BTX Posté(e) 4 janvier Signaler Posté(e) 4 janvier https://www.opex360.com/2026/01/04/mgcs-une-decision-sur-un-char-de-transition-pour-larmee-de-terre-serait-imminente-selon-un-rapport/ Même après avoir été « rénové » en était porté standard XLR, le char Leclerc risque fort de ne pas tenir jusqu’à l’entrée en service du Système principal de combat terrestre [MGCS – Main Ground Combat System], développé dans le cadre d’une coopération entre la France et l’Allemagne. Et cela pour au moins une raison : le maintien en condition opérationnelle [MCO] deviendra de plus en plus compliqué à assurer, en particulier pour ce qui concerne son groupe motopropulseur, composé d’un moteur Diesel V8X-1500 Hyperbar de 1 500 chevaux associé à une turbomachine Turbomeca TM-307B. Et encore, il n’est pas question des aspects capacitaires et technologiques. Une mise en service du MGCS en 2040 est donc cruciale pour l’armée de Terre, contrairement à son homologue allemande, qui va renforcer son segment « chars de combat » avec des Leopard 2A8 et, à moyen terme, avec des Leopard 2AX [ou Leopard 2A3]. D’ailleurs, lors de ses dernières auditions parlementaires en tant que Délégué général pour l’armement [DGA], Emmanuel Chiva, a admis qu’il fallait « traiter la question de la charnière 2030/40 ». Et d’ajouter : « Cela pose des questions sur la feuille de route char, sur une capacité intermédiaire et sur le renouvellement des capacités terrestres de combat de haute intensité ». Cependant, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, s’est montré très réservé sur ce sujet. « Actuellement, j’ai 200 chars. Demain, il faudra à peu près 200 MGCS ou équivalents. Comment faire la transition ? Nous l’avons engagée en modernisant les Leclerc. À un moment donné, j’aurai les 200 engins du système futur. Entre les deux, comment faire ? L’option idéale, que j’appelle de mes vœux, est que ce char futur robotisé cloud arrive suffisamment tôt pour prendre la suite des Leclerc rénovés. Mais si cela n’est pas possible, il faudra une solution intermédiaire. Et cette solution, je vous le dis clairement, ne peut pas consister en l’achat de 200 chars de transition », a-t-il dit aux sénateurs, en novembre dernier. Pour le CEMAT, le « coût de 200 chars intermédiaires empêcherait d’emblée de prendre la marche de la robotisation ». « Avons-nous les éléments en main pour répondre à une telle problématique ? Non. Je ne sais pas quel sera l’équilibre industriel entre Rheinmetall et KNDS, en particulier avec le critère, que je peux entendre, de souveraineté : garder les canons en France. Mais je crois qu’un jour prochain naîtra un système robotisé qui est autre chose qu’un char actuel en mieux. Il ne faut pas tomber dans le piège d’une solution intermédiaire, coûteuse et rapidement obsolète », a ensuite fait valoir le général Schill. Cependant, soutenue par plusieurs parlementaires, l’idée d’un char intermédiaire fait son chemin… Récemment publié par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2026, un rapport a constaté une « évolution de la position de la Direction générale de l’armement sur cette question, allant jusqu’à évoquer la possibilité du développement d’une solution intermédiaire en coopération ». Selon les informations du rapporteur spécial, le député Christophe Plassard, la « définition précise de cette capacité, son lien avec le programme MGCS, qui lui succédera, et les solutions industrielles qui pourraient la porter font l’objet de travaux conjoints entre les états-majors et la DGA ». Et de préciser qu’ils « devraient aboutir début 2026 au choix de la solution retenue ». Toujours d’après ce rapport, le groupe KNDS pourrait tenir un rôle central. Du moins est-ce l’une des options envisagées. Cela « permettrait de capitaliser sur la dynamique franco-allemande » tout en ayant l’avantage de « préserver et de développer les compétences de la base industrielle et technologique de défense », a fait valoir M. Plassard. Mais, a-t-il tempéré, « à la condition que les deux partenaires s’entendent ». Cela étant, a insisté le député, une solution intermédiaire ne doit pas en remettre en cause le programme MGCS « à plus long terme » car « l’armée de Terre n’a pas besoin d’un char Leclerc amélioré, mais bien d’un système de nouvelle génération, fruit d’un saut technologique, tactique et conceptuel, qui réponde aux défis du combat des années 2040-2070 ». Citer Ya Rab Yeshua.
