BTX Posté(e) 6 avril Signaler Posté(e) 6 avril https://www.forcesoperations.com/lartillerie-parmi-les-priorites-dune-lpm-actualisee/ Quelques dizaines de CAESAR supplémentaires, des obus et missiles sol-air, des successeurs pour le lance-roquettes unitaire et le radar COBRA, et le développement d’un missile balistique : l’actualisation de la loi de programmation militaire annonce notamment un effort supplémentaire en faveur des artilleurs, indique un avant-projet de loi que FOB a pu consulter. « Cet effort de réarmement, porté sur nos capacités les plus critiques à court terme, sans initier d’évolution de format, se répartit en quatorze surmarches », pointe ce projet d’un texte examiné mercredi prochain en conseil des ministres avant d’être transmis aux parlementaires. Parmi ces surmarches, les feux dans la profondeur, les munitions, la défense sol-air, la lutte anti-drones et, bien sûr, les drones. Autant de segments touchant de près ou de loin aux régiments d’artillerie de l’armée de Terre. Si le tableau capacitaire pour 2030 et 2035 maintient en grande partie les cibles planifiées pour la cavalerie, l’infanterie et le génie, un effort particulier semble en effet ressortir au profit des artilleurs. L’actualisation permettrait ainsi d’acquérir 41 canons CAESAR NG supplémentaires pour porter le parc à 150 pièces à l’horizon 2035, contre 109 auparavant. Le complément arriverait en deux temps, la cible pour 2030 prévoyant une flotte mixte de 120 CAESAR et CAESAR NG. Cette mise à jour était annoncée dans le projet de loi de finances pour 2026, ce dernier l’incluant dans l’une des mesures de réarmement autorisées par l’adoption d’une surmarche de 3,5 Md€. Désormais plus qu’urgent, le remplacement du LRU est, sans surprise confirmé. Quand la LPM prévoyait « au moins 13 systèmes », sa refonte entrevoit maintenant « entre 13 et 26 systèmes » pour 2030. La finalité reste la même : 26 systèmes en service en 2035. Attendue cette année, une décision quand au choix du successeur permettrait sans doute d’éclaircir ce qui ressemble au mieux à une accélération. La démarche de renouvellement s’étend par ailleurs à l’un des autres équipements majeurs de l’artillerie, un radar de contre-batterie COBRA dont le rétrofit doit s’achever l’an prochain. La trame s’élargirait à terme à « la très grande profondeur ». Comme relevé plus tôt puis suggéré dans le PLF 2026, les armées envisagent le développement d’un missile balistique sol-sol conventionnel d’une portée de « classe 2500 km ». Des études seraient lancées dès cette année pour déboucher sur une première capacité en 2035-2036, indique le document. La France privilégierait pour cela une coopération avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, deux des partenaires d’une initiative européenne ELSA visant justement à renforcer ce segment. Bien que rangé dans les capacités « toutes armées », ce missile est bien inscrit dans la feuille de route de l’armée de Terre pour une entrée en service projetée au-delà de 2040. Autres métiers propres aux artilleurs, la lutte anti-drones spécialisée et la défense sol-air très courte portée voient leurs cibles revues à la hausse. Hormis une flotte de systèmes PROTEUS confirmée à 50 unités, il serait question de tripler le parc de Serval LAD prévu en 2030 pour le porter à au moins 36 véhicules, puis 48 cinq ans plus tard. Idem pour la DSA d’accompagnement, construite autour du futur Serval MISTRAL mais suivant une autre temporalité. De fait, si 24 systèmes sont toujours au programme d’ici à 2030, les armées comptent en ajouter 15 de plus pour parvenir à 60 exemplaires en 2035. L’urgence, rappelait Sébastien Lecornu fin mars face aux parlementaires, relève encore et toujours des munitions. Quelque 8,5 Md€ seraient investis en plus des 16 Md€ votés en 2023. « La consolidation des stocks de munitions est accélérée sur l’ensemble des trames. La capacité des armées à produire des effets militaires diversifiés est renforcée. Les efforts consentis permettront d’atteindre une meilleure complémentarité entre les munitions de précision et les munitions de saturation », indique le texte. Pour l’artillerie, cela se traduit par une augmentation de près de 200% des livraisons d’obus de 155 mm par rapport à l’objectif initial. Même logique pour un stock de missiles antiaériens MISTRAL 3 potentiellement renforcé de 45% d’ici