Bonjour à tous!
Je profite de mes permissions estivales pour publier mon RETEX sur mon année à l’Ecole Militaire des Aspirants de Coëtquidan. Le RETEX suit plus ou moins la chronologie de l’année, décomposée par semestre, avec quelques détails sur certains sujets par ci par là.
Bonne lecture!
PREMIER SEMESTRE
Après l’interminable trajet en bus de Paris jusqu’au trou perdu qu’est Guer, se déroule la semaine d’incorporation au sein de l’école où on est principalement accompagnés par des GAJ (gradés aux jeunes, c’est des autres élèves officiers [EO] des autres écoles). On (ré)apprend avec eux les bases de tout bon soldat vitesse grand V comme pratiquement tout le monde a une petite expérience militaire (PMS, réserve).
Les journées sont rythmées par de nombreux cours/amphi/perceptions de tout le matos. On fait généralement du 5h30 - 22h en début d’année, avec petit déj' en ordinaire + TIG avant le rasso compagnie à 7h30, s’ensuivent les cours 8h-12h et 14h-18h, avec, entre les deux, la (très) courte pause méridienne :
En début d’année, les timings sont assez serrés, pour manger à l’ordinaire ça sera un peu la course haha, de par les emplois du temps et la présence des 3 écoles à l’académie (vous apprendrez à manger en 1 min par moment). Cependant avec les différents terrains de chaque formation, les files d’attente d’1h ne seront qu’un lointain souvenir et vous aurez le temps de déguster les délicieux repas de De Lattre en semaine et de Wagram le week-end (on mange super bien à l’EMAC, sauf quand on perçoit les sachets “beurk” aka les sachets froids )
Après, retour à l’ordinaire, puis amphi en tout genre pour présenter l’année, les cadres, les attentes à l’EMAC etc. Il y aura beaaaucoup d’amphis en début d’année, et bien que vous soyez fatigués, évitez de dormir devant le COMEMAC (le chef de l’école).
Parlons des cours maintenant; il y en a en tout genre, parfois de simples cours d’1h, parfois des amphi de 4h. Génie, NRBC, Psychologie, Histoire, Topographie, SIC, Tactique…tout y passe, c’est assez dense au premier semestre mais ça le fait, pensez à réviser de temps en temps car les infos s’accumulent. Les cours portent en premier lieu sur le niveau chef d’équipe (CDE), puis sur le CDG (groupe) en fin de semestre.
On a également pas mal de séances de tir, où ils nous font passer rapidement les différents modules à avoir en tant que CDS (module, A, B, C, D). Généralement, vous avez une séance de tir sur la journée, le matin, entraînement; l’après-midi, entraînement au module puis passage du module. Une note vous est attribuée selon votre prestation (faut avoir minimum 16/20 pour avoir le module), mais y’a un rattrapage au besoin (mais vous garderez votre note éclatée, faut pas déconner non plus! ).
Généralement, avec le rattrapage, la quasi-totalité des élèves ont leurs modules. Si vraiiiment ça passe pas, ça sera à repasser en fin d’année (plus ou moins jusqu’à ce que vous l’obteniez lol). Point particulier pour le PA (le glock), où on s’entraîne quasiment pas dessus, mais il faut quand même avoir les modules, mais le taux d’échec est du coup un peu plus élevé.
Passons du coq à l’âne et parlons maintenant de la vie section/promo : durant les premières semaines, vous devrez (ou pas en vrai le timing dépend de votre CDS) créer votre petite image section : logo/cri section, refonte des murs à l’image de la section… n’hésitez pas à vous investir là-dessus car ça crée une bonne cohésion. Puis surtout, vous n’aurez rien d’autre à faire de votre temps libre car, attention spoiler !, vous n’aurez évidemment pas vos téléphones au début. De mémoire ça a duré 1 bon mois et demi. Ils nous le redonnaient par moment pour la famille ou si on en avait besoin pour des papiers etc, entre 1 et 3 fois par semaine.
P'tit conseil:: prenez votre pc portable et connectez-le instantanément au wifi le premier jour avec votre téléphone : vous vous ferez moins chier déjà et ça vous aidera pour réaliser les travaux sections/promo.
Concernant la vie promo, on peut parler de 2 choses : le bureau promo (élu mi octobre) et les burlingues (les comités). Le BP est composé du vieux (représentant de la promo de l’extérieur), le jeune (idem mais en interne), le morlingue (picsou), le tabellion (l’admin), le ravito (les appros) et le plumeux (la communication). Evidemment plus ou moins détesté par la promo et surtout les chefs de burlingues en fin d’année parce que c’est de bonne guerre, le BP a pour rôle de s’investir afin de faire vivre la promo. Mais pour cela également, et surtout, nous avons les génialissimes chefs de burlingues!!
