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https://www.opex360.com/2026/08/15/une-entreprise-allemande-va-transformer-deux-anciens-avions-de-transport-transall-en-bombardiers-deau/

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Cet été, les forces armées auront été particulièrement sollicitées pour lutter contre les feux de forêt, au titre du plan Héphaïstos, désormais intégré à la mission Sentinelle.

Outre l’engagement d’un  avion de transport A400M transformé en bombardier d’eau afin de compléter les capacités des Canadair CL-415 disponibles et autres Dash 8-Q400 de la Sécurité civile, un drone MQ-9 Reaper ainsi que des hélicoptères H225M Caracal ont été sollicités.

Au sol, des Sections  militaires de renfort intégrées [SMRI] ont été mobilisées, de même que des moyens du Service de santé des armées.

Est-il possible d’aller au-delà de cette mobilisation inédite ?

Cette semaine, le ministère des Armées a mandaté le député [et ancien ministre] Jean-Louis Thiériot pour «évaluer la contribution actuelle des armées à la résilience nationale dans le contexte de lutte contre des feux extrêmes» ainsi que «pour formuler des propositions» visant à «optimiser l’action des forces armées, sans que le cœur de leur mission militaire ne soit altéré». Détail important : elles devront être «immédiatement applicables et associées à des modalités de soutenabilité financière».

 

L’engagement, dans les Landes, d’un CH-47 Chinook australien, capable de larguer 11 300 litres d’eau [soit deux fois plus qu’un Canadair CL-415] et de voler pendant la nuit, va-t-il faire avancer la cause des hélicoptères de transport lourd [HTL] au sein des forces françaises ?

Quoi qu’il en soit, le débat sur la vétusté des Canadair et sur l’utilisation de moyens militaires contre les feux de forêt a un air de déjà-vu.

En 1990, alors que l’été 1989 avait été marqué par d’importants incendies [Montagne Sainte-Victoire, Le Porge, Lacanau, etc.], un sénateur des Bouches-du-Rhône avait interpellé le ministre de l’Intérieur [Pierre Joxe, à l’époque] sur la possible sollicitation d’avions de transport Transall C-160 et d’hélicoptères Puma pour compléter les moyens de la Sécurité civile.

Dans sa réponse, le ministère de l’Intérieur avait écarté d’emblée l’idée de recourir au Transall C-160. «Après les tests que cet appareil a subis, il apparaît que celui-ci ne correspond qu’imparfaitement aux spécifications définies pour les avions bombardiers d’eau. Les cinquante Transall de l’armée, outre le fait qu’ils ont par ailleurs des missions permanentes à accomplir, ne pourront donc être utilisés pour la lutte contre les feux de forêt», avait-il expliqué.

En revanche, les essais avaient été positifs pour les Puma en configuration «bombardier d’eau». Et, à l’époque, il était question de faire aménager un avion de transport C-130H Hercules en «largueur d’eau» par une entreprise américaine. Enfin, le ministère de l’Intérieur fit valoir que la disponibilité et l’efficacité des vieux Canadair CL-215 avait été «satisfaisante» et qu’une étude était en cours pour «définir la configuration optimale d’une flotte aérienne à moyen terme». Ce qui se concrétisa par l’achat de douze Canadair CL-415 dans les années 1990.

Si les Transall de l’armée de l’Air & de l’Espace n’étaient pas aptes pour la lutte contre les incendies, il en va autrement pour ceux qui furent exploités par la Bundeswehr entre 1968 et 2021.

Cette semaine, Flug Revue a en effet révélé que deux d’entre eux allaient être remis en service en tant que bombardiers d’eau, grâce à l’ajout d’un réservoir «spécial» pouvant contenir jusqu’à 14 000 litres de liquide. Ces appareils seront «déployés pour lutter contre les incendies de forêt en Europe, notamment en Allemagne».

Porté par l’entreprise Total Aeronautical Services GmbH [TAS], établie en Basse-Saxe, ce projet a reçu l’appui de l’Office fédéral allemand de l’aviation [LBA] et de l’Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr [BAAINBw]. En outre, il bénéficiera de l’expérience acquise par une société australienne qui, en 2023, avait justement repris trois anciens Transall C-160D de la Luftwaffe pour en faire des bombardiers d’eau.

Pour cela, elle les a dotés d’un réservoir qui, spécialement conçu par Helitak Firefighting Equipement, peut être rempli en seulement trois minutes. Un Transall C-160D ainsi modifié est en mesure de larguer 3 000 litres d’eau ou de produit retardant par seconde.

«L’évacuation de l’eau ne s’effectue plus par la rampe de chargement arrière du Transall, mais de manière centrale, grâce à un dispositif spécial situé sous le fuselage», détaille Flug Revue.

Après des essais probants, ces trois Transall «bombardiers d’eau» attendent le feu vert de l’Autorité australienne de la sécurité de l’aviation civile [CASA] pour intervenir sur d’éventuels feux de forêt. Le processus de certification ayant débuté en octobre 2025, cette autorisation ne devrait plus tarder. Quant aux deux avions Total Aeronautical Services, l’objectif est qu’ils soient opérationnels d’ici l’été 2027.

Ya Rab Yeshua.

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