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Haute intensité : la remontée en puissance de l’artillerie sera l’un des prochains chantiers de l’armée de Terre


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Engagée en Irak contre l’État islamique [EI ou Daesh] entre septembre 2016 et mai 2019, la « Task Force » française Wagram, avec ses quatre CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm], effectua plus de 2’500 missions de tirs [soit environ 18’000 obus tirés]. Ce qui laissa craindre des tensions capacitaires.

En effet, soulignant le « suremploi » des 77 CAESAr en dotation dans l’armée de Terre, un rapport parlementaire, publié en 2017, estima que l’engagement en Irak avait « consommé » 35% du potentiel de ce type d’équipement, en raison notamment d’une « usure rapide » des canons. Selon le document, 27 d’entre eux étaient alors « trop usés pour être réemployés avant de lourdes opérations de maintenance ».

Cela étant, et alors que les canons AUF1 ayant fait leur temps, la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25 prévoit l’acquisition de 32 CAESAr supplémentaires en version « lourde ».

En outre, il est aussi question de mener, dans le cadre d’une coopération avec l’Allemagne, le programme « Common indirect fire system » [CIFS] qui, s’il doit bénéficier d’un financement européen, ne sera pas lancé d’ici 2030… Et d’autres sujets sont en suspens, comme la précision des feux, avec des munitions guidées, l’avenir du lance-roquette unitaire [LRU], dont 13 exemplaires sont mis en oeuvre par le 1er Régiment d’Artillerie, ou encore la portée des tirs, laquelle ne cesse d’augmenter.

Aussi, si l’intensité de l’engagement de la TF Wagram contre un ennemi comme Daesh a laissé craindre des tensions capacitaires, qu’en sera-t-il dans le cas d’un combat de « haute intensité »? Et cela d’autant plus que, comme l’a affirmé le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] lors d’une récente audition au Sénat, l’exercice Warfighter 2021, qui s’est déroulé aux États-Unis en mars dernier, a mis en évidence, comme s’il en était besoin, l’importance de l’artillerie dans un tel contexte.

« En cas d’engagement majeur, il faudra déployer sur un théâtre éventuellement lointain des forces extrêmement puissantes, du volume d’une division, capables de mener un combat aéroterrestre face à un ennemi à parité en intégrant des unités alliées et la palette complète des appuis », a, dans un premier temps, expliqué le CEMAT aux sénateurs.

Et d’ajouter : « La couverture de cette action principale, la protection des lignes de communication permettant le soutien logistique depuis la métropole et l’accueil des blessés, ainsi que la régénération des pertes demanderont des forces complémentaires robustes. L’ennemi cherchera à s’en prendre à nos arrières. Il mènera des actions sur notre sol. Dans le scénario d’un engagement majeur, l’armée de Terre aura donc aussi à répondre simultanément au besoin de protection du territoire national, contribuant à la résilience de la Nation ».

Et, toujours dans une telle hypothèse, qui est la « perspective d’emploi la plus dangereuse », une « division sera engagée dans le cadre d’une coalition face à un ennemi à parité », a poursuivi le CEMAT. Or, a souligné celui-ci, « dans ce type de combat, l’attrition opérée par notre artillerie et la réaction à l’artillerie adverse sont primordiales », ce qui fait que les « besoins en capacités d’artillerie de cette division sont cruciaux, à la fois pour l’artillerie à longue distance et pour celle qui appuie directement les unités au contact ».

Seulement, si l’armée de Terre a pu préserver – en grande partie – les capacités de ses unités d’artillerie, celles-ci sont réduites « en termes de masse », a admis le général Schill.

Aussi, a-t-il continué, « ce sera un enjeu de la prochaine LPM, de pérenniser nos capacités, dont le LRU, et de rééquilibrer l’ensemble de la trame artillerie au sein de l’armée de Terre ». Et une attention particulière devra être donnée à la défense sol-air, qui ne repose plus, aujourd’hui, que sur les missiles à très courte portée MISTRAL [missile transportable anti-aérien léger], notamment mis en oeuvre par le 54e Régiment d’Artillerie [RA], qui a la mission d’assurer la la défense anti-aérienne basse et très basse altitude des unités engagées en opération.

Or, comme l’avait rappelé le général François Lecointre quand il était encore chef d’état-major des armées [CEMA], les « moyens […] en courte ou en moyenne portée, Crotale et SAMP/T [qui relèvent exclusivement de l’armée de l’Air, ndlr], permettent de défendre les bases aériennes et les bases à vocation nucléaire dans le cadre du contrat opérationnel en matière de dissuasion, mais ils ne permettraient pas d’accompagner au combat une manœuvre mobile offensive d’un dispositif terrestre ». Qui plus est, la guerre du Haut-Karabakh a fait apparaître de nouvelles menaces, comme celle des drones [et des essaims de drones]…

Devant les sénateurs, le général Schill a reconnu que l’armée de Terre avait aussi « baissé la garde sur une autre capacité qui est celle de la défense sol-air », en particulier parce que la menace aérienne n’avait pas lieu d’être dans les engagements asymétriques et la contre-insurrection. Seulement, la donne a changé… au point que l’US Army redécouvre la nécessité de s’en prémunir à nouveau.

Aussi, selon le CEMAT, il faut prendre cette défense sol-air « comme une trame globale qui doit être consolidée pour être capable de s’opposer aux menaces actuelles et émergentes, comme au Haut-Karabagh ». Et de conclure : « Ce sera une des briques à prendre en compte dans l’élaboration de la prochaine LPM ».

Ya Rab Yeshua.

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