(Etais-je chef de burlingue? Oui, bien évidemment)
Donc! Les comités, concrètement, c’était une nouveauté de cette année pour animer la promo, et franchement ça a bien marché : burlingue tradition, communication, gala, chorale, art graphique, rédaction, sport, littéraire, défis, mécénat, tranchée, magasin promo. Au début d’année, vous choisissez un burlingue comme si vous choisissiez une maison dans Harry Potter, et durant les créneaux CPI (commandement par intention, 1 par semaine de 4 h), vous faites le travail que vous avez à faire. (à noter qu’il y a du taff à faire hors de ces créneaux par moment). Un CDS de l’école est également associé à un burlingue pour vous aiguiller au besoin.
P'tit conseil: Je dis pas ça parce que je faisais partie du groupe président des saucisses (si, complètement), mais investissez-vous et évitez de faire les planqués en chambre : c’est chiant, rien n’avance, et la promo se prend des coups de pression inutiles car le SLT KRASSUS a décidé de pioncer en chambre et s’est fait choppé par son CDS, échec !
Retournons sur la prog’ : le premier terrain au terrible Bois du Loup (BDL), une énorme bahutante où vous déroulez vos acquis du niveau CDE sur le terrain. C’est de la bahute comme on aime où on vous prend pour des GV de la première heure (en même temps ils n’ont pas tort), longues marches dans le camp jusqu’à 2/3h, réveil 4/5h puis activités en journée (passage en perroquet, PIF, les missions du trinôme… les classiques vues en PMS). Ironiquement un des terrains les plus durs de l’année car c’est le premier et qu’il est là pour vous bahuter encore une fois. Viendra aussi peu après, le rallye CDE! Typiquement même principe que celui de la PMS, dure une journée : écrits, passage en CDE sur le terrain, démontage d’une arme et remontage…
Ptit conseil: Ce rallye ne compte pas dans la moyenne! (pour cela se référer à la notation de l’année que votre cadre peut vous refiler). Pas la peine de réviser comme un fou furieux, mieux vaut garder ça pour le rallye CDG qui viendra en décembre. Son seul avantage sera de laisser une bonne image de vous à votre CDS pour votre jolie note de gueule.
Parlons maintenant du sport. Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de sport depuis le début, car spoiler, le sport à l’EMAC, c’est quelque chose! Il faut bien comprendre que, contrairement aux autres écoles, à l’EMAC, on est très pressé, car en 1 an faut tout caser, donc en début d’année, le sport c’est par intermittence. Côté perso, c’est quasiment impossible d’en faire de son côté (entre l’emploi du temps où les soirées sont occupées, et les rares soirées qu’on a, on se repose juste parce qu’on est épuisés haha), perso, j’ai pu commencer mon sport perso qu’au second semestre.
Heureusement les (quelques) séances avec la DEPMS (cellule sport) vous permettront de ne pas devenir un énorme sac durant votre scolarité. Les séances de sport sont ce qu’elles sont, haha, concernant le niveau, en soit vous le faites à votre rythme : si vous suivez, tant mieux, sinon, tant pis. En footing, on fera demi tour pour vous chercher, et si vous faites des séries de 2 tractions, et bin le moniteur va vous dire "ok". Néanmoins, il faut bien noter qu’au vu de la prog aléatoire et des séances parfois aussi aléatoires, c’est pas ici que vous allez progresser (au contraire).
Vraiment, arrivez au pic de votre forme car vous ne ferez pas mieux lors des tests haha (course 5km sur un terrain vallonné, tractions, montée de corde). Essayez tant bien que mal de vous entraîner lorsque vous avez l’occaz pour pas trop perdre, et si possible (sans en faire trop, MEF aux tendinites), bosser/demander à faire de la technique de corde, car c’est pas un truc qu’on fait dans le civil.
Arrivé mi-octobre, arrivent enfin le Saint Graal : les saintes PLD, vacances d’une semaine, profitez bien, enfin comme vous pouvez, parce que en fait vous aurez des devoirs maison haha, du style plastifier vos cartes de Verdun ou bien préparer votre carnet de chef de groupe, ou encore, préparer votre caisse à sable! De mémoire, c’est vers ce moment-là aussi que l’on est plus obligatoirement compté mangeant le matin à l’ordinaire, donc vous pouvez petit déjeuner en chambre histoire de gagner du temps de sommeil le matin!
