ne reste qu'unejournée, contrairement au reste des candidats (sauf un, qui fera le sport avec moi) qui reste les deux jours. Le matin je fais donc les tests psychotechniques et les tests d'anglais. Je confirme les différents témoignages qu'on peut retrouver sur les tests psychotechniques : quand on les termine et qu'on sort de la salle, on se sent vraiment bête. Mais il ne faut pas se fier à cette impression et garder confiance. Viennent ensuite les tests d'anglais et les résultats sont visibles tout de suite : je fais 120 sur 150. Puis le test de personnalité qui est relativement long et assez répétitif - ce qui je pense permets de vérifier que d'une question à l'autre, on réponde quelque chose de cohérent. Après le frugal repas du midi, j'enchaine avec le sport accompagné du camarade qui est dans la même situation que moi. On commence, si mes souvenirs sont bons, par le luc léger : je fais palier 12, mon collègue s'arrête au 8ème... les 4 derniers paliers à faire seul sont donc assez durs. On enchaîne avec les tractions, j'en fais 12 ; à la chaise de Killy, je fais 3min30. Tout me semble assez bon pour le sport, même si je suis déçu des tractions. Quoi qu'il en soit, les tests sportifs et cognitifs étant terminé, l'entretien avec un évaluateur a lieu. Elle commence par me communiquer les résultats des tests : j'ai eu la note maximale en sport - idem pour les tests psychotechniques. Quant au test de personnalité, il est cohérent en lui-même et avec ma candidature sous-officier et potentiellement, officier (mais je n'ai pas le niveau d'étude requis). Je lui explique alors que, selon mon conseiller, eu égard aux résultats de mon enquête de sécurité, je ne pourrais pas prétendre à être sous-officier. L'évaluatrice m'indique que sur mon dossier, rien n'indique cela et que, selon elle, ça ne ferme pas nécessairement la porte et que je peux tenter ma chance car celui-là est, selon elle, très bon. L'entretien se termine donc après une petite demi-heure d'échange et je rentre chez moi satisfait, avec l'espoir de pouvoir finalement entrer à Saint-Maixent. - Episode final - Mon conseiller me convoque 1 semaine plus tard pour faire le point sur mes tests au CSO. Il confirme ce que m'a dit l'évaluatrice : les tests sont bons et il se dit également qu'on peut finalement tenter Saint-Maixent, mais qu'il doit déjà voir avec ses chefs si c'est possible. J'appréhende un peu la réponse de sa hiérarchie mais j'ai confiance car son discours ainsi que celui de l'évaluatrice du CSO m'ont confirmé que j'avais un profil cohérent avec cette candidature. Mais seulement 3 jours après le couperet tombe : selon ses chefs, cette enquête de sécurité et le fait que j'ai eu un casier judiciaire est bloquant. Je dois selon eux faire effacer ce casier et le TAJ puis solliciter à nouveau une enquête de sécurité afin de remonter un dossier «clean». Comme pour les supposés problèmes cardiaques, je suis dépité mais pas découragé pour autant et je prend RDV avec des avocats pour évaluer la faisabilité de cette démarche mais là, devant le chantier qui m'attend et les nombreux mois de procédure, vu mon âge (28 ans), je me dis que c'est définitivement mort... Comme je n'avais pas re-signé de nouveau contrat avec l'éducation nationale car j'espérais pouvoir intégrer rapidement l'armée, je me retrouve sans emploi et mon frère, habitant à Mont Louis dans les Pyrénées, me propose de venir passer la saison d'hiver là bas pour travailler comme saisonnier, ce que je fais. Je peux ainsi continuer le sport en montagne et je retrouve un boulot ainsi que de la motivation à rejoindre l'armée. Mon frère m'accompagne alors au CIRFA de Perpignan, et j'explique cette fois-ci à mon 4ème conseiller la situation qui est la mienne. Il est surpris qu'un classement «CE2» me ferme toutes les portes : il a vu des dossiers largement pires que le mien passer... D'autant plus que cette condamnation date d'il y a presque 10 ans et que j'ai effectué la "peine" infligée par le tribunal - je me suis "racheté" en quelques sortes... Il vérifie et mon casier ressort bien vierge. Il me confirme que Saint-Maixent est potentiellement possible mais que pour le coup, ça peut prendre du temps si, de commissions en commissions, d'autres dossiers non «tâchés» par une condamnation passent avant le mien. Je décide donc de candidater pour un BCA et pour un régiment d'infanterie - mon envie de devenir sous-officier est toujours là et il m'assure qu'en étant exemplaire et donnant le meilleur de soi-même, tout est possible. 1 mois plus, tard, l'appel tant attendu arrive. Le conseiller m'indique que je peux incorporer... le régiment d'infanterie que j'avais mis en second choix. Je suis sur le moment un peu déçu : je m'attendais vraiment à pouvoir rejoindre un BCA. Mais excité et heureux d'arriver enfin au bout de ce laborieux parcours de recrutement me pousse à dire un grand Oui à cette décision de la commission d'incorporation. J'incorpore donc dans très peu de temps dans ce régiment (que je préfère garder pour moi). Ce post était très long je le reconnais, mais si il peut permettre de mieux rendre compte des difficultés qui peuvent jalonner un parcours de recrutement et de faire comprendre à de potentiels candidats qui seraient dans une situation similaire que tout est encore possible avec un peu de détermination, alors j'aurais atteint mon but. Merci pour votre lecture. Modifié il y a 7 heures par Puma 1 Citer
BTX Posté(e) il y a 6 heures Signaler Posté(e) il y a 6 heures Oui le post est un peu long mais vous faites cas des interrogations que se posent souvent les candidats et les candidates quand ils se heurtent à la machine militaire. Incompréhension, foutage de gueule, inconsistance voire paresse crasse................je partage votre compte-rendu. L'armée de Terre a cru bon de supprimer (au moment où le couple Sarkozy-Fillon a lancé la fameuse RGPP se persuadant que c'était là une mine inépuisable d'économie) la fonction de chef du bureau régional de recrutement. Une bêtise XXL. Le chef du BRR travaillait aux côtés du chef du GRS. Il faisait le lien entre les acteurs de terrain (CIRFA + CSO), les unités déployées sur sa région Terre et l'administration centrale. Il avait une vision d'ensemble très précise, une liberté d'action totale et se permettait de remonter les bretelles des chefs de CIRFA lorsque leur mission était baclée et que le "temps de réaction" ou le "délai de traitement des candidatures" était jugé prohibitif. Tout en tenant au courant le chef du GRS qui avait directement sous ses ordres les CIRFA et le CSO. Maintenant, le chef du GRS "colonel lourd" a l'ensemble dans les mains en plus du lien qui le rattache à la SDR. Il ne peut pas être au courant de tout, tiraillé entre le haut et le bas. Et parfois, il lorgne sur les postes occupés par ses ptits'co mieux positionnés que lui sous les projecteurs parisiens. Epinglé et mis en évidence. BTX Citer Ya Rab Yeshua.
Adishats Posté(e) il y a 6 heures Signaler Posté(e) il y a 6 heures Je vous remercie pour ce post détaillé qui montre bien que malgré les barrières, avec de la résilience et de la patience, on arrive à tout. J'espère ne pas avoir autant de soucis que vous dans mon parcours de recrutement ahah. Malgré tout je vous souhaite le meilleur du monde dans votre régiment. Citer
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