à fin 2030. Voilà pour les principaux objets connus, en attendant une confirmation dans les prochains jours et des précisions quant à d’autres équipements envisagés mais moins visibles. Le Premier ministre et ex-ministre des Armées, Sébastien Lecornu, l’avait annoncé : quelque 36 Md€ de crédits nouveaux devraient être injectés au profit des armées à l’horizon 2030. Selon l’avant-projet de loi, les dépenses militaires de la France passeraient à 63,3 Md€ l’an prochain, puis à 68,3 Md€ en 2028, 72,8 Md€ en 2029 et, finalement, à 76,3 Md€ en fin de décennie. De 400 Md€ dans la LPM d’origine, la somme des crédits s’établit bien à près de 436 Md€ dans la version actualisée. Mais – car il y a un mais – la hausse semble plus limitée qu’elle n’en a l’air. Non seulement l’enveloppe supplémentaire inclut les marches adoptées ces deux dernières années donc entièrement consommées, mais les nouvelles hausses à venir sont en réalité limitées. En dehors des surmarches déjà définies pour 2026 et 2027, les armées peuvent ainsi espérer 1,5 Md€ et 1 Md€ de plus en 2028 et 2029. La dernière annuité est quant à elle conservée telle quelle. Pas un mot par contre sur les ressources extrabudgétaires, ces 13,3 Md€ sur lesquels le ministère des Armées comptait pour répondre à l’entièreté des besoins. Évaluées à 5,8 Md€ sur la période, elles n’apparaissent plus dans la version actualisée. Entre le verre à moitié vide et celui à moitié plein, chacun se fera sa propre opinion quant à l’envergure de l’effort consenti. Il n’est cependant pas inutile de rappeler la marge de manoeuvre particulièrement limitée dont dispose le gouvernement, capacité encore réduite par la crise énergétique en cours. Vu sous cet angle, tout crédit nouveau débloqué pour les armées peut déjà être perçu comme une petite victoire. Enfin, faut-il le rappeler, la LPM définit avant tout un cap financier. Seule l’adoption des budgets successifs et leur traduction en commandes en garantit la matérialisation. Et encore, les recalibrages positifs ou négatifs sont devenus monnaie courante pour faire face autant au tumulte géopolitique qu’aux aléas budgétaires du pays. Sans oublier ce rendez-vous électoral majeur du printemps 2027 dont pourrait déboucher une nouvelle LPM susceptible de rebattre à nouveau les cartes. Crédits image : EMA 1 Citer Ya Rab Yeshua.
LeBigor Posté(e) %s à %s Signaler Posté(e) %s à %s L'actualisation de la LPM prévoit un effort massif sur les équipements et les munitions. Existe-t-il un volet pour rehausser le recrutement et la formation des artilleurs ? Augmenter le volume de CAESAR et de munitions sans améliorer simultanément le niveau de recrutement et la qualité de la formation des personnels serait une erreur. D'autant plus que les frappes dans la profondeur nécessitent des savoir-faire particuliers pour la chaîne d'acquisition, qui ont en grande partie été perdus avec la suppression des EOP. Suppression sur laquelle on semble aujourd'hui revenir avec la constitution des DAP/DLAA régimentaires; mais retrouver des savoir-faire si particuliers risque de prendre du temps… Le conflit russo-ukrainien montre que les feux indirects demeurent au cœur de la haute intensité. J'espère que ce coup de fouet budgétaire n'est pas un simple effet d'annonce, mais le début d'une réelle politique de long terme pour rattraper le retard français et européen en matière de puissance de feu d'artillerie et de capacités de frappe dans la profondeur. Citer
piranha Posté(e) %s à %s Signaler Posté(e) %s à %s 1 hour ago, LeBigor said: D'autant plus que les frappes dans la profondeur Désolé, mais dans le contexte actuel, le CAESAR, avec sa portée, ne peut en aucun cas être qualifié de système de "frappe en profondeur". Quand des drones FPV atteignent déjà 50–60 km, les modestes 40 km du CAESAR ne relèvent plus de la profondeur opérative. La profondeur, aujourd’hui, est assurée par les drones (jusqu’à 1 500 km, voire davantage), les HIMARS à 140 km, et les missiles balistiques à 600–800 km. Le CAESAR, dans ces conditions, est plutôt un système destiné à l’appui en zone grise et aux feux tactiques, rien de plus. Cela dit, la remarque générale reste pertinente : nous manquons de munitions, mais le déficit en effectifs est encore plus critique. Les ressources font défaut, et beaucoup a été gaspillé. 1 Citer Moi etrangere, moi pas bien francais parler.