Viendra ensuite le séjour de 2 semaines à Verdun avec ses nombreux forts que vous apprendrez à connaître, avec une semaine terrain pour voir les manœuvres en CDG, et une semaine EHT tournée tradition, où vous aurez l’honneur de faire la marche de 27km en hommage aux 27 000 officiers de réserve de la PGM (en réalité vous ferez bien évidemment plus de km, on en a fait 33, préparez-vous psychologiquement haha). Terrain bien sympathique en somme (sans ironie) malgré le froid qui commence à faire vraiment mal pour les frileux.
Nous approchons de la fin du premier semestre, avec le rallye CDG ainsi que le baptême promotion!
Pour le rallye CDG, ne soyez pas impressionnés par la présentation que vont vous faire les cadres/profs… c’est juste un rallye. Là, on vous présentera les épreuves, peut-être 2j avant les épreuves ainsi que le déroulé. Grosso modo, vous allez pas trop dormir (2/4 h, ça dépend des horaires de départ et certains seront plus chanceux que d’autres) car ça dure 24 h. Vous marcherez dans le camp pour vous rendre sur les différents lieux des activités pour réaliser des tests pratiques dans les matières que vous étudiez depuis le début d’année. (chose à comprendre : connaître sa théorie, c’est bien, savoir la mettre en pratique, c’est mieux!).
Une fois le rallye terminé, l’enchaînement va pouvoir se faire sur la préparation du baptême de promotion! Très belle soirée où vous êtes adoubés par votre parrain et vous défilez pour la première fois avec votre promotion sur votre chant promo, et franchement c’est sympa, profitez bien! De plus, vous passez enfin d’élève-officier à officier-élève, c’est donc ici que s’achève la bahute, et vous serez traités comme des adultes dignes de ce nom !! (c’est faux ).
Mais avant, spoiler alert, vous passerez par l’interminable semaine de répétition pour que tout soit parfait le jour J. Les répétitions commencent après la fin des cours, où vous descendrez l’axe noble un nombre incalculable de fois jusqu’à satisfaction des cadres (PS : ils sont jamais satisfaits! ), jusqu’à parfois 22h. Il y a également les répèt’ de la cérémonie en tant que telle, le petit sachet de sucre des armées sera votre meilleur allié durant ces soirées.
Viendront ensuite les permissions de Noël qui font plaisir, mais avant votre départ vous aurez aussi droit au rappel des cadres : le CNEC arrive, préparez-vous!
SECOND SEMESTRE :
Le début du mois de janvier sera sans doute le moment le plus tranquille de votre année, et c’est également à partir d’ici que l’on regagne vraiment nos libertés (souvent de QL en soirée et week-end de libre). Cela tombe bien, parce qu’après, tout s’enchaîne. À la fin du mois déjà, on repartait en terrain avec un effort “aguerrissement”, en vue de la préparation CNEC. Par la suite on enchaîne avec une semaine de “CDS au quotidien”, ou le boulot de CDS avec la paperasse. Durant cette semaine vous devrez rendre des travaux qui seront notés, n’hésitez pas à prendre de l’avance dès le début car le dernier rendu est assez conséquent.
Selon la prog’ des compagnies, viendront les monitorats EMOE (explo) et ISTC (tir) :
L’EMOE : semaine la plus chill de l’année car vous finissez assez tôt dès lors que les cours sont finis. Le monitorat se joue sur un test écrit (inratable sauf si vous dormiez en cours) et un test pratique, qui consiste à reproduire la méthode pour détruire une grenade qui n’a pas explosée. Dans les faits c’est simple, mais comme au permis finalement, un simple oubli ou une faute éliminatoire et c’est échec, donc soyez psycho là-dessus. Néanmoins rares sont les échecs sur ce monitorat, contrairement à l’ISTC
L’ISTC : semaine très fun car on tire absolument toute la semaine. Pas de test théorique, on ne fait que de la pratique, avec la partie tir (test d’entrée + on repasse les modules effectués au premier semestre) et la partie pédagogie (on se met dans la peau d’un moniteur et on fait faire de la MOAL à nos camarades + les cours de tir pour obtenir le module A). Tout est relativement simple dans ce monitorat, la difficulté se trouve dans les tests d’entrée que l’on fait (logiquement) dès le lundi : 10 tirs couchés bras franc à 200m sur cible fixe, avec au moins 8 cartouches qui doivent toucher la cible. Beaucoup de ratés sur cette épreuve (mauvais réglage de l’arme durant les tirs de réglage, stress tout simplement, ou bien aussi comme la cible est fixe pas moyen de réajuster le tir si c’est à côté notamment). Néanmoins, une séance de rattrapage est réalisable en fin de semaine, mais quelques échecs sont encore présents.