BTX Posté(e) 18 juillet Auteur Signaler Posté(e) 18 juillet Clap de fin pour le char franco-allemand : Paris et Berlin réduisent le projet MGCS au seul combat collaboratif Les conclusions du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité [CFADS], qui s’est tenu à Brühl, le 17 juillet, ne fait aucune référence explicite au Système de combat aérien du futur [SCAF], un «système de systèmes» devant reposer sur un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter] commun à la France et à l’Allemagne. Et lors de la conférence de presse donnée à l’issue, le président Macron ne l’a mentionné qu’une seule fois… pour rappeler son échec. En effet, face aux désaccords insurmontables entre Dassault Aviation, désigné maître d’œuvre, et Airbus Defence & Space, le NGF a fini par être abandonné. Pour autant, la coopération autour des autres piliers du projet [moteurs, cloud de combat, effecteurs connectés, etc…] était censée se poursuivre. Ce qui sera en partie le cas. Seulement, il n’est plus question, désormais, que de «définir une norme européenne de combat collaboratif pour garantir l’interopérabilité de tous les systèmes aériens européens notamment des avions de chasse, des aéronefs de combat collaboratif [les drones de type CCA, ndlr] et des effecteurs déportés». Ce qui s’annonce compliqué au regard de la prédominance du F-35 américain dans les cieux européens. En outre, certains pays, comme le Danemark, les Pays-Bas et, d’une certaine manière, l’Allemagne, ont fait le choix de se doter de CCA auprès des États-Unis. Quoi qu’il en soit, la France et l’Allemagne affichent leur intention de développer un «cadre sécurisé basé sur une architecture ouverte et modulaire, des interfaces partagées et l’étude de solutions technologiques communes permettant la création d’un système d’échange d’informations souverain, interopérable et pouvant être étendu». En un mot, seule la coopération sur le «cloud de combat», c’est-à-dire ce qui devait être le «ciment» du SCAF, est maintenue. En revanche, celle sur les moteurs du NGF, établie entre Safran et MTU, a été abandonnée, ce qui va compliquer la tâche de l’industrie aérospatiale allemande, fédérée au sein de la «Team Gen 6», pour développer un avion de combat de nouvelle génération comme elle en a l’ambition. En tout cas, c’est ce qu’a dit M. Macron en répondant à une question de la presse au sujet du SCAF. «Ce qui a marqué un arrêt, c’est le projet d’avion unique. Et par voie de conséquence de moteurs associés, mais tout le reste, et le cloud et les systèmes, nous continuons de coopérer», a-t-il en effet assuré. Cela étant, un autre projet franco-allemand bat de l’aile. Lancé en 2017, le Système principal de combat terrestre [ou MGCS, pour Main Ground Combat System] se voulait le pendant du SCAF, avec l’idée de développer une famille de blindés montés sur un châssis identique et associés à des plateformes robotisées au sein d’un «cloud de combat». Initialement confié au groupe franco-allemand KNDS, ce projet fut déséquilibré par l’arrivée de Rheinmetall, imposée par Berlin. Ce qui engendra des désaccords industriels, notamment au niveau de l’armement, et donc des retards. En avril 2024, le MGCS fut réorganisé en piliers après la signature d’un accord entre Paris et Berlin. Seulement, pour éviter une rupture capacitaire, voire un décrochage technologique, le ministère allemand de la Défense lança le développement du Leopard 2AX [ou Leopard 3] pour disposer d’une «solution intérimaire», le MGCS ne devant pas être opérationnel avant 2040/45. Résultat : son homologue français dut se résoudre à en faire autant, le char Leclerc ne pouvant être maintenu au-delà de 2037/38. Aussi, il devrait être remplacé par le «CAPINT», dévoilé par KNDS France lors de la dernière édition d’EuroSatory. Quoi qu’il en soit, le MGCS s’en trouve fragilisé… au point que, comme le SCAF, la coopération franco-allemande va désormais se limiter au «combat collaboratif» et donc au «cloud de combat». «En ce qui concerne le système de combat terrestre principal, la France et l’Allemagne étudieront une approche pour le combat collaboratif dans le cadre d’un programme de recherche et la développeront jusqu’au stade de la démonstration de faisabilité», lit-on en effet dans les conclusions du CFADS. Cette approche, poursuit le texte, «devra pouvoir être adaptée aux véhicules sur chenilles avec ou sans équipage, afin de couvrir les différents systèmes de mission de combat collaboratif possibles, et intégrer la conduite autonome ainsi que des technologies de capteurs pour contribuer aux services de combat collaboratif». Enfin, la France et l’Allemagne disent «envisager» une «approche utilisant un système de systèmes, qui fera partie intégrante des futures opérations multidomaines». Par ailleurs, s’agissant de KNDS, qui a récemment fait l’objet d’un accord entre Paris et Berlin en vue de son introduction en Bourse [à ce jour reportée, ndlr], les responsables français et allemands ont assuré qu’ils veilleront à faire en sorte qu’il «reste en mesure de développer des programmes axés sur les utilisateurs, de proposer des solutions efficaces pour répondre aux besoins des deux armées et d’exporter ces solutions vers des pays partenaires». Citer Ya Rab Yeshua.
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