BTX Posté(e) %s à %s Auteur Signaler Posté(e) %s à %s https://www.forcesoperations.com/arbitrage-dans-les-prochaines-semaines-pour-le-successeur-du-lru/ Arbitrage « dans les prochaines semaines » pour le successeur du LRU C’est l’heure de vérité pour les munitions FLPT-150 et Thundart. Développées par Thales/ArianeGroup d’une part et par Safran/MBDA d’autre part, ces deux propositions françaises entament les essais qui permettront à la Direction générale de l’armement (DGA) d’enfin trancher sur la question de la succession des lance-roquettes unitaires de l’armée de Terre. Conduits hier, les premiers tirs d’essai de l’une des deux munitions « se sont bien passés », annonçait aujourd’hui le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, en audition parlementaire. Les prochains essais sont attendus « la semaine prochaine », complétait-il. Pour les deux candidats, c’est l’aboutissement des partenariats d’innovation notifiés fin 2024. De chaque côté, l’effort porte notamment sur la résistance au brouillage GNSS adverse. Safran a de son côté réalisé trois tirs d’essai d’une bombe AASM dotée d’un nouvel autodirecteur bi-mode laser-infrarouge (LIR). Cette qualification en poche, la solution devrait être disponible dès l’année prochaine. Elle bénéficiera également à Thundart, dont la production est réalisée sur la même ligne que celle de l’AASM. Une ligne dont les cadences ont quadruplé. Thales a lui aussi travaillé sur une nouvelle brique répondant aux mêmes contraintes de tir en environnement « GNSS-denied ». Étendu aux drones et aux véhicules terrestres, ce « TopStar Smart Receiver » combine trois technologies : un récepteur GNSS bi-constellation « résistant aux tentatives de leurrage », une fonction antibrouillage grâce à une antenne adaptative et une horloge « assurant la synchronisation des radios tactiques jusqu’à 48h après la perte du signal GNSS, au lieu de 30 minutes avec un équipement classique ». Le groupe planche par ailleurs sur une solution complète incluant le lanceur. Une fois ces essais terminés, il s’agira de faire « un choix éclairé ». La suite consistera à rassembler les résultats et les données issues d’une étude de marché pour les solutions export et d’en ressortir la solution qui atteindra le meilleur ratio entre les coûts et délais. Inutile, en effet, de répéter à quel point disposer de cette capacité est « absolument prioritaire en cas d’engagement majeur ». « Il y a une grosse pression de l’armée de Terre, (…) c’est une capacité dont ils ont impérativement besoin », insistait le DGA en écho à des LRU qui devraient tirer leur révérence à compter de 2027. L’urgence est réelle mais les budgets ne sont pas infinis. Bien qu’accéléré au travers de l’actualisation de la loi de programmation militaire, l’effort de renouvellement reste limité à « entre 13 et 26 lanceurs » accompagnés, selon le DGA, de 300 munitions théoriquement livrés d’ici à 2030. De quoi, à défaut d’être dans les temps pour le jalon d’une division projetable en 30 jours, équiper progressivement un bataillon à l’horizon que s’est fixé l’armée de Terre pour être apte à commander un corps d’armée au profit de l’OTAN. L’équation se complexifie davantage si on y ajoute l’argument de la souveraineté. Développer et produire une capacité « Made in France » suppose, pour être viable, de dégoter des débouchés à l’export. Rien d’évident à l’heure où les systèmes américain, israélien et coréen ont d’ores et déjà capté l’essentiel du marché européen. « Il y a une urgence et il y a la volonté de développer nos capacités en France. Il va falloir qu’on arbitre dans les prochaines semaines », résumait le DGA. Le patron de la DGA en est bien conscient, toute la difficulté consistera à « faire le meilleur choix ou le moins mauvais choix au regard des besoins ». Quelle que soit la réponse, celle-ci risque en effet d’engendrer une certaine « tension ». « Vous pouvez vous retrouver avec une solution qui est disponible très vite, qui coûte très peu cher, qui ne marche pas bien et qui viendrait de l’étranger, au hasard. Et puis une solution qui marche vachement bien, qui est plus chère, qui arrive plus tard. Qu’est-ce qu’on choisit ? », lançait Patrick Pailloux. Réponse, semble-t-il, avant l’été. Crédits image : MBDA 1 Citer Ya Rab Yeshua.
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