Pour ceux ayant raté un monitorat, une semaine est à refaire durant le stage en corps de troupe plus tard dans l’année pour l’obtenir. Autant dire que rater les 2 monitorats c’est se mettre une balle dans le pied car vous ne pourrez en rattraper qu’un!
Transition, reparlons des cours maintenant : fini les gros amphis comme en début d’année, place au DCA (droit des conflits armés), au cours d’anglais opérationnel, au cours de TAC niveau CDS, et évidemment le reste des cours habituels. En sport, ajoutez à cela le C4 (la baston) et la natation utilitaire, la nage en brasse tête hors de l’eau en treillis + blue gun + sans lunettes. Quelques conseils : en anglais, l’évaluation en fin d’année est relativement simple car ils ne vous jugent pas sur la tactique mais sur votre manière de parler anglais : à cet effet, apprenez votre vocabulaire et pas à la dernière minute, c’est mieux. Pour la TAC, participez, car mieux vaut se planter devant ses copains de sa section que devant la vraie section que vous devez commander dans 1 an et demi, de plus, faites bien vos ordres d’opération à chaque fois pour vous entraîner.
Pour la natation utilitaire (je pourrais en parler pendant des heures car c’est mon némésis ), les séances grosso modo c’est un enchaînement d’obstacles pour s’entraîner au PAN du CNEC, ajoutez à cela parfois quelques exercices de bahutage, type, lancez votre treillis dans l’eau et habillez-vous dans l’eau. Pour ceux ayant du mal, mon seul conseil sera d’aller vous entraîner dès que vous le pouvez dès janvier sur les créneaux de l’ASEACC (la piscine est ouverte au public + militaire, et on peut installer les obstacles pour s’entraîner, mettre le mannequin, l’arme etc. Durant les créneaux de sport, on est souvent à 2 sections, ça s’enchaîne, c’est compliqué de progresser, alors que sur les créneaux ASEAACC, vous bossez à votre rythme et les moniteurs de sport ont cette fois l’occasion de vous donner des conseils.)
Ce qu’il faut absolument savoir faire : nager en treillis/flingue longtemps (même si c’est très lent c’est pas grave, au PAN y’a pas de chrono.), savoir récupérer le mannequin à 4m, tenir l’apnée sous le tapis bleu. Si vous arrivez à faire ça, ça devrait le faire, et ne vous y mettez pas à la dernière minute. Évitez aussi que votre séjour à Collioure soit le premier moment où vous vous rendez dans la mer, perso, je n’ai ni aimé le froid ni les vagues, pour les gens comme moi qui paniquent un peu dans l’eau je recommande pas haha.
Continuons sur la prog de l’année. Entre-temps les PLD d’hiver se sont déroulés, nous sommes désormais courant mars, et 2 semaines en terrain à l’extérieur se préparent, pour nous c’était au Larzac, avec nos premiers passages avec des troupes de manœuvre (des sections en régiment qui viennent s’entraîner avec nous)! C’est la version beaucoup plus concrète des manips CDS en terrain, car vous commandez cette fois-ci, non pas vos camarades, mais une vraie section constituée, une très très bonne expérience où vous apprendrez beaucoup. (néanmoins je précise, tout le monde n’aura sans doute pas l’occasion de passer en tant que CDS car les délais l’obligent. D’autres passages avec des troupes de manœuvre seront à prévoir plus tard dans l’année, où tout le monde passera étant donné que c’est noté)
Pour ma part, j’ai eu la chance, avec deux autres camarades, de passer en premier, j’ai pu ainsi voir touuuute la manip de A à Z avec la 13e DBLE, c’était honnêtement intimidant mais très enrichissant Le conseil ici sera de s’appuyer sur le vrai CDS de la section qui vous accompagnera durant votre mission, et aussi auprès des CDG/SOA qui sauront vous aiguiller de par leur expérience, et qui vous permettront bien évidemment de réussir votre mission sans encombre tout en étant une boule de feu!
En avançant un peu dans le temps, petite PLD de Pâques avant l’effet majeur de l’année le CNEC! D’ailleurs, à cet effet juste avant, vous aurez droit à une semaine complète d’aguer, dernière prépa CNEC. Là c’est typiquement le moment où les gens se rendent compte qu’il faut réviser leurs nœuds, ou bien alléger le sac et qu’en fait on peut se passer de l’oreiller. Attention néanmoins de ne pas trop faire le radin et, par exemple, de penser qu’il serait judicieux de retirer ses effets de pluie (alors que de la pluie est annoncée au CNEC) ou bien de retirer le duvet (on a toujours l’occasion de dormir et être dans son duvet après une journée au CNEC c’est le bonheur ultime). Pour les activités, vous retrouvez ce que vous verrez au CNEC : nœud, rappel, parcours d’audace, pistes individuelle/collective, C4, marche de nuit…
Parlons maintenant du CNEC. Ne voyez pas cela comme le Saint Graal de votre formation à l’EMAC, vous aborderez ce stage plus sereinement pour commencer. Ensuite, certes il faut avoir un minimum de physique pour les pistes et les marches interminables, mais tout se joue au mental, donc durant ces trois semaines, faites croire à votre cerveau que vous êtes un commando de l’apocalypse pour que tout se déroule au mieux (et les instructeurs kifferont, vendez-leur du rêve!)
Bref, on arrive là-bas, soit vous commencez à Mont Louis (pour ma part), soit à Collioure. Mais avant on commence avec les tests d’entrée où vous vous serez entraînés au préalable avec votre cie. Ceux qui ne réussissent pas partiront dans la brigade “aguerrissement”, où vous serez encadrés par les cadres de l’école. Là c’est un peu la bahute, car vous faites le CNEC sans vraiment faire le CNEC, car à la fin, vous ne pourrez pas avoir le monitorat. Vont également là-bas ceux qui ont trop le vertige (n’arrivent pas à passer les obstacles hauts des pistes) et ceux qui font échec au PAN (du moins la première semaine pour les malchanceux déjà à Collioure ou ceux qui ont vraiment trop de mal dans l’eau).
Ensuite se déroule la semaine, où la journée, vous aurez différentes activités : nœuds, rappel, escalade, pistes, sauvetage sur câble, C4… Le midi vous avez le temps de manger en ZPT (Zone de Perte de Temps) (30 min/1 h), il faut bien que les instructeurs aient le temps de manger à l’ordinaire! (Quoique, tout cela dépendra bien évidemment de la brigade dans laquelle vous tomberez! )
Arrivé le soir, vous aurez quelques cours en salle de classe, avant la préparation de la mission de nuit, que vous aurez tous les soirs, avec une grosse mission de nuit le jeudi. Pour la préparation, pensez moins C3T et pensez plus commando : il faut surtout se focaliser sur les itinéraires, les cas non conformes et la coordination lors de l’assaut.
Si vous ne vous trompez pas sur ces trois-là, vous aurez de quoi dormir quelques heures la nuit, où le plus important reste de ne pas faire de loose topo! Restez toujours sur les vrais chemins/routes. Enfin, lors de votre présentation à l’instructeur, mettez votre cape du commando de l’apocalypse et sortez le grand jeu, faites une caisse à sable digne de ce nom et cela devrait le satisfaire. Durant les marches, faites en sorte d’alterner les personnes qui portent le matos et les personnes qui prennent les rôles lors des missions, cela évitera de créer des tensions au sein de la brigade avec la fatigue accumulée, un suivi dans la semaine peut même être envisagé.
Quelques autres rubriques :
Les nœuds : connaissez-les par cœur avant de venir au CNEC, ne vous y mettez pas à la dernière minute. Idem pour les procédures à suivre pour le rappel, le passabloc et autres, par contre MEF, parfois la procédure diffère avec celle apprise à l’EMAC
Les pistes : vous allez avoir mal aux bras comme vous ne l’avez jamais eu! C’est épuisant, surtout plus les jours passent. Vous n’aurez que peu de passages pour vous entraîner sur les pistes avant le chrono, donc choppez bien toutes les astuces. MEF aux blessures! Si vous avez commencé par la piste rouge, la piste verte c’est rien à côté.
La marche-course / brancardage : La pire épreuve physique que j’aie jamais faite de ma vie haha. C’est une épreuve collective à faire en moins de 1h / 20 min, donc on s’entraide, les plus costauds s’échangent le matos collectif, ceux qui sont au bout de leur vie, on lâche rien et on avance pour les copains.
Le week-end : prenez impérativement des hôtels dans les alentours afin de récupérer : je vous garantis que vous n’aurez absolument PAS envie de dormir dans les logements de Mont Louis/Collioure. Les hôtels avec laverie, c’est le must pour éviter de devoir trimballer sa lessive jusqu’à trouver une laverie. Dormez beaucoup, reposez vos pieds, et profitez avec les copains (enfin surtout à Collioure).
La triche: On peut tricher au CNEC (sur les itinéraires, BLM aka cacher de la nourriture à droite à gauche, laisser des trucs en salle de classe, s'entraider avec les copains blessés, profiter des locaux ...) à vos risques et périls !
Pour ma part, mon RETEX du CNEC s’achève ici car je me bloque le dos sur une marche de nuit en voulant reprendre mon sac en début de semaine à Collioure, c’est tragique (quelques heures avant le PAN, je n’ai en plus même pas eu l’occasion de couler avec le mannequin… ). Malheureusement, les blessés au CNEC, il y en a quelques-uns entre la fatigue accumulée et les mouvements bêtes qui vont vriller une cheville/une épaule/un genou. Pour les handicapés, retour à Guer, pour rejoindre la base arrière (aka les blessés d’avant le CNEC). On a eu la joie de frotter de l’armement en attendant le retour des commandos afin de préparer la VTA annuelle.
Sur mon court séjour à Collioure, quelques mots : c’est très chiant de faire le caméléon et de se changer en treillis mer/sec. La descente à la mer c’est marrant, remonter en courant ça l’est moins. L’eau est froide (bon ok je suis très frileuse mais quand même). Cette semaine est apparemment très cool car (si la vue de la mer ne vous provoque pas des sueurs froides), on fait des trucs stylés dans l’eau avec les différentes embarcations. Faîtes attention quand vous sautez de la vedette, il y a vraiment de quoi se faire une cheville! Est-ce que j’ai dit que l’eau était très froide?
Bref, le CNEC c’est bien bahutant, ça serait mentir de dire le contraire, mais vous vivrez de bons moments et vous en garderez de bons souvenirs (l’escalade en extérieur, coup de cœur pour ma part).
Une fois rentrés à Guer, se passeront ensuite 3 semaines de cours avec révisions pour le grand rallye commun de fin de scolarité (RCFS). Vous aurez également les tests sportifs du second semestre (pareil qu’au S1 avec en plus, de la natation utilitaire sur 100m avec quelques obstacles, que j’ai réussi, comme quoi toutes ces heures à la piscine n’auront pas été vaines!). En plus de cela, ajoutez également le gala de promotion durant un week-end, soirée sympathique également.
Parlons maintenant de la semaine du rallye :
Le premier jour ont lieu pour tout le monde les épreuves écrites : c’est assez drôle parce qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre visiblement car, lorsque l’on retournait les feuilles, cela s'entendait que les gens n’étaient pas sereins . Alors en épreuve, il y avait la rédaction d’un OPO (gros coeff), du CDS au quotidien (type : faites un emploi du temps), un peu de DCA (sachant que la semaine précédente on avait eu une évaluation de 2h sur le DCA), un peu de psychologie (pas la peine d’apprendre faut juste connaître les méthodes), écrit sur le TAM (tir armement, mais là contrairement à d’habitude où ils demandent les caractéristiques des armes c’était des connaissances sur le pdf du moniteur de tir que personne n’avait révisé haha).
CONSEIL : à noter que pour les épreuves écrites, le timing est très très serré pour ne pas dire que c’est impossible de finir correctement les tests, donc ne traînez pas et sachez aller à l’essentiel par moment.
Donc une fois que tout le monde sort de la salle en disant “j’ai foiré mon épreuve”, c’en est terminé pour la théorie et vient ensuite la pratique! L’EMAC passant en dernier, on est isolés sur le camp après les écrits le temps que les autres écoles passent, pendant ce temps on révise (et en vrai ça fait pas de mal). Même procédé que le rallye CDG, avec un peu plus de matière et plus de pratique.
Grosso modo de mémoire, en épreuve :
du tir avec mise en fatigue entre (le tout chronométré, fallait courir entre les différents pas de tir, faire du tir à plusieurs distances, HK/ glock)
Identification sur des mines + rédaction EO100, sur des véhicules, rédaction d’un 2IPC (un recueil d’entretien)
course d’orientation dans le camp de nuit (20km en 3h où c’est compliqué d’avoir plus de 12/20 haha)
évaluation classique en topographie et en SIC
Anglais, diffusion de son OPO en anglais + questions
SC1, secours en combat avec votre groupe
NRBC, rédaction d’un message NRB après avoir vu une attaque et s’être équipé
Pseudo fouille de sac pour voir si vous êtes un vrai soldat ops à la fin du rallye
et TAC, 2 épreuves avec les plus gros coeff; rédaction d’un ordre en 10 min + diffusion de l’ordre et mise en situation d’une mission avec ordres à donner à la radio
Alors pour le dernier point, vous exercerez malheureusement trop peu au cours de l’année sur ça (participez dès que vous le pouvez!). En gros vous êtes à la radio, et le cadre joue le rôle de votre CDU et de vos CDG. Il a en sa possession un livret avec différents cas de figure, il joue ses différents rôles et voit comment vous réagissez. Exemple : “11, j’ai visuel sur un drone, demande autorisation de détruire!!”. Là vous dites oui et bien échec, car c’était le drone de lacompagnie, et votre autre CDG de 12 vous avez annoncé y’a 2 min qu’il avait envoyé son drone pour obtenir des informations. Bref, cela peut être un bon exercice à travailler entre vous à l'aide de votre imagination, car il faut donner rapidement des ordres, et cela permet de voir de nombreux cas non conformes.
De plus, lors du rallye des forces spéciales, pour le coup c’est vraiment bien fait, car l’exercice est joué sur plusieurs dizaines de mètres! Vous aurez sur une tablette de vraies images de drones, vous suivrez l’évaluateur dans de vraies tranchées (mettez vous à couvert, remettez votre cape de commando de l’apocalypse et jouez le jeu), il y aura de la fumée, de la sono avec des bruits de balles, d’obus etc…
Une fois le RCFS terminé, félicitations, l’année est presque finie! D’autres échéances sont néanmoins encore à prévoir, parce que à l’EMAC, le repos ne fait pas partie du vocabulaire, donc à peine le rallye terminé, nous étions partis directement lors du week-end à notre stage en corps de troupe de 3 semaines!
Alors, juste avant le rallye, nous avions pu choisir, selon le classement du premier semestre, nos régiments pour réaliser les stages, dans notre arme. A cela se déroule ensuite une très rapide course contre la montre pour trouver les contacts des présidents des officiers/lieutenants dans le régiment choisi haha, sans oublier en plus la rédaction des lettres de présentation. Jouez avec les contacts des cadres/copains pour faire mouche.
Le stage en CDT varie énormément selon le régiment et la section : certains ont été en terrain 3 semaines, d’autres étaient sur la prépa 14 juillet, d’autres sur des monitorats, d'autres sur des classes, d'autres sur des journées classiques en régiment etc etc… Pour ma part FACQe au 17e RGP avec quelques jours en terrain, c’était bien sympa. On découvre la vie en régiment, on s’informe, on profite aussi de la popote et de la garnison… que du fun.
Pour le choix des régiments, à vous de voir si vous optez pour l’option “je choisis le régiment où je veux aller après la DA”, oui “je découvre d’autres régiments car j’ai l’occasion” ou bien encore “j’ai pas le choix d’aller là-bas de toute façon” Néanmoins je vous rassure, pour ceux qui étaient dans ce cas, pour la plupart en vérité, ils ont apprécié leur stage et on vu sous un autre angle des régiments qui sur le papier ne les faisaient pas rêver.
A la suite de cela, viendra la semaine du 14 juillet : semaine moins bahutante qu’escomptée (si on oublie le nombre incalculable de RASSOOOO auquel on a eu droit). Les journées se résumaient à : départ aux alentours de 6h, début répétition statique/dynamique vers 8h, 2/3 passages max en dynamique sur la ligne droite, finex vers 11h/12h, on rentre on mange, QL vers 14h si rien d’autre de prévu. On avait un couvre-feu le soir, mais au fur et à mesure de la semaine, il devenait de plus en plus souple.
Arrivé le 14 juillet, encore une fois, profitez des différents moments donc vous garderez des souvenirs plein la tête : la patrouille de France au-dessus de vous, la descente des champs, le défilé dans les ruelles adjacentes, l’après-midi dans Paris avec la famille/les copains dans votre sublime TBH.
Enfin, une fois de retour à Guer, une dernière échéance vous attend : le Triomphe, aka la grande kermesse de l’AMSCC! Normalement quelques élèves auront déjà un peu travaillé sur le sujet en amont, et bien que la fin de l’année approchant à grandes foulées, il faudra s’investir une dernière fois pour éviter les derniers coups de pression des cadres pour que votre spectacle ne se transforme pas en "pestacle" devant les familles et les hauts gradés de l’académie.
Donc on se motive, on s’investit pour réaliser les décors et pour répéter (vous ferez un “tableau” de votre parrain, vous retracerez sa vie), car mine de rien quand tout le monde y met du sien, ça ressemble à quelque chose et le temps passe plus vite. Et une fois arrivé au jour J, avec les derniers détails (fumigène, explosion etc), le spectacle n’en sera que meilleur!
Eeeet c’est sur ces belles paroles que l’année s’achève à l’EMAC! Viendra le dernier jour avec ces formalités de discours et de passation de commandement et vous pourrez dire un au revoir chaleureux (ou pas) à Coëtquidan.
Entre-temps, ceux n’ayant pas le permis seront partis dans le Sud quelques jours plus tôt pour apprendre à conduire sur 2 semaines durant les perms d’été (le prix à payer pour avoir le permis gratos haha). S’ensuivra pour les autres, un peu moins d’un mois de vacances avant de reprendre avec la DA (les dates diffèrent selon les armes, mais c’est généralement fin août)
Que dire pour conclure !
L’année à l’EMAC est à la fois très longue et passe à la fois très vite, étant donné que cela reste des classes d’une certaine façon. Les classes c’est un peu bahutant, donc n’oubliez pas que ce n’est pas la vie que vous aurez en régiment pour ceux qui auraient quelques doutes par moment. Et pour terminer sur une note positive : qui dit classes dit aussi, très bons souvenirs avec sa section/compagnie/promotion donc même si l’année vous épuise parfois, prenez ça avec le sourire!
Quelques autres conseils aléatoires :
avoir un groupe promo avant la rentrée c’est déjà bien pratique pour partager des infos/astuces sur l’année à suivre
La phase CDE passant très très vite (apprentissage moyens mnémotechniques + MOAL + actes réflexes/élémentaires tout ça tout ça), il peut être bon de vous rafraîchir la mémoire avec vos cours de PMS avant la rentrée
Si vous songez à ramener votre voiture sur le camp, après les perms de Noël c’est vraiment le bon moment car on commence à avoir plus de temps le soir ainsi que nos week-end, avant c’est pas nécessaire selon moi mais c’est toujours sympa
L’abonnement ASEAAC (30€ par an) c’est top pour avoir accès au gymnase, à la salle de muscu et à la piscine. MEF, le soir les créneaux sont serrés pour manger à De Lattre + bénéficier des structures sportives. Mais c’est faisable en faisant 1 h de sport et en fonçant à l’ordinaire avant la fermeture (avoir une voiture est un gros +)
Pas la peine de faire jacky matos et de débarquer avec du full perso au premier terrain, attendez d’avoir fait quelques terrains avant de faire vos achats. Ayez déjà la vision aussi, et prenez des trucs légers pour le CNEC. Néanmoins, s’il y a bien une chose à ne pas faire le radin pour les achats de terrain, c’est bien le confort, à bon entendeur
Autres anecdotes en tout genre parce que j’adore parler :
Il pleut vraiment tout le temps à Guer. Il doit, sans déconner, y avoir un micro climat en Bretagne, un autre à Guer, et un autre en particulier au BDL, c’est pas une légende
La TAC : Les cours de tactiques sont tout un plaisir à Coët. Vous y découvrirez un tout nouveau type de vocabulaire, des mots farfelus et un mode de pensée plutôt étrange, donc vous ne comprendrez rien, mais alors, absolument rien au début!! Néanmoins, pas de panique, c’est la tactique, vous allez en bouffer de la TAC, ça finira par rentrer dans votre cerveau, et bien que “le C3T ce n’est pas notre métier” (sauf pour la biff’ et encore), à la fin vous serez (plus ou moins) de bons tacticiens qui sauront dérouler des ordres d’opération en 10m top chrono!! (vous n’aurez pas le choix au RCFS de toute façon mdr)
Je m’en sors plutôt bien classée cette année (premier tiers) au vu de ma perf au CNEC (les blessés c’est 9/20 avec un bon coeff, ça fait un peu mal), évitez ainsi les 0 ou les notes sous la moyenne en sport aussi pour blessure, ça fait perdre pas mal de place.
C’est bien de charbonner cette année mais gardez du jus pour l’année en DA qui sera d’autant plus déterminante avec le choix du régiment! À l’inverse ne vous la coulez pas douce sous prétexte que cette année “ne sert à rien” avec le classement, ça donne pas forcément une bonne image pour l’arrivée en DA. De plus, à noter que pour ceux qui joue les troupes de marines, c'est sur cette année, le choix s'est fait durant la semaine au 14 juillet
Quand viendront les manips CDS sur le terrain, vous découvrirez la joie (ou pas selon la météo) d’être plastron/FORAD (force adverse). Vous vous rendez sur un point, vous attendez tranquillement que l’AMI vous rejoigne (aka les copains), vous faites les méchants à lancer des grenades sur les copains d'en face et à rafaler votre chargeur, puis vous mourez. C’est génial!
J’ai réussi mes 3 gouttières du CNEC de la piste rouge, la dernière, par je ne sais quel miracle grâce à mon esprit de commando de l’apocalypse. Rien d'autre à dire de plus si ce n'est que j’aime l’info donc je la mets
C’est tout (et c’est déjà beaucoup) pour moi!
N’hésitez pas si vous avez des questions, au plaisir d’y répondre !